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Septembre 2008
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2008, Vœu déposé par les groupes communiste et M.R.C. relatif à la privatisation de "La Poste". Vœu déposé par le groupe socialiste, radical de gauche et apparentés relatif au projet gouvernemental de privatisation de l'établissement public "La Poste".

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2008


 

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Nous examinons quatre v?ux qui ne se rapportent à aucun projet de délibération et qui sont numérotés de 58 à 61.

Je vous propose, dans un premier temps, d'examiner conjointement les v?ux n° 58 et n° 59, relatifs au projet de privatisation de "La Poste", déposés par les groupes communiste et M.R.C. ainsi que par le groupe socialiste, radical de gauche et apparentés.

La parole est au président BROSSAT.

M. Ian BROSSAT. - Nous avons présenté ce v?u en commun avec le groupe du M.R.C.

Il s'agit effectivement de souligner la question de l'avenir de "La Poste". Vous savez que le Président de la République, Nicolas SARKOZY, a annoncé son intention de transformer "La Poste" en société anonyme, ce qui ouvre la voie à sa privatisation.

L'expérience montre qu'à chaque fois qu'on privatise un service public, on l'a vu, au total, c'est à la fois les usagers qui trinquent et, en même temps, les salariés de l'entreprise.

Vous savez aussi à quel point les Français sont attachés au service public de La Poste ; un récent sondage montrait que plus de 60 % d'entre eux souhaitent que "La Poste" reste un service public.

Ce v?u vise donc, compte tenu de l'impact qu'aurait cette privatisation sur les bureaux de Poste parisiens, à ce que la Ville de Paris exprime son opposition à ce projet de privatisation de "La Poste".

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Merci, Monsieur le Président.

Je donne la parole à M. BRAVO.

M. Jacques BRAVO, maire du 9e arrondissement. Monsieur le Maire, je vais être très bref, puisque vous avez les considérants et l'exposé des motifs sous les yeux.

"La Poste" est un service public essentiel dans les campagnes, à Paris, dans les quartiers populaires, essentiel à l'exercice réel des droits des citoyens et en particulier au droit de communication.

Nous considérons que "La Poste" est en danger. Quand on voit les perspectives de suppressions d'emplois de 2009, après celles constatées en 2008, quand on voit des expériences telles que le site pilote dans le 12e avec les bureaux Saint-Antoine Crozatier, quand on écoute l'inquiétude des personnels, quand on regarde la réaction de tous les élus locaux, quelle que soit leur préférence partisane, il y a un vrai problème et je pense qu'il sera traité à la Commission départementale de la présence postale territoriale, que j'ai l'honneur de présider et qui se réunit le 7 octobre, la semaine prochaine.

Plusieurs arrondissements ont voté de tels v?ux que ceux présentés par nos collègues communistes et du M.R.C. C'est la raison pour laquelle je présente, au nom du groupe socialiste, radical et apparentés, le v?u par lequel le Maire de Paris demande au Gouvernement d'ouvrir un grand débat public sur les missions de "La Poste" et sur l'amélioration du service rendu en réponse aux besoins de la population, ainsi que sur les nouvelles formes de gestion qui permettront de démocratiser les services publics en impliquant davantage des représentants, des usagers, des salariés et des élus.

Merci, Monsieur le Maire.

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Merci, Monsieur BRAVO.

La parole est à Mme la présidente BACHE.

Mme Marinette BACHE. - Merci, Monsieur le Maire.

Monsieur le Maire, mes chers collègues, comme viennent de le dire mes deux prédécesseurs, un de nos derniers services publics risque de disparaître : "La Poste". "La Poste" qui, d?ailleurs, a déjà beaucoup changé de cap en faisant du profit et de son "design" ses uniques objectifs.

En témoignent la création récente de guichets professionnels, la mise en place d'espaces "gadgets" avec, en corollaire, l'augmentation des queues au seul guichet des particuliers, l'apparition d?écrans publicitaires, la suppression de tournées à Paris et la fermeture de centaines de bureaux de Poste en province, la multiplication des emplois précaires, la transformation de fait de notre facteur en V.R.P. Et pour cause, le Gouvernement a décidé de privatiser "La Poste" !

Nous savons ce qui nous attend ; France Télécom, E.D.F.-G.D.F. en sont les exemples actuels les plus flagrants ; l'augmentation des factures et la diminution des services ont tout de suite suivi.

Que cette annonce tombe en pleine période de préparation d'élections prud'homales et sur fond de retransposition de la troisième directive européenne qui privatisera l'ensemble du courrier n'est pas, pour nous, un hasard. Nous soutenons donc l'appel et l'exigence de débat public et de référendum du Comité national de mobilisation pour "La Poste" qui regroupe de nombreuses organisations syndicales (la C.G.T., Solidaire, F.O., la C.F.T.C.), l'ensemble des forces politiques de gauche et un nombre impressionnant d'associatifs.

Personne n'est dupe de l'annonce par le Gouvernement d'une énième pseudo consultation. La communication de "La Poste" par message du 19 septembre dernier envers ses cadres en est d'ailleurs tout à fait révélatrice puisqu?elle se félicite que cela ne modifie en rien le calendrier de privatisation de La Poste.

Devant un tel mépris de notre peuple qui ne cesse de démontrer son attachement à nos services publics, y compris lorsqu'on lui en donne l'occasion, par le vote, comme lors du référendum de 2005, notre groupe souhaite qu'à travers ce v?u, notre Municipalité prenne une position ferme de soutien à tous ceux qui défendent le service public postal, car, en effet, nous pensons qu'il n'y a pas de fatalité sur ce dossier et qu'il n'est pas bouclé.

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - On me dit qu?il faut entendre l'Exécutif avant les explications de vote.

La parole est donc à Christian SAUTTER.

M. Christian SAUTTER, adjoint. - Monsieur le Maire, merci de me donner la parole et de me donner la possibilité de dire que la réorganisation du service public postal est véritablement inquiétante et que l'Exécutif municipal est en plein accord avec les considérants comme avec les propositions des deux voeux qui ont été déposés, d'une part, par le groupe communiste et le groupe M.R.C. et, d'autre part, par le groupe socialiste.

Les deux v?ux étant parfaits, je n'ai pas ressenti le besoin de faire un v?u de l'Exécutif pour les doubler.

Très rapidement, l'évolution technique de "La Poste" nous inquiète, puisque nous avons vécu successivement les transferts des centres de tri vers la première couronne, ce qui, évidemment, allonge les trajets pour le courrier qui va de Paris à Paris ; il y a des menaces sur les bureaux de poste et on a mentionné les bureaux de Saint-Antoine et de Crozatier dans le 12e ; il y a une inquiétude sur l'avenir de la Poste du Louvre qui concerne le 1er arrondissement, mais pas seulement cet arrondissement. Certes, il y a l'arrivée de la Banque postale à Paris, mais tout ceci ne fait pas un compte satisfaisant.

Quant à l'évolution financière, il est clair que la transformation de "La Poste" en société anonyme et l'ouverture du capital vont faire prévaloir une logique financière sur une logique de service public.

C'est pourquoi, brièvement, premièrement, nous nous réjouissons de ce que la Commission départementale de la Poste se réunisse le 7 octobre et, sous la présidence de Jacques BRAVO, elle fera évidemment du bon travail. Je rappelle simplement que cela fait cinq ans que nous demandions à l'Etat de nommer les représentants dans cette Commission départementale de la Poste. Elle est enfin constituée, elle va enfin se réunir et je suis sûr qu'elle va bien travailler.

Plus généralement, j'exprime la solidarité, ou du moins j'espère que le Conseil de Paris exprimera, en adoptant ces deux v?ux nos 59 et 60, la solidarité des élus parisiens avec les usagers comme avec les agents de "La Poste" qui ont raison de s'inquiéter de cette évolution défavorable.

Merci.

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Je donne donc maintenant la parole pour une explication de vote au groupe "Les Verts" en la personne de M. BOUTAULT.

M. Jacques BOUTAULT, maire du 2e arrondissement. Merci, Monsieur le Maire.

Très attaché au service public postal, c'est pour vous informer que le groupe des "Verts" votera ces deux v?ux avec lesquels il est en plein accord.

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Merci pour votre concision, Monsieur le Maire.

Je mets aux voix, à main levée, le v?u.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le voeu est adopté. (2008, 162).

Je mets aux voix, à main levée, le v?u.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le voeu est adopté. (2008, V. 163).