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Juillet 2006
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2006, DPVI 93 - Adhésion de la Ville de Paris au Groupe d’intérêt public pour la réussite éducative à Paris.

Débat/ Conseil municipal/ Juillet 2006


 

M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Nous passons à l?examen du projet de délibération DPVI 93 relatif à l?adhésion de la Ville de Paris au Groupe d?intérêt public pour la réussite éducative à Paris.

La parole est à Mme BORVO.

Mme Nicole BORVO. - Merci, Monsieur le Maire.

En 2004, l?Inspection générale de l?Education nationale avait publié un rapport évaluant l?enseignement dans l?Académie de Paris. Ce rapport était critique mais je ne retiens ici que les chiffres relatifs à l?échec scolaire. Le nombre d?élèves ayant un retard de deux ans en sixième est plus important en moyenne à Paris qu?en France avec des inégalités très grandes d?un arrondissement à l?autre, et la situation est encore plus difficile dans les quartiers ?politique de la ville?.

Ainsi si le taux de réussite au BEPC est de plus de 75 %, hors réseau d?éducation prioritaire, ce taux n?est que de 50,6 % dans le réseau d?éducation prioritaire 19 par exemple.

Constat alarmant mais dont il faut tirer les bonnes conclusions, à l?inverse du Rectorat qui en conclut que Paris a trop de moyens.

Or, comment ne pas partager l?idée du projet de réussite éducative, tel qu?il est proposé dans la délibération qui nous est soumise, visant à accompagner de l?école maternelle jusqu?au terme de la scolarité les enfants qui ne bénéficient pas d?un environnement social, familial ou culturel favorable à leur développement harmonieux.

Comment ne pas partager aussi la méthode que l?on se donne avec le projet de réunir un certain nombre de professionnels autour de l?enfant et de réunir aussi les moyens d?aider son milieu familial ?

Mais pour nous, la réussite éducative a pour premier corollaire la réussite scolaire. Et la réussite scolaire passe par un certain nombre de modifications dans l?attitude du Rectorat et du Ministère de l?Education nationale.

J?en retiens un certain nombre. Par exemple, l?effort pour la scolarisation des moins de 3 ans. On sait que là, les inégalités sont patentes : 82 % de demandes satisfaites dans le 5e arrondissement mais seulement 2,6 % dans le 19e et 2,4 % dans le 20e.

Deuxièmement, il est indispensable aussi de réduire le nombre d?élèves par classe en zone d?éducation prioritaire.

Troisièmement, étant donné les caractéristiques de Paris, il faut que les établissements en Z.E.P. et R.E.P. soient dotés de moyens conséquents en médecins, infirmières et assistantes sociales.

Enfin, nous proposons de créer à Paris des observatoires de la scolarité chargés d?un suivi régulier des évolutions scolaires.

Pour terminer, je veux saisir l?occasion qui m?est donnée de redire notre totale détermination à lutter contre le contenu du rapport Benestti et sa source d?inspiration recommandant un dépistage des 36 mois et un traitement médicamenteux visant à limiter les troubles du comportement.

On en revient à des thèses effarantes du XIXe siècle sur la criminalité. On est là très loin des objectifs du projet de réussite éducative tel que l?a conçu notre Municipalité mais je tenais à témoigner mon inquiétude, ayant en mémoire les déclarations récentes d?un Ministre de l?Intérieur, disant qu?il faut détecter chez les plus jeunes les problèmes de violence, il faut mettre en place des équipes pour s?occuper de ces problèmes.

Enfin, vous l?avez compris, si nous soutenons l?idée de réussite éducative, nous nous prononçons en premier lieu pour que l?Etat prévoie les moyens nécessaires à une réussite scolaire pour tous.

Aussi, Madame DURLACH, je souhaite que vous nous indiquiez en quoi votre dispositif de réussite éducative, que nous partageons, ne viserait pas à exonérer l?Etat de l?effort qu?il doit accomplir pour l?école à Paris. Merci.

M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Merci, Madame BORVO.

Mme DURLACH répond à cette question.

Mme Martine DURLACH, adjointe, au nom de la 5e Commission. - Je remercie Mme BORVO pour son intérêt sur le sujet et pour la pertinence de ses questions.

Ce n?est pas la première fois que l?on parle de réussite éducative, puisque le Conseil de Paris a adopté en 2005 une délibération pour aller vers ce dispositif d?accompagnement, comme cela a été dit, pour des enfants et adolescents en situation de fragilité, et cela, en territoires politique de la ville et en zone d?éducation prioritaire.

Les questions que Mme BORVO a abordé, on les a un peu ressassées. Je parle des quatre adjoints : moi-même, Eric FERRAND, Gisèle STIEVENARD et Christophe CARESCHE, qui sont concernés par ce projet.

La première condition pour s?engager dans ce dispositif, c?était que l?Etat lui-même s?engage réellement. Or, l?Etat a annoncé 592.000 euros pour l?année qui vient.

Cette exigence concernant les moyens étant en partie satisfaite, nous nous sommes posé les mêmes questions et nous avons considéré que l?entrée dans le dispositif de réussite éducative ne devait en rien atténuer nos exigences et notre combativité concernant les moyens de l?Education nationale. C?est d?autant plus vrai que 7.500 emplois d?adultes viennent d?être supprimés dans l?éducation et qu?il y a une modification rampante des Z.E.P.

Dans ce sens, le Maire de Paris, Bertrand DELANOË, a écrit au Préfet de Région. Avec Eric FERRAND, nous continuons à réclamer ce qu?il réclamait dans sa lettre. Le Maire disait en gros : On entre dans le dispositif de réussite éducative, mais il faut continuer. Nous réclamons des écoles et des places en maternelle pour les moins de 3 ans. Nous voulons une diminution du nombre d?élèves par classe en Z.E.P. et un encadrement dans les écoles, le développement des médecins scolaires, des psychologues, des assistantes sociales. En effet, il est plutôt paradoxal de créer une aide, alors que l?on supprime des emplois d?adultes dans les écoles.

Enfin, si M. FERRAND en est d?accord, l?idée d?un observatoire de l?école, proposition de Nicole BORVO, me paraît intéressante.

En effet, les inégalités sont criantes et l?échec scolaire est un des indicateurs sociaux les plus frappants. Il y a 10 à 15 points d?écart d?un quartier à l?autre en matière d?échec scolaire, ce qui traduit un malheur plus grand sur le plan sanitaire, parental, social et il faut le prendre en considération et lutter contre ces inégalités.

La deuxième raison, c?est qu?il y a déjà un travail important de la Ville sur cette question, avec de grandes actions transversales qui sont ?Actions collégiens?, ?ALEM?, ?Coup de pouce?, des actions que vous connaissez et que l?aide de l?Etat va nous permettre à la fois de financer, d?étendre et de localiser. De ce point de vue, c?est une garantie contre les dérives dont a parlé Nicole BORVO, comme est aussi une garantie le partenariat local avec l?Education nationale, le respect de la confidentialité des informations exigée à juste raison par les acteurs sociaux. Et nous allons accompagner le G.I.P. d?une charte déontologique.

Nous espérons travailler dans ce dispositif dans le sens de l?efficacité et de la justice, avec les quatre adjoints et les quatre directions concernées, et les acteurs locaux.

M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Merci, Madame DURLACH. Personne ne doute de votre détermination.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DPVI 93.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2006, DPVI 93).