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Decembre 2001
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Conseil Municipal
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56 - 2001, DPE 152 - Autorisation à M. le Maire de Paris de signer un marché sur appel d'offres pour le ramassage et l'enlèvement des déchets et souillures dans le cadre d'opérations de maintien de l'hygiène, de la salubrité et de la sécurité des voies publiques à Paris (3 lots)

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2001


M. David ASSOULINE, adjoint, président. - Nous passons à l'examen du projet de délibération DPE 152 relatif à la signature d'un marché sur appel d'offres pour le ramassage et l'enlèvement des déchets, souillures dans le cadre d'opérations de maintien de l'hygiène, de la salubrité et de la sécurité des voies publiques à Paris en trois lots.
Je donne la parole à Mme AZZARO.
Mme Nicole AZZARO. - Merci, Monsieur le Maire.
Mesdames et Messieurs, ce projet de délibération a pour but de remédier aux effets pervers induits par le plan "Vigipirate". En effet, la suppression des réceptacles et colonnes à verres a multiplié les dépôts en vrac à l'emplacement des éléments supprimés.
Dans les faits, les riverains ont gardé l'habitude de mettre leurs verres à un endroit précis, n'y trouvant plus la colonne de récupération ils les laissent au sol. Quant aux corbeilles nombreux sont ceux qui n'en trouvant pas d'assez proches, jettent également sur le sol à partir de là s'amoncellent toutes sortes de détritus, une sorte d'effet boule de neige dont on se passerait bien volontiers. Dans tous les cas, il faut ramasser ce dépôt en vrac, ils sont plus longs à ramasser que les corbeilles ne le sont à collecter. On peut s'interroger sur le comportement des habitants, sur notre comportement. La ville est sale mais qui vit dans la ville ?
Si nous devons être vigilants ensemble, ne pourrions-nous pas être propres ensemble ?
La responsabilité de notre Municipalité est de maintenir l'hygiène, la salubrité et la sécurité de la voie publique. Compte tenu de la période exceptionnelle que nous traversons, les élus du groupe "Les Verts" apportent sans restriction leur soutien à ce projet de délibération en tenant pour clair que la remunicipalisation de la collecte reste l'objectif à atteindre le plus rapidement possible.
Je vous remercie.
M. David ASSOULINE, adjoint, président. - Merci, Madame.
Monsieur VUILLERMOZ, vous avez la parole.
M. Jean VUILLERMOZ. - En ce qui nous concerne, nous ne voterons pas cette délibération. Nous l'avons annoncé depuis longtemps, ce n'est pas une surprise. Du fait de l'heure tardive, je ne reviens pas sur ce que j'ai dit, ce matin, sur les responsabilités qui incombent à l'ancienne majorité pour ce qui concerne la malpropreté dans notre Ville et en même temps nous pensons qu'il ne faut pas reproduire les erreurs du passé. Ce n'est pas en passant des marchés avec des entreprises privées que nous améliorerons la propreté, au contraire.
Cela risque de fragiliser encore plus le service rendu aux Parisiens. Nous y voyons là un danger, celui d'ouvrir de nouvelles concessions durables au secteur privé.
Par contre, nous pensons que ce ne sera qu'en améliorant l'organisation du travail à la Direction de la Propreté que nous y arriverons. Evidemment, cela a commencé, nous pensons qu'il faut encore augmenter le nombre de personnel, c'est le cas avec l'A.R.T.T. Il faut encore faire un effort. Tout le monde le sait, y compris la Direction des services qui fait une proposition encore plus forte que la nôtre.
D'ailleurs ce que l'on va faire à travers ce marché n'est rien d'autre que cela, puisqu'il s'agira de mobiliser rapidement entre 120 et 600 personnes pour intervenir sur le terrain.
Combien cela va-t-il nous coûter ? La délibération ne le dit pas. On nous dit "recrutement difficile à la Ville", je pense que si la Ville refaisait une grande campagne de communication, en mobilisant les panneaux "Decaux" et en mobilisant aussi la presse, on y arriverait facilement d'autant que la conjoncture est malheureusement favorable de ce point de vue.
Le temps de formation serait en gros le même que celui qui va correspondre à la passation du marché et à la mise en place de ce marché.
D'ailleurs, l'entreprise qui va gagner ce marché c'est soit "Vivendi", soit "Suez", soit "Nicolin", va embaucher, mais si le marché, comme il est dit dans la délibération n'est que d'un an renouvelable, une fois, que fera-t-on ensuite de ces hommes et de ces femmes ?
J'espère qu'ils ne se retrouveront pas au chômage. Non, vraiment, ce n'est pas de cette façon qu'on améliorera la propreté de Paris, qu'on mobilisera le personnel dans cette Ville.
Il y a déjà trop de marchés concédés au privé, beaucoup trop dans la propreté. Il faut au contraire aller vers la remunicipalisation qui donnerait un signe fort au personnel, à leurs organisations syndicales et permettrait certainement de réorganiser les services de la Ville, rééquilibrer les moyens humains entre arrondissements et favoriser les passages plus fréquents pour le nettoyage des rues, aller vers de véritables îlots de la propreté, comme nous nous y sommes engagés devant les Parisiens dans le contrat de mandature.
Le service public est le seul garant d'égalité de traitement et en cette matière-là également.
Merci.
M. David ASSOULINE, adjoint, président. - M. CONTASSOT a la parole pour répondre.
M. Yves CONTASSOT, adjoint, au nom de la 4e Commission. - Je voudrais dire qu'effectivement c'est un sujet important et on l'a évoqué à de nombreuses reprises.
Je voudrais répondre notamment à M. VUILLERMOZ que nous avons bien conscience qu'en la matière, il y a deux aspects, l'aspect structurel, vous l'avez longuement évoqué qui consiste à revoir l'organisation du travail. Vous l'avez souligné, cela a commencé, mais, vous le savez, revoir l'organisation d'un service aussi important que celui de la D.P.E. ne peut pas se faire en quelques semaines, ni même en quelques mois d'autant plus que de mon point de vue cela ne peut pas se faire contre le personnel mais avec le personnel et donc nécessairement il nous faudra du temps pour réorganiser en profondeur et je souscris également à ce que vous avez dit sur la multiplicité des marchés qui sont tellement nombreux, tellement cloisonnés, tellement parcellisés qu'aujourd'hui sur certains sites il peut y avoir jusqu'à 3 ou 4 opérateurs qui interviennent pour des aspects extrêmement ponctuels sans cohérence d'ensemble.
C'est le deuxième aspect, je souhaite effectivement que nous mettions à plat les marchés - ils ont des échéances diverses - l'ensemble de ces marchés pour les rationaliser, si nécessaire, en tout cas pour en vérifier la pertinence tels qu'ils sont passés aujourd'hui. Je souscris donc à cet objectif de revoir en profondeur l'organisation et c'est ce que j'appelle le structurel.
Néanmoins, nous avons une difficulté, que personne ne peut nier en ce moment, aggravée par le contexte de "Vigipirate" renforcé.
C'est bien pour faire face à cet aspect strictement conjoncturel que nous souhaitons passer un marché, dans un cadre extrêmement précis, sans qu'en aucun cas cela puisse s'assimiler à une privatisation, partielle ou progressive. Donc, de ce point de vue, je peux vous donner les assurances que c'est notre objectif. Notre objectif est bien de faire face à une difficulté conjoncturelle pour permettre de travailler sur le structurel. C'est bien le sens de ce marché.
Je dis à Mme AZZARO qu'en matière de remunicipalisation, nous étudions les différentes hypothèses pour voir, en terme d'efficacité et de rationalisation, et de coût, quelle est la meilleure solution. Nous ne fermons donc pas du tout la porte, bien au contraire, à cette hypothèse mais, aujourd'hui, nous devons faire face ponctuellement à une échéance et c'est le sens de cette délibération que je vous demande de voter très largement.
Merci.
M. David ASSOULINE, adjoint, président. - Merci, Monsieur CONTASSOT.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DPE 152.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2001, DPE 152).