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Mars 2002
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35 - Vœu présenté par MM. François FLORES, Sylvain GAREL et les élus du groupe "Les Verts" relatif au changement de nom du square Willette

Débat/ Conseil municipal/ Mars 2002


M. Christophe GIRARD, adjoint, président. - Nous passons au v?u présenté par MM. François FLORES, Sylvain GAREL et les élus du groupe "Les Verts" relatif au changement de nom du square Willette.
Monsieur GAREL, vous avez la parole.
M. Sylvain GAREL. - Monsieur le Maire, malheureusement Alexis Carrel n'était pas le seul antisémite à avoir une rue ou un nom de square dans Paris, il y en a eu d'autres.
Et en particulier dans le 18e arrondissement, nous nous sommes aperçus avec stupeur qu'un des squares les plus connus de cet arrondissement - heureusement pas pour son nom - devant le Sacré-Coeur portait le nom d'Adolphe Willette.
Qui est Adolphe Willette ? Adolphe Willette, qui était un peintre et un portraitiste de talent, était aussi un antisémite notoire puisque, en 1889, il s'est présenté aux élections législatives dans la deuxième circonscription du 9e arrondissement sous l'étiquette très claire de "candidat antisémite".
Pour mémoire, sur l'affiche électorale d'Adolphe Willette qui était, il y a encore quelques jours, exposée à l'Hôtel-de-Ville dans le cadre d'une exposition sur les étrangers dans la Libération de Paris, on pouvait lire : "les juifs sont grands parce que nous sommes à genou", ainsi que "ils sont 50.000 à bénéficier seuls du travail acharné et sans espérance de 30 millions de Français devenus leurs esclaves tremblants" ou "le juif est une race différente et ennemie de la nôtre", le tout assorti de dessins en rapport avec ces phrases, en particulier on pouvait voir la République qui cassait le talmud en deux.
Adolphe Willette pas plus qu'Alexis Carrel n'a sa place dans la nomenclature des rues ou des squares de Paris, et nous demandons donc que ce square soit débaptisé.
Je voudrais ajouter deux choses, pour rassurer certains élus de droite qui se préoccupent toujours des problèmes de carte de visite des résidents ; personne n'habite square Willette, à part le chef d'atelier du jardin. Donc cela ne devrait pas poser trop de problèmes.
D'autre part, que ce voeu a été adopté à l'unanimité par le Conseil du 18e le 4 mars dernier.
Merci.
M. Christophe GIRARD, adjoint, président. - Ce qui veut donc dire que Mme DECORTE qui est présente a donc voté.
Monsieur CAFFET ?
M. Jean-Pierre CAFFET, adjoint. - Monsieur le Maire, même réponse que pour les deux v?ux qui ont précédé : ce sera présenté à la commission.
M. Christophe GIRARD, adjoint, président. - Un membre de l'Exécutif souhaite se prononcer.
Monsieur CONTASSOT, vous avez la parole.
M. Yves CONTASSOT, adjoint. - Nous sommes en train de reprendre une grande tradition issue de la fin du XVIIIe siècle qui consiste à politiser, sans que ce soit péjoratif, le nom des rues et des squares. C'est une tradition qui n'existait pas avant. Les noms attribués étaient des noms de références soit des métiers, soit des lieux qui avaient du sens. Ce n'est qu'à la fin du XVIIIe siècle qu'on a commencé à donner des noms politiques aux lieux.
Pour ce qui me concerne, je souhaiterais que la commission ne se contente pas d'examiner telle ou telle proposition, mais réfléchisse à une politique en la matière qui ait du sens.
Je crois que, notamment pour les parcs et jardins, il serait intéressant qu'on définisse une espèce de charte d'appellation des noms des squares, des parcs et des jardins de manière à ce qu'on évite, et cela pourrait être tout à fait la même chose pour les rues ou les places, une espèce de surenchère sur celui qui tirera le plus vite pour faire nommer tel ou tel qui bientôt aura une proposition avant même d'être décédé !
(Applaudissements sur les bancs du groupe "Rassemblement pour la République et Apparentés", du groupe "Démocratie libérale et indépendants", du groupe "Ensemble pour Paris" et du groupe Union pour la démocratie française).
M. Christophe GIRARD, adjoint, président. - Permettez-moi un clin d'?il, il y a une rue "des Deux-Boules" dans votre arrondissement. C'est la rue de M. LEGARET !
(Rires).
M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - Ce n'est pas la mienne !
M. Alain DESTREM. - C'est très bien parlé, Monsieur CONTASSOT.
M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - On va la débaptiser.
M. Yves CONTASSOT, adjoint. - Cela n'empêchera pas d'en débaptiser un certain nombre.
M. Christophe GIRARD, adjoint, président. - Nous allons passer au vote.
Je mets aux voix, à main levée, le v?u du groupe "Les Verts".
Qui est pour ?
Qui est contre ?
Qui s'abstiendrait ?
Le v?u est adopté. (2002, V. 45).
(M. David ASSOULINE, adjoint, remplace M. Christophe GIRARD, adjoint, au fauteuil de la présidence).