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Juillet 2002
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Conseil Municipal
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19 - II - Question d'actualité de M. DARGENT, au nom du groupe socialiste et radical de gauche relative au devenir des bâtiments et du terrain de l'Imprimerie nationale

Débat/ Conseil municipal/ Juillet 2002


M. LE MAIRE DE PARIS. - Je rappelle aux élus qui interrogent que c'est 2 minutes 30, ainsi que pour les adjoints qui répondent.
Nous passons à la question du groupe socialiste et radical de gauche.
La parole est à M. DARGENT.
M. Claude DARGENT. - Monsieur le Maire, chers collègues, la question porte sur le devenir de l'Imprimerie nationale qui se trouve dans le 15e arrondissement de Paris ; son départ prochain pose la question du devenir de la parcelle qu'elle y occupe encore pour quelques semaines.
Il s'agit en effet d'une surface de 2 hectares au sol et d'un bâtiment de 40.000 mètres carrés situés au c?ur de l'arrondissement, qui ne peuvent que susciter des convoitises. A cet égard, l'opération réalisée sous l'ancienne mandature, sur le terrain de l'annexe de cette imprimerie, constitue pour nous le modèle de ce qu'il ne faut pas faire. La résidence de grand standing qui a été édifiée, qui va à l'encontre de la mixité sociale qu'il s'agit d'encourager dans cet arrondissement, n'est pas un modèle en la matière, c'est le moins que l'on puisse dire. L'intérêt architectural et patrimonial du bâtiment et de son jardin est indéniable ce qui justifie que certains de ces éléments soient préservés. En revanche, l'idée, un moment évoquée, de l'implantation sur le site d'un musée de l'imprimerie se heurte à deux objections.
Le patrimoine de poinçons et d'idéogrammes, qui aurait pu lui servir de fond appartient à l'Imprimerie nationale et donc déménagera avec elle et, d'autre part, il existe déjà plusieurs musées de l'Imprimerie en France et en Europe, soit réalisés comme à Lyon et à Nantes, soit en voie de l'être. On peut donc songer à conserver partiellement à cet ensemble sa vocation d'accueil d'activités économiques si l'on entend compenser de cette manière le départ de la société "Imprimerie nationale". Cela n'exclut pas d'autres usages complémentaires en particulier dans le domaine des logements sociaux et des équipements publics dont l'arrondissement manque cruellement.
Nous souhaiterions donc savoir, Monsieur le Maire, quel avenir vous envisagez pour cette parcelle et pour son bâtiment.
Merci.
M. LE MAIRE DE PARIS. - La parole est à M. Jean-Yves MANO.
M. Jean-Yves MANO, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire.
Chers collègues, effectivement l'espace occupé aujourd'hui par l'Imprimerie nationale suscite un certain nombre de convoitises et la Municipalité est extrêmement sensible au devenir de cet espace.
C'est pourquoi le Maire de Paris, Bertrand DELANOË, en juin, a jugé opportun de signifier par courrier au Ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie, M. Francis MER, tout l'intérêt que la collectivité parisienne portait à l'utilisation de cet espace qui, tout en rappelant un certain nombre de textes qui régissent aujourd'hui toutes les constructions envisageables, compte tenu des règles du P.O.S., démontre que le lieu doit être consacré pour 70 % à du logement et pour 30 % à des bureaux.
Donc, toute proposition future devra tenir compte de ces éléments.
Ceci étant, bien évidemment la Municipalité parisienne regardera avec un grand intérêt la possibilité d'une utilisation des espaces à des fins d'équipements publics et également de logements sociaux.
Mais vous le savez, aujourd'hui l'Imprimerie nationale a choisi une consultation vis-à-vis de l'ensemble des promoteurs qui remettent un certain nombre de prix avec des propositions concrètes pour lesquelles l'arbitrage, a priori, semble être hélas essentiellement d'ordre financier.
A notre connaissance, cet arbitrage sera rendu dans quarante-huit heures et nous prendrons bien évidemment contact avec la société qui aura remporté le marché pour lui signifier les desiderata de la Municipalité parisienne sur ce site.
Voilà les engagements que nous pouvons prendre au nom des Parisiens.
Merci.
M. René GALY-DEJEAN, maire du 15e arrondissement. - Monsieur le Maire ?...
M. LE MAIRE DE PARIS. - Ah, ce n'est pas prévu mais vous êtes maire du 15e, cela ne m'a pas échappé...
Ce n'est pas prévu dans le règlement... Vous verrez avec les Présidents de groupes qui vont me gronder parce que je ne respecte pas le règlement !
M. René GALY-DEJEAN, maire du 15e arrondissement. - J'avais le sentiment que sur un sujet intéressant l'arrondissement, le maire d'arrondissement pouvait intervenir.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Si vous demandez à tous les Présidents de groupes de ne pas "m'eng....", je veux bien.
M. René GALY-DEJEAN, maire du 15e arrondissement. - Merci.
Deux observations.
La première est que dans la question posée par notre collègue Claude DARGENT, je vois qu'il a évacué un peu facilement l'éventuelle installation sur ce site d'un musée. Vous vous rappelez sans doute, Monsieur le Maire, que j'étais venu vous proposer la création en ce lieu non pas d'un musée de l'imprimerie, mais d'un musée du livre d'art.
Je n'ai toujours pas de réponse de vous à cet égard.
C'est la première observation.
Il y en a une seconde qui se réfère à ce que vous nous avez dit ce matin, Monsieur le Maire, que j'ai noté avec beaucoup d'intérêt, à savoir que dans vos rapports avec les membres du Gouvernement vous vous situeriez désormais autant qu'auparavant dans un comportement de responsabilité. J'ai considéré que vous signifiiez par là que vos attitudes seraient les mêmes après - c'est-à-dire aujourd'hui - qu'avant.
Or, sur le sujet dont il s'agit, j'ai l'impression que ce n'est pas tout à fait le cas et je m'en explique.
Nous avions interrogé, au Conseil du 15e arrondissement, votre première adjointe sur le devenir de l'Imprimerie nationale à l'époque où le Ministre des Finances était quelqu'un qu'elle connaissait bien. Vous aussi d'ailleurs.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Je vous le confirme.
M. René GALY-DEJEAN, maire du 15e arrondissement. - A ce moment-là, la réponse n'avait pas du tout été celle que vient de nous faire M. MANO, on nous parlait d'installation sur ce site de technologies de pointe, de sociétés de communication d'avant-garde, enfin toutes choses qui a l'époque n'évoquaient pas du tout le logement social. Et j'observe qu'aujourd'hui on met en avant le logement social.
De la même façon que vous n'aviez pas apparemment écrit à votre collègue Ministre Laurent FABIUS avant et que vous avez écrit au Ministre qui lui a succédé après.
Donc, ce que je me demande, c'est si votre attitude était exactement la même avant que celle que vous avez choisi d'adopter aujourd'hui.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Je vous confirme que mon attitude est la même aujourd'hui qu'hier et que j'ai toujours été très préoccupé, vous le savez bien, par le fait qu'il y ait des logements sociaux partout où l'on peut en faire, ce qui n'exclut pas de prendre en compte un certain nombre de préoccupations.
Je vous confirme donc que vous serez entendu, que j'ai écrit à l'actuel Ministre comme à l'ancien, exactement de la même manière, et que je tiens le plus grand compte de ce que me dit le maire de l'arrondissement et ma première adjointe.