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Mars 2002
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Conseil Municipal
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181 - QOC 2002-242 Question de Mme Liliane CAPELLE et des membres du groupe du Mouvement des citoyens, à M. le Maire de Paris au sujet les questions de nutrition et d'alimentation des sans-domicile fixe parisiens

Débat/ Conseil municipal/ Mars 2002


Libellé de la question :
"Mme Liliane CAPELLE et les membres du groupe du Mouvement des citoyens attirent l'attention de M. le Maire de Paris sur les questions de nutrition et d'alimentation des S.D.F. parisiens.
Une enquête de l'INSERM a été menée il y a quelques temps déjà (février/juin 1999) sur l'état nutritionnel des S.D.F. et sur leur alimentation dans la journée. Il s'est naturellement avéré que ces populations ne mangeaient pas d'aliments à fort capital santé, c'est-à-dire les fruits, les légumes, les laitages. Le nombre de repas consommés dans la journée était à peine supérieur aux deux repas fournis par jour, ce qui semble prouver qu'ils prenaient rarement de repas à midi.
Ils présentaient un apport énergétique total autour de 2.300 calories, ce qui n'est pas énorme pour des hommes et sur ces 2.300 calories, 12 % provenaient de la consommation d'alcool. Par ailleurs, on a constaté que cette population se situait largement en dessous du reste de la population pour tous les apports en calcium, zinc, vitamines B2, PP, B1 tout à fait insuffisants.
Ajoutons qu'en enquêtant sur les lieux de restauration gratuits, on s'est aperçus également que ces lieux ne travaillaient généralement qu'avec ce que la Banque alimentaire leur donnait ou bien ce que donnaient les quartiers à savoir peu de fruits et légumes, de viandes et produits laitiers ; beaucoup de produits riches en glucides, en graisses...
Il est primordial de s'occuper de l'alimentation des gens qui sont dans la rue car ils ont des besoins accrus pour lutter contre le froid, les foyers infectieux et surtout le stress, dû à l'absence ou l'insuffisance de sommeil et à la violence.
C'est pourquoi Mme Liliane CAPELLE et les membres du groupe du Mouvement des citoyens aimeraient savoir ce que compte faire la Municipalité pour aider ces personnes à maintenir ou à retrouver un bon état de santé (ou un moins mauvais état de santé) et où en est l'état des réflexions sur ce sujet précis de la nutrition et de l'alimentation."
Réponse (Mme Mylène STAMBOULI, adjointe) :
"Il est distribué aux personnes sans domicile fixe à Paris, environ 6.000 repas par nuit tant dans les Centres d'hébergement d'urgence, que sur des sites protégés ou aux camions.
Les réponses en terme nutritionnel sont évidemment différentes lorsque l'on compare les repas chauds en cuisine traditionnelle de Baudricourt, les plateaux liaison froide ou les sachets de "C?ur de Paris" ; néanmoins, toutes ces réponses sont très utilisées par les usagers.
S'agissant des sachets de "C?ur de Paris", leur contenu a été amélioré et diversifié au cours du 4e trimestre 2001. Ainsi, des assortiments de salade complète, des laitages et des fruits ont été inclus ; une soupe en plus est proposée et des portions de pain conséquentes. Le contenu des sachets est évalué à 1.192 kilocalories et couvre 50 % des apports quotidiens nécessaires en protéines, calcium et Vitamine C. En ce qui concerne les Centres d'hébergement d'urgence gérés par le CASVP, des modifications de la structure des repas et du choix des plats proposés ont été apportées. Ainsi, début novembre 2001, les consommateurs ont été interrogés sur leurs préférences alimentaires. Un cycle de menus spécifique au site, plus adapté aux attentes perçues, a été mis en place le 26 novembre 2001.
Cette nouvelle proposition repose sur :
- une augmentation de la fréquence des féculents en légumes d'accompagnement (un à deux légumes verts seront tout de même maintenus pour l'équilibre nutritionnel) ;
- une augmentation de la fréquence des fromages au détriment des laitages (type yaourt, fromage blanc, etc.) ;
- la proposition d'un potage deux fois par semaine ;
- la complémentation de certains desserts par un deuxième composant.
Les menus ainsi établis apportent (compte tenu des sauces et assaisonnements), une moyenne de 1.400 kilocalories (soit environ 47 % des A.J.R.).
D'une façon générale, l'ensemble des CHRS proposent une prestation complète et équilibrée, répartie sur trois repas quotidiens (petit déjeuner, déjeuner et dîner) et basée sur un "plan alimentaire" différent pour l'été et pour l'hiver, par cycles de six semaines.
L'orientation générale en matière de repas sociaux reste cependant de favoriser le développement de sites installés, ce qui devrait permettre d'améliorer encore la qualité calorifique des menus servis.
Par ailleurs, de nombreuses associations organisent elles aussi des repas à la place des distributions de colis alimentaires ou des distributions au camion dans la rue. Ces associations utilisent plusieurs systèmes d'approvisionnement.
Un groupe de travail regroupant l'ensemble des associations et des institutions s'occupant d'aide alimentaire à Paris, fonctionne depuis plusieurs mois afin de réfléchir et d'agir pour une meilleure répartition et une amélioration de l'aide alimentaire."