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Fevrier 2010
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2010, Vœu déposé par le groupe U.M.P.P.A. relatif au lancement d'une campagne municipale d'information sur les dangers de la drogue.

Débat/ Conseil général/ Février 2010


 

Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Nous passons à l'examen de la proposition de v?u référencée n° 12 G dans le fascicule, déposée par le groupe U.M.P.P.A., relative au lancement d'une campagne municipale d'information sur les dangers de la drogue.

La parole est à M. GOUJON.

M. Philippe GOUJON. - Merci, Madame la Présidente.

Au moment où le Gouvernement engage un Plan national de lutte contre la drogue et la toxicodépendance ambitieux et où M. le Préfet de police, également, fait de la lutte contre les stupéfiants à Paris une priorité, nous aurions souhaité que la Ville puisse s'en inspirer au lieu de s'engager dans la création de salles de shoot ou, pour certains même, de préconiser la dépénalisation du cannabis.

Car, selon nous, sortir les jeunes de la drogue, ce n'est certainement pas leur permettre d'en consommer et de se droguer proprement mais de mettre en place une vraie politique globale de prévention, d?information, de prise en charge, de réduction des risque et d'interdiction, tant il faut maintenir l'interdit, donc une combinaison d'approches diverses. C?est donc, selon nous, une fausse bonne idée, sous couvert, certes, et j'en donne acte à M. LE GUEN, d?idée généreuse, car cela entretient les toxicomanes dans leur dépendance alors que l'objectif est bien le sevrage. On reconnaît ainsi le statut d?usager de drogue, cela encourage la consommation et même peut-être plus l'initiation, car les toxicomanes peuvent être rassurés par le personnel médical ou paramédical et prendre plus de risques, avec des doses plus fortes. Cela contribue à maintenir une habitude au lieu de l'arrêter.

Enfin, c'est vraiment l'acceptation tacite pour la société de l'usage de substances illégales, ce qui constitue le signal très nocif que les pouvoirs publics baissent les bras et accompagnent la consommation de drogue au lieu d'essayer de l'empêcher.

Donc, le message de tous les éducateurs, des médecins qui proscrivent l'usage de drogue est troublé, car cela donne un signal d'encouragement, alors qu'on sait très bien qu'il existe d'autres moyens d'atteindre les populations les plus vulnérables parce que c'est de celles-ci, je crois, dont il est question, avec les CAPRUD, les CSAPA, etc., et que ceux-ci sont déployés de façon de plus en plus importante sur tout le territoire.

Voilà la raison de ce v?u, Madame la Présidente, qui demande que la Ville de Paris applique une autre politique en matière de prévention de la toxicomanie.

Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - La parole est à M. Jean-Marie LE GUEN.

M. Jean-Marie LE GUEN. - Merci.

Je crois que ce v?u pratique la confusion, l'amalgame et le procès d'intention s'agissant de la politique municipale. Ce qui a été, pour ne pas englober tout le champ assez confus, encore une fois, de l'intervention de notre collègue M. GOUJON et du v?u qu'il défendait, je ne dirai qu'une seule chose : s'agissant de l'éventualité des problèmes de salles de consommation, nous avons proposé que la Ville de Paris favorise la mise en place d'une étude réalisée par une association indépendante qui a un rôle majeur en matière de santé publique dans notre pays, qui s'appelle "élus, santé publique et territoires", qui regroupe de très nombreuses collectivités locales. Sur le groupe de travail où nous allons travailler sur le problème des salles de consommation, nous avons la participation de plusieurs municipalités, et parmi elles Le Havre et Marseille, qui sont d'accord pour travailler avec nous afin d?étudier l'éventualité des problèmes et les problèmes liés aux salles de consommation.

Ce travail, nous voulons le faire d'une façon pragmatique en toute bonne foi, en écoutant les avis des uns et des autres. Nous ne pensons pas que la toxicomanie doive être l'objet de polémiques. Je pense que ce n'est pas du tout la manière dont on peut s?y prendre. Quand on regarde les chiffres de la consommation dans notre pays, je pense que tout le monde devrait faire preuve d'abord de beaucoup d'humilité parce que, si l?on doit parler du bilan de cette politique, c'est d'abord un lourd bilan d?échec avec ce que cela signifie en matière de santé et de problèmes sociaux qui vont avec.

Donc, humilité, pragmatisme, mais volonté de travailler sans a priori idéologique. Nous ne nous retrouvons donc pas du tout dans le v?u que vous avez présenté qui, d'ailleurs, me semble-t-il, ne correspond pas non plus à la volonté de l'ensemble de l'opposition.

Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe U.M.P.P.A., assortie d'un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est repoussée.