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Janvier 2003
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Conseil Municipal
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11 - Vœu n° 2 présenté par Mme Cécile RENSON et des membres du groupe U.M.P. concernant les sectes

Débat/ Conseil municipal/ Janvier 2003


Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Je vous propose, avant de conclure nos travaux de cette matinée, d'examiner un v?u déposé par Mme RENSON, pour le groupe U.M.P., v?u qui ne se rattache à aucun projet de délibération. Je répondrai à Mme RENSON.
La parole est à Mme RENSON.
Mme Cécile RENSON. - Merci, Madame le Maire.
Le 26 décembre 2002, Eve, petit être humain à part plus ou moins entière, aurait vu le jour, on ne sait où, peut-être victime d'un savant fou, plus vraisemblablement appât plus ou moins construit d'un gourou.
Un ancien journaliste automobile qui aurait rencontré un extra-terrestre, et constitué le "Mouvement pour la géniocratie mondiale", capable d'apporter la solution aux couples souffrant de stérilité, et à d'autres êtres humains de leur procurer l'Eternité, contre quelques espèces sonnantes et trébuchantes.
Les mouvements sectaires profitent des malheurs du monde pour tenter d'imposer leur solution miracle.
Alors que la Ville de Paris n'a toujours pas répondu concrètement à la demande déjà évoquée par un conseiller de l'opposition, le groupe U.M.P. émet le voeu que soit constitué un Observatoire municipal des sectes, et qu'une très large action d'information soit mise à la disposition des Parisiennes et des Parisiens, dans les meilleurs délais.
Je vous remercie.
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Merci, Madame RENSON.
Je vais répondre moi-même.
Tout d'abord, le souci que vous avez de lutter contre les sectes est bien sûr un souci que partage, ainsi que M. le Maire de Paris et l'ensemble de l'équipe municipale. D'ailleurs j'ai répondu au nom de l'Exécutif municipal ici même en Conseil à la demande qui avait été faite par un des conseillers de l'opposition de créer un observatoire. J'avais répondu ce que je répondrai à nouveau aujourd'hui : cet observatoire ne nous paraît pas être le meilleur moyen de lutter contre les phénomènes sectaires à Paris. La preuve en est : sous la précédente mandature, vous en aviez parlé, mais vous ne l'avez jamais réuni.
Comment avançons-nous sur ce sujet complexe et difficile ?
Tout d'abord, nous travaillons en étroite liaison avec la mission interministérielle qui est une mission installée au niveau national et qui a pour objet essentiellement d'observer, de repérer, de faire la liste des associations et mouvements sectaires.
Nous ne jugeons pas utile, et les associations avec lesquelles nous travaillons ne jugent pas non plus utile, de doubler cet observatoire national qu'a déjà la mission interministérielle par un observatoire parisien.
Nous avons privilégié l'action en liens étroits avec les associations et nous préconisons un travail de vigilance que nous impulsons avec l'ensemble des services de la Ville et ses partenaires.
Ceci doit nous permettre et nous permet de réagir rapidement dans la mesure de nos prérogatives. Nous réunissons très fréquemment les responsables des associations, les services de la Ville, les services de la mission interministérielle et nous formons ainsi une véritable cellule de vigilance à l'échelle parisienne.
De ce travail-là, nous avons dégagé plusieurs axes d'actions qui sont en cours :
Le premier est une campagne d'information et de sensibilisation notamment vers les publics les plus fragiles et les plus exposés au prosélytisme des sectes, nous pensons bien sûr aux jeunes ainsi qu'aux personnes isolées.
Le deuxième axe que nous avons décidé et que nous mettons en ?uvre, c'est un appui très net aux associations et notamment à travers des subventions dont notre Conseil sera saisi dans les prochaines séances. Nous avons d'ores et déjà, dans le cadre d'une discussion avec ces associations, proposé une revalorisation de ces subventions dont les montants dénotaient quand même d'un manque d'intérêt sous la précédente mandature.
Je proposerais, dans les mois qui viennent, des subventions pour trois associations, le centre Roger Ikor, C.C.M.M., l'association "Attention Enfant", ou encore l'association "ADFI".
Nous sommes également en train de conduire une formation pour les personnels de la Ville avec la D.R.H. afin de les former à comprendre et à repérer les sectes lorsque par exemple elles interviennent, comme c'est souvent le cas, soit dans le secteur social, soit dans le secteur scolaire, soit dans le secteur de la formation pour adultes.
Nous sommes en train de former les agents de la Ville à pouvoir repérer et donc agir lorsque ce genre d'organismes liés à une secte intervient pour obtenir un marché, une subvention, ou tel ou tel partenariat avec la Ville.
Nous travaillons aussi avec la Direction des Affaires juridiques pour mieux utiliser tous les outils juridiques qui sont à notre disposition en tant que Municipalité. Ainsi, par exemple, avec la Direction de l'Urbanisme, nous utilisons toutes les ressources du droit, et c'est le cas actuellement, pour ne pas accorder l'autorisation de construire à une secte connue dans les locaux de la Scala dans le 10e. Nous bloquons ce dossier avec les moyens juridiques qui sont les nôtres, mais cela fait partie d'un travail concerté, d'un travail organisé, notamment avec la Direction de l'Urbanisme et la Direction des Affaires juridiques de la Ville.
De la même manière, nous avons, grâce à l'A.P.U.R., aujourd'hui, une véritable cartographie des implantations des sectes dans Paris. Ceci facilite notre action et facilite aussi le travail de formation et de sensibilisation des personnels de la Ville.
Enfin, comme vous le savez, la loi reconnaît aux conseils généraux la compétence d'accueil et d'assistance aux victimes des débordements sectaires. Dans ce cadre-là, nous étudions avec beaucoup d'attention et d'intérêt le projet que des associations nous ont proposé : projet d'un numéro d'appel, d'écoute et d'assistance des victimes de sectes. Ce projet bénéficierait aussi d'un soutien du Conseil régional d'Ile-de-France et nous permettrait, s'il aboutit et nous l'espérons, de conduire une véritable action volontariste de lutte contre les sectes et leurs agissements.
Voilà les éléments concrets et précis que je voulais porter à votre connaissance.
Pour toutes ces raisons déjà évoquées précédemment mais que nous maintenons, je ne souhaite pas que ce voeu soit adopté. En revanche, comme vous le voyez, la lutte contre les phénomènes sectaires est belle et bien une priorité de l'action de cette Municipalité.
Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste et radical de gauche).
Madame RENSON, vous avez la parole rapidement.
Mme Cécile RENSON. - Merci, Madame le Maire.
Je crois que c'est l'un des rares domaines où nous sommes tout à fait d'accord l'une et l'autre. Vous connaissez mon engagement dans ce domaine, je connais le vôtre. Je voudrais bien être associée à vos travaux et, dans ces conditions, en attendant, je maintiens mon voeu.
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Je propose que l'ensemble des Présidents de groupe puisse effectivement dépêcher une personne qui les représenterait pour venir participer aux réunions régulières que nous tenons sur la lutte contre les sectes et la mise en oeuvre de cette politique municipale.
Je crois que c'est effectivement une bonne proposition que de pouvoir associer l'ensemble des groupes de notre Assemblée. C'est un sujet qui dépasse, je crois, tous les clivages politiques.
Compte tenu de cette proposition, maintenez-vous votre voeu ou le retirez-vous ?
Mme Cécile RENSON. - Je le maintiens.
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Je mets aux voix, à main levée, le voeu de Mme RENSON avec un avis négatif de l'Exécutif.
Qui est favorable ?
Qui est défavorable ?
Qui s'abstient ?
Le v?u est rejeté, mais ma proposition demeure bien évidemment de rassembler l'ensemble des groupes de notre Assemblée.