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Juin 2000
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4 - 2000, ASES 85 G - Participation financière du Département de Paris au fonctionnement de l'action d'animation-prévention menée par l'Association de prévention du site de la Villette (19e) au titre de 2000

Débat/ Conseil général/ Juin 2000


M. CHÉRIOUX, président. - Nous examinons à présent les projets sur lesquels il y a des orateurs inscrits.
Nous commençons par l'examen du projet de délibération ASES 85 G relatif à la participation financière du Département de Paris au fonctionnement de l'action d'animation-prévention menée par l'Association de prévention du site de la Villette (19e), au titre de 2000.
Monsieur REVEAU, vous avez la parole.
M. Jean-Pierre REVEAU. - Monsieur le Président, ce dossier me donne l'occasion d'intervenir sur la politique dite de prévention en direction d'une jeunesse susceptible de verser dans la délinquance ou déjà prédélinquante. J'observe d'ailleurs avec quelque intérêt que ce dossier n'est qu'un des 12 dossiers de même nature présentés à l'examen soit du Conseil municipal, soit du Conseil général, par la DJS, la DASCO, la D.V.L.R. ou la DASES pour prévenir ou animer.
Ces actions, reconduites depuis des années, qui ont consommé quelques dizaines de millions de francs, devraient par nature s'éteindre d'elles-mêmes, on ne prévient pas tout le monde tout le temps ! Or, si ces actions sont reconduites d'année en année sans qu'aucun bilan chiffré précisant les fruits positifs qu'elles auraient portés ne soit jamais publié c'est qu'elles n'ont pas atteint leur objectif.
Il n'est pas interdit de le penser, encore moins de le dire, ou alors c'est qu'on est coincé par le "politiquement correct". Cela n'a pas empêché certains collègues de votre sensibilité politique de déposer à cette séance deux questions relatives à l'insécurité dans le quartier de la Villette et de la place de Stalingrad. Il semblerait qu'ils soient plus dubitatifs que vous sur l'effet de la prévention et l'argent des Parisiens n'est pas là pour s'offrir des expériences à leurs frais.
Soutenir que la prévention de la délinquance des jeunes est un échec est presque un truisme si l'on en croit une source des plus officielles, l'avis de la Commission des lois sur les crédits du Ministère de l'Intérieur dans le projet de loi des finances pour 2000. Je cite l'honorable parlementaire : "La délinquance est de plus en plus imputable à des mineurs, parfois très jeunes. Depuis le milieu des années 90 la part des mineurs mis en cause dans la population délinquante augmente régulièrement. Les chiffres enregistrés en 1998 amplifient ce phénomène puisque près de 22 % des faits de délinquance sont commis par des moins de 18 ans. C'est dans les vols que leur part est la plus forte puisqu'ils représentent 34,2 % des mises en cause, contre 26 % dix ans plus tôt. Cette sur-représentation des mineurs est très nette pour les vols à main armée contre les particuliers, 33 %, les vols avec violence sans arme contre les particuliers, 50 %, et les vols de deux-roues, 60 %. Leur participation aux crimes contre les personnes a doublé en 10 ans, représentant 14,64 % des mises en cause en 1998. Elle est nettement au-dessus de cette moyenne pour les menaces et chantages, 21 %, et les viols, 19,8 %, dont les viols sur mineurs 27,4 %. La part des mineurs dans les règlements de compte entre malfaiteurs est, elle, passée de 5,5 % en 1997 à 26,7 % en 1998." Fin de citation.
Mais où est donc la prévention ?!
Merci, Monsieur le Président.
M. CHÉRIOUX, président. - M. GOUJON a la parole pour vous répondre.
M. Philippe GOUJON, au nom de la 3e Commission. - Je ne voudrais pas décrire toute la politique de prévention que le Département a l'obligation de par la loi, mon cher collègue, de mettre en oeuvre dans le Département de Paris. Il nous faut répondre aux obligations légales d'une part, mais ce n'est pas simplement une obligation c'est aussi un souhait, une volonté du Département que de mettre en oeuvre cette politique et l'accroître dans des conditions telles que nous pouvons prévenir le maximum de déviances de la part des jeunes qui souvent sont plongés dans des conditions de vie très difficiles dans la Capitale.
Comment peut-on dire que ces actions ne sont pas utiles ? Nous ne sommes pas de ceux qui pensent que la seule répression permette de régler les problèmes de sécurité, mais qu'au contraire il s'agit de mettre en place une politique globale cohérente en matière de prévention et de réinsertion, de répression aussi, certes, bien sûr, mais dans tous les domaines il est nécessaire de permettre aux enfants, aux préadolescents, de suivre une scolarité aussi satisfaisante que possible et que pendant les périodes extrascolaires ces enfants et adolescents ne soient livrés pas à eux-mêmes, dans la rue, de les aider, d'aider les jeunes les plus en difficulté à acquérir leurs autonomie, à s'intégrer, d'éviter que des jeunes momentanément en crise, en rupture, ne s'installent dans cette situation, ne se marginalisent rapidement, de favoriser l'insertion des jeunes et de leur famille dans la vie sociale, d'éviter les passages à l'acte ou les récidives, etc.
Je crois qu'aucun élu responsable et digne de ce nom ne pourrait s'opposer à cette politique et c'est pourquoi nous avons au cours des dernières années augmenté les moyens mis en oeuvre, d'abord dans "Paris Espoir" qui a permis une augmentation d'environ 60 % des moyens de la prévention spécialisée à Paris et ensuite dans le plan "Pari sur les jeunes" qui vient d'être adopté lors d'une de nos précédentes séances du Conseil de Paris.
L'évaluation est faite, mon cher collègue. Nous avons distribué d'ailleurs à cette occasion les documents qui le prouvent et nous avons également décidé d'améliorer les mécanismes d'évaluation pour un meilleur contrôle, bien sûr, de toutes les associations. Nous faisons confiance aux partenaires associatifs avec lesquels nous venons de signer une charte d'engagement réciproque, de façon à ce que cette politique soit toujours plus efficace et toujours plus lisible.
Merci.
M. CHÉRIOUX, président. - Je vous remercie.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération ASES 85 G.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2000, ASES 85 G).