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Octobre 2001
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9 - 2001, ASES 104 G - Participation du Département de Paris au titre de 2001 à l'association "SAFE" sise 7, rue de l'Abbé-Grégoire à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine) pour la gestion du dispositif parisien d'échange et de distribution de seringues

Débat/ Conseil général/ Octobre 2001


Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Je remercie encore M. LHOSTIS qui a accepté de patienter.
Nous allons examiner le dossier ASES 104 G relatif à la participation du Département de Paris pour 2001 à l'association "SAFE" pour la gestion du dispositif parisien d'échange et de distribution de seringues.
Mme GÉGOUT est inscrite, je lui donne la parole.
Mme Catherine GÉGOUT. - Madame le Président, le dispositif d'échange et de distribution de seringues se développe à Paris et nous ne pouvons que nous en réjouir. L'association gestionnaire "SAFE" a montré son efficacité. Quelques appareils en façade de pharmacie sont aussi gérés par "Médecins du monde" mais il en reste assez peu. Les résultats sont très encourageants en terme de santé publique. D'ailleurs ce genre de dispositif existe depuis des années dans d'autres villes, par exemple à Marseille.
De quoi s'agit-il ? Des bornes dans la rue, qui permettent la distribution de seringues, de trousses de prévention, de préservatifs et la récupération de seringues usagées, tout cela moyennant un système de jetons (évidemment, il n'y a pas de monnaie dans ces appareils). D'autres, à Paris sont liées à une pharmacie et c'est le pharmacien qui fournit les jetons nécessaires.
Quelques remarques.
D'abord, je voudrais souligner que le travail de liaison et d'animation auprès des pharmaciens est très important. Le pharmacien est le premier professionnel de santé en contact avec les usagers de drogues, notamment par la vente des seringues. C'est un maillon important dans la chaîne des professionnels qui sont en contact avec les usagers de drogues et quand le travail se fait en binôme pharmacien-médecin, c'est encore mieux pour l'usager.
D'autre part, les échangeurs et distributeurs automatiques de seringues sont assez efficaces dans le travail de réduction des risques, qui permettent, dans des situations d'urgence, d'avoir accès à un matériel d'injection stérile.
J'ajouterai que l'évaluation de cette expérience sur plusieurs années montre que les problèmes pour le voisinage ne sont pas importants, bien au contraire. J'ai le souvenir de l'implantation de l'échangeur du cours de Vincennes. A l'époque, j'étais adjointe chargée des commerçants. Eh bien, chacun se plaignait de la présence de seringues par terre, dans les rues. Les commerçants craignaient en même temps que l'installation d'une borne amène des toxicomanes. Aujourd'hui, à part les usagers eux-mêmes, personne ne se rend compte de la présence de la borne, personne ne sait même qu'elle existe. Elle est complètement intégrée dans le mobilier urbain. Il n'y a plus de plaintes et si l'on ajoute à cela le nombre d'usagers de drogues qui, grâce à ce dispositif, ont échappé à la contamination, c'est franchement positif.
L'expérience est suffisamment concluante, à mon avis, pour passer à une autre échelle. En fait, il faudrait un véritable plan municipal d'implantation de ces dispositifs, qui recouvre tout Paris, pour être réellement efficace. Une bonne partie des appareils qui existent aujourd'hui sont dans les 18e, 19e et 20e arrondissements et dans quelques points précis de la Capitale où l'on trouve de nombreux usagers de drogues. C'est la même chose d'ailleurs pour les bus méthadone.
Le problème, c'est que certains arrondissement y sont hostiles mais nous pensons que tout le territoire parisien devrait être maillé, de manière à ce que des usagers en manque puissent disposer d'une sécurité sanitaire. J'entends déjà dire : "Vous encouragez la drogue" mais un tel dispositif ne fait pas un seul drogué de plus, c'est un acte de prévention qui contribue à la lutte contre la propagation du virus, un acte qui sauve des vies, qui sauve des jeunes vies. Alors le temps presse.
Merci.
(Applaudissements sur les bancs des groupes communiste, socialiste et radical de gauche, du Mouvement des citoyens et "Les Verts").
Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Monsieur LHOSTIS, vous avez la parole.
M. Alain LHOSTIS, au nom de la 6e Commission. - Mme GÉGOUT a parfaitement illustré l'intérêt de cette action et la nécessité de sa généralisation. Je partage donc complètement son analyse et l'objectif puisque c'est ce que j'ai eu l'occasion d'affirmer à plusieurs reprises.
Nous travaillons donc à la généralisation. Il est évident que dans ce domaine, et vous l'avez dit, il faut de la persuasion, il faut du dialogue mais qu'au bout du compte, le résultat est positif, même si nous avons eu des tâtonnements dans un certain nombre d'endroits mal choisis.
Je crois que la présence auprès des pharmaciens est une bonne approche. Nous allons donc travailler, dans l'année qui vient, à généraliser ce dispositif, comme vous le souhaitez, en accord avec les délégués à la santé des arrondissements concernés.
Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Nous allons passer au vote.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération ASES 104 G.
Qui est pour ?
Qui est contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2001, ASES 104 G).