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Janvier 2003
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Conseil Municipal
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38 - Vœu déposé par Mme Marielle de SARNEZ et des membres du groupe Union pour la démocratie française relatif à la mise en œuvre d'un pacte d'amitié et de coopération entre Paris et Kaboul

Débat/ Conseil municipal/ Janvier 2003


Mme Gisèle STIEVENARD, adjointe, présidente. - Nous examinons maintenant un voeu déposé par le groupe U.D.F. relatif à la mise en ?uvre d'un pacte d'amitié et de coopération entre Paris et Kaboul.
Mme de SARNEZ a la parole.
Mme Marielle de SARNEZ. - Merci, Madame la Maire.
Ville détruite dans un pays détruit, Kaboul est enfin libre.
Cette ville qui incarne depuis un siècle l'esprit de modernité et l'a payé cher durant 23 années de conflit, a eu un modèle : la France et son symbole Paris. Des liens très forts se sont tissés entre nos deux pays et unissent durablement nos deux villes. Symbole de l'amitié franco-afghane, le lycée français Istiqlal de Kaboul, construit dans les années 20, réhabilité par Georges Pompidou et où étudia le commandant Massoud a ouvert ses portes pour la rentrée scolaire de mars 2002. Le musée de Kaboul est en voie de reconstruction avec l'aide de la France. De nombreuses personnalités françaises, issues de la société civile se sont mobilisées pour qu'un hôpital français voie le jour à Kaboul. Dans le même temps, le Gouvernement français a réhabilité l'hôpital d'Ali Abad.
Ces liens, ce sont aussi une maison des écrivains, un journal franco-afghan "les nouvelles de Kaboul" et bientôt je l'espère un cinéma français.
Mille et une initiatives dont plusieurs en direction des femmes afghanes victimes d'entre les victimes, qui témoignent de cet attachement et de cette histoire singulière entre Paris et Kaboul.
Kaboul renaissant, Kaboul à reconstruire, Kaboul qui attend de la France et de Paris qu'elles soient encore comme elles le furent hier, présentes au coeur du nouvel Afghanistan.
Paris doit être l'esprit et l'âme de cette nouvelle coopération. En matière scolaire, en matière universitaire, en matière culturelle, en matière sociale et de santé, les attentes sont immenses. C'est à Paris qu'il appartient de prendre les initiatives et de soutenir au nom de l'histoire et des devoirs qui sont ceux de la France, Kaboul et ses habitants.
En témoignage de fidélité à un passé franco-afghan si riche, en continuité avec le vaste mouvement de solidarité des Français pour ce pays et cette ville martyrs, en signe à tous les Afghans épris de liberté, nous proposons de mettre en oeuvre un pacte d'amitié et de coopération entre Paris et Kaboul.
Je vous remercie.
Mme Gisèle STIEVENARD, adjointe, présidente. - La parole est à M. SCHAPIRA.
M. Pierre SCHAPIRA, adjoint. - Merci, Madame la Maire.
Je remercie Mme de SARNEZ de son intervention car, évidemment, je partage l'esprit de solidarité qui inspire ce voeu. Je souhaite que cette solidarité envers le peuple afghan, en particulier avec les femmes afghanes s'exprime concrètement en impliquant la Ville de Paris dans la reconstruction d'un pays ravagé par deux décennies de guerre autant dans les domaines sanitaire, social, scolaire que culturel.
C'est pourquoi je suis d'accord pour que soient évaluées les perspectives d'un accord d'amitié et de coopération entre Paris et Kaboul. A cet égard, je souhaite rappeler que le Maire de Paris, dans le contexte qui a suivi le 11 septembre et la guerre qu'il y a eu en Afghanistan, avait proposé au Conseil de Paris de manifester la solidarité des Parisiennes et des Parisiens avec le peuple afghan en apportant une aide importante à un programme porté par l'association "Médecins du Monde" dans le cadre duquel la Ville de Paris cofinance le fonctionnement de quatre centres de protection maternelle et infantile implantés à Kaboul.
Nous avions eu un débat. Certains souhaitaient alors que nous soutenions la reconstruction des lycées. J'avais expliqué que le lycée était quasiment fini et qu'il valait mieux nous orienter vers un cofinancement avec "Médecins du monde". Maintenant, nous sommes présents dans quatre centres de protection maternelle et infantile à Kaboul. Le Maire de Paris a manifesté sa solidarité à l'égard de l'Afghanistan et Kaboul en apportant son soutien et celui du Conseil, au printemps dernier, à un ensemble de manifestations intitulées "Itinéraires afghan" consacrées à la culture afghane dans un certain nombre d'institutions culturelles parisiennes.
Dans le même esprit, le Maire de Paris a souhaité prendre une part personnelle à l'opération "un cahier, un crayon pour les enfants d'Afghanistan". Elle était organisée, à l'automne dernier, place de la Bastille, par "Solidarité laïque" et "Canif solidarité" et a mobilisé, en dehors des élus et du Maire de Paris, les écoles et les collèges parisiens.
Il est utile puisque le Maire et le Conseil de Paris ont manifesté leur sensibilité et leur solidarité avec le peuple afghan, et avec Kaboul en particulier, de créer sur ces bases un pacte d'amitié et de coopération. Je voudrais rajouter une chose. Nous n'intervenons jamais parce que nous estimons qu'il faut faire ceci ou cela. Nous intervenons uniquement à la demande des responsables des villes. Lorsque le Président KARZAÏ est venu à Paris, j'ai parlé longuement avec le Ministre des Affaires étrangères, le docteur Abdula ABDULA, sur les possibilités de mener une coopération de ce type. Je suis d'accord parce que nous ne sommes plus dans le cadre de jumelage comme avant. Un pacte d'amitié et de coopération, c'est strict. Nous devons décliner des articles en matière éducative, sociale, culturelle et pour tout ce qui concerne la gestion urbaine.
Lorsque nous aurons identifié des interlocuteurs sûrs, alors nous pourrons oeuvrer vraiment dans un sens utile pour que l'argent consacré à cette coopération ne soit pas "de l'eau dans le sable", mais soit vraiment utile. Quand on travaille avec "Médecins du monde", j'estime que cette association apporte toutes les garanties et le démontre sur le terrain. Je sais que vous devez vous rendre à Kaboul dans les prochaines semaines. Je souhaite que vous rencontriez des interlocuteurs, comme l'on disait dans le temps, valables et que nous puissions entamer avec eux un processus qui amène à un pacte d'amitié et de coopération. Je suis pour que le Conseil de Paris vote ce voeu.
(Applaudissements sur tous les bancs de l'Assemblée).
Mme Gisèle STIEVENARD, adjointe, présidente. - Je mets aux voix, à main levée, ce v?u.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le voeu est adopté. (2003, V. 4).