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Mai 2008
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Conseil Municipal
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Déliberation

Vœu visant à ce que le nom Matoub Lounès soit donné à une voie de Paris.

Déliberation/ Conseil municipal/ Mai 2008 [2008 V. 33]


 

Délibération affichée à l?Hôtel-de-Ville

et transmise au représentant de l?Etat le 17 juin 2008.

Reçue par le représentant de l?Etat le 17 juin 2008.

 

Le Conseil de Paris, siégeant en formation de Conseil municipal,

Le 25 juin 2008 marquera la célébration du 10e anniversaire de l?assassinat du chanteur et poète algérien Matoub Lounès, tué à l?âge de 42 ans, à quelques kilomètres de son village natal, en Kabylie.

Nul ne peut ignorer l?apport majeur du chantre de l?amazighité à la culture et à l?identité berbères. Dès l?adolescence, il compose des chansons d?expression berbère. Il a le sentiment que l?enseignement en Algérie le prive de son identité. Lounès Matoub se pose la question suivante : je parle berbère à la maison et à l?école j?apprends : ?mes ancêtres les Arabes?. La génération précédente apprenait : ?mes ancêtres les Gaulois?. Mais alors, qui sommes-vous ? C?est ainsi qu?il décide de devenir un jeune chanteur de langue berbère. Il enregistre en 1978 son premier album, A Yizem anda tellid ? (O lion où es-tu ?), qui l?impose tout de suite comme un grand espoir de la chanson, bien au-delà de la Kabylie. En 1983, il se produit à l?Olympia.

Chef de file du combat pour la liberté d?expression et la reconnaissance de la langue berbère, il est grièvement blessé par un gendarme en octobre 1988. Il raconte sa convalescence, dans l?album ?L?Ironie du sort?. En 1998, la célèbre chanson n° 5 de l?album ?Tavrats i lhukem?, construite sous la forme d?un ?kacide? (enchaînement de musiques différentes), se termine par une parodie de l?hymne officiel algérien ; celle-ci lui coûtera sans doute la vie.

Si la défense de la culture amazighe occupe une place centrale dans ses textes, son engagement dépasse ce seul thème. Ardent partisan de la laïcité et de la démocratie, il se fait le porte-parole des laissés-pourcompte et des femmes. Opposé à l?islamisme radical et au terrorisme, il condamne l?assassinat d?intellectuels ; enlevé le 25 septembre 1994 par le GIA, il est libéré au terme d?une forte mobilisation de l?opinion. La même année, il publie un ouvrage autobiographique ?Le Rebelle? et reçoit le Prix de la mémoire des mains de Danielle Miterrand. En 1996, il participe encore à la marche des Rameaux en Italie pour l?abolition de la peine de mort. Enfin, Matoub Lounès n?a pas omis de composer des textes traitant du vécu social, d?amour, de douleur et d?affliction, avec cette ?soif d?absolu?, cette ?rage de la vie?, qui ont modelé sa force poétique, comme le rappelle le chercheur kabyle Yalla Seddiki, auteur du livre ?Mon Nom est combat?.

Pour ce 10e anniversaire de l?assassinat de Matoub Lounès, Paris, ville des droits de l?homme et du respect de la diversité des cultures, se doit de lui rendre hommage par un geste fort, que justifie pleinement le grand nombre de Parisiens d?origine berbère, dont les parents constituèrent l?une des deux émigrations les plus anciennes en France et à Paris.

Sur la proposition de l?Exécutif,

Emet le voeu :

Qu?une voie de Paris prenne le nom de Matoub Lounès, pour le 10e anniversaire de sa mort.