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Juin 1996
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28- 1996, D. 783 - Autorisation à M. le Maire de Paris de souscrire un avenant à la convention de mandat de maîtrise d'ouvrage signée avec la Régie immobilière de la Ville de Paris pour la réalisation d'une école polyvalente de 12 classes, d'une place de stationnement, d'une aire de livraison et d'un logement de gardien intégrés à un ensemble de logements dans l'îlot TI/A4 de la Z.A.C. "Paris-Seine-Rive gauche" (13e).

Débat/ Conseil municipal/ Juin 1996




M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. -Nous examinons à présent le projet de délibération D. 783 relatif à la réalisation de divers travaux dans un îlot de la Z.A.C. "Paris-Seine-Rive gauche".
La parole est à Mme SCHNEITER.

Mme Laure SCHNEITER. -Monsieur le Maire, la réalisation d'une école polyvalente dans l'îlot TI/A4 de la Z.A.C. "Paris-Seine-Rive gauche" n'est pas acceptable dans les conditions prévues.
Monsieur le Maire, mes chers collègues, savez-vous que cette école est située dans un quadrilatère au pied d'immeubles de 8 étages ? Savez-vous que la cour de récréation est enfermée au milieu de ces immeubles ?
Cela est dangereux pour les enfants ! En effet, des objets pourraient tomber des fenêtres de ces immeubles et un objet, même léger tombant de 8, 12, 24 mètres de haut peut provoquer de sérieuses blessures. Allez-vous grillager la cour ? Cela s'est déjà vu dans le 20e !
Vous dites vouloir promouvoir un urbanisme à taille humaine, mais vous prévoyez des logements en bordure de voie ferrée ou du périphérique ainsi que des écoles au pied des immeubles. Pourquoi ? Parce qu'elles occuperaient, sinon, trop d'espace et que le terrain est cher ?
Jamais à Paris, jusqu'à ces dernières années, une école n'a été construite autrement que sur un terrain isolé avec des cours, des arbres et rien autour, parce que des générations d'élus ne raisonnaient pas comme vous ; ils avaient compris qu'il fallait construire des écoles avec un peu d'espace, d'air, de soleil, parce qu'il s'agissait d'y faire vivre des enfants toute la journée, des années entières de leur vie, sans risquer en prime de recevoir une bouteille ou une boîte de conserves sur la tête !
Ce nouveau parti de bâtir une école intégrée à un ensemble de logements, comme il est dit dans le projet, n'est pas un cas isolé et c'est un nouveau genre qui répète l'urbanisme détestable des années 80.
Mais peut-être allez-vous me répondre que de l'autre côté de la rue Balanchine il y a un espace vert qui vous exonère d'une cour plus grande, comme si les enfants d'une école allaient à chaque récréation traverser la rue pour jouer dans un jardin public ! Je trouve d'autant plus scandaleux d'avoir réservé si peu de terrain à la construction de cette école qu'il s'agit des 130 hectares de la Z.A.C. "Seine-Rive gauche" et que ce n'est pas la place qui manque pour bâtir une école dans des conditions correctes. Nous sommes loin de l'idyllique quartier de l'an 2000 que les brochures nous laissaient entrevoir ! Aux abords de la rue Balanchine, vous auriez pu inventer un espace public nouveau, du moins prévoir à l'avance des cheminements piétonniers dans les rues. L'idée que beaucoup d'enfants puissent trouver agréable d'aller à pied à l'école n'a pas dû vous traverser l'esprit !
Je vous demande donc de revoir ce projet et d'installer cette école dans cette vaste Z.A.C., sur un terrain qui lui sera entièrement réservé.
Je voterai, si vous ne changez pas d'avis, contre ce projet.

M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. -La parole est à M. BORDET pour répondre à Mme SCHNEITER.

M. Xavier-Marie BORDET, au lieu et place de M. Claude GOASGUEN, adjoint, au nom de la 4e Commission. -Monsieur le Maire, j'ai une réponse que l'administration a très bien préparée, et qui porte sur la délibération, mais vous n'êtes pas intervenue, Madame, sur la délibération, vous êtes intervenue sur une délibération qui est passée il y a plusieurs mois !
Je tiens donc la réponse de l'administration à votre disposition et je vais essayer de répondre quand même à votre question qui ne porte pas sur les constructions.
Vous êtes victime, je crois, Madame SCHNEITER, de votre propre discours. Pendant des années vous avez répété que "Seine-Rive gauche" serait un urbanisme de tours effrayantes, qu'on allait bétonner, etc.. Donc, pour vous, une école dans ces conditions ne peut être qu'effrayante.
Mais des immeubles de 7, 8 étages sont des immeubles à taille humaine.
Une école de 1 ou 2 étages n'est pas effrayante.
Dans le projet qui a été soumis au concours d'architecture, le cas de figure que vous évoquez a été naturellement signalé et il a été demandé aux architectes d'éloigner au maximum la cour des façades des logements qui bordent l'école. Par ailleurs, il y a des cours d'écoles grillagées, comme vous dites, pas seulement dans le 20e, puisqu'il y en aurait trois dans le 13e. Moi, j'attends qu'on me démontre que ces grillages ou ces filets ont empêché quelque accident que ce soit. Ils rassurent les parents, mais je ne pense pas qu'ils soient d'une efficacité et d'une utilité extraordinaire.
L'école a donc été conçue (et l'architecte retenu) pour éviter les jets d'objets mal intentionnés.
Maintenant, n'importe qui peut constater qu'il n'y a pas besoin d'immeubles au regard des cours d'écoles pour que quelqu'un de mal intentionné, même sans être très costaud, puisse jeter quelque chose dans une cour d'école ! Aucun mur pour l'instant n'évite cela, aucune clôture, aucun grillage n'évite cela. Si quelqu'un est mal intentionné, pourvu qu'il ait une corpulence et une force normales, il peut jeter à 20, 25 mètres, une bouteille de bière ! Il franchit tous les obstacles ! Il peut aussi utiliser une arme à feu.
Ceci dit, effectivement, si on regarde le projet tel qu'il est, on s'aperçoit qu'on a une école qui n'a qu'un rez-de-chaussée sur le devant, qui donne largement, à travers un vitrage sur un espace vert en face, et que cette école s'intègre parfaitement dans le quartier et permettra aux familles d'amener à pied, ce qui est intéressant (sans avoir de problèmes de parking, etc.), les enfants dans une école qui sera à taille humaine dans un cadre très sympathique.
De même que vous êtes victime de votre discours sur "Paris-Seine-Rive gauche", que vous avez toujours présentée comme un monstre urbanistique et que la réalité concrète vous contredit. Il ne s'agit pas non plus d'être victime du nouveau discours qui la présente comme un monstre financier puisqu'il s'agit au bout du compte de baisser les coûts de cette école.
Voilà, Monsieur le Maire, ce que je voulais préciser.

M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. -Merci, Monsieur BORDET.

(Applaudissements sur les bancs des groupes "Rassemblement pour Paris" et "Paris-Libertés").
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération D. 783.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté à la majorité, Mme SCHNEITER ayant voté contre, Mme TAFFIN, MM. DUMAIT et REVEAU s'étant abstenus. (1996, D. 783).