Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Juillet 2006
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
Conseil Municipal
> Type de document (Débat / Délibération)  

2006, DJS 378 - Autorisation à M. le Maire de Paris de passer un marché avec la société MCO Sports pour l’achat, pendant le tournoi du beach volley se déroulant sur le Champ de Mars du 24 au 30 juillet 2006, du libre accès à l’évènement et de prestations de communication.

Débat/ Conseil municipal/ Juillet 2006


 

Mme Lyne COHEN-SOLAL, adjointe, présidente. - Nous examinons maintenant le projet de délibération DJS 378 concernant une autorisation à M. le Maire de Paris de passer un marché avec l?association MCO Sports pour l?achat, pendant le tournoi de beach volley se déroulant sur le Champ de Mars, du libre accès à l?événement et de prestations de communication. Je rappelle que ce tournoi de beach volley a lieu du 24 au 30 juillet 2006.

Je donne la parole à M. Michel DUMONT.

M. Michel DUMONT, maire du 7e arrondissement. - Merci, Madame la Maire.

L?année dernière, vous aviez justifié la tenue de ce tournoi de beach volley sur le Champ de Mars comme la préfiguration des Jeux olympiques qui ne devaient pas échapper à Paris.

Préfiguration, puisque les épreuves de beach volley inscrites au programme des Jeux devaient avoir lieu effectivement sur le Champ de Mars.

Tout comme l?an passé, je tiens à vous faire part de mon opposition à l?organisation de cette manifestation pour les raisons suivantes.

Le Champ de Mars doit préserver sa vocation de jardin et d?espace de promenade. Ce n?est ni un stade ni un parc d?attractions. Lieu emblématique de la Capitale, ce site doit être préservé.

Au lieu de cela, la Mairie de Paris participe à sa dégradation, alors que le plateau Joffre sur lequel le beach volley va être organisé a été refait à la fin de la mandature précédente aux frais du contribuable parisien.

Le Champ de Mars, je le rappelle, est fragile. Sa configuration et l?instabilité de son sol n?autorisent pas les charges liées à l?organisation de telles manifestations. J?en veux pour preuve l?avis négatif que vient de rendre le bureau ?Veritas? lors du projet d?installation d?une piscine - oui, je dis bien d?une piscine - à l?occasion d?un championnat de natation qui devait prendre la suite du beach volley.

Le Champ de Mars n?est pas non plus un parc d?exposition. A ce sujet, j?attire l?attention de mes collègues, notamment ma collègue du groupe ?Les Verts? qui intervenait tout à l?heure à propos d?une autre affaire, à prendre connaissance de cette magnifique plaquette publicitaire du beach volley qui incite les entreprises à ?profiter du village VIP doté des meilleures prestations?. Je vous en informe : ?Vous aurez une terrasse de 800 mètres carrés entre l?Ecole militaire et la Tour Eiffel, qui vous permettra de construire des soirées sur mesure, entièrement aux couleurs de votre entreprise. Pour une journée ou toute la semaine, le club Entreprise vous offre un service sur mesure, grâce à la possibilité de privatiser entièrement un espace et le décorer à vos couleurs. Bénéficiant, au sein du club entreprise, d?un open bar, vous pourrez recevoir vos clients et invités en toute sérénité?.

Comment peut-on expliquer, Madame la Maire, ce goût prononcé pour la politique spectacle, alors que vous refusez aux habitants de l?ouest parisien les équipements sportifs auxquels ils aspirent ?

Pourquoi rejeter le projet de réimplantation d?une piscine sur la Seine aux abords du pont de la concorde ? Pourquoi ne pas soutenir le projet de réouverture de la piscine Lutétia que nous demandons avec mon collègue Jean-Pierre LECOQ ? Pourquoi ne pas négocier avec le Port autonome de Paris pour qu?il cède une partie des berges basses de la Seine pour y réaliser des terrains de sport ? Pourquoi en définitive rejeter tout ce qui participerait au développement d?une véritable politique en faveur de l?essor du sport dans la Capitale ?

A contrario, vous vous contentez et vous vous glorifiez d?une politique spectacle éphémère et coûteuse pour le contribuable parisien. À ce sujet d?ailleurs, vous allez non seulement mettre les Parisiens à contribution en leur faisant payer les billets de beach-volley, et, de surcroît, vous allez aussi vendre les espaces du Champ de Mars pour des activités commerciales. Il est assez curieux de faire payer deux fois la même prestation, d?une part aux contribuables et, d?autre part, aux entreprises.

Quelle est la véritable raison de l?accueil de cette manifestation dans la Capitale, alors qu?elle se déroulait, les années précédentes, sur la plage du Prado à Marseille, qui était mieux appropriée ?

Il s?agit d?une question de gros sous. Le Conseil général des Bouches-du-Rhône a pour des raisons politiques décidé, il y a deux ans, de supprimer la subvention qu?il accordait à l?organisateur pour un différend avec notre collègue Jean-Claude GAUDIN, maire de Marseille.

La Mairie de Paris, toujours généreuse avec les deniers publics, s?est substituée au Conseil général des Bouches-du-Rhône et attribue 215.000 euros pour cette manifestation.

Il aurait été sans nul doute plus profitable de les affecter à l?entretien du Champ de Mars qui subit chaque semaine les assauts répétés des pique-niqueurs sauvages qui laissent après leur passage des pelouses jonchées de détritus et de bris de verre. Le principe de précaution exigerait d?ailleurs du Maire de Paris qu?il interdise les pelouses aux enfants qui risquent de se blesser gravement avec les morceaux de verre qui parsèment dorénavant cette pelouse.

Pour cette double raison, nous voterons contre ce projet de délibération ?paillettes? et coûteux pour le contribuable parisien.

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P. et Union pour la démocratie française).

Mme Lyne COHEN-SOLAL, adjointe, présidente. - Pour vous répondre, je donne la parole à M. CHERKI.

M. Pascal CHERKI, adjoint, au nom de la 7e Commission. - Au moins, l?intervention de M. DUMONT a le mérite de la franchise.

Je suis désolé pour l?ensemble des représentants de l?U.M.P. parce que je sais qu?à l?U.M.P., il n?y a pas que des élus qui, à un moment donné, ont leur compteur bloqué sur la manière dont on abordait la vie et l?espace public, il y a trente ou quarante ans.

Monsieur DUMONT, le Champ de Mars n?est pas un jardin privatif réservé aux ?happy few? qui habitent autour. Je sais que c?est votre conception des choses. Vous souhaitez que ce soit une pelouse réservée à celles et ceux qui habitent dans des maisons et des immeubles de rapport et on sait que lorsque des jeunes se mettent à jouer au football, cela pose problème et que l?on appelle la police. Quand des activités y sont organisées, cela dérange la tranquillité des gens. C?était un jardin privé. Non, c?est un espace public ; c?est un jardin, mais c?est aussi un lieu qui accueille des manifestations publiques et qui a vocation à le faire.

Je vous ai écouté sans vous interrompre et vous avez dit des choses désagréables. Je ne vous ai pas interrompu. Si je vous dis des choses désagréables, ayez au moins la courtoisie de ne pas m?interrompre.

Je ne vais pas répondre à l?ensemble des propos caricaturaux que vous avez tenus. Je vous rappellerai pour mémoire que, l?an dernier, cette manifestation a accueilli plus de 70.000 personnes. C?est une manifestation gratuite. Les gens vont pouvoir assister à un tournoi de niveau mondial le grand Chelem de Paris, où il y a les meilleurs pratiquants de cette discipline. L?an dernier, il y avait tous les médaillés d?Athènes de cette discipline olympique. En outre, l?accès est totalement gratuit pour le public.

La contrepartie, c?est qu?il faut que ce soit financé. Pour que ce soit financé, il y a deux solutions. Soit la collectivité locale y consacre une somme importante, ce que nous avons fait, l?an dernier, puisque c?était la première fois que nous le faisions. Nous dépensions 450.000 euros de subvention. Nous avons choisi de reconduire cette manifestation avec ce niveau de qualité sportive, en baissant en même temps les coûts pour la collectivité puisque nous ne donnerons cette année que 50.000 euros de subvention.

Bien évidemment, nous avons dû augmenter l?apport des partenaires privés. C?est le principe d?une manifestation sportive de haut niveau.

Nous avons voulu, dans un second temps, élargir les activités d?animation. Je rappelle qu?autour de cette manifestation nous organisons une école municipale des sports. Nous mettons à la libre disposition du public, à partir du deuxième ou du troisième jour, les terrains de beach-volley autour du terrain central. Il y a des animateurs et des encadrants de la Fédération française de volley-Ball et du Club de Paris beach-volley. Nous organisons des démonstrations, des animations et de la formation à ce sport, comme s?est fait sur le parvis de l?Hôtel de Ville à l?occasion de ?Paris Plage?. Nous organisons un tournoi gratuit et ouvert à l?ensemble des participants.

Cela a lieu du 24 au 30 juillet, à une période où la plupart des riverains de l?endroit qui ont les moyens de partir en vacances sont partis en vacances. Les désagréments pour les riverains sont plutôt limités.

Je tiens à vous rassurer, Monsieur DUMONT, la Ville de Paris entretient les meilleures relations avec la Ville de Marseille et le Conseil général des Bouches-du-Rhône. J?ai appelé, l?an dernier, avant que nous n?organisions cette manifestation, mon collègue VILLANI qui est adjoint au Maire chargé des Sports de la Ville de Marseille pour lui demander s?il ne voyait pas d?inconvénients à ce que l?open de beach-volley du niveau grand chelem se déroule à Paris.

Je rappelle qu?il y a plusieurs niveaux de tournoi de beachvolley. La décision de la Ville de Marseille et du Conseil général des Bouches-du-Rhône de ne pas reconduire une épreuve de grand chelem de tournoi de beach-volley était indépendante de l?organisation de la Ville de Paris. Non seulement, la Ville de Marseille y était favorable, mais elle a aussi mis à notre disposition son savoir-faire municipal. Je me suis rendu à deux reprises à Marseille pour voir avec eux comment collaborer avec les services de la Ville de Marseille pour nous inspirer des actions d?animation qui étaient menées à côté.

Tout cela est en parfaite collaboration et amitié avec nos amis de Marseille.

Je terminerai en disant que nous l?avions fait l?an dernier pour tester la faisabilité d?une épreuve de beach-volley dans le cadre du dossier olympique. Cela fait partie de l?héritage olympique. On ne peut pas se demander ce qui restera à Paris, alors que nous n?avons pas les jeux ; réfléchir en termes d?équipements et réfléchir en termes de manifestations.

Je pense qu?il y a à s?enorgueillir de cette manifestation qui est appréciée puisque près de 40 % des visiteurs de cette manifestation étaient composés de touristes français et de touristes étrangers.

Mme Lyne COHEN-SOLAL, adjointe, présidente. - Merci.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DJS 378.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2006, DJS 378).