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Septembre 2008
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2008, SG 94 - Signature d'un avenant à la convention passée avec l'association "Je. Tu. Il..." pour l'attribution d'une subvention pour son action de sensibilisation des jeunes au respect mutuel entre les sexes au titre de 2007. - Montant : 110.000 euros.

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2008


 

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Nous passons au projet de délibération SG 94. Il s'agit de la signature d'un avenant à la convention passée avec l'association "Je. Tu. Il?" pour l'attribution d'une subvention pour son action de sensibilisation des jeunes au respect mutuel entre les sexes au titre de 2007, le montant de cette subvention étant de 110.000 euros.

Je donne la parole à Mme Frédérique PIGEON.

Mme Frédérique PIGEON . - Je souhaitais en effet prendre la parole pour attirer l'attention sur le fait que l'éducation, l'école et la sensibilisation jouent un rôle de premier plan pour promouvoir une société du respect et de la non-violence. A cet égal, M. le Maire nous l?a rappelé, la Ville est fortement aux côtés de ce mouvement et de cette lutte.

Nous soutenons l'association "Je. Tu. Il?" depuis 2003. Cette association promeut une action toute particulière en faveur de l'égalité entre les hommes et les femmes auprès des jeunes. Je voulais à cette occasion interroger Mme Fatima LALEM sur les initiatives qu'elle compte déployer en vue de la sensibilisation des jeunes.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. Merci, Madame PIGEON.

La parole est à Mme LALEM pour vous répondre.

Mme Fatima LALEM, adjointe, au nom de la 6e Commission. - Merci à Frédérique PIGEON de me donner l'occasion de mettre l'accent sur la qualité de l'action menée par cette association et cela dans un contexte de grande fragilisation des populations sur de nombreux territoires, avec une aggravation des phénomènes de violence, notamment dans le cadre des rapports entre filles et garçons. Les indicateurs sont lourds et les statistiques restent alarmantes, notamment celles produites par l'Observatoire national de la délinquance.

En conséquence, il est important de mener une politique volontariste de prévention pour promouvoir d?autres rapports entre les genres, porteurs d?égalité entre les femmes et les hommes.

Ainsi, il est nécessaire d'agir sur les représentations dès le plus jeune âge, car la construction des rapports sociaux fille/garçon pendant l'enfance et l'adolescence joue un rôle déterminant sur les perceptions et les comportements que l'on adopte à l'âge adulte.

De surcroît, l'image que les jeunes adolescents ont de la sexualité, de ce que l'on peut faire accepter ou refuser a une influence sur les éventuelles violences sexuées qu'ils seront susceptibles de commettre ou de subir une fois parvenus à l'âge adulte. Oui, la prévention est primordiale pour lutter contre les rapports de domination qui enferment autant les garçons que les filles dans des représentations stéréotypées de leur place et de leur rôle dans la société. Il est donc primordial que des actions de sensibilisation au respect mutuel entre les sexes soient menées de façon systématique auprès des jeunes scolaires.

Cela correspond à des objectifs que s'est assignés l'équipe municipale dès la première mandature. Je voudrais souligner à ce niveau la qualité des partenariats engagés et la mobilisation de ceux qui, au quotidien, font de la prévention une priorité de leur action, qu?il s?agisse des différentes structures gérées par le Département, la Ville ou le réseau associatif.

Dans ce cadre, je voudrais particulièrement saluer le travail de l'association "Je. Tu. Il?", qui a initié depuis 2003 une démarche pédagogique interactive très innovante mobilisant à la fois de jeunes collégiens et la communauté éducative. Ce programme pédagogique performant s'appuie notamment sur l'utilisation de vidéos régulièrement actualisées mettant en scène une graduation des actes de violence entre collégiens en mobilisant les nouveaux outils à leur disposition : les téléphones portables, Internet, etc.

Le bilan est très encourageant. En cinq ans, cette association a assuré des actions auprès de 17.000 jeunes au sein de 70 collèges parisiens et en mobilisant à leurs côtés plus de mille adultes de la communauté éducative.

Dans le cadre de cette nouvelle mandature, nous allons amplifier ce mouvement et développer de nouvelles cohérences avec les structures qui dépendent de la Ville, avec notre réseau des centres de planification, avec les mairies d'arrondissement, le réseau associatif, et en recherchant un partenariat avec le Rectorat. Notre objectif est de renforcer ces interventions en direction des jeunes, autour de la prévention des risques sexuels, des comportements sexistes, et de l'éducation au respect.

Cependant, j'aimerais souligner que ces interventions indispensables sont aujourd'hui encore très largement financées par les collectivités territoriales, alors qu'elles relèvent d'une prérogative qui incombe à l'Etat, Etat qui reste à ce niveau largement défaillant.

A titre d'exemple, je voudrais rappeler qu'une loi a été votée en 2001, qui prévoit une information à l'éducation à la sexualité à raison de trois séances par an tout au long du cursus scolaire ; elle n'est toujours pas appliquée faute d'une mobilisation de moyens par l'Etat.

Je voudrais juste insister sur le rôle fondamental qui incombe aux pouvoirs publics et particulièrement à l'Education Nationale. Je le dis d'autant plus solennellement que ce qui se dit ici actuellement et qui a fait l'objet de plusieurs interventions ce matin dans le cadre de la communication du Maire de Paris à propos de la rentrée scolaire est très préoccupant.

En effet, toutes les suppressions de poste laissent peu d'espace aux chefs d'établissement et aux enseignants pour mener à bien cette mission éducative primordiale. Nous pensons que cette éducation, dès le plus jeune âge, a plus d'efficacité que l?arsenal répressif ou le fichage des jeunes que le Gouvernement veut mettre en place.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. Merci beaucoup.

Vous avez eu raison d'insister sur cette très belle initiative que nous suivons, à la Ville, depuis 2003, et insister aussi sur le fait que l'Etat qui, via le Rectorat autorise, et nous sommes ravis de ce partenariat, l'équipe de "Je. Tu. Il?" à venir faire ce travail dans les collèges, ne finance absolument pas cette initiative. Elle est financée exclusivement sur les fonds de la Mairie de Paris. Cela fait déjà plusieurs années que la demande est faite au Rectorat d'apporter les moyens complémentaires. Merci, Madame LALEM, de poursuivre avec force ce travail et cette demande vis-à-vis de l'Etat.

M. Sylvain GAREL. - Une explication de vote : je donne la parole à Véronique DUBARRY.

Mme Véronique DUBARRY. - Je voudrais ajouter un point qui me paraît extrêmement important. Vous avez souligné le fait que le Rectorat doit accorder des autorisations à des associations pour qu'elles interviennent dans les collèges et certains lycées.

Je voudrais attirer votre attention, comme je l?ai fait à de nombreuses reprises lors de la précédente mandature, sur le fait que certaines associations n'ont pas encore d'autorisation pour rentrer dans les collèges et lycées. Vous avez parlé, Madame LALEM, de stéréotypes, d'idées préconçues, de préjugés, etc. En matière de sexualité, de conduite sexuelle, il y a encore énormément de préjugés et d'inégalités qui touchent les jeunes homosexuels et les jeunes lesbiennes.

Je pense qu'il faudrait vraiment s'atteler à cette inégalité et à cette discrimination et travailler, non seulement sur les conduites sexuées, mais aussi sur les différentes orientations sexuelles, ce que ne fait pas totalement "Je. Tu. Il?". J'ai vu un certain nombre de leurs interventions, et je pense que d'autres associations, qui ont un travail plus ciblé en la matière, devraient avoir les mêmes autorisations.

L'année dernière, le thème de la Marche des Fiertés, c'était justement l'éducation. Et, vraiment, j'insiste sur le fait que nous devons encore amplifier cet effort, même si vous avez raison de le souligner une fois encore : nous sommes les seuls à faire cet effort.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Je suis tout à fait d'accord avec vous et je pense que Fatima LALEM, avec vous, verra à quelles autres associations vous faites référence, mais j'insiste, pour avoir vu et participé à des séances de formation de "Je. Tu. Il?", sur le fait que l'un des trois films concerne l'homosexualité et la façon dont des enfants, des jeunes reconnaissent, se reconnaissent comme homosexuels. Cela fait partie justement de ce travail très, très intéressant fait par "Je. Tu. Il?".

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération SG 94.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le projet de délibération est adopté. (2008, SG 94).