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Decembre 2001
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63 - 2001, DAC 505 - Autorisation à M. le Maire de Paris de signer un marché négocié signé avec l'association "ATC international" en vue de l'organisation d'une manifestation culturelle "Nuit blanche", organisée les 23 et 24 mars 2002

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2001


M. David ASSOULINE, adjoint, président. - Nous allons maintenant passer au projet de délibération DAC 505 concernant une autorisation à M. le Maire de Paris de signer un marché négocié avec l'association "ATC international" en vue de l'organisation d'une manifestation culturelle "Nuit blanche" organisée les 23 et 24 mars.
La parole est à Mme de CLERMONT-TONNERRE.
Mme Claire de CLERMONT-TONNERRE. - Monsieur le Maire, la personnalité et la créativité de votre adjoint chargé de la Culture nous laissaient espérer dès le début de la mandature la programmation d'un débat de grande ampleur sur la culture à Paris. Eh bien non, nous avons dû jusqu'à présent nous contenter de discussions saucissonnées à l'occasion de diverses subventions ou autorisations de programmes.
Notre groupe regrette donc cette absence d'un véritable débat car si, d'un côté, vous phosphorez sur la transformation de la Gaîté lyrique ou du 104 Aubervilliers, de l'autre, vous distribuez des centaines de millions de francs de subventions sans que nous disposions d'une vision d'ensemble, claire et lisible, de la politique culturelle que vous entendez proposer aux Parisiens.
La délibération DAC 505 sur laquelle j'ai souhaité intervenir est emblématique de cette absence de mise en perspective des projets. Elle concerne cette fameuse "Nuit blanche" avec laquelle vous nous faites rêver, Monsieur GIRARD, depuis le début de la mandature et dont je tiens à saluer le concept :
- un concept à travers lequel les diverses annonces faites par médias interposés nous laissaient entrevoir un week-end d'ouverture de tous les lieux culturels ;
- un concept autour duquel planait mystère et poésie et auquel nous aurions pu adhérer avec enthousiasme, sans pour autant aller, Monsieur GIRARD, jusqu'à "danser devant les Rembrandt" ;
- mais aussi un concept qui appelle une organisation rigoureuse, un dispositif de sécurité adapté et bien sûr un cadrage et une maîtrise budgétaire.
Or, voici qu'à la lecture de cette première délibération qui se rapporte à l'organisation de cette "Nuit blanche", nos rêves fondent comme neige au soleil :
A l'article 1, vous nous demandez d'approuver le principe de l'organisation d'une opération culturelle dénommée "Nuit blanche" alors que vous ne nous avez pas encore présenté le contenu du projet que vous souhaitez mettre en ?uvre.
A l'article 2, vous nous demandez de vous donner un blanc-seing pour engager sur-le-champ et les yeux fermés plus de 6 millions de francs pour l'animation des "vingt lieux parisiens sélectionnés pour l'opération" alors que nous ne savons rien du détail de ce marché.
Nous découvrons en revanche que vous ne nous parlez plus d'un week-end entier de fête, mais d'un créneau allant du samedi de 19 heures au dimanche 12 heures.
Vous ne nous parlez plus d'une ouverture de tous les équipements culturels de la Ville (musées, théâtres, bibliothèques, salles de concert), mais d'une vingtaine de lieux dont on ignore la localisation.
Enfin, vous ne mentionnez pas de date pour cette manifestation et il faut attendre la page 33 du rapport de présentation de M. DELANOË sur le budget primitif 2002 pour découvrir que vous avez choisi la nuit du 23 au 24 mars.
Et voilà que depuis hier une rumeur filtre, laissant entendre que vous seriez contraint de reporter cette manifestation à l'automne 2002.
Mais alors, Monsieur GIRARD, votre projet aurait-il fait "pschitt" ?
Pourquoi cet ajournement ?
Ne seriez-vous plus en mesure de mettre en ?uvre les annonces faites depuis le mois d'avril ?
Devant tant d'incertitude, nous vous demandons, Monsieur le Maire, de nous faire passer de la "nuit à la lumière".
Dites-nous par exemple quels sont les partenaires publics ou privés qui ont accepté de s'associer à cette manifestation, l'Etat ouvrira-t-il les portes de ses musées, les églises parisiennes seront-elles accessibles ?
Dites-nous quelle sera l'ampleur du concours de la Préfecture de police dont les agents font déjà l'objet de sollicitations permanentes pour tenter d'assurer au quotidien la sécurité des Parisiens ?
Dites-nous si les métros et les bus fonctionneront toute la nuit ?
Dites-nous quel sera le montant global de cette opération pour notre collectivité, car aux 6 millions de francs dont il est question dans cette délibération viendront s'ajouter le coût des prestations de sécurité, le coût des heures supplémentaires effectuées par tous les personnels des directions mobilisées, mais aussi le coût du dispositif de communication ?
Dites-nous aussi pourquoi l'ensemble des membres de la 9e Commission n'ont toujours pas reçu les éléments financiers que vous vous étiez engagé à leur communiquer le mercredi 13 décembre ?
Enfin, s'agissant de l'association avec laquelle vous nous proposez de passer un marché de plus de 6 millions de francs sans appel d'offre, nous sommes là, Monsieur le Maire, devant une page blanche. Votre délibération ne développe aucune information sur cet organisme en dehors de son savoir-faire pour le festival "des Allumés" ! Nous souhaitons donc disposer d'éléments sérieux sur l'association "ATC" et connaître les critères qui vous conduisent à lui confier ce budget sans formalités préalables.
Pour conclure, Monsieur le Maire, et bien que nous ne doutions pas de la "main verte" de M. GIRARD pour tout ce qui se rapporte à la culture, nous ne pouvons, en l'état actuel des choses, vous signer un chèque en blanc pour une "Nuit blanche" compte tenu de l'imprécision des informations contenues dans la délibération que vous nous soumettez.
(Applaudissements sur les bancs des groupes "Démocratie libérale et indépendants", "Rassemblement pour la République et apparentés", "Union pour la Démocratie française", et "Ensemble pour Paris").
M. David ASSOULINE, adjoint, président. - Merci, Madame.
Il y a d'autres intervenants avant la réponse de M. GIRARD.
Madame GUILMART, vous avez la parole.
Mme Moïra GUILMART. - Monsieur le Maire, effectivement, c'est avec un grand intérêt et un vif plaisir que nous avons examiné en Commission le projet de faire vivre aux Parisiens une "Nuit blanche" dans le but d'offrir à nos concitoyens la magie de la nuit à partager pour se rencontrer, se cultiver, être heureux ensemble.
Certes, si la délibération fait référence à la littérature russe de Saint-Petersbourg, j'ai pour ma part une expérience de folles nuits blanches mais pas en Russie, en Espagne puisque j'ai eu la chance de vivre deux années à Valencia où à la fin de l'hiver a lieu durant toute une semaine une fête qui s'appelle Las Fallas qui met la Ville en feu dans tous les sens du terme, dans tous les quartiers et qui se termine au petit matin avec chocolat et des churros pour le plus grand plaisir de tous les Valenciens.
Certes, nous ne sommes pas à Valencia mais à Paris et nous avons effectivement pour tâche de lancer un projet nouveau qui suscite la curiosité renouvelée des Parisiens pour leur Ville, un projet comportant des manifestations diversifiées dans tous les arrondissements et en concertation avec eux. Un projet qui permette aux Parisiens de se rencontrer de façon festive.
Bien sûr, nous sommes au démarrage de ce projet et c'est ce qui fait que peut-être il y a des interrogations mais néanmoins ce projet s'inscrit bien dans les vues de la majorité de cette assemblée, de combattre la solitude peuplée dont parlait hier Bertrand DELANOË en citant François Mauriac et qui, de toute façon, est pour nous une action pour mieux vivre ensemble.
C'est donc volontiers que nous voterons le budget d'ailleurs raisonnable d'un million d'euros pour commencer à faire vivre cette "nuit blanche", en sachant bien qu'il y a d'autre chose, bien sûr, qui vont s'y ajouter mais je reconnais que voter un budget d'un million d'euros, ce n'est pas donner carte blanche, c'est bien voter ce montant. Je suis bien persuadée en m'adressant à M. GIRARD que, comme nous, il préfère l'imagination et l'intelligence aux manifestations gigantesques dévoreuses de moyens, comme nous en avons connues précédemment avec l'autre majorité. Vous savez parfaitement à qui je fais allusion et comme certainement, Monsieur le Maire, nous veillerons, nous, socialistes, à ne pas laisser la nuit se parer de faux-semblant par trop commerciaux.
J'ai conscience que pour cette première année 2002, le temps nous presse et que cette nuit blanche sera une première fois dont la date, l'été indien, ne sera peut-être pas pérenne.
Cependant croyez, Monsieur le Maire, que notre souhait est que cette nuit blanche soit un succès et appelle d'autres nuits blanches pour le plus grand plaisir des Parisiens, quel que soit leur âge et quelle que soit leur origine.
(Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste et radical de gauche).
M. David ASSOULINE, adjoint, président. - Merci.
La parole est à M. RIOU.
M. Alain RIOU. - Monsieur le Maire, chers collègues, en fait je me suis inscrit essentiellement pour répondre plus facilement à Mme de CLERMONT-TONNERRE puisque Christophe GIRARD répondra sur le fond. Je voulais faire une observation puisque le débat a eu lieu en 9e Commission, en effet, où les représentants de l'opposition se sont inquiétés du caractère mystérieux, non pas d'ailleurs au plan artistique du terme mais au plan financier : combien cela coûtera en plus ? Pourquoi prenez-vous cette personne ? Qui se cache derrière ?... etc. Il se trouve au demeurant, si vous regardez un tout petit peu les choses, que la réponse est assez facile puisque le Lieu unique à Nantes, et Jean BLAISE, Directeur artistique - il se trouve qu'il est lié à l'association à qui on va confier cette manifestation - sont connus. Donc de ce point de vue les choses peuvent être trouvées assez facilement.
Ce que je ne comprends pas très bien, Madame de CLERMONT-TONNERRE, c'est ce que vous reprochez à ce projet, parce que finalement vous avez l'air de reprocher que maintenant il ne coûte pas assez cher et qu'il ne dure pas assez longtemps. Alors il ne faut pas non plus demander tout et son contraire.
Je voudrais, pour être plus explicite que Moïra GUILMART, dire que Jean TIBERI a fait cette observation en Commission, que cela m'a d'ailleurs assez amusé parce qu'avant, lorsqu'on faisait de grandes manifestations culturelles à Paris, malheureusement on ne nous présentait pas la délibération que Christophe GIRARD nous présente aujourd'hui, on votait globalement sur une grande association qui s'appelait "Paris-Événements", en général plusieurs centaines de millions de francs lui étaient alloués...
M. Alain DESTREM. - Oh !
M. Alain RIOU. - Oui, et après on décidait, et je n'ai rien contre lui, de payer au Champ de Mars un concert pour Johnny HALLYDAY. À priori il ne s'agit pas de s'opposer à tel ou tel choix, simplement nous n'en avons jamais délibéré. Je dirais même que lorsque la Coupe du Monde a eu lieu le projet a coûté 30 millions de francs à la Ville sans que nous n'en délibérions jamais. Je ne suis pas persuadé que la manifestation menée par la Ville et TF1 ait été parfaitement réussie à cette époque, mais je crois que les gens ont été fortement déçus.
Donc effectivement vous avez raison, vous l'opposition d'aujourd'hui, de demander davantage de transparence, mais regardez ce que vous faisiez et de ce point de vue la délibération qui vous est présentée aujourd'hui présente certaines ombres mais elles sont voulues, d'une certaine manière, car cela permettra justement d'avoir la surprise de l'événement.
M. Alain DESTREM. - Les libéraux n'étaient pas avec Jean TIBERI, je vous le signale.
M. David ASSOULINE, adjoint, président. - Monsieur DESTREM, vous êtes...
M. Alain DESTREM. - Vous recommencez tous la même chose.
M. David ASSOULINE, adjoint, président. - ... peut-être moins fatigué que nous parce que vous venez d'arriver mais nous nous sommes là depuis longtemps.
M. BOHBOT a la parole avant la réponse de M. GIRARD.
M. Jack-Yves BOHBOT. - Mon intervention sera moins polémique que celle de M. RIOU, je veux simplement dire que je trouve cette nuit blanche tout à fait intéressante et séduisante. C'est vrai que Claire de CLERMONT-TONNERRE a tout à fait raison de nous dire que le projet qui avait été présenté dans la presse est extrêmement ambitieux et qu'il essaye de sortir les lieux culturels de leur usage habituel. C'est vrai que l'on comprend sa déception quand on voit que ce projet, cette ambition, de la Ville se réduit à une animation d'une vingtaine de coups culturels et publics avec un café et des croissants servis à la Mairie d'arrondissement, on comprend qu'il peut y avoir de la part de certains élus des déceptions.
On peut aussi reconnaître que l'on entrevoit peu d'informations sur le dossier, même si l'on trouve l'idée séduisante, intéressante, moderne, ce qu'elle est effectivement, mais on ne sait pas à quelle date l'opération aura lieu. C'était prévu pour le mois de mars, on pourrait suggérer à M. GIRARD que l'on peut espérer que cela se passe quand il faut un peu beau, comme à Barcelone et que s'il fait froid en novembre/octobre, c'est un peu difficile à réaliser.
Et pourquoi pas dans le cadre européen, il y a sûrement en Europe, en Espagne peut-être, des gens qui pourraient organiser avec le même professionnalisme que les gens de Nantes cette soirée. C'est possible. On peut trouver ailleurs que dans nos frontières des opérateurs de très grande qualité. On peut demander quel sera le coût réel des manifestations. Ce n'est pas une question indécente M. RIOU, que de demander quels seront les autres concours, à la fois des collectivités, du S.T.I.F. et d'autres associations. C'est une question que l'on peut se poser effectivement ici.
Je pense qu'aussi on peut s'interroger sur la nature de la collaboration avec la R.A.T.P. Est-ce que M. GIRARD a pris contact avec la R.A.T.P. pour que les transports en commun soient gratuits le soir de cette nuit blanche.
Voilà les simples questions que je voulais poser mais de toute façon je voterai ce mémoire.
M. David ASSOULINE, adjoint, président. - Bien ! M. GIRARD va répondre à toutes ces interrogations mais en ménageant le mystère jusqu'au bout.
M. Christophe GIRARD, adjoint, au nom de la 9e Commission. - J'aimerais d'abord sortir de l'esprit partisan que vous semblez partager les uns et les autres sur un projet dont je vais vous rappeler la motivation et j'aimerais que vous n'utilisiez pas le passé ou l'imparfait quand vous en parlez, mais le futur. Un projet comme celui là ne peut pas être dévoilé sur la place publique alors qu'il est en cours de réflexion artistique. Il est évident qu'il y a un certain nombre de choses que je vais vous annoncer maintenant, je pense que c'est le sens des débats mais ne faites pas de procès d'intention, je vous en supplie.
Je vous rappelle l'état d'esprit dans lequel ce projet a germé. La culture, pour son hasard et sa nécessité, doit être partagée par le plus grand nombre. L'idée de départ est d'ouvrir Paris à toutes les sensibilités, les générations, sans discrimination. Bien évidemment j'ai travaillé en amont avec la Préfecture de police depuis très longtemps et je remercie M. LAFLAQUIERE, qui est présent, car il a fait preuve à la fois de sagacité et d'agilité dans nos conversations, ainsi que M. DELPUECH, le Directeur de Cabinet du Préfet PROUST avec lequel nous avons travaillé déjà depuis très longtemps, conscients de la nécessité en effet d'assurer aux lieux publics une grande sécurité pendant cette manifestation.
Par ailleurs, nous avons également rencontré les responsables de la R.A.T.P.
Monseigneur LUSTIGER, je le rappelle, s'est manifesté auprès du Maire de Paris car il a été sensible à l'annonce que j'avais faite sur le caractère à la fois culturel et spirituel du projet. D'autres responsables religieux également se sont manifestés, que ce soient de confessions juive, protestante, bouddhiste ou musulmane et je pense que c'est une bonne chose : rassembler et partager.
Alors j'y mettrai également un petit peu d'humour et après je répondrai de façon très précise. Pensez à tous ces bâtiments qui sont aujourd'hui dans Paris en érection, comme les obélisques, la Tour-Eiffel, le Panthéon et qui doivent se réveiller. Que les Parisiennes et les Parisiens trouvent le chemin de la jouissance et de la réjouissance. Tous ces lieux ne sont pas suffisamment visités par les Parisiens et je pense qu'une manifestation comme "Nuit Blanche" permettra en effet que les Parisiens connaissent mieux leur patrimoine.
Enfin, c'est visiter et connaître mieux les mystères de Paris et puis n'oubliez pas que beaucoup de Parisiens et de Parisiennes éprouvent une grande timidité à entrer dans les musées, à aller à un concert, à se rendre à une exposition et qu'en effet c'est grâce à leur nouveau rapport au temps que l'on peut peut-être casser ces barrières et ces habitudes de timidité.
Mme Cécile RENSON. - Les 35 heures.
M. Christophe GIRARD, adjoint, rapporteur. - Les 35 heures permettent en effet à beaucoup de gens d'avoir accès aux loisirs et donc de donner à l'industrie du loisir et au tourisme un coup de fouet économique. Lorsque j'ai réfléchi à ce sujet, je l'ai fait avec la tête d'un nouvel élu en apprentissage du service public et de ses contraintes mais aussi avec l'expérience des grandes entreprises et de l'efficacité de la gestion et des résultats.
M. Christophe CARESCHE, adjoint. - C'est sympa pour nous !
M. Christophe GIRARD, adjoint, rapporteur. - On ne peut pas me reprocher à la fois d'être éventuellement flou et en même temps d'être efficace.
Donc j'ai choisi de travailler avec des animateurs culturels, comme Jean BLAISE que j'ai choisi et proposé au Maire, que je ne connaissais pas personnellement, je connaissais ses manifestations, (ce n'est pas un de mes amis) mais j'ai pensé que son expérience avec le festival de Hué au Vietnam, le festival des Allumés à Nantes qui est une ville de province qui s'est réveillée en partie grâce à lui et l'animation du Lieu Unique (qui est un lieu que vous pouvez tous visiter, c'est accessible pour tout un chacun, Nantes est à 2 heures de TGV de Paris, je vous invite tous à aller visiter le Lieu Unique et à participer au festival des Allumés pour mieux connaître le travail de Jean BLAISE), seraient des atouts formidables pour Paris.
La date : dans les discussions à la fois avec la Préfecture de Police, également avec Jean BLAISE, la Direction des Affaires culturelles, les services de la Ville et le Secrétariat général, il nous est apparu et ils m'ont tous convaincu que la date du 23 mars était peut-être trop proche pour que l'opération soit vraiment une réussite et que toutes les mairies d'arrondissement, qu'elles soient d'opposition ou de la majorité, puissent en effet s'associer sereinement dans un état d'esprit non partisan à cette manifestation car je vous rappelle qu'il y a un autre élément qui m'a fait également réviser la date qui sont les échéances électorales de mai et juin 2002.
Je pense qu'en effet, il y a un risque, je le dis franchement, que les uns et les autres tombent dans un piège qui est celui des élections où une manifestation culturelle de cette importance ne pourrait pas se tenir de la façon la plus sereine et je n'ai pas envie que la "Nuit Blanche" des Parisiens soit prise en otage par l'élection présidentielle et l'élection législative.
Il m'a également été rappelé que le 23 mars, il faisait froid. Pour moi c'était simplement le premier week-end du printemps, donc Sacre du Printemps, Stravinski, Nuit Blanche, Dostoïevski, saison russe au Châtelet, j'étais sur les symboles et les évocations littéraires et musicales.
Je pense que ni le Président de la République, ni le Premier Ministre n'accepteront de repousser les élections pour Nuit Blanche !
Dans ces conditions, en effet, il nous a semblé que la date éventuellement du 5 octobre pour laquelle j'attends une réponse du Maire, et qui est le jour de la Sainte-Fleur serait une bonne date, parce que nous avons souvent maintenant à Paris une sorte d'été indien et je crois qu'il n'y aurait pas de téléscopage, ni avec la journée du patrimoine ni celle de la journée sans voiture ou de la fête de l'Humanité, me souffle-t-on !
Entrons maintenant dans le débat technique et juridique, pourquoi avons-nous choisi le système que je vous ai indiqué ? Je vous rappelle que la Ville de Paris s'appuiera pour l'organisation de cette manifestation sur la Direction des Affaires culturelles mais également sur les autres directions de la Ville, la DGIC, la DPEV, etc, susceptibles d'apporter leurs moyens et savoir-faire pour promouvoir l'opération en termes d'accueil du public et de respect des conditions de sécurité.
La Ville associe également la Préfecture de police, comme je viens de l'expliquer de manière très étroite ainsi que le syndicat des transports parisiens.
Et je salue à nouveau la Préfecture de police et M. LA FLAQUIERE pour en particulier leur ouverture d'esprit et leur modernité.
Pour donner une dimension artistique ambitieuse à l'opération, nous avons décidé de faire appel à un prestataire extérieur ayant l'expérience de ce type de manifestation. De telles ressources ne pourraient en effet être dégagées dans les services de la Ville pour une opération de cette envergure.
Fort de ce constat, le prestataire travaillera sous la responsabilité de la Ville mais ne pourra prendre aucune décision sans la validation d'un comité de pilotage municipal.
Et d'ailleurs, je souhaite que ce comité de pilotage soit ouvert à toutes les sensibilités politiques de la ville et je m'appuierai sur la 9e Commission.
En termes de montage juridique, la Ville n'a pas retenu le principe d'une subvention versée à une association car elle ne soutient pas un projet développé par un tiers mais elle est même à l'initiative d'une manifestation dont elle choisit de sous-traiter partiellement la mise en ?uvre.
Elle recourt donc à la passation d'un marché de prestation de service bien plus protecteur de ses droits qu'une convention servant de base juridique au versement d'une subvention. En effet, vous avez bien compris qu'il s'agit d'une création originale de la Ville de Paris pour les Parisiens. Il ne s'agit pas en effet d'une idée d'un tiers qui nous aurait été apportée.
Ce marché public est passé sans formalité préalable dans le cadre des dispositions de l'article 30 du code des marchés publics et du décret n° 2001-806 du 7 septembre 2001.
La Ville utilise cette procédure nouvelle créée par le code des marchés entrée en vigueur le 7 septembre dernier pour sa rapidité de mise en ?uvre mais aussi pour la sécurité juridique et financière qu'elle procure.
En effet, la Ville est autorisée par le Code des Marchés publics pour un an à donner la production de spectacles vivants, à déroger au formalise et donc à la lourdeur de l'appel d'offres. Elle améliore sa réactivité sans perdre les garanties apportées par un marché public. Sont clairement fixés les objectifs à atteindre pour le titulaire. Sont protégés les droits de propriété intellectuelle que détient la Ville sur le concept. J'y suis très attaché, le Maire de Paris également mais je pense également vous tous.
Sont aussi garantis les deniers publics car si le marché est conclu pour un montant forfaitaire d'1 million d'euros, je vous donnerai le détail de ce million d'euros ensuite. Ce budget sera détaillé dans le marché par poste de dépenses et les sommes correspondantes ne seront versées qu'au vu des dépenses effectivement engagées par le titulaire pour la production des spectacles et non pour le fonctionnement propre de son association. La Ville protège également ses intérêts en fixant des conditions strictes d'évaluation et de suivi de la prestation du titulaire évitant ainsi tout dérapage technique.
Cette procédure a déjà été utilisée par d'autres directions de la Ville pour l'installation par exemple des patinoires et des manèges de Noël. Le formalisme requis est la présentation au Conseil de Paris d'un projet de délibération ne contenant que l'économie générale du futur marché, son montant maximum, le marché est rédigé parallèlement à l'instruction d'un projet par Alpaca dans le respect des grands principes développés dans le projet de délibération lui-même.
La Ville a choisi, ce qu'elle n'était pas contrainte juridiquement de faire, c'est-à-dire d'annoncer dans le projet de délibération le nom du titulaire pressenti afin d'éclairer le vote du Conseil de Paris.
Le marché signé sera soumis au contrôle habituel exercé par le Préfet, le Trésor Public, la Ville propose de choisir l'association "ATC international" en raison de sa solide expérience, de ses références sérieuses.
Je vous invite, comme je l'ai dit précédemment à vous rendre à Nantes, quand vous le souhaitez. L'association ATC a notamment développé et réalise chaque année le festival "les allumés" et gère le Lieu Unique. Elle travaille depuis de nombreuses années pour d'autres collectivités locales qu'il s'agisse des Régions, des Départements et est conventionnée par l'AFAA que vous connaissez (je ne rappelle pas ce qu'est l'AFAA) pour des projets d'échange culturel entre la France et d'autres pays.
Ces gens ont une expérience non seulement française mais européenne et internationale. Cela aussi est important, si nous voulons que Paris reste et soit encore plus une capitale internationale et brillante.
Sur la base du concept défini par la Ville de Paris, elle a présenté un projet artistique intéressant prenant bien en compte les spécificités parisiennes fondées sur un budget réaliste et raisonnable. Le coût, Christian SAUTTER l'a approuvé - et Dieu sait s'il est exigeant - est estimé au plus à 1 million d'euros, toutes taxes comprises. La dépense sera imputée sur le budget de la Direction des affaires culturelles, dont la directrice vient d'arriver, avec également un certain nombre de remarques à faire, que j'ai prises en compte mais ce qui explique peut-être que vous n'ayez pas tous les éléments.
Toutefois, à cette estimation, dont je vais donner ensuite les éléments, s'ajoutent les dépenses que les différentes directions de la Ville assumeront pour toutes les prestations qu'elles fourniront pour le bon déroulement et le succès de l'opération, notamment en terme de communication, de sécurité, de personnel, pour l'accueil du public dans des lieux habituellement fermés la nuit.
M. David ASSOULINE, adjoint, président. - Je vous demande d'être bref. Cela fait exactement vingt minutes.
M. Christophe GIRARD, adjoint, rapporteur. - Cela fait vingt minutes que je parle sans doute parce que c'est beaucoup d'argent, parce qu'on me pose des questions politiques aussi bien à droite qu'à gauche et je pense donc que je dois y répondre. C'est un projet culturel unique et ambitieux.
M. David ASSOULINE, adjoint, président. - Je vous demande simplement de synthétiser.
M. Christophe GIRARD, adjoint, rapporteur. - Je résume. Le budget prévisionnel est d'un million d'euros, il permet de financer principalement vingt prestations artistiques dans vingt lieux de Paris. Moyenne : 30.000 euros par prestation comprenant les cachets des artistes, la production technique. Vous conviendrez que vingt prestations artistiques dans vingt lieux différents pour 30 000 euros par prestation, c'est très raisonnable.
La rémunération du Bureau de l'information, c'est 30.000 euros. 30.000 euros pour le directeur artistique et vous conviendrez également que pour un directeur artistique de ce niveau, c'est plus que raisonnable. Donc 600.000 euros pour les vingt lieux. Reste 400.000 euros. 170.000 euros pour l'équipe de production. 60.000 euros pour le transport, l'hébergement, le défraiement des artistes, l'équipe technique, les taxes et assurances. 70.000 euros de T.V.A. et là, malheureusement, je n'y suis pour rien si c'est élevé. 20,6 % de taxe. Tout cela me paraît plus que raisonnable et je vous invite donc à voter, tous, à l'unanimité ce projet qui est un projet pour tous les Parisiennes et les Parisiens de tout âge, en tenant compte également des villes limitrophes qui sont au nombre de 29.
J'indique à Mme de CLERMONT-TONNERRE que lorsque M. TIBERI et Mme MACE de LEPINAY, m'ont demandé, en 9e Commission (qui a toujours le malheur de passer en dernier dans ce Conseil et j'aimerais donc qu'il y ait un roulement, s'il vous plaît, Monsieur le Maire) les informations financières que je viens de vous lire, je les leur ai transmis le lendemain. Membres de l'opposition, je pense que vous pourriez vous échanger les informations. Mais je suis à votre entière disposition.
Je vous remercie.
Mme MACE de LEPINAY. - Non, non.
M. David ASSOULINE, adjoint, président. - Merci, Monsieur GIRARD, de cette information absolument complète et qui permet de répondre à l'ensemble... Monsieur BULTÉ, s'il vous plaît !
M. Michel BULTÉ. - Trente secondes !
M. David ASSOULINE, adjoint, président. - Monsieur BULTÉ, je vous en prie.
Avant de passer au vote de la délibération, on va voter un amendement présenté par M. GIRARD lui-même, qui corrige la date. C'est donc l'amendement n° 22. Il corrige le montant en millions d'euros et ensuite la date.
M. Michel BULTÉ. - On ne peut pas parler ? Alors le président va parler.
M. David ASSOULINE, adjoint, président. - On n'a pas décidé de rouvrir le débat.
M. Michel BULTÉ. - Alors, on demande une suspension de séance.
M. David ASSOULINE, adjoint, président. - Vous voulez une suspension de séance ?
Monsieur BULTÉ, une minute.
M. Michel BULTÉ. - Merci, Monsieur le Maire ASSOULINE.
Nous avons écouté avec la plus grande attention M. GIRARD et je l'ai trouvé très convaincant.
Je le remercie, tout d'abord, de son invitation, tout au moins l'invitation du président et de l'ensemble du groupe R.P.R pour aller à Nantes. Nous allons prendre date prochainement pour prendre le T.G.V. ensemble, pour ce Festival des allumés, qui me paraît très important
Je trouve la proposition qu'il nous fait ce soir géniale. Cela me fait penser, le président Philippe SÉGUIN m'en parlait tout à l'heure, à ce film de Robert REDFORD et Demi MOORE, "Proposition indécente", c'est-à-dire un million de dollars. Un million de dollars, c'est un million d'euros, pour une nuit blanche. Mais dans cette proposition indécente, elle passait à l'acte et restait avec lui. Nous sommes prêts à relever ce défi. Je ne sais pas si l'on restera avec vous, monsieur GIRARD, mais au moins je pense que tous les monuments, si l'on accepte ce million de dollars, seront en érection et nous verrons tous ensemble cette grande nuit.
M. David ASSOULINE, adjoint, président. - C'était pour cela ? Des bons mots, applaudis, mais qui nous ont fait perdre un petit peu de temps quand même.
Excusez-moi, est-ce qu'on peut voter ?
A droite. - Rabat-joie !
M. David ASSOULINE, adjoint, président. - Je suis un peu rabat-joie mais j'ai la responsabilité de faire que certains puissent aller s'occuper un peu, en deux jours, de leurs enfants. C'est tout. Il est maintenant 8 heures 25 et il faudrait qu'on puisse aller plus vite.
Madame, une minute, et c'est la dernière, vous me le promettez.
Mme Claire de CLERMONT-TONNERRE. - Merci, Monsieur le Maire. Je voudrais remercier Christophe GIRARD pour la clarté des informations qu'il nous a apporté. Notre groupe votera donc, monsieur le Maire, votre projet et souhaite participer au groupe de pilotage que vous allez mettre sur pied pour préparer cette manifestation.
En revanche, pourriez-vous avoir la gentillesse de nous communiquer les documents écrits auxquels vous avez fait allusion afin que nous disposions d'une réponse précise et détaillée sur chacun des points évoqués en séance ?
Je vous remercie.
M. David ASSOULINE, adjoint, président. - On vient de le dire. M. GIRARD l'avait proposé avant.
Je mets aux voix, à main levée, la projet d'amendement n° 82 présenté par M. GIRARD lui-même, tendant à préciser un premier coût qui sera imputé au budget de fonctionnement ainsi que la modification de la date de l'opération "Nuit blanche".
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet d'amendement n° 82 est adopté.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAC 505 amendé.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2001, DAC 505).
(Applaudissements sur tous les bancs de l'Assemblée).
Est-ce que quelqu'un peut me relever ? Je n'en peux plus !
Je continue celle-là, une délibération qu'on a sautée parce que Mme TROSTIANSKY n'était pas là. On revient donc à la délibération à laquelle elle devait répondre.