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Octobre 2002
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75 - QOC 2002-725 Question de M. José ESPINOSA à M. le Préfet de police au sujet de l'accueil des étrangers

Débat/ Conseil municipal/ Octobre 2002


Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Nous passons à la question posée par M. José ESPINOSA à M. le Préfet de police relative à l'accueil des étrangers.
La parole est à M. ESPINOSA.
M. José ESPINOSA. - Merci, Madame la Maire.
Monsieur le Préfet, dans un courrier que je vous ai adressé le 26 septembre, je faisais état des problèmes dramatiques rencontrés par les étrangers au centre d'accueil situé 163, rue de Charenton, dans le 12e arrondissement.
Conséquence de la fermeture de deux centres parisiens, dont celui du 14e actuellement affecté à l'accueil des étudiants étrangers, évidemment celui du 12e connaît un afflux de personnes sans précédent. Dès 5 heures le matin, par n'importe quel temps, les files d'attente sont mises en place à la résidence Erard-Charenton.
Sans-abri, ces personnes, dont une partie importante de femmes accompagnées d'enfants, se voient obligées de rester des heures durant dans la file à attendre le moment libérateur d'être reçues par les guichetiers. Impossibilité d'aller aux toilettes, de se dégourdir les jambes, de se restaurer, sinon la place est perdue. Pas même un distributeur de boissons. Je vous laisse imaginer la situation.
Les habitants de la résidence, spectateurs involontaires de ce drame humain sous leurs fenêtres, ont réagi. A l'initiative de quelques-uns, nous décidons d'organiser une action de solidarité à double détente : à la fois montrer que les Français ont une conception de l'accueil différente de celle que je qualifie d'indigne et de lamentable réalisée par les autorités et, d'autre part, nous souhaitions attirer l'attention sur un problème grave qui touche à la politique d'accueil et d'intégration de la France.
Je précise que ces centres sont chargés d'accueillir des sans-papiers, mais ils sont peu nombreux, et surtout ceux qui renouvellent périodiquement leurs pièces d'identité, de séjour ou de travail, etc.
A trois reprises, le 26 septembre, les 3 et 10 octobre, nous avons appelé publiquement les résidents à apporter un réconfort matériel : qui du café, du thé, qui des croissants, des gâteaux et autres viennoiseries. La réaction nous a surpris, en bien. Nombreux sont celles et ceux qui nous ont aidés et soutenus. Parallèlement, une pétition circule et reçoit un écho plus que favorable. D'ailleurs, il me semble, d'après mes informations, qu'une délégation devrait vous apporter les signatures dans quelques jours.
Monsieur le Préfet, Mme la maire du 12e vous a adressé une lettre, courant octobre, et j'ai conduit moi-même une délégation vendredi dernier, reçue, je dois le dire, cordialement par vous-même.
Nous vous avons remis les plans d'un local appartenant à l'O.P.A.C., absolument vide et inutilisé, situé à moins de 50 mètres du centre. Ce local pourrait être mis à disposition de l'accueil.
Monsieur le Préfet, je vous pose quatre questions :
1/ Ne peut-on pas renforcer le personnel d'accueil et le nombre de guichetiers ?
2/ N'est il pas possible d'instaurer un système de tickets pour éviter l'attente sans fin et les queues interminables ?
3/ Ne pouvez-vous pas passer un partenariat avec l'O.P.A.C. pour utiliser le local ?
4/ Ne peut-on pas placer un distributeur de boissons ?
Je vous remercie.
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Merci, Monsieur ESPINOSA.
Monsieur Christophe BAY, vous avez la parole.
M. LE REPRESENTANT DU PREFET DE POLICE. - Merci, Madame la Maire.
Monsieur le Conseiller, le centre de réception des étrangers situé 163, rue de Charenton, connaît effectivement depuis le 1er septembre dernier un afflux important de ressortissants étrangers.
Cette affluence s'explique par deux raisons :
- d'une part, comme vous l'avez rappelé, un centre de réception a été réservé exclusivement à l'accueil des étudiants étrangers - et je tiens à préciser que cela fonctionne très, très bien - du 1er septembre au 31 décembre 2002. Par conséquent, ces autres ressortissants normalement reçus dans ce centre et domiciliés dans les 13e, 14e et 15e arrondissements, sont réorientés pendant cette période vers le centre de la rue de Charenton.
- d'autre part, comme vous le savez, une rumeur s'est répandue selon laquelle il allait être procédé à une régularisation massive de personne dites sans-papiers. Cette rumeur a occasionné certains jours une augmentation de 20 % de la fréquentation des centres de réception.
Pour faire face à cette situation, plusieurs mesures ont été prises :
- des travaux ont été réalisés au centre en août 2002 et deux guichets supplémentaires ont été créés ;
- le personnel du centre, à qui il faut rendre hommage, a été renforcé par des agents auxiliaires. Toutefois, la superficie des locaux ne permet plus d'augmenter le nombre de guichets et des raisons de sécurité interdisent d'accueillir sur ce site plus de 40 personnes en même temps.
- les agents du centre, qui ne ménagent pas leurs efforts pour recevoir le public qui s'y présente, procèdent dès le matin et à plusieurs reprises dans la journée à une présélection dans la file d'attente des personnes prioritaires et à la distribution de tickets garantissant aux personnes auxquelles ils sont remis d'être reçues le lendemain matin.
- enfin, depuis le 1er octobre, les ressortissants étrangers domiciliés dans les 13e et 15e arrondissements ne sont plus reçus au centre du 12e mais au centre de réception du boulevard Sébastopol, dans le 3e, et à celui de la rue Truffaut, à Paris, dans le 17e.
Ces mesures ont donc permis de revenir progressivement à une situation plus normale et à une durée d'attente raisonnable pour ces personnes.
J'ajoute en conclusion qu'en effet vous m'avez saisi d'un projet d'aménagement immobilier et que, comme je m'y étais engagé, ce projet est actuellement à l'étude dans les services compétents de la Préfecture de police pour voir si une réponse positive peut y être apportée.
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Merci, Monsieur BAY.
Monsieur ESPINOSA, vous avez la parole.
M. José ESPINOSA. - Je prends acte des mesures qui sont prises. Effectivement, une certaine amélioration a commencé à se faire jour. D'ailleurs, tout le monde, dans le quartier, sent bien que "cela bouge", comme on dit.
Je crois qu'on peut trouver encore des améliorations et, dans la mesure du possible, je vous aiderai pour que le local puisse être mis effectivement à disposition. Je crois que, là, on aurait une possibilité très forte de répondre aux besoins dans le quartier.
Merci.
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Merci, Monsieur ESPINOSA.