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Janvier 2003
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29 - 2003, DAC 79 - Subvention de fonctionnement à l'association "Mémoire vive des convois des 45000 et des 31000 d'Auschwitz-Birkenau" à Nanterre (Hauts-de-Seine). - Montant : 12.500 euros

Débat/ Conseil municipal/ Janvier 2003


Mme Gisèle STIEVENARD, adjointe, présidente. - Nous passons à l'examen du projet de délibération DAC 79 : il s'agit d'une subvention de fonctionnement à l'association "Mémoire vive des convois des 45000 et des 31000 d'Auschwitz-Birkenau".
Je vous demande de l'attention.
M. Jean VUILLERMOZ a la parole.
M. Jean VUILLERMOZ. - Merci, Madame la Maire.
Ce projet de délibération comporte une grande dimension émotionnelle car il nous est proposé d'apporter notre soutien à l'association "Mémoire vive des convois des 45000 et des 31000 d'Auschwitz-Birkenau".
Cette association a pour objectif de faire vivre la mémoire, l'esprit de la Résistance au travers des femmes et des hommes qui ont été déportés pour des raisons politiques, parce qu'ils menaient le combat essentiel pour la liberté face à l'oppression nazie.
45000 et 31000 étaient les numéros de ces deux premiers convois de déportés politiques. Le convoi 45000 est parti en 1942, composé de 1.175 hommes, dont 150 Parisiens ; 119 ont survécu.
Le convoi 31000 est parti le 24 janvier 1943, il était composé de 230 femmes, dont 50 Parisiennes : 49 sur les 230 sont revenues. Ce convoi est arrivé à Auschwitz le 27 janvier 1943.
Nous sommes aujourd'hui le 27 janvier 2003, il y a donc exactement aujourd'hui 60 ans jour pour jour. C'est aussi le 58e anniversaire de la libération de ce camp d'Auschwitz par l'armée soviétique.
Je souhaite, Madame la Maire, que la mémoire de ces femmes démocrates, déportées politiques, et parmi elles de nombreuses communistes, soient honorées.
Je souhaiterais, à ce moment de mon propos, dire combien j'ai été blessé d'entendre un dirigeant d'une association faire récemment l'amalgame entre "brun, vert, rouge", qui constituerait une alliance antisémite. Dans ce domaine, l'Histoire nous a montré que nous ne devons jamais rien laisser dire qui ne soit pas exact.
Je veux, à ce sujet, tout simplement rappeler que pendant la période bien noire de l'occupation, des juifs et des communistes ont été compagnons de lutte contre les nazis, notamment au sein des groupes F.T.P. La présence de déportés juifs dans les convois témoigne de cet engagement commun.
Enfin, en ce qui nous concerne, je veux rappeler ici que les communistes condamnent avec force tout propos et tout acte antisémite et raciste, mais aussi, et je le dis car à mon avis c'est aussi grave, tout amalgame.
De la même manière, nous continuerons à oeuvrer avec une conviction égale pour une paix juste et durable au Proche Orient, ce qui passe incontournablement par l'existence de deux Etats, un état israélien et un état palestinien, qui auront à construire là-bas un avenir commun. C'est notre positionnement politique et pas autre chose.
Pour en revenir au convoi 31000, nous exprimons le voeu que les femmes qui sont revenues de l'enfer d'Auschwitz puissent témoigner de leur engagement politique personnel, en ayant conscience que cet engagement éminent d'alors rejoint les aspirations d'aujourd'hui qui viennent encore de s'exprimer au Forum social mondial à Porto Alegre, celles qui visent à construire un monde plus juste et plus fraternel, mettant au coeur la promotion des droits humains. Et nous souhaiterions que le 8 mars soit l'occasion pour ces femmes de pouvoir l'exprimer.
Merci.
Mme Gisèle STIEVENARD, adjointe, présidente. - Je vous demande à nouveau votre attention pour la réponse de Mme Odette CHRISTIENNE.
Mme Odette CHRISTIENNE, adjointe, au nom de la 9e Commission. - Merci, Madame la Maire.
Dans le cadre du travail de mémoire, il est évident que la dimension de notre soutien pour les déportés d'une manière générale est particulièrement importante. Les femmes déportées, évidemment, ont eu assez peu la parole.
Nous devons dire que, déportées ou résistantes, elles ont toujours été négligées comme elles le sont très souvent dans d'autres occasions et dans des sphères moins dures et moins difficiles. Il faut prendre l'habitude de travailler pour que leur action soit reconnue, quels que soient les secteurs où elles interviennent.
Les femmes déportées ont commencé effectivement à témoigner et en particulier dans les écoles. Elles sont nombreuses et font de grands efforts. Il y a tout un travail qui est entrepris.
Je suis d'accord avec ce que vous avez dit concernant ces convois de déportés et en particulier des 31000. Je dois apporter un élément nouveau, l'information suivante : avec M. Raphaël ESRAIL de l'Amicale des déportés d'Auschwitz, nous nous proposons d'organiser, c'est en train de se faire, un déplacement des élus du Conseil de Paris pour honorer les déportés et soutenir le travail de mémoire à Auschwitz. J'espère que vous serez nombreux à répondre et à participer à cette manifestation qui prendra forcément une journée vers Auschwitz-Birkenau.
(Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste et radical de gauche et du groupe du Mouvement des citoyens).
Mme Gisèle STIEVENARD, adjointe, présidente. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAC 79.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2003, DAC 79).