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Mars 2002
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94 - 2002, DFAE 38 - Tarification de divers droits d'occupation de la Foire du Trône 2002.Proposition de vœu déposée par M. Alain RIOU et les membres du groupe "Les Verts" relative à une réflexion sur les conditions d'installation de la Foire du Trône sur le cours de Vincennes

Débat/ Conseil municipal/ Mars 2002


M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Nous passons maintenant au projet de délibération DFAE 38 relatif à la tarification de divers droits d'occupation de la Foire du Trône 2002.
Je donne la parole à M. RIOU.
M. Alain RIOU. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, concernant la Foire du Trône, on se heurte à plusieurs problèmes apparemment incompatibles.
Premièrement, la plus grande fête foraine de France n'a pas sa place dans un espace vert. Le flot massif de voitures pour s'y rendre, les troubles à la tranquillité dans un espace naturel, la disparition progressive de son identité, tous ces inconvénients et nuisances ne doivent pas durer. Ainsi la prolongation de la durée de présence de cette foire en 2002 sur cet espace n'a pas été un bon choix.
Deuxième élément, les arts forains sont, comme d'une manière générale les arts de la rue et l'ensemble des arts de la fête, des éléments indispensables pour conserver de la vie aux centres urbains souvent déshumanisés. Les repousser aux marges de la cité, voire les rejeter en dehors d'elle, comme l'ont fait et l'ont imaginé des équipes municipales qui ont, par ailleurs, chassé les habitants de manière organisée, est une très mauvaise action.
Troisième élément, la fête n'est pas, par nature, une activité calme. Si ces aspects positifs sont nombreux, les nuisances qu'elle crée ne sont pas négligeables : des nuisances sonores, des concentrations humaines parfois mal canalisées, des risques de dérapage voire des violences généralisées. Partout où est organisée la fête, de tels risques existent, aucun lieu ne peut garantir, surtout si la fête dure, qu'aucune conséquence négative ne se produira.
Un v?u vous est proposé et l'objet de ce v?u est d'aborder de manière résolue la question soulevée par les remarques précédentes.
Certains veulent que la Foire du Trône quitte la pelouse de Reuilly, mais de manière irresponsable, tels des autruches, ils ne veulent pas savoir où elle se transportera. Peu leur importe, même si, dans le même temps, de manière démagogique, ils proclament : "nous aimons les arts forains, le petit commerce et l'artisanat, mais pas ici, pas chez nous, ni chez les autres", autrement dit : nulle part.
Vouloir libérer le bois de Vincennes de cette emprise non naturelle, c'est aussi réfléchir à l'endroit le plus pertinent pour l'accueillir. Une fête foraine parisienne doit être installée dans Paris, pas au diable-vauvert. Mais alors où et comment ?
L'objet de ce voeu est de lancer la discussion, sans rejeter a priori telle ou telle solution. On pourrait par exemple, mais ce n'est qu'un exemple, choisir son ancien emplacement sur le cours de Vincennes, l'ancien quartier du "trône", en fermant l'espace, en limitant le volume des attractions à caractère mécanique, en mettant en valeur des arts forains qui se sont illustrés à travers les siècles et qui sont plus artistiques et moins bruyants, en limitant de manière drastique les volumes sonores, en limitant également la durée quotidienne de fonctionnement des attractions, en prévenant les risques de violence.
Tout cela est difficile. Des concessions seront à consentir par les uns et par les autres, mais ce n'est pas impossible.
Ce n'est pas une idée farfelue, saugrenue, délirante comme certains se plaisent à le dire, politiques à courte vue qu'ils sont !
Bien sûr le cours de Vincennes n'est qu'une suggestion. L'étude ne doit pas se limiter à un seul lieu, elle doit porter sur toutes les hypothèses, il ne doit pas manquer d'autres lieux appropriés à Paris qui pourraient recevoir chaque année durant plusieurs semaines la Foire du Trône.
Enfin, je voudrais dire que ce voeu peut être amendé pour le rendre plus acceptable par tous. Selon votre réponse, Madame la Maire, je vous proposerai ou non un sous-amendement.
Je vous remercie.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Monsieur NAJDOVSKI, vous avez la parole.
M. Christophe NAJDOVSKI. - Merci.
Je voudrais simplement rajouter à ce qu'a dit mon collègue RIOU au sujet de l'attitude des élus de l'opposition de droite du 12e qui ont déposé un v?u en Conseil d'arrondissement demandant la suppression pure et simple de la Foire du Trône et qui brillent, une fois de plus, par leur absence dans l'hémicycle au Conseil de Paris lorsque les sujets concernant leur arrondissement qu'ils disent tant défendre viennent à l'ordre du jour. J'ai été très surpris à la lecture de l'exposé des motifs d'apprendre que la durée de la tenue de la Foire avait été allongée de deux semaines cette année.
Il est précisé d'ailleurs dans le projet de délibération je cite que "les dates ont été arrêtées en accord avec la mairie du 12e".
Permettez-moi de vous dire, Monsieur le Maire et Madame COHEN-SOLAL, que les élus du 12e, dont je suis, n'ont à aucun moment été consultés sur ces dates et qu'ils ont été mis devant le fait accompli, découvrant l'allongement de la durée d'occupation de la pelouse de Reuilly dans la presse.
Au moment où notre collègue Yves CONTASSOT, on l'a évoqué à l'instant, élabore une charte d'aménagement durable des deux bois, cette décision est pour le moins fâcheuse. D'ailleurs notre collègue Yves CONTASSOT qui est concerné par les questions de l'occupation des bois n'a pas été consulté non plus sur l'allongement de la durée d'occupation de la pelouse de Reuilly !
Quelles sont les raisons invoquées par la Municipalité quant à l'allongement de la durée de la Foire ?
A lire les déclarations que j'ai pu voir dans la presse, ce serait en raison des échéances électorales car, selon les forains, les gens sortiraient moins les jours d'élections. Permettez-moi d'être dubitatif quant à la validité de cette explication !
Une concertation a été organisée le mardi 12 mars en mairie du 12e. Cette concertation était trop tardive puisque les dates arrêtées l'ont été de façon préalable et définitive.
Et cela donc a été un prétexte pour la droite val de marnaise ainsi que celle du 12e de monter des opérations politiciennes qui tendent à récupérer à leur profit le mécontentement des riverains de la pelouse de Reuilly.
"Les Verts" désapprouvent l'allongement de la durée de la Foire qui se traduira par l'allongement des nuisances pour les riverains. Ainsi, des routes qui sont habituellement fermées vont être rouvertes et servir à nouveau de gigantesques parkings en plein bois.
Un v?u voté par la majorité municipale du 12e demande à la Mairie de Paris de prendre avec la Préfecture de police toutes les dispositions dans et autour de la Foire du Trône, pour que les clients et promeneurs circulent sans risque à l'intérieur et en dehors de l'enceinte de la Foire.
Ce v?u demande également que toutes les mesures soient prises pour limiter les nuisances sonores dont sont victimes les riverains et que les véhicules stationnent régulièrement en dehors des parcelles boisées.
Enfin, ce v?u demande que la durée de la Foire soit strictement limitée et nous serons particulièrement attentifs sur ce point puisque des engagements ont été pris par la Mairie de Paris concernant ce point.
Plus largement, nous voulons que la Mairie engage le débat sur l'avenir de la pelouse de Reuilly et sur celui de la Foire du Trône.
Une convention signée par la précédente équipe municipale en 1993 entre la Ville de Paris et les forains prévoit l'installation de la Foire sur la pelouse de Reuilly jusqu'en 2003. En vertu de cette convention, la Foire du Trône se tiendra donc cette année, comme les années précédentes, sur la pelouse de Reuilly. Mais après 2003, la question est ouverte.
Pour les "Verts", la pelouse de Reuilly, située dans le bois de Vincennes, n'a pas vocation à accueillir ce genre de manifestations. Les "Verts" réaffirment que les bois doivent être rendus à leur vocation de détente et de promenade et que les activités qui s'y déroulent doivent se faire dans une perspective de développement durable.
Je voudrais terminer en me demandant si cet allongement de la durée de la Foire pris avec une concertation que je qualifierai de minimale, est un signe de solidarité et de bonne coopération avec les communes limitrophes, en leur imposant des nuisances que Paris ne veut pas supporter intra muros. A l'heure du réaménagement de la Z.A.C. "Rive gauche", des projets sur les emprises ferroviaires, allons-nous, allez-vous refuser de réintégrer dans Paris les arts forains ? L'occasion de disposer de réserves foncières ne se représentera pas avant longtemps. Ne la laissez pas passer.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci.
Je donne la parole à Mme COHEN-SOLAL pour répondre à la fois à M. RIOU et à M. NAJDOVSKI.
Mme Lyne COHEN-SOLAL, adjointe, au nom de la 2e Commission. - Merci, Monsieur le Maire.
On a entendu une défense et illustration des métiers forains, mais surtout pas à Paris. Or, je me permets de vous rappeler que la pelouse de Reuilly est à Paris. Elle n'est pas intra muros en banlieue, elle est à Paris.
La Foire du Trône a plus de 1.000 ans. C'est la 1.043e Foire du Trône que nous organisons cette année. Quand M. RIOU fait une défense et illustration des métiers forains, en janvier dernier, et qu'on nous dit aujourd'hui qu'il faut mettre ailleurs cette Foire du Trône, qui occupe 10 hectares, qui accueille 5 millions de personnes sur les quelques semaines sur lesquelles elle se déroule, qui accueille 300 métiers forains, qui est une des fêtes populaires et familiales les plus connues d'Europe, je suis d'accord. Je veux bien que cette Foire du Trône soit installée sur le cours de Vincennes mais il y a moins de 5 hectares, avec des obligations de circulation, d'entrée et de sortie dans Paris et surtout, je me permets de le signaler, si l'on a moins la proximité des arbres, on a plus la proximité des riverains du 12e arrondissement.
Je trouve difficile de faire à la fois une défense des métiers forains et de leur proposer, comme emplacement, un lieu où de toute façon nous savons bien qu'il ne sera pas possible d'amener 5 millions de visiteurs, de faire vivre en même temps une Foire du Trône et des riverains. Quelque part, on ne peut pas à la fois défendre les métiers forains et, d'une manière ou d'une autre, les faire reculer.
En plus, pour répondre à M. NAJDOVSKI, il y a une convention qui lie la Mairie de Pris et la Foire du Trône, et cette convention est extrêmement rigoureuse.
L'année dernière, par exemple, où je m'en étais déjà occupée, il n'y a pas eu une seule réclamation sur la Foire du Trône, non seulement pour les problèmes de nuisances - c'est terminé à 23 heures en semaine et 1 heure du matin le samedi -, mais aussi pour la sécurité. La sécurité a été complètement respectée et nous n'avons pas eu une plainte là-dessus.
Cette manifestation est un peu différente des autres, je le reconnais et on peut le comprendre. C'est une fête foraine, on ne peut pas le nier mais sur laquelle nous n'avons pas eu de problèmes en 2001, ni des communes riveraines, ni des riverains du 12e. Je n'ai pas eu la moindre plainte ni de Charenton, ni de Vincennes, ni de Joinville et je n'ai pas eu la moindre plainte des riverains du 12e.
Moi, je veux bien qu'on invente des problèmes là où, pour l'instant, il n'y en a pas trop. Nous avons demandé aux forains, et vous étiez en mairie du 12e il y a à peu près dix jours, de prendre en compte tous les problèmes tels qu'ils se posent, c'est-à-dire les nuisances sonores, les nuisances de stationnement et de circulation qui sont de la responsabilité de la Préfecture de police. La Préfecture de police est prévenue et le commissariat de police fait le nécessaire pour qu'on intègre le plus possible cette fête là où elle est, dans le 12e arrondissement.
Aujourd'hui, c'est vrai, une requalification des bois, et nous en avons largement parlé, est en cours. Moi, je suis prête à prendre toutes les dispositions pour qu'autour de la pelouse de Reuilly, qu'on appelle pelouse de Reuilly mais qui n'a plus de pelouse que le nom, des dispositions encore plus rigoureuses soient prises par rapport à cette manifestation, mais j'ai peur que, quand on demande de remettre cette Foire au milieu de la circulation et des habitants, on veuille en fait la tuer.
Je n'ai pas l'intention de revenir sur une manifestation populaire, familiale, qui permet à des gens qui n'ont pas beaucoup de moyens de venir se distraire facilement. Cette fête, vous le savez, on peut y entrer gratuitement. Ensuite, on paye son manège si l'on veut, avec ses enfants ou sans ses enfants. Pour l'instant, elle ne se passe pas trop mal et je pense qu'il serait plutôt dangereux d'y toucher que de la laisser, si j'ose dire, être gérée le plus rigoureusement possible, comme nous essayons de le faire, en concertation avec les forains.
Je vous signale, Monsieur NAJDOVSKI, que, jeudi prochain, le 28, la Foire du Trône sera ouverte depuis deux jours. Une autre réunion de concertation sera organisée sur les lieux. J'y ai invité de nouveau les maires de banlieue qui avaient oublié de venir le 12 mars dernier. Nous verrons là où se posent les problèmes, pour les résoudre au plus près du terrain.
Moi, je fais en sorte que les activités de Paris concernent tout le monde. Je n'ai pas l'intention de priver qui que ce soit d'activité dans Paris.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Votre avis sur le v?u ?
Mme Lyne COHEN-SOLAL, adjointe, rapporteur. - Je souhaite que le v?u de M. RIOU soit rejeté.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - M. RIOU, rapidement parce qu'il est tard.
M. Alain RIOU. - Madame la Maire, j'ai bien compris ce que vous avez dit. Le cours de Vincennes pose problème.
Je propose donc un sous-amendement de ce v?u, qui supprimerait la référence au cours de Vincennes et proposerait l'installation de cette manifestation "sur tout autre lieu approprié". Autrement dit, puisque la pelouse de Reuilly pose problème... pour vous, elle n'en pose pas, très bien, d'accord ! Mais elle en pose à un certain nombre de membres de cette majorité.
Nous souhaitons donc qu'une étude soit faite pour qu'on réfléchisse à tout autre lieu approprié. Bien évidemment, nous supprimons toute référence au cours de Vincennes puisqu'apparemment, vous ne souhaitez pas étudier les choses dans ce sens. Il s'agit d'ouvrir un débat et une étude sur ce sujet, voilà la nature de ce v?u.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - La parole est à Mme COHEN-SOLAL.
Mme Lyne COHEN-SOLAL, adjointe, rapporteur. - Je rappelle quand même à l'assistance qu'une étude a été faite par les services de la Ville pour trouver un lieu pour la Foire du Trône. Ces études ont proposé la pelouse de Reuilly. Moi, je veux bien qu'on fasse des études tout le temps, mais je ne vois pas très bien où l'on va retomber. Il faut trouver 10 hectares dans Paris pour organiser une manifestation de ce genre.
Donc je ne suis pas très favorable à cet amendement.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Monsieur NAJDOVSKI, les réponses sont claires ?
M. Christophe NAJDOVSKI. - Comme je l'ai précisé, la Foire du Trône est sur la pelouse de Reuilly jusqu'à l'année prochaine incluse. Nous avons le temps de la réflexion. Puisque nous avons le temps de la réflexion, réfléchissons.
Comme je l'ai évoqué dans mon intervention, nous avons des emprises, notamment dans la Z.A.C. "Rive gauche", nous avons d'autres emprises ferroviaires qui se libèrent. Donc réfléchissons.
J'évoquais aussi le fait que nous avons une manifestation extrêmement massive, vous l'avez évoqué, 5 millions de visiteurs en huit semaines. Le comparatif qu'on peut faire, c'est avec la Tour-Eiffel, qui accueille 6 à 7 millions de visiteurs mais sur une année. Cinq millions de visiteurs dans un bois, avec tous les problèmes de circulation et de stationnement que cela entraîne, car cela entraîne un certain nombre de problèmes, moi, je demande qu'il y ait une réflexion sur le futur lieu d'implantation de la Foire du Trône qui n'a pas, selon nous, à rester ad vitam aeternam sur la pelouse de Reuilly.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Monsieur GALLAND, vous aviez une remarque ?
M. Yves GALLAND. - Simplement, Monsieur le Maire, à ce stade, je comprends parfaitement ce que vient de dire le président NAJDOVSKI. Là où je suis un peu surpris, c'est que dans un délai de plus d'un an, il faille un v?u pour régler un problème à l'intérieur de la majorité municipale.
Mme Lyne COHEN-SOLAL, adjointe, rapporteur. - C'est un peu cela.
M. Yves GALLAND. - Ceci me remplit d'une intense perplexité.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Vous en verrez d'autres !
Nous allons passer au vote. Je crois que les choses sont claires.
Je mets aux voix, à main levée, le v?u présenté par M. RIOU.
Qui est pour ?
Qui est contre ?
Abstentions ?
Le v?u est repoussé.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Je mets maintenant aux voix, à main levée, le projet de délibération DFAE 38.
Qui est pour ?
Qui est contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2002, DFAE 38).