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2006, DVD 144 - Programme 2006 d’aménagements cyclables, de stationnement et de jalonnement pour les vélos.

Débat/ Conseil municipal/ Juillet 2006


 

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Nous passons à l?examen du projet de délibération DVD 144 relatif au programme 2006 d?aménagement cyclable de stationnement et de jalonnement pour les vélos.

Madame DOUVIN, vous avez la parole.

Mme Laurence DOUVIN. - Merci, Monsieur le Maire.

Vous avez fait un pari très volontariste en tablant sur une augmentation très importante du nombre des cyclistes dans la Capitale. Jusqu?ici cette augmentation n?est pas au rendez-vous et les chiffres de l?Observatoire du déplacement pour l?année 2005 le montrent, faisant état d?une moyenne sur l?année de 1,66, si on prend comme référence le chiffre 1 pour l?année 1997. On voit donc que les 48 % d?augmentation depuis 2001 sur les sites suivis, s?ils sont très flatteurs en termes d?annonce, n?ont aucune signification réelle. Et quand on part de 1% des déplacements, on n?arrive guère ainsi qu?à 1,50 %.

Tout en respectant la liberté de circuler à vélo de ceux qui le désirent, on voit à l?évidence que ce n?est pas ainsi que l?on assurera un transport en nombre comme l?exige la demande de mobilité à l?échelle francilienne.

Quoi qu?il en soit, les dépenses, elles, sont au rendez-vous. Et si la pratique du vélo est éminemment sympathique à beaucoup de Parisiens, leur opinion changerait peut-être s?il connaissait le rapport entre son coût et le rendement obtenu.

En ce qui concerne ce projet de délibération, je voudrais pointer en particulier les dépenses qui concernent le jalonnement : un million d?euros au titre de l?année 2006. Cette somme me paraît être en complète disproportion avec le nombre de cyclistes existant. Penser que l?existence d?un jalonnement va augmenter le nombre des vélos ressort du domaine du rêve ou de la volonté de faire le bonheur des Parisiens malgré ou plutôt contre eux.

Les anciens automobilistes ont depuis longtemps compris. Parmi ceux qui renoncent à leur voiture, ce qui est bien votre but, bien peu passent aux transports publics, pratiquement aucun au vélo, un nombre significatif achète une moto. Bravo pour le résultat en terme de danger et de pollution !

Pour en revenir aux dépenses et s?agissant du jalonnement, je ne saurai que m?élever contre le montant de ces dépenses car si implanter des cartes du schéma cycliste de la Ville et des itinéraires locaux me semble être une mesure d?information tout à fait utile, placer des panneaux directionnels au niveau des carrefours me paraît là totalement injustifié et va encore contribuer à complexifier un paysage directionnel déjà bien encombré et parfois totalement abscon comme les pancartes jaunes qui tentent sans succès de faire comprendre aux usagers sur quelle partie de la chaussée ils sont autorisés à circuler.

Une grande partie de ces dépenses serait peut-être plus utilement affectée par exemple aux équipements pour handicapés et à la réalisation d?oreilles. Mais nous en reparlerons tout à l?heure.

Pour être plus complets, Monsieur le Maire, nous souhaiterions disposer d?un bilan des dépenses liées aux aménagements cyclistes depuis 2001. Ceci nous serait fort utile. Parlons maintenant très rapidement du stationnement. Vous avez choisi cette année de faire des équipements différents pour les vélos et pour les motos, contrairement à ce qui se faisait précédemment et donnait satisfaction, semble-t-il, à l?ensemble des usagers.

En effet, il est fréquent que les emplacements vélos soient loin d?être tous utilisés alors que ceux réservés aux motos débordent manifestement. Les emplacements mixtes permettent de répondre à une demande variable, est-il possible d?avoir ainsi une position conforme aux besoins de la population et à la réalité ? Je crois que ce serait utile d?aménager une voirie pour tous.

Je vous remercie.

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci.

Madame de CLERMONT-TONNERRE, vous avez la parole, mais je vous invite à faire preuve de concision.

Mme Claire de CLERMONT-TONNERRE. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, nous tenons à attirer votre attention sur un aménagement cyclable que vous nous avez imposé dans le 15e arrondissement et qui ne fonctionne pas, pire il est dangereux.

Mon propos portera sur la piste cyclable des boulevards de Grenelle, Garibaldi et Pasteur que vous évoquez dans le plan de jalonnement 2006, que vous nous proposez aujourd?hui.

Pour mémoire, je rappelle que cette piste a été réalisée sans concertation avec la mairie du 15e arrondissement et au mépris d?une vive opposition exprimée par les trois conseils de quartier concernés, les riverains et les commerçants. Oui, Monsieur BAUPIN.

La logique et l?intérêt des cyclistes auraient voulu que cette piste soit installée avenue de Suffren en raison des caractéristiques et de l?agrément du lieu. C?est ce que nous vous avions proposé. Vous vous y êtes opposés, privilégiant à travers l?itinéraire Grenelle Pasteur une solution dont le premier objectif n?était pas de satisfaire les cyclistes mais d?entraver la circulation automobile en supprimant une voie de circulation sur les deux côtés des boulevards de Grenelle, Garibaldi et Pasteur.

Je dois reconnaître, Monsieur le Maire, que votre objectif a bien été atteint : joli succès ! Ces boulevards sont devenus un long embouteillage permanent, générateur de pollution de proximité. Aux heures de pointe, l?axe est atrophié. Aux heures de livraison et de collecte des ordures, même scénario : le quartier est complètement paralysée. Les deux-roues motorisés excédés finissent par emprunter la piste cyclable, ce qui provoque la mise en danger des piétons et des éboueurs en service. Les bus, les véhicules de première urgence et les pompiers qui empruntent ces boulevards sont pris au piège au milieu des bouchons.

Quant à la piste cyclable, dangereuse pour les cyclistes, surtout dans les tourne-à-droite, elle est désertée par les vélos. Mal pensée, elle génère des nuisances pour les commerçants, comme pour toutes les catégories d?usagers de la voie publique. Mal réalisée, elle est dans un état de dégradation avancée, deux ans après sa réalisation.

Vous vous souvenez sans doute que cette piste a été aménagée en 2004 dans la précipitation à la veille d?un colloque sur les vélos qui se tenait à Paris. Résultat, la piste a été tellement mal conçue que les blocs de pierre du séparateur se sont dès le début descellés, entravant la voirie. Quant aux plots en plastique blancs, 80 % d?entre eux sont sectionnés ou détériorés.

Les dangers que représentent ces dégradation vous ont récemment conduits à engager des travaux de réfection. Et là, que constate-t-on ? Sur le tronçon reliant la rue Lecourbe à la rue de Vaugirard, c?est-à-dire le long du lycée Buffon, les travaux de rescellement des blocs ont duré six semaines, l?entreprise que vous avez mandatée ne semblant travailler que par intermittence. Quelques jours après l?achèvement des dits travaux, les blocs de pierre du séparateur sont de nouveau déscellés.

Sur le tronçon Vaugirard Docteur Roux, les travaux engagés depuis environ un mois se poursuivent avec la même lenteur. Résultat : depuis des semaines et du fait de l?installation de larges emprises de chantiers, les voitures ne circulent plus que sur une file sur le boulevard Pasteur, provocant embouteillages et pollution supplémentaire.

Votre objectif est atteint, Monsieur le Maire, les automobilistes vivent l?enfer et j?ajoute, les riverains également.

Cette piste cyclable illustre la façon dont vous conduisez votre politique du déplacement. Nous avons là une absence de concertation avec les élus locaux, une mauvaise gestion d?une opération de voirie, un gaspillage des deniers publics. J?ajoute qu?après deux ans de mise en service, votre piste suscite toujours l?ire des riverains, des commerçants et des conseils de quartier, qui s?indignent devant ces aménagements aberrants.

Ce constat d?échec nous amène, Monsieur le Maire, à vous demander de démonter cette piste cyclable dangereuse, mal pensée et mal conçue, et plutôt que de rafistoler et de continuer à engager de l?argent à fonds perdu, nous vous proposons de revenir vers l?itinéraire que nous avions suggéré en son temps, c?est-à-dire une réalisation sur l?axe Suffren pour permettre aux usagers de se déplacer en vélo dans des conditions plus satisfaisantes. Merci.

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci.

Monsieur BAUPIN, vous avez la parole.

M. Denis BAUPIN, adjoint, au nom de la 3e Commission. Je voudrais remercier Mme DOUVIN et Mme CLERMONTTONNERRE pour leur intervention. Je leur demanderai de me passer le texte de leurs interventions parce que je pense que les cyclistes seront très intéressés, surtout tous ceux qui croient, il en existe encore, que quand M. TIBERI était maire, on faisait beaucoup plus de choses pour les cyclistes.

Je pense qu?ils auront là, avec le discours que vous venez de tenir, archaïque et négatif sur les cyclistes, réellement l?illustration de ce que l?U.M.P. pense du vélo dans la Capitale. C?est important que l?ensemble des cyclistes sache ce que vous pensez de la place du cycliste, parce que c?est quelque chose...

Vous avez raison, c?est dangereux, rajoutez-en, Monsieur LEGARET, les cyclistes sont dangereux pour la communauté ! C?est important que les cyclistes le sachent.

Mme DOUVIN considère qu?augmenter de 50 % le nombre de cyclistes dans la Capitale, cela n?est pas un résultat. Au contraire, je considère que c?est un signe extrêmement important. Vous n?arrêtez pas de nous parler de la soi-disant explosion du nombre de deux-roues motorisés. Ils ont augmenté, certes, mais de 20 %. Alors 50 % c?est beaucoup plus significatif que 20 %.

(Protestations sur les bancs des groupes U.M.P. et Union pour la démocratie française).

Quel chiffre avez-vous sur les deux-roues motorisés et sur les cyclistes ? Sachez que, dans la Capitale, circulent environ deux fois plus de deux-roues motorisés que de cyclistes, pas plus. Ne pensez pas qu?en prétendant qu?il y ait une explosion des uns, cela rendrait tout d?un coup négligeable les autres. Soyez dans la réalité.

Prendre un chauffeur, vous rigolez ? Je n?ai pas de temps à perdre, comme vous, dans une voiture ! Vous voulez voir ma carte ?Navigo? ? Moi, je prends les transports collectifs !

En ce qui concerne le coût des aménagements, aucune difficulté, comme vous suivez l?ensemble des délibérations que nous passons au Conseil de Paris et que vous votez contre les budgets de la Ville, vous connaissez les coûts. Puisque vous posez la question du rendement pour les cyclistes, je suis surpris que vous ne vous soyez jamais posé la question du rendement des coûts astronomiques consacrés à l?automobile pendant des décennies dans cette ville, automobile qui continue de coûter extrêmement cher à la collectivité en termes de pollution, d?accidentologie, de congestion, de facture pétrolière.

Regardez, comparez, prenez l?ensemble des coûts et vous verrez que les aménagements que nous réalisons pour les cyclistes sont beaucoup moins coûteux que ce que l?automobile coûte à la collectivité.

En ce qui concerne le jalonnement, nous avons bien noté que vous étiez contre, là aussi. Je vous signale simplement qu?un sondage réalisé auprès des cyclistes montre que 93 % d?entre eux trouvent que c?est une bonne ou une très bonne idée. Cela vous gêne car vous pensez qu?il ne faut pas aider les cyclistes mais nous maintiendrons cet aménagement parce que nous souhaitons, au contraire, à la fois aider les cyclistes à se déplacer dans Paris et faire en sorte qu?ils soient plus visibles dans la ville. Et le jalonnement, comme la signalétique permettent de bien marquer qu?ils ont eux aussi leur place dans la Ville et pas seulement les automobilistes.

En ce qui concerne le stationnement conjoint, moto et vélo, contrairement à ce vous avez affirmez, la majorité des usagers souhaitait au contraire que l?on les différencie, de façon à ce que, notamment, les cyclistes puissent trouver à se stationner alors que les deux-roues motorisés occupaient une partie de leur espace.

Madame de CLERMONT-TONNERRE, vous êtes cohérente, vous étiez contre cette piste cyclable, vous continuez de l?être. Là aussi, il y a de la continuité. Je récuse totalement le fait que cela soit fait sans concertation. Il y a eu des réunions de concertation, vous y avez participé dans la mairie du 15e arrondissement. Vous avez dit d?ailleurs, dans ces réunions, que vous étiez contre. Si vous avez dit que vous étiez contre, c?est qu?il y a bien eu des réunions de concertation !

Le maire de l?arrondissement, comme vous-mêmes, avez souhaité qu?il n?y ait pas de pistes cyclables dans le 15e et qu?elles soient implantées dans le 7e. Vous maintenez ce choix. Vous souhaitiez qu?elles soient avenue de Suffren là où elles ne présentent pas d?utilité pour les cyclistes et pas dans le 15e. C?est un choix. Cette piste cyclable fonctionne bien. La circulation automobile circule mieux qu?avant, excusez moi !

(Rires sur les bancs des groupes U.M.P. et Union pour la démocratie française).

On va vous transmettre les chiffres. Vous pourrez constatez qu?une fois que l?on a supprimé les possibilités de stationnements illicites en maintenant à une seule voie, nous avons amélioré le trafic automobile. Cela vous embête parce que cela n?est pas celle conforme à votre idéologie. Vous croyez que chaque fois que l?on donne de la place à la voiture, cela améliore la circulation. Cela n?est pas le cas.

Partout où vous avez deux files de circulation, vous avez plein de stationnements illicites et plein d?engorgements qui sont créés par ces automobilistes inciviques.

Voilà les éléments que je pouvais vous apporter. J?ai le souvenir, en effet, de ce chantier dont vous parlez. J?ai le souvenir d?élus du 15e arrondissement qui s?opposaient à la mise en ?uvre de ce chantier, M. GOUJON en tête, avec une conception du rôle des élus qui consiste à s?opposer physiquement à la mise en place de cet aménagement.

Vos interventions et votre vote, j?imagine, dans quelques instants démontreront que, sur ce sujet, nous n?avons aucune similitude de pensée.

J?en suis plutôt fier.

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DVD 144.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2006, DVD 144).