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Janvier 2002
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58 - 2001, ASES 139 - Subvention à la Fondation pour la mémoire de la Déportation (7e) pour la réalisation des dossiers du concours national de la Résistance et de la Déportation. - Montant : 15.245 euros

Débat/ Conseil municipal/ Janvier 2002


M. Pascal CHERKI, adjoint, président. - Nous passons au dossier ASES 139 à la page 7 de l'ordre du jour : subvention de fonctionnement à la Fondation à la mémoire de la Déportation.
Je donne la parole à l'oratrice, Sophie MEYNAUD.
Mme Sophie MEYNAUD. - Merci, Monsieur le Maire.
Je vais tâcher d'être brève.
Je voulais vraiment intervenir sur ce projet de délibération pour parler un petit peu de la Fondation pour la mémoire de la Déportation, du travail qu'elle fait.
Malheureusement le temps faisant son ?uvre, les associations de déportés et internés ont de plus en plus de mal à exister. Je dis malheureusement car, quand elles font un travail de mémoire, ce travail est essentiel.
Naturellement, nous voterons ce projet de délibération. Mais, en ces temps troublés où dans de nombreux pays du monde, la violence, les dominations, la guerre exacerbent les pires penchants de l'Humanité, il me semble important de rappeler l'?uvre de mémoire qui travaille pour la paix, la dignité de la personne et l'amitié des peuples.
La Fondation a été reconnue d'utilité publique en 1990. Elle mène son action avec le concours de toutes les associations de déportés et d'internés, dont elle a acquis une reconnaissance pleine et entière.
Tâche d'envergure, depuis plusieurs années, elle ?uvre à la constitution d'une grande banque de données sur la résistance, la déportation et l'internement qui permet le stockage et l'archivage des documents, leur exploitation par tous et la création d'outils pédagogiques et de vulgarisation.
Cette ?uvre, je la qualifierai de monumentale parce que les données sont éparses et peu connues. Elle permet de maintenir la mémoire vivante, de lutter contre les falsificateurs de l'histoire, contre toutes les formes de racisme et de mise en cause du respect de la personne humaine et des Droits de l'Homme.
Destinée à devenir un véritable outil de référence, elle participe également à la réalisation et à la diffusion de documents pédagogiques dans les établissements d'enseignement pour lutter contre l'oubli et l'indifférence.
De la même manière, la Fondation soutient et participe à l'édition de nombreux ouvrages.
Je pourrai citer, comme exemple, parmi tant d'autres, le CD-ROM édité sur la déportation et l'internement, ou le travail impressionnant qui a été consacré à la constitution du "Panel des Déportés", ?uvre inédite conservée à l'Institut national de l'Audiovisuel.
Pour revenir au projet de délibération qui nous est soumis, la Fondation pour la mémoire de la Déportation est sollicitée pour assurer la logistique et le jury du Concours national de la Résistance et de la Déportation une fois tous les deux ans.
Suscitant ainsi le travail et les recherches de collégiens et de lycéens, le Concours permet de maintenir ce lien extrêmement important, entre l'histoire, les horreurs qui sont intervenues et les jeunes générations, pour que cela ne se reproduise plus jamais.
Le travail de mémoire notamment les actions en direction de la jeunesse sont absolument fondamentales pour aujourd'hui et pour l'avenir.
J'encourage la Ville de Paris à soutenir et à communiquer sur ces sujets tant qu'elle le peut.
Je finirai simplement en citant une phrase que j'ai retenue : "au-delà des souvenirs de chacun, seule la mémoire, "sentinelle de l'esprit", peut être le garant dans l'avenir, que la déchirure individuelle, le séisme collectif qu'ont été la déportation et l'extermination, n'auront pas été subis en vain".
Je vous remercie
M. Pascal CHERKI, adjoint président. - Je donne la parole pour vous répondre à Odette CHRISTIENNE.
Mme Odette CHRISTIENNE, adjointe, au nom de la 6e Commission. - Nous devons remercier Sophie MEYNAUD pour ses propos élogieux au sujet de la Fondation pour la mémoire de la Déportation.
En effet, l'importance de l'action de la Fondation est démontrée par la qualité et la diversité de ses travaux tels la réalisation du livre du Mémorial de la Déportation ou les études sur les internements entre 1936 et 1946, la constitution d'archives orales que vous avez longuement évoquées, la réalisation de banques de données tout à fait exceptionnelles, la réalisation d'un centre de documentation, d'une médiathèque, etc.
Nous sommes plus précisément concernés par l'organisation du Concours de la résistance et de la déportation qui s'adresse à des élèves de 3e et à des élèves de classes de terminale pour lesquelles la Fondation participe à la réalisation de 20.000 dossiers, des dossiers pédagogiques comme il s'entend.
Le concours prend de plus en plus d'importance chaque année. Nous le suivons avec beaucoup d'intérêt. Nous recevons les lauréats à l'Hôtel de Ville, et au-delà de ce concours, de nombreux membres de la Fondation se déplacent actuellement vers les établissements scolaires pour des échanges qui sont de plus en plus demandés par les élèves qui veulent avoir, face à eux, des témoins vivants.
Ces échanges ont pour effet de lutter contre l'oubli, l'indifférence et contre les effets d'éventuels révisionnismes dans l'écriture de l'histoire.
Cette Fondation mérite d'être soutenue dans son action. Nous avons des relations étroites avec elle.
(Applaudissements).
M. Pascal CHERKI, adjoint président. - Merci, Madame CHRISTIENNE.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération ASES 139.
Qui est pour ?
Qui est contre ?
Qui s'abstient ?
Le projet de délibération est adopté. (2001, ASES 139).