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Juillet 2006
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Conseil Municipal
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V - Question d’actualité posée par Mme Brigitte MARIANI et M. Yves GALLAND, conseillers non-inscrits, à M. le Maire de Paris relative aux nouveaux contrats urbains de cohésion sociale.

Débat/ Conseil municipal/ Juillet 2006


 

M. LE MAIRE DE PARIS. - Nous passons à la question d?actualité de Mme MARIANI, pour les élus non-inscrits.

Mme Brigitte MARIANI. - Monsieur le Maire, nous sommes inquiets, Yves GALLAND et moi-même, et quant à moi, extrêmement en colère, une vraie colère froide.

Oui, vraiment !

Depuis un certain nombre d?années, sur ces bancs, je me bats pour défendre une autre approche des politiques conduites dans les quartiers sensibles. Et, là, ce qui vient d?arriver met en exergue la défaillance de la politique que vous menez dans les quartiers difficiles.

En effet, tout récemment, le quartier des Épinettes a été marqué par un événement grave et inadmissible à plusieurs titres.

Inadmissible parce qu?il s?est déroulé au sein d?un établissement scolaire. Inadmissible parce que les auteurs des faits ont été soutenus par une association de grands frères et qu?il n?y a eu ni rappel à la règle ni rappel au respect de l?autre.

Il est vrai que sur certains territoires en politique de la ville, la pratique est fréquente, et d?ailleurs ancienne, de confier à des associations de grands frères ou d?habitants un rôle éducatif qui n?est pas à leur portée. C?est l?achat illusoire de la paix sociale et la recherche bien comprise d?un maillage politique.

Ce saupoudrage des aides publiques méconnaît la réalité des quartiers sensibles et ne peut constituer le socle social de la politique de la ville qui vient d?être redéfini par le Plan de cohésion sociale.

En effet, les acteurs de terrain y sont confortés dans leur rôle. Aux côtés des équipes de développement local, dont l?efficacité n?est plus à prouver, il doit y avoir des professionnels du social entourés de psychothérapeutes, psychologues, arthérapeutes, éducateurs spécialisés. Bref, tous ceux qui savent repérer, analyser les besoins des populations en très grande précarité psychologique et financière, adapter les réponses sans intellectualiser.

Alors que les contrats de ville arrivent à échéance en décembre 2006, Yves GALLAND et moi-même aimerions connaître les intentions de la Ville de Paris quant à son engagement dans ses nouveaux contrats urbains de cohésion sociale, nous en indiquer les grandes orientations et les principes de gouvernance envisagés qui, je le souligne, doivent mettre l?habitant au c?ur de l?action et l?éducation au c?ur des projets.

Je vous remercie.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Madame.

La parole est à Mme Martine DURLACH.

Mme Martine DURLACH, adjointe. - Effectivement, il s?est passé cet incident tout à fait condamnable au collège Balzac dans le quartier des Epinettes. Et c?est, bien sûr, totalement inadmissible. J?exprime aux personnes touchées et à l?ensemble de la communauté scolaire, ma solidarité.

Mais je veux faire une mise au point : le responsable associatif mis en cause s?était vu refuser en 2005 et 2006 le soutien financier demandé au titre de la politique de la ville, en raison même de ses écarts de comportement et d?un manque de vrai travail partenarial dans le quartier.

Dans ce quartier, comme dans les autres, toutes les demandes de subventions sont soumises au maire d?arrondissement, puis font l?objet d?un contrôle rigoureux de l?utilisation des fonds publics. Je regrette cet incident mais je regrette aussi qu?il soit utilisé une nouvelle fois pour chercher à stigmatiser un quartier du 17e où la vie associative s?est beaucoup développée et où une association de jeunes très actifs vient aussi d?être créée, pour chercher à jeter l?opprobre sur des associations comme le C.E.F.I.A., le centre ?Kirikou?, Jean Coxtet, T.V.A.S. qui, dans des conditions très difficiles, jouent un rôle extrêmement précieux pour aider les jeunes, les parents et développer le lien social ou la solidarité.

La montée de difficultés et de violences dans certains établissements scolaires n?est-elle pas à rapprocher aussi des réductions importantes du nombre d?adultes formés dans les écoles, du nombre d?enseignants, de surveillants, de médecins ou d?infirmières scolaires ? J?aurai l?occasion de le redire à propos de notre engagement dans le dispositif de réussite éducative, les 7.500 suppressions d?emplois annoncées dans l?Education nationale sont, de ce point de vue, particulièrement malvenues et dangereuses.

Concernant le prochain contrat urbain de cohésion sociale, tout en regrettant le fort désengagement de l?Etat de la politique de la ville et une priorité affichée en faveur de l?urbain et du sécuritaire, je souhaite aboutir à une signature avec l?Etat qui permette de poursuivre et même d?amplifier la dynamique enclenchée depuis 2001 en faveur des quartiers populaires. Je souhaite que ce nouveau contrat intègre pleinement l?évolution de ces quartiers, avec une nouvelle géographie prenant en compte les réalités d?aujourd?hui et qui comportent de nouvelles propositions de nature à améliorer la situation de l?emploi, la prévention, l?éducation et l?accès à la culture des habitants qui sont durement victimes de difficulté et de discrimination. Pour le préparer, je suis en train de mener une large concertation.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup.

Madame MARIANI, vous avez la parole pour une minute.

Mme Brigitte MARIANI. - Je crois, Madame, que vous n?avez pas beaucoup écouté. Quand j?ai parlé des professionnels, je soutiens C.E.F.I.A., bien évidemment, et toutes les associations comme ?Kirikou? et comme celles qui font du travail avec les professionnels. C?est une chose.

Je ne polémique pas sur ce problème parce que c?est un problème grave, deuxième chose.

Troisièmement, en ce qui concerne le projet de cohésion sociale, il ne concerne pas que l?urbain. Vous avez tout le volet de réussite éducative qui a été mis en place déjà depuis un an et demi dans d?autres villes et qui, pour l?instant, a beaucoup de difficultés à démarrer sur Paris.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Je confirme l?excellente réponse de Martine DURLACH et notre engagement total pour faire une bonne politique de la ville qui, là aussi, je me permets de le dire, tranche avec ce qui était fait avant dans ce domaine.