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Juin 2009
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Conseil Général
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2009, DASES 131 G - Signature d'une convention avec l'association "Relais Ile-de-France" (18e) pour l'attribution d'une participation pour la prise en charge de jeunes Parisiens autistes, psychotiques ou souffrant de troubles apparentés. - Montant : 119.058 euros. 2009, DASES 210 G - Signature d'un avenant n° 2 à la convention pluriannuelle passée avec l'association "Léa pour Samy" pour l'attribution d'une subvention. Montant total : 70.000 euros.

Débat/ Conseil général/ Juin 2009


 

M. Christian SAUTTER, président. - Nous passons à l'examen des projets de délibération DASES 131 G et DASES 210 G concernant, d'une part, la signature d'une convention avec l'association "Relais Ile-de-France" 18e, pour l'attribution d'une participation pour la prise en charge de jeunes parisiens autistes, psychotiques ou souffrant de troubles apparentés. La subvention proposée est de 119.058 euros.

D'autre part, relatif à la signature d'un avenant de 70.000 euros à la convention pluriannuelle passée avec l'association "Léa pour Samy".

La parole est à M. Hamou BOUAKKAZ qui interroge Mme DUBARRY.

M. Hamou BOUAKKAZ. - Monsieur le Président, mes chers collègues.

Aujourd'hui, je suis assez en verve, je dois vous dire. Dans la presse et dans la langue de tous les jours, l'autisme n'est pas qu'une insulte. D'ailleurs, à cet égard, je vous encourage, mes chers collègues, à veiller à ne point trop utiliser ce mot à tort et à travers.

L'autisme est un impensé majeur de notre vie publique. L'autisme fait peur. On préfère remettre la question, après quelques pirouettes rhétoriques, à des "spécialistes", manière politiquement correcte d'écarter l'autisme de la cité.

Comme le disait Nathalie Sarraute, je cite : "Non, pas cela, pas un de ces mots, ils me font peur. Je préfère me passer d'eux, qu'ils ne s'approchent pas. Qu'ils ne touchent à rien, rien ici chez moi n'est pour eux".

Hélas, avec le mot, ce sont des centaines de milliers de nos concitoyens que l'on exclut d'un trait de plume, quand on ne les exporte pas en Belgique. Les médias qui se font abondamment l'écho des anecdotes de la moindre starlette, qui rabâchent à outrance tel ou tel phénomène à la mode, gardent le silence sur le quotidien des quelques 500.000 concernés par l'autisme en France. 1 français sur 150, 100 fois plus que le nombre de gens touchés par la mucoviscidose, 20 fois plus que le nombre de gens touchés par la paraplégie.

Ce silence couvre l'une des plus grandes hontes de notre pays. Quand je dis "couvre", c'est dans tous les sens. On couvre des techniques barbares utilisées pour soi-disant soigner l'autisme, sorties tout droit des asiles du Moyen Age et dont on peine à croire qu'elles soient toujours pratiquées à quelques centaines de mettre de notre confortable Hôtel de Ville (enveloppement du jeune autiste nu dans des draps imbibés d'eau glacée, neuroleptique à outrance, camisole chimique et physique), maintenues parfois pendant des décennies.

Oui, le droit de la République et la rhétorique des droits de l'Homme s'arrêtent là où l'autisme commence. Malgré les innombrables condamnations internationales de la France et les rapports successifs particulièrement clairs du Comité national d'éthique, le droit à la scolarisation, pas si votre enfant est autiste, quand bien même il a des aptitudes intellectuelles exceptionnelles comme beaucoup d'autistes Asperger.

Le droit à l'insertion professionnelle ? Quelle question ? On n'envisage même pas que les enfants autistes dont on parle parfois grandissent et deviennent des adultes autistes dont on ne parle jamais.

Chers collègues, les deux mesures sur lesquelles nous sommes invités à nous prononcer aujourd'hui ne pourront, malheureusement, être qu'une goutte d'eau face à l'océan des retards pris par notre pays. J'avais coutume de dire, il y a quelque temps, que s'attaquer à l'autisme, c'était écoper l'océan pacifique avec une cuillère à café.

Toutes deux s'inscrivent pourtant dans une optique résolument nouvelle pour notre pays : ?uvrer à l'insertion scolaire, professionnelle et humaine des personnes avec autisme.

Cette nouvelle optique vise à faire profiter de leur talent méconnu, de leurs compétences et de leurs apports notre pays, comme on le fait dans les pays scandinaves et anglo-saxons.

C'est l'honneur de Paris que d'agir hors compétences pour soutenir les associations dans leur lutte. C'est l'honneur de Paris que d'avoir, hors compétences, pallié l'inactivité multidécennale de notre Education nationale en créant des écoles pour ces enfants. Ce sera notre honneur que de voter ces subventions.

Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, communiste et élus du Parti de gauche, du Mouvement républicain et citoyen et "Les Verts").

M. Christian SAUTTER, président. - Merci, Monsieur BOUAKKAZ, pour cette intervention très émouvante.

Je donne la parole à Mme Véronique DUBARRY pour vous répondre.

Mme Véronique DUBARRY, au nom de la 6e Commission. - Je ne vais pas répondre à M. BOUAKKAZ ; comment voulez-vous que je réponde à ce qu'il vient de dire ? Je vais éventuellement compléter d?une façon un peu plus technique, mais je ne peux pas répondre.

M. Hamou BOUAKKAZ a très bien présenté le problème et le retard qui a été pris par la France, malgré de multiples condamnations, comme il l?a rappelé, en matière d'accueil des enfants autistes dans des structures et à l'école.

Il a également employé les mots qu'il faut encore, en 2009, utiliser à l'égard de l'autisme. L'autisme, effectivement, fait peur, très peur, et c'est vraisemblablement l'une des raisons pour lesquelles nous n'avions, jusqu'à il y a peu, à Paris, aucune structure un peu innovante qui permette de répondre d?une façon différente, avec d'autres méthodes que celle du "packing" qu?a évoquée Hamou BOUAKKAZ, pour l'accueil de ces enfants autistes.

Aujourd'hui, nous avons quatre ou cinq structures installées à Paris qui ont délibérément choisi d'aller à l'encontre de ce qui se fait habituellement en France. Elles l'ont fait sans l'accord du Gouvernement et avec le seul soutien du Conseil général, ce dont nous pouvons être fiers et qui est tout à notre honneur.

Nous avons accompagné ces associations dans leurs recherches et dans leur combat pour obtenir un cadre légal qui leur permette également - disons les choses telles qu?elles sont, d'obtenir des subventions de la part de l'Etat.

Je pensais - très sincèrement, j'étais très optimiste lorsqu'il y a à peine deux mois, nous avons évoqué l'autisme lors d'une séance de ce Conseil - vraiment que cette fois, le Gouvernement, avec ses annonces sur le plan autisme, allait donner suite à un engagement auprès de ces associations.

Malheureusement, il y a à peu près une semaine, l'Etat a apporté une réponse négative aux associations parisiennes qui font pourtant un travail extraordinaire avec beaucoup de courage, et je tiens à les remercier de cette implication et de ce combat qu'elles mènent au quotidien. Nous n'avons, pour l?instant, aucune assurance sur le fait que le Gouvernement accompagne ces associations, accompagne ces structures innovantes, contrairement à ce qui avait été annoncé par Mme LÉTARD à de très nombreuses reprises.

Les associations qui ont fait un effort important pour répondre aux demandes du Gouvernement qui sont parfois contraignantes, qui restreignent le domaine dans lequel elles entendent ?uvrer, sont extrêmement déçues et, bien évidemment, je le suis aussi, nous le sommes également.

L'argent - disons les choses clairement - que nous apportions à ces associations aurait pu servir à d'autres associations, à l'ouverture d'autres structures. M. Hamou BOUAKKAZ a bien résumé la situation ; nous tentons, avec cette petite cuillère que sont les subventions du Conseil général, même si un million d'euros, ce n'est pas rien, de vider l'océan Pacifique.

Malheureusement, nous ne pourrons pas aller au-delà de ce que nous faisons à l'heure actuelle, nous ne pourrons pas ouvrir d'autres structures tant que le Gouvernement ne se sera pas engagé et, une fois encore, il nous a claqué la porte au nez. C?est bien dommage.

Je remercie M. Hamou BOUAKKAZ de son intervention qui m'a permise de rappeler ces simples faits qui sont particulièrement déplorables, il faut bien le dire.

M. Christian SAUTTER, président. - Merci, Madame DUBARRY.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASES 131 G.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2009, DASES 131 G).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASES 210 G.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2009, DASES 210 G).