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Janvier 2003
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34 - 2003, SG 4 - Autorisation à M. le Maire de Paris de signer une convention pour l'attribution d'une subvention de fonctionnement à la S.A.R.L. "Solo Limited" (8e) afin de soutenir l'exploitation du cinéma "Le Brady". - Montant : 50.000 euros

Débat/ Conseil municipal/ Janvier 2003


Mme Gisèle STIEVENARD, adjointe, présidente. - Nous passons au projet de délibération SG 4 relatif à la signature d'une convention pour l'attribution d'une subvention de fonctionnement à la S.A.R.L. "Solo Limited" (8e) afin de soutenir l'exploitation du cinéma "Le Brady".
Deux élus sont inscrits : Mme Charlotte NENNER et M. René LE GOFF.
Melle NENNER a la parole.
Melle Charlotte NENNER. - Merci, Madame la Maire.
Ouf ! Le cinéma "Le Brady", dans le 10e, n'est pas mort. Et même, il revit.
En effet, il y a trois mois, Jean-Pierre MOCKY nous annonçait la mort de son cinéma et sa transformation en magasin de cosmétiques. En effet, malgré la volonté de rafraîchir cette salle quelque peu abandonnée, "Le Brady" se mourait, faute de spectateurs et faute d'aides, car entre les films semi-porno et les énièmes rediffusions, "Le Brady" n'avait pas su convaincre un public suffisant. Le quartier et le 10e arrondissement n'avaient pas besoin de la disparition d'un de leurs deux cinémas ; le déficit d'équipements culturels dans le 10e est déjà suffisamment criant.
Mais grâce à une programmation complètement différente depuis deux mois et aussi grâce à la convention qui nous est proposée aujourd'hui, une deuxième chance est donnée au "Brady". Cette chance, c'est celle de faire du "Brady" un vrai cinéma indépendant de quartier offrant une programmation éclectique et diversifiée. Par exemple, cette semaine, on a pu voir "All or Nothing" de Mike LEIGH, "Bloody Sunday", "Lagaan" et "Novo", films que je vous conseille vivement. C'est la même démarche que celle initiée par le cinéma voisin, "L'Archipel", qui a su faire une programmation volontaire et riche, avoir une approche multiculturelle de l'usage de la salle (pour des concerts par exemple) et une envie de faire un cinéma de quartier.
Nous pensons qu'il faut qu'un pôle cinéma renaisse dans le 10e, en particulier sur le boulevard de Strasbourg. L'association des deux cinémas "L'Archipel" et "Le Brady" (et pourquoi pas, par la suite, "La Scala", qui est une ancienne salle qui a été rachetée par une secte, on en a parlé ce matin ?) permettra à ces salles indépendantes, en réseau, d'atteindre la taille critique, d'unir leurs moyens et d'avoir une programmation diversifiée et aidée par la Ville de Paris.
(Applaudissements sur les bancs des groupes "Les Verts", socialiste et radical de gauche, communiste et du Mouvement des citoyens).
Mme Gisèle STIEVENARD, adjointe, présidente. - Monsieur René LE GOFF, vous avez la parole.
M. René LE GOFF. - Madame la Maire, le boulevard de Strasbourg, qui est actuellement sinistré, a besoin de retrouver rapidement une attractivité qui était la sienne lorsque les théâtres et les cinémas prospéraient.
Hélas, aujourd'hui le boulevard de Strasbourg est un lieu qui m'a fait poser de nombreuses questions orales sur la propreté, la prostitution et l'insécurité à la sortie du métro Château-d'Eau. C'est de plus un endroit difficile d'accès avec la mise en place du couloir bus.
C'est pourquoi je me réjouis d'un projet de délibération qui peut sauver un cinéma.
Mais avant de le voter, je souhaiterais poser deux questions afin de bien comprendre comment la subvention que nous allons voter va permettre un développement durable de l'activité du cinéma "Le Brady".
La première question concerne la situation exacte de ce cinéma.
Mme Charlotte NENNER se réjouit qu'il soit sauvé, mais j'aimerais quand même savoir pourquoi il y a encore deux mois on annonçait qu'il était fermé et le fonds de commerce vendu ?
La Mairie de Paris peut-elle confirmer que cette opération ne s'est pas finalement réalisée ?
La deuxième question concerne le montant de la subvention elle-même.
En effet, au niveau des annexes, M. MOCKY indique que la solution unique serait le versement de façon paritaire entre la Ville et le Centre national de la cinématographie de 37.000 euros par an pour chacun des partenaires, soit 20.000 F par mois pour chacun des partenaires et un total de 40.000 F par mois.
La Mairie de Paris peut-elle indiquer si le C.N.C. s'est déjà engagé ?
Peut-elle expliquer la raison pour laquelle on nous propose de verser une subvention supérieure à ce qui est apparemment demandé par l'exploitant de ce cinéma ?
Enfin, y a-t-il une vraie volonté de la Mairie de Paris d'améliorer la situation du boulevard de Strasbourg qui serait nécessaire à assurer un avenir brillant à ce cinéma ?
(Applaudissements sur les bancs du groupe U.M.P.).
Mme Gisèle STIEVENARD, adjointe, présidente. - M. GIRARD va vous répondre.
M. Christophe GIRARD, adjoint, au nom de la 9e Commission. - M. DOMINATI applaudit...
C'est bien parce que le C.N.C., le Centre national de la cinématographie, a accordé une subvention de fonctionnement de 57.000 euros et c'est au vu de cette subvention accordée par le C.N.C. que nous avons, en étroite concertation avec la Mission cinéma, dont la déléguée est l'excellente Mme Régine HATCHONDO, décidé qu'il serait juste et équilibré de proposer au vote du Conseil de Paris une subvention de 50.000 euros. En effet, donner moins était ré-enclencher une énième polémique avec Jean-Pierre MOCKY, homme bouillonnant dont vous avez entendu, je pense, les déclarations, lorsque nous avions annoncé que nous ferions tout pour essayer de sauver la vente de cette salle, où il affirmait que l'Etat comme la Ville n'étaient pas sérieux puisqu'il avait été contraint de vendre... Finalement, nous avons appris qu'il n'avait pas vendu et c'est parce que nous avons eu l'assurance que le C.N.C., avec lequel nous travaillons étroitement, s'engageait à accorder une subvention de 57.000 euros pour le fonctionnement que nous avons décidé de suivre à hauteur de 50.000 ; certes, on aurait pu donner 57.000 euros pour être exactement en ligne avec le C.N.C., mais 50.000 euros nous ont semblé correspondre à la fois à la demande réelle de Jean-Pierre MOCKY et à ses besoins, et c'était une façon aussi de prévenir, comme je vous l'ai dit, une éventuelle difficulté supplémentaire dans les mois qui viennent.
Donc, je pense qu'on aura répondu ainsi au besoin de maintien d'une salle de cinéma dans ce quartier, pour éviter que ce quartier ne devienne qu'une espèce d'artère avec des magasins où l'on ne vendrait que des produits de beauté de mauvaise qualité. Il y a le magnifique théâtre Antoine qui est juste en face, et je crois qu'on a intérêt, en effet, à maintenir ces petites salles, même si les exploitants ne sont pas toujours très coopératifs puisque nous avons eu beaucoup de difficultés et de mauvaise foi face à nous, et surtout des difficultés à obtenir les comptes comme nous les réclamions légitimement. Aujourd'hui les choses sont dans les clous, je crois.
Mme Gisèle STIEVENARD, adjointe, présidente. - Merci.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération SG 4.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2003, SG 4).