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Mars 2002
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93 - Vœu présenté par M. Jean-François LEGARET et des membres du groupe "Ensemble pour Paris" relatif à la suppression des hippodromes parisiens

Débat/ Conseil municipal/ Mars 2002


M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Nous allons passer maintenant à l'examen d'une proposition de v?u concernant la suppression des hippodromes parisiens et qui est présenté par M. LEGARET.
Vous avez la parole.
M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - Monsieur le Maire, nous avons pris connaissance d'un certain nombre d'annonces médiatiques sur les projets de réaménagement des bois de Boulogne et de Vincennes.
Je m'empresse tout de suite de dire que je ne suis en rien hostile à tous les aspects de ces aménagements, notamment ceux qui consistent à essayer, bien que le sujet soit difficile, à limiter la pression de l'automobile dans les bois de Boulogne et de Vincennes. Il en va de même des projets de revégétalisation d'un certain nombre de sites des bois qui le méritent et du désir de retrouver un certain nombre d'aménagements qui étaient des aménagements de qualité, que l'on doit vraisemblablement à Alphand, et qui ont, c'est vrai, été détériorés au cours des décennies passées.
Mais ce projet, tel qu'il a été présenté, comportait également une modification très substantielle des hippodromes parisiens, avec, bien sûr, le projet consistant à supprimer les activités de l'hippodrome d'Auteuil.
On sait bien depuis des années que c'est l'hippodrome d'Auteuil qui est le plus convoité, parce que c'est celui qui est le plus proche de Paris et c'est le seul qui soit directement accessible par le métro. De ce point de vue-là, il est évident que cela comporterait beaucoup d'avantages.
Ce que je voudrais surtout faire observer par le biais de ce v?u, c'est qu'en réalité les projets qui annoncent la suppression des activités hippiques à Auteuil et la reconversion des emprises pour y réinstaller un certain nombre de concessions, sont des projets totalement irréalistes sur le plan légal et réglementaire.
D'abord, parce que c'est une loi, bien qu'elle soit fort ancienne, qui a affecté les espaces d'Auteuil, de Longchamp et de Vincennes aux courses hippiques. Pour modifier cet état de choses, il faudrait donc que le législateur s'y intéresse ; c'est une décision qui ne peut pas relever du Maire de Paris, ou même du Conseil de Paris.
Deuxième observation, Auteuil est entièrement un site classé, ce qui veut dire que les tribunes qui y sont édifiées sont protégées. On ne voit pas très bien ce que l'on pourrait faire de tribunes d'hippodrome une fois qu'on les aurait conservées, on ne voit pas très bien comment on pourrait les reconvertir pour un autre usage, et puis surtout les emprises de l'hippodrome elles-mêmes sont inconstructibles.
Il est donc tout à fait fallacieux de prétendre que l'on va réinstaller sur ces emprises les concessions du Racing Club, du Tir aux pigeons ou de je-ne-sais-quoi qui nécessiterait, cela va de soi, la construction d'un certain nombre de bâtiments, même sommaires, puisque ces terrains sont inconstructibles.
Voilà ce que je voulais me borner à dire. J'insiste beaucoup pour dire que les projets de réaménagement des bois sont des projets qui méritent d'être examinés avec attention. Ils sont à priori intéressants. J'ai déposé ce v?u car je souhaite que l'on clarifie la situation des hippodromes et qu'il soit clairement exprimé que dans l'immédiat il est hors de question de toucher aux activités des hippodromes de Longchamp, d'Auteuil et de Vincennes.
Je vous remercie.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Monsieur CONTASSOT, vous avez la parole.
M. Yves CONTASSOT, adjoint. - En plein accord avec Christian SAUTTER, Monsieur LEGARET, je voudrais d'abord vous faire remarquer que Longchamp est un nom tellement mythique comme vous l'écrivez que nombreux sont ceux qui font des fautes d'orthographe en l'écrivant, surtout lorsqu'ils déposent un v?u au Conseil de Paris. Ce qui prouve que les v?ux, en ce domaine comme dans d'autres - et malheureusement je vais être obligé de pointer de nombreuses erreurs dans votre propos - peuvent comporter des erreurs.
Jean TIBERI, alors Maire de Paris déclarait au lendemain de la tempête de décembre 1999 : "Il y a un hippodrome de trop à Paris." N'est-ce pas vous, Monsieur LEGARET, adjoint aux Finances, qui disiez au journaliste qui vous interrogeait dans "France-Soir" du 10 janvier 2000: "Nous sommes fondés à nous interroger sur la nécessité de conserver 150 hectares pour l'usage des courses" ? Erreur de mémoire ou tourne-casaque ?
Alors, Monsieur LEGARET, si vous étiez si attaché à ces hippodromes, que ne vous êtes-vous occupé du renouvellement de leurs concessions qui ont expiré en 1998 !
Vous accusez la nouvelle Municipalité de décider de l'avenir des bois sans concertation. Vous avez commis une nouvelle erreur en lisant le Journal du Dimanche : vous avez mélangé les propos du Journal, les pistes de réflexion sur le paysage et enfin la démarche engagée par la Ville.
En matière de concertation je vais vous donner quelques informations : j'ai réuni les maires des 12e et 7e arrondissements. Puis les maires ou leurs représentants de l'ensemble des communes riveraines et enfin les associations de riverains et cela continue régulièrement puisque tous les acteurs concernés par les bois sont rencontrés régulièrement depuis quatre mois et j'ai même encore rencontré M. SARKOZY, Maire de Neuilly, le 8 mars. Vous voyez que la concertation est active.
Il est vrai que le diagnostic de l'état désastreux des bois est malheureusement tel qu'il est aussi, et c'est fort heureux, largement partagé bien au-delà des clivages politiques. Vous savez que nous préparons une charte d'aménagement durable des bois, qui devait être soumise au Conseil de Paris de juin après avis des collectivités concernées.
Je ne vous surprendrai pas en vous disant que l'axe principal de cette charte est de redonner à ces bois un caractère plus naturel, en privilégiant les espaces mieux adaptés à ces lieux, la promenade, les autres activités de plein air et ce n'est qu'ensuite et qu'en application de cette charte que seront prises des décisions d'aménagement ou de réaménagement, en termes de circulation comme en termes de déplacement et de type de concession, là encore, évidemment en lien étroit avec Christian SAUTTER. Erreur donc encore une fois de prétendre qu'une décision a été prise.
Pour ce qui est des hippodromes, les conventions sont venues à expiration en mars 1998 pour Longchamp (sans "s") et le 31 décembre 1997 pour Auteuil. La convention de Vincennes pour ce qui la concerne court, elle, jusqu'en 2020. Pour autant, les négociations étaient pratiquement arrivées à leur terme dans la précédente mandature, quand "France Galop" est revenu sur son agrément aux dispositions financières. Vous le saviez, vous étiez bien placé.
Pour Longchamp (toujours sans "s") il a été présenté un projet de réhabilitation totale, sans avancer de programme détaillé ni sur le plan architectural, ni sur le plan environnemental, ni encore moins sur le plan financier.
Donc nous sommes dans une situation actuelle des hippodromes du bois de Boulogne provisoire mais néanmoins conforme aux règles jurisprudentielles de domanialité publique, dès lors que la charte d'aménagement des bois aura abouti, que les modalités définitives d'utilisation et d'occupation des deux sites d'Auteuil et de Longchamp pourront être mises en ?uvre.
Alors, Monsieur LEGARET, je vous demande de ne pas faire par anticipation votre deuil d'Auteuil et d'admettre que concernant Longchamp votre v?u a fait long feu.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Monsieur LEGARET, vous avez la parole.
M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - Je ne veux pas polémiquer, je veux simplement dire qu'il n'y a aucune contradiction dans mes propos sur les 150 hectares d'hippodromes parisiens puisque que j'avais dit, et je le maintiens, que nous nous sommes efforcés lors de la discussion avec le gestionnaire de ces hippodromes d'ouvrir ces espaces qui antérieurement n'étaient pas accessibles sauf les jours de réunion hippiques. Nous avons donc travaillé en liaison avec ces gestionnaires sur des projets de diversification qui ont permis d'installer sur ces hippodromes un certain nombre de choses, poney-club ou terrains d'entraînement pour le golf par exemple, que sais-je encore... qui ont fait que ces terrains qui étaient fermés, cadenassés en dehors des jours de réunions hippiques sont désormais accessibles. C'est donc une évolution très positive qui change fondamentalement la situation.
Voilà ce que je voulais me borner à dire, mais vous n'avez pas indiqué votre position favorable ou défavorable sur le v?u.
M. Yves CONTASSOT, adjoint. - Il est évident que tel qu'il est rédigé ce serait anticiper la charte d'aménagement, donc je ne vois pas comment je pourrais proposer au Conseil de Paris de prendre des décisions sur telle ou telle concession, anticipant sur les réflexions globales.
M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - Ce n'est pas un défaut l'anticipation.
M. Yves CONTASSOT, adjoint. - Surtout quand il vise à demander en toute illégalité pour certaines activités le maintien des démonstrations de voitures sur l'hippodrome, qui va dans le sens de ce que nous souhaitons faire.
Donc je propose que nous rejetions ce v?u.
M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - Il faudrait démontrer que c'est illégal.
M. Yves CONTASSOT, adjoint. - C'est tout à fait illégal, la convention le précise.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Nous allons arrêter là.
Monsieur MANO, vous avez la parole.
M. Jean-Yves MANO, adjoint. - Une petite précision par rapport au bois de Boulogne. Ce bois a besoin d'être réaménagé pour être mis à la disposition des Parisiens. Cela semble indispensable. Mais au-delà de ces problèmes, se pose le débat qui est engagé depuis longtemps, y compris avec "France Galop" dont tout le monde sait qu'ils se sont eux aussi posé la question de la suppression d'Auteuil. Donc à partir de là ils n'y sont pas tant attachés que cela...
Mais il se trouve que les pistes d'Auteuil ne rentrent pas sur l'hippodrome de Longchamp. C'est technique, donc ce n'est pas possible.
Aujourd'hui qu'est-ce que l'on constate ? Auteuil est peu utilisé, il est surtout utilisé comme terrain d'exposition permanente. Je ne pense pas objectivement que ce soit la destination normale d'un tel site qui devrait être à la disposition des Parisiens, en espaces verts, en aires de jeux pour les habitants de Paris. Si l'on avance dans ce sens là les choses sont positives.
A ma connaissance "France Galop" pour le moment n'a proposé que la création d'un hôtel 4 ou 5 étoiles. On parle de la création d'un lieu parisien pour la pelote basque. Je pense que le bois de Boulogne n'a pas vocation à accueillir ce type d'activité. Je ne vois pas l'intérêt pour les habitants et pour les Parisiens. Si nous voulons des voitures dans le bois de Boulogne, allons dans ce sens. Ce n'est pas ce que souhaitent les habitants, y compris ceux du 16e.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - M. COUMET a la parole pour le groupe socialiste.
M. Alain DESTREM. - Vous êtes contre les turfistes ?
M. Jérôme COUMET. - Nous comprenons évidemment, nous avons bien entendu M. CONTASSOT, que la charte d'aménagement des bois est en cours de discussion et donc que ce v?u apparaît évidemment un peu trop tôt dans notre débat. Quand on fait une concertation, il ne s'agit pas d'y mettre un terme avant même qu'elle se tienne.
Néanmoins, sur l'avenir des activités hippiques, nous voulons signaler à ce sujet que nous y sommes attachés. Et donc nous souhaitons qu'il y ait un débat ultérieurement dans notre Conseil à ce sujet pour assurer la pérennité des activités hippiques et leur organisation à Paris.
Merci.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci.
Je mets aux voix, à main levée, ce v?u.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le voeu est repoussé.