Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Juin 1996
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
> Type de document (Débat / Délibération)  

51- QOC 96-263 Question de M. Georges SARRE et des membres du groupe du Mouvement des citoyens à M. le Maire de Paris et à M. le Préfet de police relative aux mesures à prendre pour éviter certains rassemblements aux abords du Parc des Princes (16e) notamment lors de la Coupe du monde de 1998.

Débat/ Conseil municipal/ Juin 1996




M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. -La question suivante de M. SARRE est adressée à M. le Maire de Paris et à M. le Préfet de police en ces termes :
"Les récents incidents à caractère raciste survenus au Parc-des-Princes (16e), lors de la fête qui a suivi la victoire du "Paris-Saint-Germain" en coupe d'Europe de football, ont démontré l'urgence qu'il y a à éradiquer des stades et de leurs abords les groupes de supporters marqués par l'idéologie raciste, voire néonazie.
Aussi, M. Georges SARRE et les membres du groupe du Mouvement des citoyens demandent-ils à M. le Préfet de police quelles mesures il compte prendre pour empêcher ces mouvements de se rassembler dans le stade ou aux alentours, pour interdire la diffusion de bulletins racistes dans les tribunes ainsi que l'usage d'emblèmes clairement associés à l'idéologie d'extrême-droite sur les banderoles et drapeaux brandis par ces supporters.
Ils souhaitent également connaître quelles mesures compte prendre la Police contre ces groupes au moment de la Coupe du Monde de football de 1998. En effet, on peut craindre, à cette occasion, la présence de hooligans venus des pays voisins qui pourraient éventuellement se rassembler sur le territoire parisien avant de gagner le Grand stade.
Des mesures sont-elles prévues pour empêcher de tels rassemblements ?
Une structure de coopération entre la Préfecture de police et les autorités compétentes de Saint-Denis sera-t-elle constituée ?"
Je vous communique les éléments de réponse au lieu et place de M. Philippe GOUJON, adjoint.
Les événements, à l'origine de la question de M. Georges SARRE et des élus du groupe du Mouvement des citoyens, font suite à la fête organisée par le Paris-Saint-Germain le 9 mai dernier, au Parc-des-Princes, après la victoire sur le Rapid de Vienne en finale de la Coupe d'Europe des Vainqueurs de Coupe.
Depuis plusieurs années, la Ville de Paris a mis en place de nombreuses mesures qui ont déjà largement contribué à la diminution des problèmes rencontrés au Parc-des-Princes.
Ainsi, lors de chaque rencontre sportive, la Préfecture de police effectue systématiquement des fouilles préalables, des palpations à chaque point d'accès, des contrôles d'identité et encadre étroitement les mouvements de supporters ; d'importants effectifs de police sont mis en place lors de ces rencontres et des procédures de contrôle spécifiques particulièrement rigoureuses sont effectuées. De plus, une cellule spécialisée auprès du Directeur de la Police judiciaire a été créée.
Pour sa part, la Ville de Paris a fait procéder à la modification et à la création de certaines ouvertures et issues, au remplacement des sièges, à l'installation d'un système de vidéo-surveillance autour du stade et à ses abords, à la mise en place des portiques de détection d'armes, au rehaussement de certaines palissades, au cloisonnement de certaines tribunes, et a participé à l'élaboration d'un règlement intérieur contraignant.
Ces mesures prennent bien entendu en compte la volonté de mettre un terme aux slogans racistes. En effet, à l'occasion des fouilles effectuées aux entrées du stade, lors des compétitions sportives, tout insigne ou emblème, rappelant ceux portés ou exhibés par les membres d'une organisation déclarée criminelle, sont immédiatement saisis.
Plusieurs contacts ont déjà eu lieu le 9 mai entre les différents partenaires concernés afin d'affirmer, voire de compléter pour la saison 1997-1998, les mesures de sécurité à prendre lors des rencontres sportives et qui permettront d'élaborer le dispositif de sécurité à mettre en place à l'occasion de la prochaine Coupe du Monde de Football en 1998.
La parole est à M. le Représentant du Préfet de police.

M. LE REPRÉSENTANT DU PRÉFET DE POLICE. -Les désordres et scènes de violence qui ont altéré la fête organisée le 9 mai dernier au Parc-des-Princes, à l'issue de la victoire du Paris-Saint-Germain lors de la finale de la Coupe européenne des vainqueurs de coupe, ont posé une nouvelle fois la question de la sécurité des rencontres de football du P.S.G.. et, plus particulièrement, de la montée de la violence au sein du "Kop Boulogne".
M. le Préfet de police avait d'ailleurs eu l'occasion d'évoquer ce problème à la tribune du Conseil de Paris, lors de la séance du 13 mai dernier.
Depuis trois ans, plusieurs réunions de concertation se sont déjà tenues sur ce sujet, tant au Cabinet du Ministre de l'Intérieur qu'à la Préfecture de police, et des propositions concrètes avaient été arrêtées et mises en oeuvre, dès le 1er septembre 1993, à l'issue d'une importante réunion organisée à la Préfecture de police en présence de M. Jean TIBÉRI, alors Premier adjoint au Maire de Paris, du Procureur de la République et des dirigeants du P.S.G.. et du Parc-des-Princes. Cette réunion avait été provoquée au lendemain des graves incidents au cours desquels un capitaine de C.R.S. avait été sérieusement blessé ainsi que quelque-uns de ses hommes, le samedi 28 août, au Parc-des-Princes.
Les mesures arrêtées portaient notamment sur la rédaction et la mise en oeuvre d'un règlement intérieur pour le Parc-des-Princes, la vidéo-surveillance, les contrôles d'identité et les fouilles aux entrées, l'intervention des forces de police dans l'enceinte du stade ainsi que les aménagements matériels permettant d'améliorer la sécurité du public.
La mise en oeuvre de l'ensemble de ces dispositions, complétée par la création, auprès du Préfet de police, d'une cellule de réflexion, de proposition et de coordination opérationnelle animée par le Préfet, Secrétaire général de la zone de défense de Paris, a permis de progresser de manière très importante dans le domaine de la sécurité des rencontres sportives du P.S.G..
Ainsi, à chaque match de football, des opérations de contrôle d'identité sont effectuées aux principaux accès du Parc-des-Princes par les fonctionnaires de la Direction de la Police judiciaire, en collaboration avec ceux de la Direction de la Sécurité publique et des compagnies républicaines de sécurité.
Les dispositions nouvelles de la loi du 6 décembre 1993, dite "loi ALLIOT-MARIE", qui interdisent l'accès aux stades des individus violents sont appliquées avec la plus grande rigueur.
Mais les récents incidents montrent qu'en matière de sécurité, rien n'est jamais acquis, surtout lorsqu'on se trouve en présence des hooligans du "Kop Boulogne" qu'il ne faut en aucune manière confondre avec les vrais supporters du P.S.G..
Cette nouvelle et récente montée de violence, après une période d'accalmie relative, impose d'envisager de nouvelles mesures.
C'est pourquoi M. le Maire de Paris et M. le Préfet de police tiendront dans quelques jours une nouvelle réunion sur la sécurité du Parc-des-Princes, avec l'ensemble des partenaires concernés.
Cette réunion permettra de faire le point des mesures de sécurité prises au cours de ces dernières années et d'en évaluer l'efficacité afin de permettre de prendre toutes dispositions pour que les rencontres sportives, à Paris, ne soient plus ternies par de telles scènes de violence.
Dans le cadre de la préparation de la Coupe du monde de football de 1998, les services de police, notamment ceux spécialisés dans la surveillance des milieux violents, étudient activement, sous l'égide du Ministère de l'Intérieur, les moyens les plus efficaces de collaboration avec les polices étrangères afin que les déplacements d'individus ou de groupes potentiellement dangereux soient connus en temps réel et soient soumis à des contrôles très rigoureux.
A cet égard, les dispositifs mis en oeuvre dans le cadre de "l'Euro 96", qui se déroule actuellement en Grande-Bretagne, constituent une expérience enrichissante pour la préparation de la prochaine Coupe du monde.
Afin de prévenir et, si besoin, de réprimer d'éventuels actes de violence, tous les moyens seront mis en oeuvre, non seulement à l'intérieur ou aux abords des enceintes sportives, mais également en d'autres lieux de la Capitale qui connaîtra, en juin et juillet 1998, un afflux exceptionnel de visiteurs du monde entier.
Enfin, l'action de l'ensemble des autorités et des services chargés d'assurer la sécurité de la Coupe du monde sera étroitement coordonnée au niveau de la Région d'Ile-de-France.