Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Juillet 2006
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
Conseil Municipal
> Type de document (Débat / Délibération)  

2006, DGIC 16 - Autorisation à M. le Maire de Paris de signer 13 conventions de partenariat pour l’opération “Paris Plage 2006”.

Débat/ Conseil municipal/ Juillet 2006


 

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. Nous passons à l?examen du projet de délibération DGIC 16 concernant une autorisation à M. le Maire de Paris de signer 13 conventions de partenariat pour l?opération ?Paris Plage 2006?.

Madame Charlotte NENNER, vous avez la parole.

Melle Charlotte NENNER. - Merci, Madame la Maire.

Alors que va s?ouvrir l?édition 2006 de ?Paris Plage?, nous voyons venir comme à l?accoutumée les conventions des partenaires qui fixent les modalités de choix et d?intervention des sponsors de l?opération.

Alors, quel est le changement depuis l?année dernière ? Nous avons adopté au mois dernier une charte des partenariats qui nous permet d?être plus exigeants vis-à-vis du choix des sponsors. Il convient de s?interroger maintenant sur les effets de cette charte sur les partenariats ?Paris Plage 2006? mais également de réfléchir à plus long terme sur l?évolution de ?Paris Plage?.

Sur les sponsors de ?Paris Plage 2006?, on peut faire les remarques suivantes : IKEA fournit des produits écologique-ment et éthiquement corrects, mais cette chaîne de magasins développe ses zones commerciales en grande périphérie des agglomérations, ce qui pose problème en termes d?étalement urbain et de dépendance à la voiture individuelle. D?autre part, ?IKEA? est régulièrement et sciemment en infraction avec la loi de fermeture les magasins le dimanche. Cette grande entreprise est aussi une concurrence pour les commerces de proximité à Paris.

E.D.F. se drape dans une contribution à la lutte contre l?effet de serre mais ne donne aucune garantie sur la sûreté des centrales et sur le traitement des déchets nucléaires, et donc sur la protection des générations futures face à ce danger.

Lafarge, en tant que cimentier, est un des contributeurs majeurs à l?effet de serre en France.

Ces entreprises ont donc des pratiques contestables, ou qui font débat, au vu de la politique et de l?image de la municipalité parisienne, que ce soit sur le plan environnemental, social ou commercial.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. Pascal CHERKI ?

Melle Charlotte NENNER. - Je n?ai pas fini.

D?autre part, ces conventions de partenariat ne nous informent pas non plus sur la part que vont prendre les financements privés sur l?ensemble du budget de l?événement. Nous souhaitons donc être vigilants par rapport à une part importante des sponsors dans le financement de cet événement municipal qui s?apparenterait à une privatisation de l?opération.

Le risque de voir ?Paris Plage? se transformer en foire marketing est réel.

Nous estimons qu?il faut se fixer des limites en la matière. Nous proposions que 30 % maximum du budget soit financé par des partenaires privés. J?ai bien peur que nous soyons bien au-dessus avec un apport de plus de 1.5 million d?euros.

Attention donc à ne pas marchandiser ?Paris Plage?. Cet événement doit rester un exemple d?espace gratuit, sans publicité, sans harcèlement commercial ni incitation permanente à la consommation. Il faudrait revenir à une certaine sobriété de cette opération. Il n?y a pas forcément besoin d?une multiplicité de stands thématiques ou de méga concerts mais plutôt d?espaces pour que les gens se détendent, profitent d?être à côté de la Seine tout simplement et sans emballage marketing.

Qu?en est-il de la participation d?associations ? Nous proposions l?année dernière un village associatif au sein de ?Paris Plage?. Il ne faut pas oublier non plus que l?opération ?Paris Plage? s?inscrit dans une démarche de reconquête populaire et écologique d?une autoroute au c?ur de Paris.

L?objectif n?est pas une reconquête de cet espace pendant un tout petit mois mais bien une fermeture définitive des voies sur berges à la circulation automobile. L?enjeu n?est pas qu?environnemental, c?est aussi un enjeu de réconciliation des Parisiens avec leur fleuve.

Je vous remercie.

(Mme Lyne COHEN-SOLAL, adjointe, remplace Mme Anne HIDALGO, première adjointe, au fauteuil de la présidence).

Mme Lyne COHEN-SOLAL, adjointe, présidente. - Merci.

Pour vous répondre la parole est à M. Pascal CHERKI.

M. Pascal CHERKI, adjoint, au nom de la 7e Commission. - C?est toujours sur moi que ça tombe !

Très brièvement parce qu?il y a plusieurs débats sur ce sujet. Il y a des débats récurrents donc je vais épargner les réponses récurrentes.

Pour répondre aux questions précises qui ont été posées, vous ne m?en voudrez pas, Madame NENNER, si je n?entame pas un débat avec vous sur la sûreté des installations nucléaires et sur l?organisation des magasins ?IKEA? dans la Région parisienne car honnêtement, je ne suis pas le plus compétent.

En revanche, aux questions précises que vous avez posées, le budget total de l?opération en 2005 s?est élevé à 1,9 million d?euros dont 1,3 million d?euros de partenariat. Pour le budget 2006 : 2,2 millions d?euros dont 1,4 million d?euros de partenariat.

Et je rappelle quand même qu?en 2006, nous avons un kilomètre de plage supplémentaire puisque nous allons enfin commencer la reconquête de la rive gauche de la Seine puisque nous allons une nouvelle plage autour de la piscine sur Seine au pied de la Bibliothèque nationale.

Alors les conventions de partenariat sont récurrentes. Ce sont celles que l?on passe chaque année. Cette année, il n?y a pas beaucoup de nouveaux partenaires.

Par rapport aux précautions que vous souhaitez, elles font partie prenante de la démarche que nous avons : c?est-à-dire qu?il y a interdiction de la publicité commerciale sur le site. Nous indiquons aux partenaires qu?ils ont le droit de communiquer autour de l?opération comme ils veulent dans leur communication publique mais qu?en revanche nous voulons faire de ?Paris Plage? un lieu où la quasi-totalité des activités sont gratuites et où il n?y a pas de phénomènes d?intrusion publicitaire importante.

En ce qui concerne les méga concerts, je rappelle tout de même que ces concerts attirent plus de 4.000 personnes à chaque fois, qu?ils permettent à des artistes, qui ne sont pas forcément très connus, de pouvoir se produire sur des scènes parisiennes gratuitement et qui permettent aussi d?animer d?un point de vue culturel l?activité de ?Paris Plage? et que tout cela est très apprécié.

Enfin, je rappellerai qu?à l?occasion de cela, nous avons à peu près 4 millions de visiteurs sur le site, que c?est le principe d?une activité de service public, gratuite, qui est destinée à celles et ceux qui ne partent pas pour diverses raisons en vacances à cette période, dont beaucoup d?entre eux ne partent pas pour des raisons financières, et je tiens à souligner à l?occasion des 70 ans du Front populaire, que nous célébrons cette année, que d?une certaine manière c?est une forme de congés payés modernes. C?est une des raisons pour lesquelles, cette opération est très apprécié et commence à être imitée et reproduite, ce dont nous nous réjouissons, dans de nombreuses villes du monde entier.

Mme Lyne COHEN-SOLAL, adjointe, présidente. - Merci, Monsieur CHERKI.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DGIC 16.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2006, DGIC 16).