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Octobre 2002
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39 - 2002, DVLR 146 - Projet "Chinois d'Europe et intégration" conduit par la Ville de Paris, dans le cadre du programme européen EQUAL. - Etat d'évolution du projet. - Autorisation à M. le Maire de Paris de signer avec l'Etat une convention cadre ainsi que 3 conventions bipartites avec les associations partenaires du projet, Batik international, Association de soutien linguistique et culturel et Pierre Ducerf et de souscrire un avenant à l'Accord de partenariat pour l'entrée de 3 autres membres

Débat/ Conseil municipal/ Octobre 2002


Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Nous passons maintenant au projet de délibération DLVR 146 concernant le projet "Chinois d'Europe et intégration" conduit par la Ville de Paris dans le cadre du programme européen EQUAL.
Cette délibération concerne une autorisation accordée à M. le Maire de Paris de signer avec l'Etat une convention-cadre ainsi que trois conventions bipartites avec les associations partenaires de ce projet.
Je donne la parole à Mme BACHE.
Mme Marinette BACHE. - Merci, Madame la Maire.
Le 8 avril dernier déjà, Georges SARRE avait eu l'occasion d'indiquer que les élus du Mouvement des citoyens, s'ils étaient tout à fait favorables à la mise en ?uvre de ce programme EQUAL, avaient quelques objections à émettre sur son cahier des charges.
Je ne peux aujourd'hui que confirmer cette position.
Nous sommes éminemment favorables à ce que tous les moyens soient mis en ?uvre pour une pleine insertion de l'immigration chinoise dans la collectivité parisienne et nationale et nous souhaitons la disparition de toutes les discriminations dont elle est victime.
Cependant, nous regrettons l'absence dans ce projet d'un terme fondamental qui serait la lutte contre l'exploitation des êtres humains.
Rien n'est possible dans les domaines de la formation, de la scolarisation, de l'insertion, qui sont évoqués, s'il n'est pas mis des moyens considérables dans la lutte contre les filières clandestines qui sont responsables des conditions de travail épouvantables des travailleurs en situation irrégulière, obligés de rembourser le prix de leur passage en Europe à n'importe quelles conditions.
Vous nous parlez d'orientation professionnelle et d'obtention de diplômes. C'est un objectif tout à fait louable que nous reconnaissons, à condition que l'on travaille au grand jour, dans un atelier aux normes, que l'on dispose de temps et qu'on puisse en sortir.
Vous évoquez également le problème de la scolarisation des jeunes. Or, nombre d'entre eux ne sont pas scolarisés car tout simplement eux aussi travaillent, et parfois la nuit.
Chacun s'accorde à constater - notamment les représentants de l'Etat, et c'est d'ailleurs confirmé par les réunions tenues sur le sujet, sur le terrain - qu'il est temps de réprimer lourdement les multiples infractions au Code du travail et aux règles de sécurité qui persistent dans les métiers qui emploient majoritairement les immigrants chinois.
Je tiens d'autre part à vous signaler, puisque le projet s'intéresse également aux femmes de l'immigration asiatique, le développement très récent - et je me fais ici le porte-parole du maire du 11e arrondissement - dans le quartier du Faubourg du Temple, d'une prostitution asiatique importante. Je ne doute pas d'ailleurs que le groupe de travail mis en place par Anne HIDALGO sur cette question trouvera les moyens d'aider ces femmes victimes elles aussi d'une autre forme d'exploitation.
Je vous remercie.
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Merci, Madame BACHE.
Effectivement, nous avons suivi cette évolution terrible dans cette partie de votre arrondissement.
Mme Khédija BOURCART a la parole pour la réponse.
Mme Khédija BOURCART, adjointe, au nom de la 6e Commission. - Madame, tout ce que vous dites est juste, le chantier concernant les étrangers à Paris est immense, mais tout ne relève pas de la Municipalité et notamment pas le problème du travail clandestin qui, lui, renvoie au problème de la régularisation de tous les sans papiers à Paris.
Quand un certain Ministre disait "la France d'en bas", moi je parlerai de "la France du sous-sol" et, à Paris, elle est extrêmement importante. Oui, vous avez raison, mais la Municipalité n'a pas de réponse en ce sens.
Par contre, en ce qui concerne l'intégration, si nous entendons par intégration le fait de pouvoir accompagner tous les Parisiens - et en l'occurrence, là, les étrangers - dans leur possibilité d'être des Parisiens à part entière, je dis oui.
Le programme EQUAL, qui est un programme européen dont l'objectif est la lutte contre les discriminations et les inégalités dans le monde du travail, a été l'opportunité pour la Ville de Paris d'ouvrir un chantier. Il n'est pas la réponse à l'ensemble des questions posées par l'immigration, mais une des possibilités de pouvoir notamment aborder le problème des communautés chinoises à Paris.
Je rappelle que les Chinois représentent 20 % des étrangers non-communautaires dans notre ville, qu'ils sont souvent organisés en mono-activité et vivent souvent en autarcie.
Donc, l'opportunité d'ouvrir ce chantier dans le cadre d'un programme européen était pour nous extrêmement intéressante.
Effectivement, beaucoup d'entre vous ont une vision tronquée, voire caricaturale, des communautés chinoises, notamment en ce qui concerne les jeunes. Non, ils ne réussissent pas tous. Et oui, ils ont effectivement beaucoup de difficultés, autant que tous les jeunes d'origine populaire (et d'autant plus étrangère).
Dans le cadre de ce programme européen, nous avons ciblé une partie des jeunes, à savoir les 16-18 ans, qui n'ont pas accès au système scolaire et n'ont pas accès non plus au système de formation qui s'adresse davantage aux plus de 18 ans.
Ce programme échelonné sur cinq ans, permet aussi de réfléchir à la façon de sortir de la mono-activité, c'est-à-dire de pouvoir offrir à des jeunes des perspectives d'autres métiers que le textile et la restauration, et de pouvoir aussi, en accord avec elles, ouvrir l'horizon des femmes à des métiers comme ceux de l'aide aux personnes, comme les emplois dans les crèches, les emplois de puéricultrice. C'est donc un travail qui est beaucoup axé sur l'ouverture à d'autres métiers.
Puisque vous avez ouvert le débat, je voudrais rappeler que ce programme que nous pilotons au niveau de Paris est fait en concertation avec d'autres villes européennes et que le choix de nos partenaires européens n'est pas du tout anodin. Ainsi, notre partenaire italien est la région de Florence, région où il y a énormément d'immigrés chinois, notamment dans la ville du Prato où plus de 20 % de la population est chinoise.
Vous voyez bien que la réflexion que nous menons, les actions que nous menons ont une logique qui répond aussi à une nécessité d'échanger avec d'autres pays européens car les problèmes de mouvement de population ne se font pas seulement à l'échelle de notre Ville ni de notre pays mais à l'échelle européenne.
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Je vais vous demander de conclure.
Mme Khédija BOURCART, adjointe, rapporteur. - Je voulais montrer tout l'intérêt qu'il y avait à ouvrir un chantier européen même si nous apportons des réponses spécifiques dans le cadre de notre ville.
Merci.
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Merci beaucoup pour ces précisions sur ce projet très important.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DVLR 146.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2002, DVLR 146).