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Mai 2008
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Conseil Municipal
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2008, Voeu déposé par l’Exécutif relatif à l’attribution du nom de Matoub Lounès à une voie de Paris.

Débat/ Conseil municipal/ Mai 2008


 

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Nous passons à l?examen du v?u référencé n° 53 dans le fascicule, déposé par l?Exécutif, relatif à l?attribution du nom de Matoub Lounès à une voie de Paris.

La parole est à M. Pierre SCHAPIRA.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint. - Nous soumettons ce voeu afin qu?une rue de Paris porte le nom de Matoub Lounès.

Ici, tout le monde sait qui est Matoub Lounès. Je rappelle, cependant, que cela fait dix ans qu?il a été assassiné, c?est un chanteur et poète algérien, il était kabyle. Il a été le chef de file du combat pour la liberté d?expression et la reconnaissance de la langue berbère.

Il a défendu cette culture qui occupe une place centrale dans ses textes. C?est un ardent partisan de la laïcité et de la démocratie. Il s?est fait le porte-parole des laissés-pourcompte et des femmes, il s?est opposé à l?islamisme radical et au terrorisme. Il a condamné l?assassinat d?intellectuels.

Enlevé le 25 septembre 1994 par le G.I.A. il est libéré au terme d?une forte mobilisation de l?opinion. La même année, il publie un ouvrage autobiographique.

Il a reçu des prix. Son nom est attaché à la culture berbère mais surtout aux Droits de l?Homme en Algérie.

Je vous demande de voter ce voeu.

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Je vous remercie.

Mme Anne HIDALGO répondra et j?ai deux demandes d?explication de vote en provenance de M. Jean VUILLERMOZ et de M. Sylvain GAREL.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe. - Bien sûr un avis très favorable de l?Exécutif à ce voeu. Comme l?a dit Pierre SCHAPIRA, Matoub Lounès est une personnalité marquante des communautés berbères.

Nous avions d?ailleurs sous la précédente mandature prit l?engagement d?attribuer son nom à une place ou à une rue de Paris. C?est quelque chose qui répare sans doute une forme d?invisibilité dont a été marqué Matoub Lounès.

C?est un homme qui a effectivement été d?abord ce défenseur des Droits de l?Homme, ce défenseur de la laïcité.

Paris s?honorera de pouvoir lui rendre hommage à travers une place ou une rue sur laquelle sera apposé ce nom auquel nous devons tous, que ce soit la communauté berbère ou ceux qui ne sont pas de la communauté berbère mais qui se retrouvent sur les mêmes valeurs de laïcité et de défense des Droits de l?Homme, nous serons tous honorés d?avoir ce nom sur les rues de Paris.

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Monsieur VUILLERMOZ, vous avez la parole.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint. - Je vois qu?il y a les éléments de langage pour le voeu de l?Exécutif.

Je me félicite que l?Exécutif attribue un nom de rue, de place, un lieu de Paris à Matoub Lounès parce que nous l?avions demandé il y a très longtemps et que, puisque cela se réalise, nous ne pouvons qu?être satisfait.

C?est quelque chose de très bien.

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Monsieur Sylvain GAREL ?

M. Sylvain GAREL. - M. René DUTREY va faire l?explication.

M. René DUTREY. - Le groupe ?Les Verts? votera avec plaisir ce v?u malgré qu?il manque une dimension à la vie de Matoub Lounès.

C?était un grand chanteur, un partisan de la liberté, il s?est opposé au G.I.A. mais il a été oublié que les circonstances de son assassinat n?ont jamais été élucidées.

Un doute subsiste entre islamistes ou services de sécurité algériens. Ce doute continue à subsister par le combat de sa veuve Nadia Matoub qui est aujourd?hui à Paris, qui rencontre les pires difficultés quotidiennes, entre autres économiques, pour pouvoir vivre à Paris où elle s?est réfugiée.

Nadia Matoub a reçu une rafale de pistolet mitrailleur lors de l?assassinat de Matoub Lounès, elle a toujours voulu porter plainte sur place pour que la lumière soit faite sur cet assassinat et le gouvernement algérien l?en a toujours empêchée.

Elle est retournée il y a trois mois en Algérie pour porter plainte, sa plainte a de nouveau été classée.

Lorsqu?on célèbre la mémoire d?un homme, il s?agit de célébrer son combat, de le continuer. Je regrette que dans ce v?u son combat pour la vérité sur son assassinat, qui est la raison pour laquelle aujourd?hui on donne son nom à une rue, ce combat est essentiel pour comprendre l?ensemble de l?oeuvre de Matoub Lounès. Je vois M. Pierre SCHAPIRA qui fait non de la tête, il doit y avoir un différend.

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Nous passons au vote avec avis favorable de l?Exécutif.

La parole est à Mme Lynda ASMANI pour une explication de vote.

Mme Lynda ASMANI. - Rapidement pour dire que nous sommes évidemment favorables.

Nous regrettons que cela ait mis autant de temps parce que la communauté berbère est partie prenante, et puisque vous êtes favorables à tant d?assimilation et tant d?intégration de toutes les communautés dans la communauté nationale, je regrette que l?on ait attendu aussi longtemps.

La communauté berbère a d?autres revendications, celles qu?elle porte dans ses valeurs qui sont celles de la République, celles de la Ville de Paris : un institut culturel berbère depuis fort longtemps, une rue est un symbole fort surtout pour Matoub Lounès qui était un humaniste.

Le Président Chirac à l?époque était le premier à dénoncer et à regretter cet assassinat. Vous avez raison Monsieur DUTREY.

Le groupe U.M.P.P.A. non seulement s?associe à la mémoire de Matoub Lounès, est heureux d?avoir une rue, mais ne désespère pas sur le combat des valeurs berbères à Paris.

Merci.

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P.P.A. et Centre et Indépendants).

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de voeu déposé par l?Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de voeu est adopté. (2008, V. 33).