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Juillet 2006
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Conseil Municipal
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2006, Voeu déposé par Mme Fabienne GIBOUDEAUX et les membres du groupe “Les Verts” relatif à la limitation des effets de la pollution atmosphérique sur la population de la Porte de Bagnolet (20e).

Débat/ Conseil municipal/ Juillet 2006


 

M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Nous passons à l?examen du v?u référencé n° 20 dans le fascicule, déposé par le groupe ?Les Verts?, relatif à la limitation des effets de la pollution atmosphérique sur la population de la Porte de Bagnolet (20e).

Madame GIBOUDEAUX, vous avez la parole.

Mme Fabienne GIBOUDEAUX. - Monsieur le Maire, mes chers collègues.

Les mesures de qualité de l?air, si on peut parler de qualité, réalisées par AIRPARIF le long du périphérique et plus particulièrement autour de la porte de Bagnolet sont alarmantes tout le long du tracé.

En effet, dans une bande de vingt mètres, parallèle au périphérique, la pollution de l?air est supérieure de 50 à 250 % au fond ambiant. Elle est encore supérieure de 40 à 60 % au fond ambiant dans une bande de 60 mètres, et même de 25 à 40 % plus élevée dans la bande des 150 mètres !

Cette situation est d?autant plus critique qu?elle concerne des milliers de Parisiens et Parisiennes, résidant, travaillant et pratiquant des sports dans cette zone très densément occupée.

En effet, cette bande de 150 mètres concentre un habitat très dense et souvent social, voire très social, un nombre important de locaux administratifs, d?écoles, de collèges et de lycées auxquels s?ajoute la majorité des infrastructures sportives de la Ville.

A cette pollution atmosphérique importante, s?ajoutent des nuisances sonores très importantes.

En un certain nombre de points noirs, le long des échangeurs et aux portes de Paris, là où la circulation est la plus forte, la situation est hautement inquiétante.

Ainsi, le long de la voie d?accès au périphérique intérieur et le long du périphérique lui-même, AIRPARIF estime que le niveau de pollution est deux fois et demi celui des objectifs de santé fixés par les autorités sanitaires.

Porte de Bagnolet, près de 300.000 véhicules circulent chaque jour à proximité des 1.000 enfants scolarisés et des 2.000 habitants.

Les taux de pollution sont un quart plus élevés près de la crèche collective Joseph Python et dans la cour de l?école maternelle Levau. Dans ces équipements, situés à moins de cinquante mètres du périphérique et de l?échangeur, des enfants sont quotidiennement exposés à cette pollution de l?air, pollution dont certains composants sont reconnus hautement cancérigènes.

Nul n?ignore les efforts de la Ville pour l?amélioration de la qualité de l?air, mais, dans le cas présent, elle n?a pas le pouvoir de réduire la pollution à la source.

En effet, la majorité de la pollution atmosphérique et des nuisances sonores de la porte de Bagnolet est imputable au périphérique et à l?autoroute A3, tous deux hors de la compétence de la Ville. Hélas, ce n?ud routier très complexe a peu de chance à l?avenir d?être couvert ou modifié dans sa structure.

Nous ne pouvons compter uniquement sur la disparition du pétrole pour espérer voir la situation s?améliorer. L?Etat et l?Europe doivent s?engager à développer des modes de transport de marchandises moins polluants et à développer massivement les transports en commun.

En attendant, il est de notre responsabilité de tenter de limiter par tous les moyens les effets de la pollution de l?air sur les populations les plus exposées. Un certain nombre d?études techniques et de connaissances du phénomène seraient indispensables pour envisager de réaliser des dispositifs novateurs et efficaces pour protéger la population contre la pollution atmosphérique, le but étant, à terme, de réaliser des travaux d?adaptation des bâtiments et infrastructures pour qu?ils protègent mieux les résidants et ceux qui y travaillent.

Des dispositifs ont fait la preuve de leur efficacité à Paris et ailleurs. Evoquons le puit canadien ou puit provençal qui capte l?air dans une zone moins polluée, le rafraîchit ou le réchauffe par le sol et le redistribue. Ou encore des systèmes de dépollution végétale de l?air en usant de plantes ?polluvores?, à l?image de ce qui a été réalisé dans l?immeuble du quotidien ?le Monde?.

Mais aussi, il faut penser aux effets directs de petits aménagements, comme relever le niveau des buttes végétalisées, la hauteur des murs anti-bruit, réagencer la distribution des espaces dans les établissements scolaires.

Ces aménagements pourraient aussi améliorer la pollution sonore, importante dans ce secteur.

Ces études sont un préalable indispensable et urgent pour permettre à la Ville d?engager les actions nécessaires dans les meilleurs délais pour mettre hors de danger la population vivant le long du périphérique et plus particulièrement autour de ces points chauds.

C?est pourquoi nous vous proposons de voter ce v?u pour qu?un certain nombre d?études soient conduites sur le site de la porte de Bagnolet.

Je vous remercie.

M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Merci, Madame GIBOUDEAUX.

La parole est à M. CONTASSOT.

M. Yves CONTASSOT, adjoint. - Madame GIBOUDEAUX, vous avez raison de souligner le niveau de pollution à proximité de la porte de Bagnolet puisqu?une étude d?AIRPARIF montre qu?il y a un niveau de pollution extrêmement supérieur aux normes sanitaires à proximité du trafic lui-même et un impact qui est mesurable, environ 150 à 200 mètres de part et d?autre du boulevard périphérique. Donc on voit l?ampleur de la pollution à cet endroit.

Très honnêtement, je vous dirais qu?en dehors de la réduction massive de la circulation automobile, on a du mal à imaginer ce qui pourrait très rapidement diminuer l?impact de cette pollution.

Cela étant, il a été également prévu qu?au mois de septembre il y ait une nouvelle étude menée plus en détail par AIRPARIF, en lien avec le Laboratoire d?Hygiène de la Ville de Paris, selon un protocole qui reste à établir. Je crois que dans ce cadre-là, les propositions que vous faites, qui pour certaines sont un peu trop techniques ou précises et mériteront d?être affinées, pourraient être reprises.

Si vous en êtes d?accord, je vous propose de retenir le principe de cette étude sans forcément intégrer tous les éléments de détails de cette étude.

M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Bien. Mme GIBOUDEAUX accepte vos propositions.

Monsieur LEGARET, explication de vote ?

M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - Je trouve que les études sont utiles mais sur ce sujet-là je ne vois pas ce que cela pourrait nous apprendre.

On a eu ce matin communication du bilan des déplacements 2005. Cela démontre bien que pour ce qui concerne la pollution, c?est assez catastrophique. La pollution augmente par rapport à l?an dernier.

M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - On parle de la porte de Bagnolet.

M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - Dans Paris. Et je rappelle que la politique de circulation si spectaculaire entamée par le Maire de Paris avait pour objet de faire baisser la pollution. Le moins que l?on puisse dire, c?est que cet objectif n?est pas atteint.

Si on met le tramway sur le boulevard des Maréchaux, cela ne va vraisemblablement pas arranger les problèmes de pollution sur le boulevard périphérique en dehors de toute autre mesure d?accompagnement.

Ce que nous réclamons, nous, c?est une politique globale qui permette de faire baisser véritablement la pression automobile à Paris. Et tant que l?on n?aura pas cela, on pourra faire toutes les études que l?on voudra, cela ne démontrera rien, donc on ne votera pas. On s?abstiendra sur une proposition qui va être coûteuse et qui ne servira absolument à rien.

M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Merci, Monsieur LEGARET.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de voeu déposée par le groupe ?Les Verts?, amendée par M. CONTASSOT.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est adoptée. (2006, V. 253).