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2006, VII - Question d’actualité de Mme Laurence DOUVIN, au nom du groupe U.M.P., à M. le Maire de Paris relative au Plan de déplacements à Paris.

Débat/ Conseil municipal/ Juillet 2006


 

M. LE MAIRE DE PARIS. - Nous passons à la question d?actualité du groupe U.M.P.

La parole est à Mme DOUVIN.

Mme Laurence DOUVIN. - Nous aurions dû logiquement examiner au cours de cette session le Plan de déplacements de Paris. Ne voyant arriver aucun document disponible en tout cas pour les élus de l?opposition, nous avions demandé, le mois dernier, le report de l?examen de ce projet. Nous avons ensuite appris par la presse que tel serait le cas.

Mais quelle n?a pas été notre?

M. LE MAIRE DE PARIS. - Vous avez une influence considérable. Vous ne savez pas à quel point vous m?influencez.

Mme Laurence DOUVIN. - Merci, Monsieur le Maire. J?y suis très sensible.

Quelle n?a pas été notre surprise ensuite de faire, par le canal de la presse, un certain nombre de découvertes aussi intéressantes que celles que je vais annoncer : l?annonce d?un tramway des gares, le projet de suppression d?une file sur le boulevard périphérique à la circulation générale et, cerise sur le gâteau, l?annonce d?un projet de plan de déplacements de Paris disponible sur le site d?un journal dominical.

Dès le lundi matin, nous nous sommes donc empressés de sortir les deux cents pages de cet intéressant document qui semble avancé, mais dont la teneur ne correspond en rien à ce qui a fait l?objet d?une concertation dans les arrondissements.

En effet, dans les arrondissements, nous avons eu droit aux résultats d?un questionnaire, biaisé et non significatif, à la répétition des cinq grands objectifs auxquels aucun Parisien censé ne saurait s?opposer tant ils sont généraux et bien-pensants et à la déclinaison de quelques réalisations projetées dans l?arrondissement.

Depuis lors, rien de plus. Quel contraste avec le P.L.U. où un document de synthèse nous avait été soumis.

Je me suis dit que peut-être à la réunion de la Commission extra-municipale des déplacements du 14 juin nous en saurions un peu plus. Erreur profonde ! Nous avons eu droit à une table des matières comportant deux cent huit intitulés d?action couvrant tous les domaines relatifs au déplacement, qu?ils soient de la compétence de la Ville ou non, des titres non expliqués, non financés, un catalogue à la Prévert allant de l?accueil des patinettes au renforcement de l?offre sur les lignes de métro surchargées, en passant par l?acheminement des marchandises par le fer ou l?intention - je cite, parce que je n?aurais vraiment pas pu l?inventer - de jouer des séquences de la rue pour renouveler en permanence l?attention des automobilistes.

Pour aller jusqu?au bout, au cas où nous aurions manqué quelque chose, nous sommes allés sur le site Internet de la Ville à la rubrique ?Déplacements?. Jusqu?à hier soir, rien de nouveau, sauf les intéressants chiffres de l?Observatoire 2005 pour les déplacements, dont on comprend d?ailleurs pourquoi ils sont restés secrets si longtemps puisque depuis le début de votre mandature, Monsieur le Maire, vous avez justifié votre politique des déplacements par la lutte antipollution. Et quel succès ! Malgré votre politique autoritaire de restriction de la voirie générale, cette pollution ne baisse pas et si elle stagne, c?est justement à cause de votre politique autoritaire de restriction de la voirie et des encombrements générés.

Suite à la diminution considérable des moyens qui ont été donnés à AIRPARIF depuis 2002, notre groupe n?a cessé de demander que les subventions qui s?imposent soient allouées à cet organisme dont chacun s?accorde à reconnaître le sérieux et la compétence.

C?est d?ailleurs pour cela, Monsieur le Maire, qu?en janvier dernier vous lui aviez confié une enquête, une étude. Depuis janvier, AIRPARIF n?a reçu aucun des chiffres nécessaires à cette étude.

Pour en revenir au P.D.P., Monsieur le Maire, le texte sur lequel ont travaillé les élus d?arrondissement et les conseillers de quartier dans tout Paris est le texte que nous avons voté ici même en juillet dernier. Il n?a absolument rien à voir avec le battage qui a eu lieu dans les arrondissements et auprès des conseils de quartier qui n?était qu?un appel à projets.

Dans ces conditions, le projet de P.D.P. que nul ne connaît officiellement, hormis vous peut-être, doit faire l?objet d?un document de base soumis à concertation avant d?être examiné par notre Conseil.

Puisque vous êtes présent, Monsieur le Maire, nous souhaitons savoir selon quelles modalités et quel calendrier vous pensez organiser cette concertation préalable avant que nous nous prononcions.

Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P. et Union pour la démocratie française).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Je suis content de l?hommage a posteriori que vous rendez au P.L.U.

Je donne la parole à Denis BAUPIN.

M. Denis BAUPIN, adjoint, au nom de la 3e Commission. Merci, Monsieur le Maire.

Madame DOUVIN, l?élaboration du P.D.P. - je pensais que vous le saviez - a été engagée par un projet de délibération du Conseil de Paris en juillet 2005 et c?est le Conseil de Paris qui en a fixé et les objectifs et les modalités de concertation.

Ce P.D.P. est élaboré dans le prolongement du plan de déplacement urbain d?Ile-de-France et - je tiens à le rappeler parce que c?est important- vise à assurer à chacun un droit à la mobilité tout en réduisant les pollutions et en garantissant le dynamisme économique.

Depuis cinq ans, nous avons entrepris de rattraper le retard pris par Paris en la matière, avec volonté et pragmatisme. Les premiers résultats sont là. Même si la phase de mutation comme toujours est la plus dure à passer. Les avancées majeures décidées la semaine dernière avec la Région dans le cadre du S.T.I.F. et que nous avons confirmées ce matin avec le vote du budget supplémentaire, malgré votre opposition d?ailleurs, concrétisent plus encore notre volonté de donner la priorité à la mobilité par transport collectif.

L?élaboration du P.D.P. nous permet de placer cette politique en perspective. Elle a donné lieu depuis près de 10 mois à de nombreuses réunions avec les élus, les institutions concernées, les professionnels, les associations, les conseils de quartier et les communes riveraines de Paris.

Ainsi plus d?une centaine de réunions ont été tenues, dont deux séries de réunions publiques dans chaque arrondissement, 5 débats publics, plus d?une vingtaine de réunions avec les partenaires institutionnels : la Région, l?Etat, le S.T.I.F., la R.A.T.P., la S.N.C.F., le port autonome, sans oublier la Chambre de Commerce, la Chambre des Métiers, de nombreuses réunions avec les collectivités riveraines, les mairies évidemment et les conseils généraux des Hauts-de-Seine et du Val de Marne.

Une consultation des Franciliens a de plus recueilli en janvier dernier 140.000 réponses soulignant l?intérêt que portent nos concitoyens aux questions de mobilité et d?aménagement de l?espace public.

Des dizaines de conseils de quartier ont apporté leur contribution à l?exception notable, que nous regrettons, de ceux des 5e et 8e arrondissements que leurs maires n?ont pas jugé utile de solliciter. L?ensemble de ces contributions?

Oui, vous avez raison de dire que quand on parle de concertation, c?est un problème. Vous avez raison de le souligner, Monsieur GOASGUEN.

L?ensemble de ces contributions constitue un matériau extrêmement riche qui sera pleinement utilisé pour élaborer le P.D.P. lui-même.

Les enjeux soulevés par le P.D.P., que ce soit en termes de santé publique, de qualité urbaine, de vitalité économique à l?échéance des 15 prochaines années, imposent de consacrer le temps nécessaire à la finalisation du projet qui sera proposé au Conseil de Paris. Et tous les groupes politiques ont souhaité disposer de plus de temps parce que le calendrier initial qui prévoyait en effet une adoption en juillet 2006, c?est-à-dire à ce Conseil, était particulièrement ambitieux, trop sans doute. Il nous est apparu nécessaire de donner un temps de travail complémentaire qui permettra notamment d?intégrer un maximum d?éléments issus de la concertation dans les arrondissements - je viens d?en parler- et de poursuivre la concertation avec les collectivités riveraines.

Je précise que nous élaborons un Plan de déplacements de Paris, car c?est la loi qui a fixé le périmètre de ce Plan de déplacements, à notre regret. Nous aurions souhaité que ce soit un plan de déplacements de l?agglomération parisienne. Nous savons donc tous que le bassin de déplacement des usagers de Paris s?étend bien au-delà des limites de la Capitale, et c?est donc à cette échelle qu?une politique cohérente globale peut s?élaborer. C?est notre engagement. La conférence métropolitaine nous le permettra, et donc c?est dans ce sens que nous allons poursuivre la concertation.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.

Je sens que Mme DOUVIN veut rajouter un mot. Donc, je vous en prie.

Mme Laurence DOUVIN. - Merci, Monsieur le Maire.

Je crois que nous n?avons pas la même conception de la concertation.

M. LE MAIRE DE PARIS. - C?est exact.

Mme Laurence DOUVIN. - Une série de grandes messes qui ne portent sur rien de précis n?est pas une concertation. Demander aux Parisiens : ?Dites-moi tout ce que vous voulez? pour faire ensuite le tri dans son coin n?est pas une concertation.

Et permettez-moi de vous dire que la délibération du mois de juillet, le dossier de la concertation, le Plan de déplacements pour Paris, le document provisoire, sont là aussi, devant moi.

Monsieur le Maire, il n?y a rien de commun entre les trois. Je n?ai rien d?autre à ajouter.

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P. et Union pour la démocratie française).

M. LE MAIRE DE PARIS. - J?ai à ajouter que 140.000 Parisiens ont répondu et ont donné leur sentiment. Vous dites que l?on n?a pas la même conception de la démocratie participative, je vous le confirme, Madame. C?est sans précédent. Bien. Vous avez dit sur le P.L.U. que c?était bien et il n?y en avait eu que 120.000. C?était tellement bien sur le P.L.U. que les Hauts-de-Seine l?ont imité sur l?urbanisme. On verra s?ils imitent aussi sur les déplacements.

En revanche, j?insiste lourdement pour vous dire qu?effectivement?

M. Claude GOASGUEN. - Vous admirez cela.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Non, c?est lui qui nous copie, c?est l?inverse. Cela arrive.

J?insiste effectivement pour dire et je l?ai dit à la conférence métropolitaine vendredi dernier : nous ne présenterons ce document au Conseil de Paris que quand nous nous serons donné tous les moyens de la concertation, d?abord avec les 20 maires d?arrondissement de Paris qui souhaitent encore plus de concertation et je les entends, et avec les élus des collectivités voisines. Nous y travaillons beaucoup, notamment Denis BAUPIN, et le moment venu nous présenterons le résultat de cette concertation exemplaire, surtout par rapport à celle que vous pratiquiez il y a un peu plus de 5 ans. Voilà.

A l?époque, vous vouliez faire des vannes de régulation sans consulter les maires riverains et cela avait suscité une levée de boucliers à droite comme à gauche, je m?en souviens, pour se plaindre que votre équipe municipale veuille décider d?équipements sans même leur demander leur avis chez eux. Voilà.

M. Philippe GOUJON. - Nous ne l?avions pas fait.