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Octobre 2002
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79 - QOC 2002-729 Question de Mme Nicole BORVO et M. Jacques DAGUENET à M. le Maire de Paris concernant l'avenir de la haute couture et du prêt-à-porter à Paris

Débat/ Conseil municipal/ Octobre 2002


Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - La question suivante est posée par Mme Nicole BORVO et M. Jacques DAGUENET à M. le Maire de Paris et concerne l'avenir de la haute couture et du prêt-à-porter à Paris.
Je suppose que c'est M. Jacques DAGUENET qui va la présenter.
Il y sera répondu par Mme Lyne COHEN-SOLAL.
Monsieur DAGUENET, vous avez la parole.
M. Jacques DAGUENET. - Merci, Madame la Maire.
En mars 2002, le groupe communiste consacrait déjà sa question d'actualité à la situation des salariés de la Maison Cerruti qui, depuis la fermeture et les licenciements agissent pour défendre leurs droits et pour préserver l'avenir de la haute couture et du prêt-à-porter à Paris. Ces 2 secteurs de la mode ont toujours été, nous le soulignions à ce moment là, intimement liés au rayonnement culturel et au prestige de notre capitale dans le monde, et la majorité municipale a déjà réaffirmé l'attention particulière qu'elle portait à la promotion et au développement de ces secteurs. Elle s'était saisie de notre intervention pour interpeller les différents ministères notamment de l'industrie de l'emploi et de la solidarité.
Compte tenu des enjeux des filières d'excellence de l'économie parisienne, dont font partie évidemment la haute couture et le prêt-à-porter, le groupe communiste considère que la Ville de Paris pourrait impulser une initiative d'une autre ampleur afin d'avoir une réflexion sur le devenir de ces filières.
A notre sens, le comité départemental de l'emploi et de la formation c'est-à-dire le CODEF pourrait participer activement à cette réflexion en travaillant à la dimension culturelle de la mode en tant que patrimoine vivant qu'il convient en même temps d'enrichir, et dans une conjoncture comme chacun sait difficile, de sauvegarder.
Donc le Département de Paris, membre du CODEF ne pourrait-il pas faire des propositions en ce sens en proposant notamment la relance d'une véritable politique d'apprentissage, de transmission des savoirs et des compétences dans ce secteur, garantissant ainsi l'avenir de cette branche prestigieuse ?
Enfin, l'autre proposition c'est la mise en place d'un fonds d'aide à la création. Merci.
Mme Anne HILALGO, première adjointe, présidente. - Merci, Monsieur DAGUENET.
Madame COHEN-SOLAL, vous avez la parole.
Mme Lyne COHEN-SOLAL, adjointe. - Je voulais remercier M. DAGUENET de la question posée qui recoupe les préoccupations de la Ville de Paris car le secteur de la mode et de la création constitue le deuxième employeur manufacturier de la Ville, secteurs qui sont intimement liés au rayonnement culturel et au prestige de la Capitale dans le monde.
Depuis quelques mois, une action volontariste a été impulsée par la Ville pour faciliter la création, car Paris a la spécificité de compter dans ses murs non seulement des créateurs mais aussi des artisans d'art et ces deux genres de professionnels travaillent ensemble.
S'agissant de la mode, l'action municipale porte sur la formation au travers de l'école Duperré et de l'école Rose-Bertin mais également le soutien aux porteurs de projets de création d'entreprises grâce à la couveuse Le Geai qui permet de tester le marché des nouveaux produits et à l'accompagnement des nouvelles entreprises assurées par la Boutique de gestion de Paris conventionnée à cet effet.
Une action particulière est également entreprise en ce qui concerne les locaux susceptibles d'être mis à disposition des jeunes entrepreneurs. Une première opération a été réalisée rue des Gardes, dans le 18e, où une dizaine d'entreprises sont installées par la Ville de Paris dans des rez-de-chaussée de l'O.P.A.C. aménagés avec le concours financier de la Région et commercialisés en partenariat avec la Fédération française du Prêt à porter féminin. La Ville de Paris souhaite soutenir plus largement ce type d'opération, notamment dans les arrondissements en cours de redynamisation.
M. SAUTTER le sait, il participe d'ailleurs à ces actions et je l'en remercie.
Des modes d'intervention financière sont également adaptés aux besoins du secteur de la mode. Il s'agit de la plate-forme d'initiative locale, Paris Initiatives entreprises qui gère des dotations de prêts d'honneur et de garanties bancaires pour faciliter la création des entreprises et le financement au cours des trois premières années d'existence. Pour les programmes de premier développement, le Département de Paris a conçu avec la Sofaris BDPME un dispositif de garantie qui permet d'intervenir auprès des entreprises de moins de 10 salariés.
Certes, les formations traditionnelles du secteur de la haute couture (brodeur, plisseur, plumassier, etc.) devraient faire l'objet d'une attention particulière du Ministère de l'Education nationale. De même, certains brevets d'études professionnelles qui semblent en voie de disparition en matière de formation à la création de vêtements sur mesures. Sur ces sujets, la Ville de Paris a d'ores et déjà interpellé le Ministère de l'Education nationale et le CODEF pourrait très utilement retenir les propositions faites au nom du Département que vous avez rappelées.
Pour ce qui concerne la mise en place d'un fonds d'aide à la création dont vous parlez aussi il faut noter l'existence du DEFI (comité de développement et de promotion de l'habillement) alimenté par les taxes parafiscales pour permettre des actions de promotion du secteur de l'habillement. Ce dispositif contrôlé par l'Etat fait actuellement l'objet d'une réflexion avec les professionnels. Son ouverture à l'aide à la création constituerait une évolution très positive.
La Ville de Paris se réserve la possibilité de prendre avec ces professionnels un certain nombre d'initiatives afin de voir se renforcer ces aides et de conforter les formidables savoir-faire existant à Paris.
Cette réflexion est en cours, j'aurai l'occasion de vous en reparler bientôt. Pour l'immédiat je vous signale, mon cher collègue, que je recevrai les représentants des salariés de la Maison Cerutti dès le 15 novembre si cette date leur convient.
Je voudrais simplement au passage rappeler que l'atelier "Yves-Saint-Laurent Haute Couture" vient d'annoncer sa fermeture pour le 31 octobre au soir. De la même façon malheureusement il resterait une soixantaine de personnes à reclasser. Là encore, la ville de Paris reste très attentive à leur avenir et à leur futur professionnel.
Le 25 novembre, date de la Sainte-Catherine qui habituellement et rituellement est dédiée aux petites mains qui travaillent dans les ateliers haute couture, j'espère que nous pourrons prendre une initiative propre à rappeler l'intérêt de la Ville pour tous ces savoir-faire qui concernent particulièrement les femmes et leur métier dans cette ville. Nous en reparlerons donc, Monsieur le Conseiller, et soyez sûr que ces problèmes sont parmi nos priorités.
(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, "Les Verts", communiste et du Mouvement des citoyens).
M. Jacques DAGUENET. - Je vous remercie de toutes ces informations qui sont importantes parce qu'effectivement il y a un vrai défi qu'il nous faut relever dans ce secteur de pointe qu'est la haute couture et le prêt-à-porter qui traverse d'énormes difficultés.
Je vous remercie.
Simplement une question : dans tout cela ou alors j'ai mal entendu, sur le CODEF en lui-même ne pourrait-on avoir un débat avec toutes les informations, effectivement ?
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Il y a un accord formel sur ce point. Merci.