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Juin 1996
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Conseil Municipal
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55- QOC 96-267 Question de M. Georges SARRE et des membres du groupe du Mouvement des citoyens à M. le Maire de Paris relative aux actions de prévention contre le S.I.D.A. mises en place dans le cadre de la convention signée entre la Ville de Paris et l'Etat.

Débat/ Conseil municipal/ Juin 1996




M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. -Nous passons à la question suivante, posée par M. SARRE, relative aux actions de prévention contre le S.I.D.A. mises en place dans le cadre de la convention signée entre la Ville de Paris et l'Etat.
En voici le texte :
"La France, après l'Espagne et la Suisse, est le pays d'Europe le plus touché par le virus du S.I.D.A. Paris est la ville d'Europe la plus atteinte par l'épidémie.
Avec 51 % des cas domiciliés dans la Région d'Ile-de-France, région française la plus touchée, Paris présente un taux d'épidémie 8 fois supérieur à celui du reste de la France.
Grâce aux actions de prévention assurées par de nombreuses associations, le corps médical et de nombreuses institutions publiques ou privées, après une forte progression de l'épidémie, depuis 1994 une diminution de nouveaux cas de S.I.D.A. est à souligner (148 nouveaux en 1993 et 957 en 1994), mais une augmentation plus importante chez les femmes que chez les hommes est notée. Néanmoins, la Capitale demeure la ville la plus touchée, puisqu'en 1994, on dénombre un cas de S.I.D.A. pour 240 habitants et un cas pour 614 habitants en Ile-de-France. Ainsi, 2.883 personnes sont soignées dans les établissements hospitaliers parisiens ou à domicile. Les actions de prévention sont à ce jour les plus efficaces pour lutter contre le développement de cette épidémie.
M. Georges SARRE et les membres du groupe du Mouvement des citoyens souhaitent avoir connaissance des différentes actions mises en place dans le cadre de la convention signée en mars entre la Ville de Paris et le Gouvernement.
Concernant les malades du S.I.D.A., et plus particulièrement ceux qui sont en grande difficulté sociale et de santé, ils souhaitent connaître le nombre d'appartements mis à leur disposition par la Ville de Paris et leur condition d'accès.
Enfin, avec l'apparition du nouveau traitement, connu sous le nom de trithérapie, à coût très élevé, M. Georges SARRE et les membres du groupe du Mouvement des citoyens aimeraient avoir connaissance des conditions de son utilisation dans les hôpitaux parisiens."
Je vous donne la réponse au lieu et place de M. Claude GRISCELLI, adjoint.
Le renforcement de la prévention constitue l'un des objectifs prioritaires que l'Etat et la Ville de Paris se sont fixée en signant, le 19 mars dernier, une convention destinée à intensifier leurs actions communes de lutte contre le S.I.D.A.
D'ores et déjà, les services de la Ville ont été dotés de moyens supplémentaires pour accroître leurs interventions auprès des populations les plus exposées aux risques de contamination par la V.I.H. Ainsi, l'Equipe mobile d'information et de prévention du S.I.D.A. (E.M.I.P.S.) s'est vu confier le soin de multiplier ses actions d'information auprès des publics souvent oubliés des circuits classiques de prévention : les jeunes sourds et malentendants, les personnes très marginalisées, les personnes vivant dans des foyers d'hébergement, les détenus de la maison d'arrêt de la Santé. Cette équipe étendra en outre, dès cette année, ses missions à la prévention de la toxicomanie dans les lycées et collèges, où elle intervient déjà pour le S.I.D.A.
Par ailleurs, des moyens financiers supplémentaires ont été dégagés pour que le nombre de préservatifs distribués gratuitement auprès des associations, des clubs de prévention, des antennes-jeunes-information, etc. soit augmenté. Des mesures similaires ont été prises pour développer les actions de ramassage et de collecte des seringues usagées effectuées par le Service municipal d'action de salubrité et d'hygiène (S.M.A.S.H.) et favoriser la sensibilisation et la formation des personnels de la Ville de Paris concernés par la lutte contre l'infection à V.I.H. et la toxicomanie.
Cette politique de prévention s'appuie également sur une participation active des associations. Celles-ci ont été invitées, dès la signature de la convention, à présenter les projets qui nécessiteraient, pour être mis en oeuvre, une aide financière de l'Etat et de la Ville. Des questionnaires détaillés, destinés à leur faire préciser la nature de leurs demandes ainsi que leurs besoins, leur ont été adressés puis ont fait l'objet d'un examen attentif après réception par les services.
Parmi les propositions des associations, de nombreux projets paraissent intéressants et sont susceptibles de bénéficier d'un financement de la collectivité parisienne. Des projets de délibération seront soumis en ce sens à l'approbation de votre Assemblée très prochainement.
En ce qui concerne les problèmes de logement que peuvent rencontrer les malades du S.I.D.A., je rappelle que la Mairie de Paris n'a cessé depuis plusieurs années de multiplier les initiatives propres à favoriser leur maintien à domicile.
D'une part, elle participe au financement des programmes d'appartements de coordination thérapeutique définis par la circulaire ministérielle du 17 août 1994. Aux 69 places actuellement conventionnées devraient s'ajouter en 1996, dès qu'elles auront obtenu l'agrément ministériel, 85 places supplémentaires, ce qui porterait le nombre total de places en appartements de coordination thérapeutique à 154.
D'autre part, elle poursuit la politique mise en oeuvre dans le cadre des dispositifs P.O.P.S. et F.S.L. Depuis 1993, elle a attribué plus de 250 logements aux malades du S.I.D.A. dans le cadre du Protocole d'occupation du Patrimoine social, ou dans le cadre des logements d'insertion de son domaine privé.
Enfin, elle étudie la possibilité d'aider financièrement des associations qui souhaitent acquérir des logements qui seraient réservés aux malades atteints du S.I.D.A.
S'agissant de la question relative aux conditions d'utilisation de la trithérapie dans les hôpitaux parisiens, l'A.P. -H.P. dispose depuis le 1er avril 1996 de traitements par antiprotéases en nombre suffisant pour répondre aux besoins des patients V.I.H. suivis dans ses services. Le nombre de patients traités par antiprotéases dans le cadre d'une trithérapie augmente progressivement ; ainsi, en mai 1996, pouvait-on recenser 1.550 patients traités.
Toutefois, le nombre exact de patients qui sera effectivement, à court terme, traité par antiprotéases est difficile à prévoir.
Les effets secondaires de ces molécules et leurs interactions avec les nombreux autres traitements dont peuvent bénéficier les patients V.I.H. ne sont pas tous connus. Il convient de retenir que les ministères concernés ont confirmé à plusieurs reprises à l'A.P. -H.P. que les coûts de l'ensemble des antirétroviraux seraient budgétairement pris en charge en 1996.