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Janvier 2003
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Conseil Municipal
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68 - Vœu déposé par Mme Nicole BORVO et des membres du groupe communiste concernant l'annonce de la fermeture du lycée professionnel municipal Rose Bertin (2e)

Débat/ Conseil municipal/ Janvier 2003


Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Nous allons passer à l'examen du voeu déposé par le groupe communiste relatif à l'annonce de la fermeture du lycée professionnel municipal Rose Bertin dans le 2e arrondissement.
Je vais passer la parole à Mme MEYNAUD.
Mme Sophie MEYNAUD. - Merci, Madame la Maire.
C'est avec un grand émoi que les lycéens, les lycéennes et les enseignants du lycée Rose Bertin ont appris que la prochaine rentrée ne s'effectuerait pas rue Dussoubs dans le 2e arrondissement.
Ils se sont mobilisés, ont exprimé leurs craintes quant à l'avenir de leur formation, de leurs enseignements et ont alerté les élus.
Et ils ont eu raison car, quelles que soient les intentions de l'Académie, une chose essentielle aura manqué : la concertation. Et cette concertation aurait permis d'entendre l'attachement de ces jeunes à leur formation et à leur futur métier, celui des enseignants au savoir-faire qu'ils transmettent.
Au moment où Paris inaugure l'opération "Paris Capitale de la création", où la Mairie de Paris remet à 4 jeunes issus des écoles et lycées de Paris le grand prix de la création 2002 de la Ville, l'Académie envisagerait ou laisserait à penser qu'elle fermerait purement et simplement l'un des 6 lieux où l'on forme les jeunes aux métiers de la mode.
Comment des élus de Paris pourraient laisser faire une telle chose ?
Pour ce qui concerne les élus communistes, nous avons montré de longue date que nous étions attachés à la présence et au développement des secteurs d'activité de la haute couture et du prêt-à-porter dans la Capitale. Nous nous sommes émus de la fermeture de la maison Cerrutti, puis de celle d'Yves Saint-Laurent. En octobre dernier nous demandions ici même la relance d'une véritable politique d'apprentissage et de transmissions des savoirs et des compétences dans ce secteur pour garantir l'avenir de cette branche prestigieuse.
Ainsi donc, si des mesures nouvelles doivent être prises, encore faut-il examiner si elles sont vraiment nécessaires. Aucune d'entre elles ne doit avoir pour objectif ou conséquence un démantèlement des formations liées aux métiers de la mode mais au contraire travailler au développement de ces filières en lien avec un secteur d'activité qui a participé au rayonnement culturel et au prestige de la Capitale dans le monde.
C'est la raison pour laquelle nous avons déposé ce voeu demandant le maintien du lycée Rose Bertin.
Je vous remercie.
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Merci, Sophie MEYNAUD.
La parole est à M. BOUTAULT.
M. Jacques BOUTAULT, maire du 2e arrondissement. - Une précision sur ce qui vient d'être dit. Effectivement, sur la forme, il faut savoir que l'Académie a pris sa décision sans concertation. Je regrette que les élus d'arrondissement ne soient pas associés, au moins en amont, aux décisions prises. C'est la première précision que je voulais apporter. La seconde concerne le transfert car il ne s'agit pas d'une fermeture de ce lycée municipal, qui repasse dans le giron de la Région, mais bien d'un transfert de la filière dans d'autres lycées parisiens.
Par ailleurs, je suis moi-même très attaché à ce que le quartier du Sentier puisse rester un quartier dédié à la mode, à la confection, mais la pertinence de ce lycée en ce lieu ne m'apparaît pas après vérification, puisque aucune des 144 élèves de ce lycée aujourd'hui ne trouve de stage de formation dans les filières des entreprises du Sentier. Et je le regrette.
Je me suis attaché à ce que le lycée ne soit pas fermé et à ce que toutes les élèves - c'est la demande que j'ai formulée - puissent retrouver un lieu d'accueil dans les lycées de la mode à Paris.
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Merci, Monsieur BOUTAULT, pour ces précisions.
Je passe la parole à Eric FERRAND.
M. Eric FERRAND, adjoint. - Merci, Madame la Maire.
M. Jacques BOUTAULT, qui est le maire du 2e, s'est exprimé sur cette question et a déjà suivi la situation du lycée Rose-Bertin. Je voudrais aussi vous préciser que ma collègue Mme Lyne COHEN-SOLAL a également été saisie de cette affaire puisque la question qui est posée est celle de l'avenir de la filière des enseignements de la mode à Paris.
Je disais tout à l'heure, avant que vous ne m'interrompiez très justement, qu'il convient en effet de dénoncer l'annonce brutale d'une mesure qui pourtant est conforme au schéma des formations qui a été adopté en décembre 2000, à l'unanimité, par l'Assemblée régionale et par le Conseil interacadémique de l'Education nationale, il faut le préciser.
Cela étant, l'Académie n'a pas mis beaucoup les formes, n'a pas informé les intéressés sur ses intentions, si bien que l'annonce en a été extrêmement mal vécue.
Qu'est-ce qui compte pour nous ? C'est que ces enseignements soient maintenus dans la Capitale, que la mode vive, et pour cela nous avons demandé à l'Académie qu'elle organise le transfert de la filière et des enseignements et c'est pourquoi le maire du 2e arrondissement a bien eu raison de préciser son vocabulaire. Les enseignements seront transférés dans d'autres lycées régionaux, le lycée Marie-Laurencin dans le 10e, le lycée Octave-Feuillet dans le 16e, le lycée Turquetil dans le 11e et le lycée Poiret dans le 11e, qui sont tous, je le rappelle des lycées de la mode. Le lycée Rose-Bertin n'a pas le label de lycée de la mode.
Les quatre lycées que je viens de citer sont des lycées internationalement connus, qui dispensent des enseignements de très haute qualité, et je voudrais également vous préciser que dans de nombreuses filières présentes dans ces lycées, 100 % des élèves trouvent un emploi à la sortie. C'est très important de le dire et c'est la raison pour laquelle j'ai pris l'initiative avec le maire du 2e et Mme COHEN-SOLAL de réunir dans quelques jours des représentants des enseignants et des élèves avec l'Académie, de manière à faire le point précisément sur cette affaire.
Je souhaite qu'une totale information soit donnée et que nous veillions ensemble à la réalisation concrète des objectifs, c'est-à-dire continuer à faire vivre l'enseignement de la mode et de la couture à Paris. C'est la raison pour laquelle je crois qu'il ne faut pas complètement se focaliser sur le lycée Rose-Bertin et je voudrais proposer une autre rédaction pour ce v?u, en espérant qu'elle rencontre votre agrément. Je propose que l'on rédige le v?u ainsi : "L'Exécutif municipal intervienne auprès de l'Académie de Paris en demandant que les modalités de réorganisation de la filière parisienne fassent l'objet d'une concertation attentive avec tous les acteurs de la communauté scolaire éducative pour que les conditions soient réunies permettant d'assurer le maintien des formations de la mode à Paris et la continuité de l'enseignement et de préserver le bon déroulement de la scolarité des élèves". Car vous comprenez qu'il serait inacceptable pour nous que des élèves soient jetés à la rue et restent évidemment à côté du lycée. Ils doivent être accueillis dans de très bonnes conditions dans les autres lycées régionaux avec de bons enseignants, les mêmes d'ailleurs, et je rappelle que les lycées que j'ai cités ont fait l'objet dans le cadre du schéma des formations de nombreuses entreprises de restructuration portant sur l'ensemble à plus de 100 millions de francs et ils seront donc accueillis dans les meilleures conditions possible avec du matériel ultra-moderne.
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Merci, Eric FERRAND.
La parole est à Mme Sophie MEYNAUD.
Mme Sophie MEYNAUD. - Merci, Madame la Maire.
J'entends bien les arguments et j'entends également que l'Académie aurait un souci de réorganisation de la filière.
Trois aspects que je souligne rapidement :
Nous l'avons tous dit ici, il y a un problème de concertation récurant avec l'Académie et je tiens à dire que cela pose réellement des problèmes pour nous tous. Je demande aujourd'hui évidemment qu'une véritable concertation s'engage, une concertation qui mérite de porter ce nom là, sur ce thème.
Par ailleurs j'aimerais bien que le Rectorat donne quelques assurances en matière de pérennité de ces formations à Paris - vous savez que c'est une chose à laquelle nous sommes extrêmement attachés - peut-être même qu'il nous expose des projets de développement de la filière dans la Capitale.
Enfin, un souci auquel je suis également très attachée c'est évidemment la continuité de l'enseignement et le bon déroulement de la scolarité des élèves.
Tout cela étant pris en compte, Monsieur FERRAND, j'accepte votre sous-amendement sans aucun problème.
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Monsieur FERRAND, vous avez la parole.
M. Eric FERRAND, adjoint. - Oui.
Je remercie Mme MEYNAUD, je veux simplement ajouter une chose, c'est que nous n'oublions pas les professionnels qui devront naturellement être associés à la démarche.
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Merci, Madame MEYNAUD. Merci, Eric FERRAND. Nous allons passer...
M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - Madame la Maire ?
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Oui, Monsieur LEGARET.
M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - Excusez-moi de faire encore un rappel au règlement, pour la forme. M. Eric FERRAND vient d'apporter une réponse et de proposer un sous-amendement oral. Je suis désolé de rappeler que la procédure des amendements et des sous-amendements est une procédure écrite. Les séances du Conseil de Paris ne sont pas une aimable causerie entre les différents représentants des groupes de la majorité municipale. Les travaux du Conseil de Paris concernent tous les Conseillers de Paris qui doivent pouvoir disposer de textes sur lesquels ils se prononcent. Donc un sous-amendement n'est pas une formalité orale. Vous ne pouvez pas mettre au vote un sous-amendement ou un amendement sous-amendé qui n'a pas fait l'objet d'un dépôt préalable par écrit.
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Non.
M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - Je vous renvoie à la lecture de l'article 20 du règlement.
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - C'est une interprétation que vous avez, qui ne prévaut pas dans notre Assemblée.
M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - C'est n'importe quoi !
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Laissez-moi finir. Vous conclurez après si vous voulez. Je poursuis, les travaux de notre Assemblée nous amènent à faire des sous-amendements, des amendements rédactionnels. C'est ce qui vient d'être fait par Eric FERRAND et celui-ci est accepté par le groupe communiste.
Donc je mets aux voix, à main levée, ce voeu.
M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - Puisque vous le prenez comme cela, je demande une vérification du quorum.
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Vous avez interrompu une opération de vote, je poursuis sur cette opération de vote.
Qui est favorable ?
M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - Je demande la vérification du quorum, elle est de droit.
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - On n'interrompt pas une opération de vote, c'est de droit aussi.
Qui est prêt pour ce v?u ainsi sous-amendé ?
Qui est défavorable ?
Qui s'abstient ?
Le v?u ainsi amendé est adopté. (2003, V. 9).
M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - Il est voté sans quorum. Il n'est pas amendé, et je demande qu'il soit porté au procès-verbal que ce vote s'est fait sans le quorum.
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Ce sera porté au procès-verbal.