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Septembre 2008
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Conseil Municipal
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2008, Vœu déposé par Mme Laurence GOLDGRAB, MM. Gilles ALAYRAC et Jean-Bernard BROS relatif à la mise en place d'un Observatoire parisien de la laïcité.

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2008


 

M. LE MAIRE DE PARIS. - Nous examinons maintenant des v?ux qui ne se rattachent à aucun projet de délibération.

Je donne la parole à Mme GOLDGRAB.

Mme Laurence GOLDGRAB. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, le principe de la laïcité tel qu'il fut énoncé dans l'article 10 de la déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789 se veut le garant de la liberté de conscience et de l'égalité des droits de tous les citoyens.

Toutes les opinions religieuses, philosophiques ou politiques sont permises, avec pour seule limite le respect de l'ordre public.

La loi de 1905 relative à la séparation de l'Eglise et de l'Etat garantit la neutralité des institutions publiques par rapport au pouvoir spirituel et religieux. Le principe en est simple : l'Etat n'intervient pas dans la religion pas plus que la religion n'intervient dans le fonctionnement de l'Etat.

Mais la laïcité n'est pas limitée aux affaires religieuses, c'est une attitude d'esprit qui permet de vivre ensemble, c'est le contraire du repliement sur soi, c'est le respect de l'indépendance et de toutes les diversités, même culturelles et surtout culturelles, mais dans un rapport ouvert avec autrui.

La laïcité est le rempart contre le communautarisme, mais s'oppose également à l'uniformisation et au formatage des idées. C'est pourquoi la laïcité est un concept éminemment moderne. Des voix de plus en plus nombreuses se font entendre pour lui conférer une valeur universelle applicable à toutes les démocraties.

Néanmoins, sa mise en pratique dans la conduite des affaires locales pose plusieurs questions. C'est pourquoi, avec Gilles ALAYRAC et Jean-Bernard BROS, nous souhaitons proposer un v?u, car le Conseil de Paris est de plus en plus fréquemment confronté à des demandes d'autorisations diverses, des demandes de mise à disposition de lieux et de financements publics émanant des communautés religieuses, notamment les crèches, les écoles, des lieux de culte.

La multiplication de ce type de demandes entraîne la nécessité pour la collectivité locale de trouver des réponses justes, des solutions pérennes, équitables et équilibrées pour tous.

Nous demandons donc que soit mis en place un groupe de travail pour réfléchir à la création d'un observatoire parisien de la laïcité qui aura pour mission de donner des avis sur tous les sujets ayant trait à l'application de la loi de 1905 dans la Capitale et ainsi faire des propositions quant à son application locale.

Je vous remercie.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Madame BOISTARD, vous avez la parole.

Mme Pascale BOISTARD, adjointe. - Merci, Monsieur le Maire?

M. LE MAIRE DE PARIS. - Dites au passage l?avis de l?Exécutif sur ce v?u !

Mme Pascale BOISTARD, adjointe. - J'émets un avis favorable à ce v?u.

Je souhaitais juste ajouter que, comme vous l'avez dit, l'importance de la laïcité est la garantie de notre vivre ensemble et c'est aussi la garantie pour toutes les religions, mais aussi pour ceux qui ne croient pas, d'être respectés.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Pascale BOISTARD.

Je suis content d'avoir assisté à cette partie de notre ordre du jour, car j'ai beaucoup aimé l'intervention de Laurence GOLDGRAB, beaucoup plus que quelques commentaires que j'ai lus dans la presse que j'ai trouvés faux et injustes.

La République et la laïcité sont neutres, il n'y a pas de vérité officielle religieuse, mais ce n'est ni indifférence, ni ignorance.

La laïcité, c'est la capacité de respecter également chacun, qu'il soit croyant ou incroyant, et s'il est croyant, et quelle que soit sa foi, qu'il puisse, dans la cité, vivre sa conviction religieuse.

Je le dis, parce que, lorsqu'il y a, pour une religion, un mois qui est un mois particulier et qu'il y a besoin, à un moment donné, de permettre à ces croyants de pratiquer leur religion, c'est légitime de les aider à le faire, dans la neutralité la plus totale.

Contrairement aux dérives que je vois au niveau de l'Etat, qui ont vocation à indiquer comment il faut espérer, je suggère plutôt de s'occuper de la désespérance sociale.

Mais la laïcité à laquelle je suis particulièrement attachée et que nous faisons vivre à Paris n'est pas non plus indifférence ou empêchement pour des croyants de vivre leur foi et je suis donc particulièrement favorable à cet observatoire - c'est une très bonne suggestion -, mais je nous suggère d'éviter les interprétations ou les procès d'intention - désolé -, qui ne sont pas, à mon avis, adaptés.

Je suis donc très content, et j'ai trouvé que l'intervention de Laurence GOLDGRAB était excellente.

Je mets aux voix, à main levée, le v?u.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le v?u est adopté. (2008, V. 135).