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Janvier 2002
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Conseil Municipal
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47 - 2002, DVLR 8 - Subvention à "Planète Solidarité" (19e). - Montant : 30.490 euros

Débat/ Conseil municipal/ Janvier 2002


M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Nous passons maintenant au dossier DLVR 8 accordant une subvention à "Planète Solidarité".
Je donne la parole à Mme MARIANI.
Mme Brigitte MARIANI. - Merci, Monsieur le Maire.
Monsieur le Maire, mes chers collègues, l'Exécutif municipal est sur le point de s'engager sur le versement d'une subvention de 30.490 euros pour un projet dont le montant total est lui-même des plus conséquents. L'importance de ces sommes aurait dû inciter à fournir aux élus des informations autrement plus précises et sérieuses que ces quelques lignes de présentation assorties de tableaux furtifs.
L'association "Planète Solidarité" bénéficierait d'une subvention de 387.220 euros quelques mois seulement après sa création. Le groupe U.D.F. souhaiterait connaître les éléments techniques qui ont pu aussi rapidement convaincre la majorité de la pertinence et de l'urgence de ce projet. Je veux parler ici d'éléments techniques et non pas de sensibilité politique, car celle des membres du Conseil d'administration est parfaitement connue de tous.
Pour autant, la compétence de Jean-Baptiste de FOUCAULD, qui soutient le projet, n'est pas remise en cause, bien au contraire, même s'il est visiblement caution morale d'une association où figurent étrangement les chargés de mission du F.A.S. et de la M.A.C.I.F.
En tout état de cause, un très grand nombre de questions demeurent sans réponse : quel est le territoire de compétence de cette association ? S'il s'agit d'une ambition nationale, qu'est-ce qui justifie la contribution des Parisiens ? Quelle est la finalité précise de ce nouvel outil alors que, par ailleurs, la Municipalité finance la création de sites des associations qui en font la demande ? A-t-on quantifié la demande réelle ? A-t-on identifié le public concerné ? A-t-on chiffré le montant récurrent de cet investissement une fois le site en place ?
S'agissant du cofinancement, quels sont précisément les services de l'Etat sollicités ? Quels sont les organismes semi-publics dont il est fait mention ? S'il s'agit du F.A.S., expliquez-nous en quoi sa présence ici est conforme à sa mission ; je rappelle que sa mission consiste à l'aide à l'intégration des populations étrangères, immigrées en particulier. Pourquoi les financements privés sont-ils également privés de l'identité des intervenants ?
Enfin, pourquoi la Ville de Paris s'appuie-t-elle sur cette nouvelle association alors qu'il paraîtrait cohérent de confier cette mission aux outils municipaux en place ?
Monsieur le Maire, si la transparence dont vous vous faites le héros n'est pas un principe électoraliste, vous demanderez le report de ce projet pour insuffisance criante de précautions et les Parisiens vous en remercieront.
Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs des groupes "Rassemblement pour la République et apparentés", "Démocratie libérale et indépendants", "Ensemble pour Paris", et Union pour la Démocratie française).
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci.
Je donne la parole à Mme Marie-Pierre de LA GONTRIE.
Mme Marie-Pierre de LA GONTRIE, adjointe, au nom de la 5e Commission. - Merci, Monsieur le Maire.
Je crois qu'on peut toujours regretter, lorsque des questions très pertinentes sont posées, qu'elles ne soient pas posées en Commission ; cela permettrait d'éclairer les Conseillers de Paris sur toutes ces questions.
Je vais essayer de répondre de manière très rapide, puisqu'il y a une avalanche de questions...
Tout d'abord, sur l'objet du projet qui n'a peut-être pas été totalement compris.
C'est extrêmement simple. L'association "Planète Solidarité" se propose de faire en sorte que les associations et les bénévoles potentiels parisiens puissent se rencontrer. On sait qu'il y a une forte proposition de la part des Parisiens de mettre leur temps libre au service des autres, mais ils ne savent pas toujours comment le faire et comment en trouver l'occasion. De la même manière et symétriquement, les associations ont fortement besoin que des bénévoles les aident et elles ne savent pas comment les rencontrer. Ce vaste réseau de solidarité, on en parle, mais là il est proposé d'agir et c'est ce que propose cette association. Evidemment, elle se crée, puisque justement ce mouvement est en train de naître.
Néanmoins, je suis la première à être extrêmement vigilante sur les conditions dans lesquelles la Ville de Paris peut être amenée à subventionner une association et cela me fait donc toujours plaisir de noter que des élus de la précédente majorité me rejoignent dans cette volonté, lorsque des éléments financiers sont donnés comme c'est le cas aujourd'hui. Une convention est signée avec l'association, ce qui n'était pas toujours le cas hier, et qui est aujourd'hui le cas.
Alors vous avez écarté le grief de sensibilité politique et je m'en réjouis, donc Jean-Baptiste de FOUCAULD n'a pas besoin de ma défense.
En revanche, vous vous interrogez sur le territoire concerné. Il s'agit de couvrir l'ensemble d'une dizaine de territoires parisiens. Des dizaines de milliers d'associations travaillent à Paris. De nombreux Parisiens souhaitent les rencontrer, c'est ce qui est proposé. Cette association a commencé à travailler avec les arrondissements, cela se passe très bien. La demande est là, elle est finalisée, je l'ai expliqué, je n'y reviens pas.
Le co-financement : il est expliqué dans le document que vous avez. Vous souhaitez connaître davantage quels sont les partenaires, et je vais donc pouvoir vous les indiquer. L'Etat est partenaire, le Fonds d'action sociale que vous semblez redouter comme partenaire a une participation très intéressante mais néanmoins minoritaire, d'environ 1/20e du financement, la Direction générale de l'Action sociale est également présente.
La collectivité locale principale aujourd'hui est la Mairie de Paris. J'espère bien que d'autres collectivités nous rejoindront. J'indique d'ailleurs que le montant de la contribution proposée est inférieur à ce qui était souhaité.
Les organismes semi-publics sont la Caisse des dépôts, l'A.G.E.F.I. et... sourire... la Française des jeux. Le mécénat privé, des entreprises comme le groupe "Médéric", "B.P.I.", "Vivendi Universal", la fondation "MAGF", le Crédit mutuel, la B.R.E.D... l'ensemble de ces financements privés représente quasiment la moitié du financement de ce projet.
Moi, je n'ai pas à m'interroger sur les raisons pour lesquelles le F.A.S. estime dans sa mission de participer. Il semble que lorsqu'on parle de solidarité ce n'est pas totalement étranger à sa mission.
Enfin vous vous interrogez sur la pertinence de l'action de la Ville dans ce domaine. J'ai le souci de faire en sorte que les associations rencontrent leur public et c'est pour cela qu'après avoir examiné le sérieux de ce projet j'ai souhaité permettre à la Ville de Paris d'être l'un de ces partenaires.
(M. Eric FERRAND, adjoint, remplace M. Christophe CARESCHE, adjoint, au fauteuil de la présidence).
Je ne pense pas aujourd'hui - ou alors j'ai mal examiné la situation des services municipaux - je n'ai pas remarqué que la mission que s'apprête à remplir cette association soit déjà remplie par la Ville de Paris mais si je me suis trompée vous m'indiquerez, j'en suis sûre, quel est le service qui remplit déjà cette mission.
Voilà ! J'ai essayé de manière très rapide de répondre aux questions techniques. Evidemment je me ferai un plaisir, si Mme MARIANI le souhaite, de lui donner en dehors de ce débat public tous les éléments complémentaires qu'elle souhaiterait encore connaître.
M. Eric FERRAND, adjoint, président. - Merci, Madame de LA GONTRIE.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DVLR 8.
Qui est pour ?
Qui est contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2002, DVLR 8).