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Juillet 2006
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Conseil Municipal
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III - Question d’actualité posée par le groupe communiste à M. le Maire de Paris relative à la vente de France Printemps et des évolutions des Grands magasins dans la Capitale.

Débat/ Conseil municipal/ Juillet 2006


 

M. LE MAIRE DE PARIS. - Nous passons à la question d?actualité du groupe communiste.

Heureusement que je n?écoute pas tout !

Je vous en prie, saluez les bleus pour nous si vous les croisez, transmettez leur notre affection.

M. Jacques DAGUENET. - En avril 2006, le groupe communiste soumettait un v?u au Conseil de Paris, relatif à la situation du grand magasin ?Le Printemps? dont la presse quotidienne et spécialisée évoquait sa cession probable par le groupe Pinault-Printemps-Redoute.

En réponse, Lyne COHEN-SOLAL, maire adjointe, constatait que le président du groupe P.P.R. s?était refusé à tout commentaire et que, de son côté, la présidente du Printemps, Mme DANON, démentait les rumeurs d?une vente.

Un avis favorable avait été néanmoins émis au v?u soumis par le groupe communiste, demandant au Maire de Paris de s?adresser directement au président de P.P.R. afin de connaître ces intentions. Si cette démarche a été entreprise, les élus communistes n?ont pas été tenus informés de son résultat.

Force est de constater que l?alerte d?avril 2006 était fondée puisque la vente de ?France Printemps? est intervenue le 20 juin dernier. Vendu un peu plus d?un milliard d?euros à l?enseigne italienne ?Rinascente?, nous assistons à une véritable opération financière et immobilière, comme en témoigne la progression d?un peu plus de 2 % de l?action P.P.R. dès l?annonce de la vente.

Après Mark & Spencer, La Samaritaine et aujourd?hui le Printemps, nous assistons dans la Capitale à la transformation des grands magasins en loueurs d?espaces pour produits de luxe à la recherche de taux de rentabilité confortables et immédiat pour les actionnaires avec de lourdes conséquences sur l?activité salariale. En effet, les grands magasins se transforment progressivement en véritables pôles commerciaux, fragmentant ainsi l?emploi au gré des loueurs d?espaces et dédouanant ainsi les groupes de toute responsabilité vis-à-vis des salariés.

Après l?annonce de la vente de ?France Printemps?, la Mairie de Paris a annoncé qu?elle serait vigilante et attentive au devenir de l?emploi. C?est en effet une nécessité puisqu?il apparaît évident que l?enseigne qui vient de racheter Le Printemps ne s?est pas porter acquéreur pour relever la situation du magasin en gardant le concept de grands magasins.

L?orientation préconisée par l?acquéreur est bien de profiter évidemment de l?emplacement du printemps Haussmann au coeur de la Capitale pour en faire un grand magasin de luxe et conforter ainsi la tendance lourde qui s?opère d?un centre parisien de moins en moins populaire et divers.

Devant ces évolutions préoccupantes, le groupe communiste au Conseil de Paris vous demande, Monsieur le Maire, d?une part, de bien vouloir inscrire, à un prochain comité de vigilance pour l?emploi, la question des évolutions stratégiques des grands magasins et de leur répercussion sur le bassin d?emploi qu?ils génèrent au coeur de la Capitale.

Enfin, de créer à l?instar de ce qui a été mis en place pour la Samaritaine, un comité de suivi de l?emploi du Printemps Haussmann avec des représentants de l?acquéreur et évidemment des organisations syndicales de salariés.

Merci, Monsieur le Maire.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.

La parole est à Mme COHEN-SOLAL.

Mme Lyne COHEN-SOLAL, adjointe. - En réponse à M. DAGUENET et au groupe communiste, je voulais dire d?abord que, comme nous nous y étions engagés, Monsieur DAGUENET, la question a été posée effectivement au propriétaire du groupe ?Pinault? pour connaître ses perspectives en ce qui concerne la vente du Printemps. Si vous n?avez pas été tenus au courant des réponses, c?est que nous n?avons pas eu de réponse extrêmement précise sur leurs intentions qu?ils n?étaient pas obligés de nous dévoiler.

Mais comme vous l?avez rappelé, le groupe ?Pinaut? a annoncé le 20 juin qu?il s?apprêtait à vendre pour plus d?un milliard d?euros les magasins du Printemps à Maurizio BORLETTI, le président des grands magasins italiens ?La Rinascente?, personnalité connue à Paris, puisqu?il fut un temps président de ?Christofle?.

Dès cette annonce, d?ailleurs, la Municipalité a tout de suite fait savoir qu?elle serait particulièrement vigilante sur la préservation de la vocation commerciale des grands magasins du Printemps situés sur son territoire ainsi qu?à la redynamisation de leurs activités, et qu?elle serait surtout attentive au devenir des salariés du groupe qui doivent au plus vite obtenir des garanties quant à leur préservation de leur emploi.

Comme vous pouvez le constater notre accord est donc total sur ce sujet. Je me permettrai juste de préciser quelques éléments de votre exposé des motifs. D?abord pour souligner qu?il n?est pas exact de confondre exactement la situation du Printemps avec celle d?autres grands magasins parisiens. L?enseigne ?Mark & Spencer? a fermé la totalité de ses magasins en France. La Samaritaine a fermé également pour des raisons autres et sécurité et de redémarrage d?un autre projet.

En conséquence, ces deux enseignes ont dû se séparer de la totalité de leurs personnels ou du moins sont en train d?essayer de replacer la totalité de leur personnel. Rien de tel n?est aujourd?hui annoncé pour le Printemps et je crois que ce ne serait pas rendre service à cette enseigne et à ses salariés que de fragiliser ainsi son image en pratiquant des raccourcis ou un amalgame inconsidéré à cette étape.

C?est pourquoi l?organisation à l?initiative de la Ville d?une réunion de travail rassemblant élus parisiens, direction du Printemps et Union départementale syndicale est plus que jamais nécessaire sans prétendre naturellement se substituer au dialogue entre partenaires sociaux.

Toutefois la différence de la situation présente du Printemps et celle de la Samaritaine ne justifie pas aujourd?hui en revanche l?institutionnalisation d?une telle réunion. Ensuite, naturellement nous n?avons pas à accorder une confiance aveugle aux actionnaires mais nous devons constater qu?à ce stade le groupe ?Rinascente?, repreneur du Printemps, a comme coeur de métier l?activité de grands magasins et comme projet la mise en place d?un groupe européen du secteur.

D?autre part, il nous faut rappeler une fois encore ici que la vocation du magasin Haussmann a été protégée par le P.L.U. que notre assemblée a adopté le mois dernier.

M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - La Samaritaine aussi.

Mme Lyne COHEN-SOLAL, adjointe. - Pour l?instant, Monsieur LEGARET, je me permets de vous répondre puisque vous m?interrompez, que La Samaritaine pour l?instant n?a jamais dit qu?elle ne ferait autre chose que du commerce là où elle est. Et pour l?instant, nous avons toutes les assurances sur ce thème là. Si vous avez d?autres informations...

Enfin, nous pouvons oublier que la présence du Printemps à Paris ne saurait être limitée au boulevard Haussmann de 51.000 mètres carrés et de 1.400 salariés. Nos interrogations s?étendent aussi au Printemps Nation qui emploie 213 salariés pour 9.000 mètres carrés et au Printemps Italie II qui emploie 152 salariés sur 6.000 mètres carrés.

C?est donc sur l?ensemble de ces trois sites que la vigilance de notre Municipalité doit s?exercer. Pour toutes ces raisons, l?Exécutif municipal donne un avis favorable à vos propositions, Monsieur DAGUENET. Nous vous proposons donc avec mon collègue Christian SAUTTER de prendre l?initiative d?une réunion exceptionnelle du Comité de vigilance pour l?emploi qui soit consacrée, d?une part, aux évolutions stratégiques des grands magasins qui emploient dans la Capitale près de 10.000 salariés, soit l?équivalent de la ?B.N.P. Paribas? qui est le premier employeur privé de la Capitale avec 9.800 emplois et à leur possible répercussion sur l?emploi dans la Capitale, d?autre part, à l?examen attentif de la situation des trois magasins...

M. LE MAIRE DE PARIS. - Madame COHEN-SOLAL, la règle des deux minutes trente s?applique aussi aux adjoints.

Mme Lyne COHEN-SOLAL, adjointe. - ? et à leurs projets.

J?avais fini, Monsieur le Maire.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Vous aviez dépassé depuis un moment. Donc, je me permets de redire aux élus qui questionnent et aux adjoints qui répondent, et ceux qui vont répondre tout à l?heure, j?aimerai autant qu?ils m?entendent, que à vous aussi s?applique la règle des deux minutes trente. Donc, regardez vos montres. Voilà.

Un mot de M. DAGUENET ? Bien sûr. Allez-y.

M. Jacques DAGUENET. - Je vous remercie donc de répondre favorablement à notre demande. Effectivement, je voudrais rajouter un mot. Je crois qu?il ne s?agit pas de faire le parallèle avec ?Mark & Spencer?, cela dit il y a un vrai problème de fond, celui d?une mutation en profondeur des grands magasins à Paris. On pourrait rappeler, même si ce n?est pas hier, Les trois quartiers, La Belle Jardinière, et donc je crois qu?il y a vraiment besoin d?examiner cette question en tant que telle.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Je croyais avoir entendu Lyne COHEN-SOLAL accepter que ce soit à l?ordre du jour d?une prochaine réunion.