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Juin 2009
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Conseil Général
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2009, Vœu déposé par MM. Philippe GOUJON, Jean-François LAMOUR et les élus du groupe U.M.P.P.A. relatif à l'installation de défibrillateurs dans l'ensemble des équipements publics de la Ville de Paris.

Débat/ Conseil général/ Juin 2009


 

M. Christian SAUTTER, président. - Nous passons à l'examen de la proposition de v?u référencée n° 5 G dans le fascicule, déposée par le groupe U.M.P.P.A., relative à l'installation de défibrillateurs dans l'ensemble des équipements publics de la Ville de Paris.

La parole est à M. GOUJON.

M. Philippe GOUJON. - Merci, Monsieur le Président.

Il est vrai que les maladies cardiovasculaires, chacun le sait, sont une cause de mortalité en France et, parmi les victimes, 40 à 60.000 décèdent chaque année d'un arrêt cardiaque respiratoire extra hospitalier.

Depuis un décret du 4 mai 2007, chaque citoyen est autorisé à utiliser un défibrillateur automatique et on sait que le taux de survie des victimes d'un arrêt cardiorespiratoire est estimé à 3 % en France contre 20 % pour une ville, par exemple, comme Seattle où les défibrillateurs sont à disposition du grand public et leur densité similaire à celle des extincteurs contre les incendies.

Récemment, cela s'est passé dans le 15e mais, c'est un début, un cabinet de service immobilier a procédé à la pause gratuite de son premier défibrillateur dans une de ses résidences privées dans les parties communes, rue Lakanal, et ce cabinet va équiper l'ensemble de ses 150 résidences, ce qui touche 10.000 habitants du 15e.

Cette initiative pionnière vient compléter utilement les efforts entrepris depuis 2005 dans la Capitale par la Mairie de Paris, au sein des mairies d'arrondissement ou d'un certain nombre d'équipements sportifs, mais par les entreprises. C'est la raison pour laquelle nous souhaitons qu'on décide une installation des défibrillateurs dans tous les équipements municipaux de la Ville de Paris et sur la voie publique dans l'ensemble des sites à forte densité humaine.

M. Christian SAUTTER, président. - Merci, Monsieur GOUJON.

M. LE GUEN vous répond.

M. Jean-Marie LE GUEN. - Monsieur GOUJON, vous avez raison d'insister sur l'importance des défibrillateurs au regard des mortalités brutales en matière cardiovasculaire. Vous avez eu raison de souligner que la Ville de Paris avait mis en place une politique maintenant depuis un certain nombre d'années, que cette politique a été construite en liaison avec le Samu, avec les pompiers, avec la Croix-Rouge, la Fédération française de cardiologie.

Je vous en rappelle les principaux éléments : 130 défibrillateurs ont été installés dans les 20 mairies d'arrondissement et dans les bibliothèques, les musées municipaux, les équipements sportifs. Il y en avait déjà dans les piscines. Quelques grands équipements aussi type P.O.P.B. et certains bailleurs ont commencé à prendre un certain nombre d'initiatives. Il y a eu une formation d'un certain nombre de personnes. Le tout pour 500.000 euros d'investissement.

Nous sommes dans la réflexion sur une phase 2 où nous voulons agir aussi au niveau des rues de la Capitale, trouver les endroits adéquats qui soient en bon fonctionnement.

Votre v?u va un peu loin et si nous devions le lire à la lettre, c'est-à-dire généraliser l'installation des défibrillateurs dans tous les équipements, ce serait bien au-delà de ce que nous sommes en situation de faire, très objectivement, et cela ne serait pas au c?ur des considérations rationnelles, objectives, planifiées et des préconisations du Samu et de l'INSERM en la matière.

C'est pourquoi, je ne peux pas souscrire à votre v?u, tout en convergeant vers l'idée d'une généralisation de ces défibrillateurs dont il faut s'interroger, d'ailleurs, de savoir si c'est toujours à la charge de la collectivité publique que ceux-ci doivent être posés.

Vous citiez une initiative privée de très bon aloi mais qui, légitimement, on peut estimer que dans une résidence privée, un service est fourni, qui est utile, qui est une urgence. Est-ce à la Ville de payer ? Je n'en suis pas sûr. Ce n'est pas aberrant demain que l'on demande, y compris à d'autres bailleurs, y compris municipaux, de s'engager dans une politique lorsqu'elle est efficace de son point de vue. En tout cas, c'est bien mon intention.

L'idée pourrait converger, mais le v?u tel qu'il est écrit me paraît... Si vous en étiez d'accord, on pourrait réaffirmer l'importance de la politique d'installation des défibrillateurs sans souscrire pour autant à votre v?u qui serait, en quelque sorte, rassuré par les éléments que j'ai pu vous apporter et vous amèneraient à le retirer.

M. Alain LHOSTIS. - La deuxième phase publique est importante.

M. Christian SAUTTER, président. - M. LE GUEN s'est adressé à vous, Monsieur GOUJON, pour dire que, sur le fond, il n'était pas en désaccord, mais sur la forme du v?u, il trouvait qu'elle allait trop loin. Retirez-vous le v?u en gardant l'esprit très positif de la déclaration de M. LE GUEN ?

M. Philippe GOUJON. - Bien sûr, cet esprit est positif, mais c'est une question de santé publique reconnue aujourd'hui.

Plutôt que de retirer mon v?u, j'aurais préféré le modifier dans le sens que souhaitait M. LE GUEN en demandant, par exemple, l'extension de l'installation des défibrillateurs dans les équipements municipaux de la Ville, dans lesquels c'est considéré comme nécessaire par les différents services que vous avez cités, et également sur la voie publique, de la même façon, dans les sites considérés comme tels par ces services.

Je suis tout à fait d'accord avec lui pour considérer que dans les résidences privées, celles des bailleurs sociaux ou des propriétaires privés, que ce soit, bien sûr, à la charge, c'est le cas d'ailleurs, des propriétaires privées, des bailleurs privés.

M. Christian SAUTTER, président. - Monsieur LE GUEN, vous avez la parole.

M. Jean-Marie LE GUEN. - Dites-moi ce que je dois faire.

M. Christian SAUTTER, président. - Je comprends ce que dit M. GOUJON, il modifie son v?u. Il dit que le Maire de Paris peut poursuivre l'installation de défibrillateurs dans les équipements municipaux de la Ville de Paris et, sur la voie publique, à l'ensemble des sites, à un rythme adéquat.

Cela vous convient ?

Le "rythme adéquat", c'est bien ?

M. Jean-Marie LE GUEN. - C'est très bien.

Puisque M. GOUJON, à la suite de ce que j'avais suggéré, a repris notre idée, nous incitons les bailleurs, quels qu'ils soient à faire des efforts en la matière. Ce sera la pierre nouvelle apportée par ce débat.

M. Christian SAUTTER, président. - Nous ajoutons un tiret : "que le Maire de Paris incite les opérateurs privés à déployer ce type d'équipement."

On ne complique pas trop les choses, tout va très bien.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe U.M.P.P.A., ainsi amendée par l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est adoptée à l'unanimité. (2009, V. 27 G).