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Octobre 2002
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144 - QOC 2002-689 Question de Mme Claire de CLERMONT-TONNERRE, M. Patrick TRÉMÈGE et des membres du groupe U.M.P. à M. le Maire de Paris et à M. le Préfet de police concernant le projet d'aménagement de la contre-allée de l'avenue Denfert-Rochereau entre la place et la rue Cassini (14e)

Débat/ Conseil municipal/ Octobre 2002


Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - La question suivante posée par Mme de CLERMONT-TONNERRE, M. Patrick TRÉMÈGE et les membres du groupe U.M.P. à M. le Maire de Paris et à M. le Préfet de police concerne le projet d'aménagement de la contre-allée de l'avenue Denfert-Rochereau entre la place et la rue Cassini (14e).
La parole est à M. TRÉMÈGE.
M. Patrick TRÉMÈGE. - Madame la Maire, les riverains du quartier de l'Observatoire dans le 14e arrondissement ont appris incidemment que la Municipalité parisienne allait engager des travaux importants avenue Denfert-Rochereau et qu'avait été approuvé le projet de délibération en faveur du réseau principal de bus en mobilien 38.
Ce programme co-produit pour reprendre un terme qui vous est cher, par la Ville de Paris, la R.A.T.P., bénéficie du soutien financier de l'Etat, du Conseil régional, du S.T.I.F. et de la Ville.
Les objectifs poursuivis par ce programme mobilien sont pour une part tout à fait louables. Tout ce qui va dans le sens d'une réduction de l'usage de l'automobile dans la Capitale doit naturellement s'accompagner d'un accroissement de l'offre de transports en commun de l'amélioration des conditions de sécurité, de régularité, etc.
Ce qui nous pose problème, Madame le Maire, c'est la manière dont ces projets sont aujourd'hui imposés aux Parisiens et, de ce point de vue, les habitants du 14e ont vu arriver les couloirs de bus en site protégé.
Le quatorzième ne subit pas moins de trois projets qui vont bouleverser considérablement la vie à l'Est de cet arrondissement : un quartier vert, le programme mobilien sur la ligne 38.
Vous prônez la concertation, mais vous avez, dans ce dossier, singulièrement failli. Je ne reviendrai pas sur les cafouillages qui ont entouré, ces derniers mois, les projets mobiliens dans les 5e et 6e arrondissements. Je m'attarderai sur ce qui me semble être un véritable coup de force de nature à imposer aux Parisiens des solutions qu'ils ne veulent pas, ce projet qui consiste à neutraliser les places de stationnement entre la place et la rue Cassini afin de la réserver aux bus et taxis.
S'il va à son terme, ce projet ira à l'encontre de la politique d'amélioration de la qualité de vie. Il faut en effet savoir que ce tronçon est un axe rouge, la fluidité de la circulation y est exercée, y compris pour la ligne de bus 38.
La contre-allée, si elle était aménagée de la façon dont on nous le propose, perdrait en plus du rôle de voirie de proximité ; c'est un lieu sécurisé, le soir et le week-end, c'est un espace agréable pour les promeneurs, les cyclistes, les malades des hôpitaux environnants, les personnes des centres de handicapés ; elle deviendrait dangereuse pour ces usagers actuels, avec toutes nuisances habituelles inhérentes à un tel aménagement.
Mme Claire de CLERMONT-TONNERRE et moi-même souhaitons que nous soit confirmé le principe de ces aménagements, que nous soient communiquées les informations relatives à ce projet, ainsi que les modalités de concertation, et que vous voudrez bien dans cette attente, et compte tenu des protestations des riverains, suspendre les aménagements envisagés.
Je note pour conclure que je ne voulais pas croire que vous soyez l'otage des plus extrémistes de la Municipalité, mais j'en doute quand je lis les déclarations du Maire du 14e arrondissement qui se dit désolé de ces aménagements, il disait samedi dernier qu'aucune concertation n'avait été engagée, qu'il n'était qu'un des partenaires de cette opération. Je suis inquiet sur la suite des aménagements qui vont avoir lieu dans le reste de la Capitale.
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - M. BAUPIN va vous rassurer.
M. Denis BAUPIN, adjoint. - Cela me permet de poursuivre une discussion que nous avons eue hier soir, lors de l'examen du projet de la 3e Commission. A chacune des questions de l'opposition, Mme KUSTER disait qu'on était excessif.
J'ai relève plusieurs mots dans votre intervention : failli, cafouillage, coup de force extrémiste... Cela montre que l'agressivité est aussi dans le camp de ceux qui veulent passer pour des victimes.
M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - La riposte, c'est l'attaque.
M. Denis BAUPIN, adjoint. - Si vous concédez que c'est une stratégie, c'est un élément à prendre en compte dans la méthode et il ne faut alors pas s'étonner qu'à l'agressivité il soit répondu sur le même ton.
Je reconnais que vous n'avez pas utilisé le terme d'ayatollah, que votre Président utilise de façon systématique...
D'abord, je regrette que vous déformiez les propos du maire du 14e arrondissement ; il a semblé regretter qu'il n'y ait pas eu suffisamment de concertation, mais il le prenait non pas comme un reproche fait à la Ville de Paris, mais parlait plutôt de la façon dont cela s'était passé dans son arrondissement, en ce qui concerne les aménagements ; il n'a pas regretté les aménagements auxquels la Municipalité a donné un plein accord.
Vous semblez oublier que tous ces aménagements font partie d'un programme global, le programme Mobilien, lui-même inclus dans le Plan de Déplacement urbain d'Ile-de-France, adopté par l'Etat avec l'accord de la municipalité de Paris précédente.
Ensuite, ce dispositif a fait l'objet de trois réunions de comité technique ; il y a eu un accord unanime entre les services de la Ville, de l'Etat, le S.T.I.F., la R.A.T.P. et les mairies d'arrondissement concernées pour l'ensemble du parcours du 38, à l'exception du Boulevard Saint-Michel sur lequel nous sommes revenus après discussion, avec la préfecture de police. Ce dispositif, approuvé par la commission extra municipale de déplacement, et ensuite le Conseil de Paris, dans sa séance des 8, 9 et 10 juillet, a adopté ce projet Mobilien 38 avec les éléments qui concernaient l'avenue Denfert-Rochereau.
Je tenais à vous rappeler tout cela car cela vous a visiblement échappé. Tout ce projet n'est pas tombé du ciel, il fait partie d'une logique globale.
En ce qui concerne l'aménagement de l'avenue Denfert-Rochereau, le projet retenu prévoit l'élargissement et la protection du couloir de bus existant dans le sens nord-sud et la réservation de la contre-allée aux bus et aux cyclistes dans le sens sud-nord. La circulation générale est réduite à une seule file par sens. Ce projet est destiné à la sécurité et au confort des piétons.
Pour un certain nombre de riverains, cela signifiera la suppression de quelques places de stationnement, cela fait partie des contreparties. Quand on met en place un plan de circulation dans la capitale, nous le faisons dans le sens de l'amélioration de la qualité de vie. Je ne connais pas de propositions qui permettent de satisfaire simultanément toutes les catégories de population, mais ceux qui ont élaboré le Plan de Déplacement urbain d'Ile-de-France ont eu raison de donner priorité aux transports en commun ; c'est un nouvel équilibre que nous prenons en compte dans l'élaboration de la politique des déplacements dans la ville.
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - M. TRÉMÈGE sur la réponse.
M. Patrick TRÉMÈGE. - Ma question portait sur le programme et le calendrier ; dans sa longue réponse dépassant le temps...
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Il a tenu dans les deux minutes réglementaires.
M. Patrick TRÉMÈGE. - Je suis désolé de la réponse qui ne répond pas au fond de la demande. Faire référence aux réunions successives de technocrates, alors que la population, ni de près ni de loin, n'a été concernée, je regrette, c'est une situation qui n'est pas nouvelle, on aura l'occasion, sur le terrain, de s'en entretenir avec les associations de riverains.