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Juillet 2002
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Conseil Municipal
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46 - 2002, DVD 121 - Contrat de réseau vert 2002-2004. - Potentiel 2002-2004 et programme 2002

Débat/ Conseil municipal/ Juillet 2002


Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Nous passons à l'examen du projet de délibération DVD 121 relatif au contrat de réseau vert 2002-2004.
Je donne la parole à Mme DOUVIN.
Mme Laurence DOUVIN. - Merci, Madame la Maire.
Nous sommes invités, aujourd'hui, à nous prononcer sur le programme de réaménagements cyclables et de quartiers verts 2002, programme inclus au contrat de réseau vert 2002/2004.
Je ne m'opposerai certainement pas à la réalisation de ces quartiers verts qui sont une continuation et un développement des quartiers tranquilles initiés sous la mandature précédente.
Je souhaiterais faire quelques remarques. Tout d'abord, dans la mise en ?uvre de la concertation locale, je souhaiterais que les Conseils de quartier, qui existent maintenant dans toute la Capitale, soient associés puisque personne mieux que les habitants ne connaît les besoins et les impératifs d'un quartier.
Ensuite je ferai une remarque concernant les itinéraires cyclables. On nous annonce que ceux-ci trouveront une solution différente selon les lieux, l'étroitesse de la rue, la présence ou non de voies de bus. Ceci dénote un sens de l'adaptation et du pragmatisme tout à fait souhaitable. Cependant j'attire l'attention de tous, mes chers collègues, et la vôtre par-dessus tout, Madame la Maire, sur la notion et la réalisation de couloirs cyclistes à contresens. Ceci pour deux raisons. La première, c'est la dangerosité. Déjà les nouvelles réalisations de voirie effectuées ont bouleversé les habitudes de l'ensemble des usagers, notamment là où les couloirs de bus sont élargis sur un seul côté de la voie, ce qui rend leur passage dissymétrique. Je pense à l'avenue Kléber où circule d'ailleurs une pétition, qui souligne le danger pour tous les usagers et notamment les 2 roues et les piétons. Je voudrais citer les voies comme le boulevard Sébastopol où tourner à droite et donc couper la voie réservée aux bus et aux vélos, constitue pour les deux-roues motorisés et les automobilistes une véritable aventure.
Dans le cas qui nous occupe aujourd'hui, il s'agit des usagers parmi les plus vulnérables puisque ce sont les cyclistes. Les risques d'accidents sont déjà trop élevés à Paris en raison de l'incivisme de toutes les catégories d'usagers de la voirie. Introduire un contresens risque d'entraîner certains cyclistes -et je pense peut-être plus particulièrement aux enfants et aux jeunes, déjà peu disciplinés par nature-, à prendre à contresens l'ensemble des rues d'un quartier vert. Cela me semble être une véritable erreur à ne pas commettre. Toute la responsabilité, alors, vous incomberait. J'aimerais d'ailleurs bien savoir ce qu'en pense le représentant du Préfet de police.
Enfin, sur un plan plus général, nous ne disposons pas d'un plan d'ensemble de la prévision des quartiers verts sur Paris. Nous voulons aujourd'hui nous rendre compte de la manière dont s'inséreront les voies d'intérêt général dans ce schéma. Autrement dit quelle sera la part de rues et avenues destinées à circuler dans Paris d'un point à l'autre et non seulement d'un quartier vert à un autre quartier vert ?
Parce que, pour mémoire, Paris n'est pas un jardin. On peut peut-être le déplorer, mais ce n'est pas un jardin. Paris n'a pas non plus vocation à le devenir, même si l'on installe une plage sur les berges de la Seine pendant quelques semaines, réalisation dont nous observerons de près les avantages en fonction du coût de l'opération et les inconvénients en termes de pollution et d'encombrement. Paris est une capitale économique et doit en avoir les infrastructures. J'ajouterai qu'il ne faudrait pas non plus introduire une discrimination entre les Parisiens habitant le long des voies de transit, débordées, bruyantes, polluées, et ceux des quartiers verts où tout ne serait que des délices.
Madame la Maire, ceci nous renvoie au débat de fond sur la circulation à Paris. Avec cette délibération, vous nous démontrez votre souci du bien-être des riverains des quartiers verts. C'est bien, mais vous ne montrez pas comment vous allez concilier ce souci avec l'affaire de tous les Parisiens, d'une ville économiquement équilibrée et tenant sa place par rapport à ses concurrentes.
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Merci, Madame DOUVIN.
La parole est à Mme KUSTER.
Mme Brigitte KUSTER. - Madame la Maire, si j'ai souhaité intervenir sur le contrat de réseaux verts 2002/2004, c'est tout d'abord pour me réjouir que, dans le 17e, le quartier de la Jonquière était retenu à l'initiative de l'équipe municipale du 17e. Ce quartier se distingue par un quadrillage de petites rues, qui connaissent pour certaines des problèmes de circulation, mais surtout des problèmes d'aménagement de voirie et de stationnement.
Mais ce quartier connaît aussi des problèmes d'insécurité en certains lieux identifiés. C'est pourquoi il me paraît nécessaire de faire avant tout un diagnostic prenant en compte tous les problèmes rencontrés par la population allant au-delà du partage de l'espace public. J'ai bien noté l'ambition des objectifs visés pour les quartiers verts à savoir dissuader la circulation automobile de transit au sein du quartier, améliorer le traitement sécuritaire des voies, redistribuer l'espace au profit des circulations douces, renforcer la présence du végétal, assurer la dynamique économique et commerciale du quartier, favoriser la convivialité. Tout cela, vous en conviendrez, est un beau programme. Mais tout cela aussi n'aura de sens que si les habitants sont associés le plus en amont possible et, je reviens sur ce que vient de dire Mme DOUVIN, si les Conseils de quartier sont associés et si un état des lieux exhaustif de toutes les difficultés de vie au quotidien est réalisé.
J'ai également souhaité intervenir sur le contrat de réseaux verts 2002/2004 car je voudrais savoir comment concilier la diminution de la circulation automobile sur de grands axes avec la création de couloirs de bus et la tranquillité des quartiers adjacents pour ceux définis comme quartiers verts. En effet, même si votre volonté est de diminuer la place de l'automobile dans la ville, il y a un moment où il faut quand même trouver des axes où il est possible de circuler. Et comment empêcher le développement d'itinéraires malins, parallèles aux grands axes qui sont, par définition, dans les quartiers mitoyens ? L'avenir du PDU se joue dans ces situations, qui peuvent paraître à la marge, mais qui pour le quotidien de milliers d'habitants constituent un handicap majeur. Alors, Madame la Maire, merci de nous préciser les engagements que vous pouvez apporter pour rassurer et ne pas handicaper des milliers de Parisiens.
Je vous remercie.
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Merci, Madame KUSTER.
La parole est à Mme DECORTE.
Mme Roxane DECORTE. - Madame la Maire, mes chers collègues, si je me suis inscrite à propos de ce projet de délibération important pour le rééquilibrage en faveur des piétons et de la circulation douce dans quelques secteurs ciblés, c'est pour exprimer mon étonnement. En effet, le 4 mars dernier, le conseil du 18e arrondissement où, est-il besoin de le rappeler, est élu le Maire de Paris, a voté à l'unanimité moins 3 abstentions, un voeu demandant au Maire de Paris de prévoir dans le cadre du budget 2003, la réalisation d'un quartier vert pour le site de la butte Montmartre, et non pas en 2004. Pourquoi ce voeu ? Cette volonté des élus du 18e, cet engagement de campagne ne trouve-t-il aucune traduction dans ce projet de délibération ? Quel est le calendrier précis en termes de délais pour la faisabilité de ce quartier vert sur le site de la Butte Montmartre ?
Je vous remercie.
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Merci beaucoup. Je donne à présent la parole à M. MADEC.
M. Roger MADEC, maire du 19e arrondissement. - Madame la Maire, le Conseil du 19e arrondissement, lors de sa séance du mois de juin, à l'unanimité, sur ma proposition et celle des élus "Verts", voté un amendement à cette délibération.
Je constate que cet amendement n'a pas été présenté ni en commission, ni aujourd'hui en discussion avec la délibération, pour demander que 2 quartiers limitrophes de l'avenue Jean-Jaurès, qui sera réqualifiée, soient classés en quartier vert. Comme l'a indiqué l'oratrice précédente, s'il faut réduire la place de la circulation sur les grands axes, on ne peut pas faire ces opérations sans traiter les quartiers adjacents, sinon les difficultés de circulation y seraient reportés. La demande formulée à l'unanimité par le Conseil d'arrondissement, à savoir que les quartiers Bassin de la Villette, déjà traité partiellement sous l'autre mandature, soient classés en quartiers verts ainsi que le quartier Manin-Jaurès.
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Merci, Monsieur MADEC.
La parole est à Mme MEYNAUD.
Mme Sophie MEYNAUD. - Merci, Madame la Maire.
J'aimerais tout d'abord dire quelle joie de voir que nos camarades de l'opposition découvrent les bienfaits de la démocratie locale et vantent les bienfaits des Conseils de quartier. En revanche, avant de commencer mon intervention, j'aimerais ajouter que je suis heureuse de voir que Mme DECORTE reprend à son compte un voeu déposé dans le 18e par la majorité municipale et qui a été voté à l'unanimité moins 3 abstentions.
Cette délibération nous présente un des éléments importants de la politique ambitieuse de réaménagement de l'espace public parisien entamée par notre nouvelle municipalité. Le contrat de réseaux verts comporte 2 aspects : d'une part, la programmation de quartiers verts avec la double thématique, la réduction du trafic de transit et l'amélioration de l'aménagement de l'espace public. D'autre part, le programme d'aménagement de pistes cyclables.
Cette délibération confirme que la Municipalité souhaite réellement se donner les moyens pour atteindre ses objectifs, au contraire, comme je l'entendais tout à l'heure, de la mandature précédente, particulièrement en ce qui concerne les "quartiers tranquilles" où les moyens ne permettaient pas d'avoir une réelle incidence sur la réalité du transit et de l'aménagement.
Je souhaite également ici insister sur la concertation, notamment avec les Conseils de quartier dont nous parlons aujourd'hui.
Dans le cadre des "quartiers verts", les Conseils de quartier doivent être au c?ur de la concertation. Pour citer un exemple que vous connaissez bien, Monsieur BAUPIN, dans le 20e arrondissement, c'est dans le cadre d'une commission de Conseil de quartier que se construit, à l'initiative de l'adjoint au maire local, mon ami Jacques BAUDRIER, le projet de "quartier vert" Belleville.
En effet, je crois que c'est en mettant en commun les expériences des habitants, des techniciens de la Ville, des associations, des commerçants, qu'on arrive à construire des projets proches des besoins, plus riches et partagés par tous.
Il s'agit bien là de construire le Paris de demain, avec les habitantes et les habitants, dans le cadre d'une véritable démarche participative.
Pour l'aménagement de pistes cyclables, j'en dirai à peu près la même chose. La concertation est menée avec les associations de cyclistes et les techniciens de la Ville. Toutefois, celle-ci devrait pouvoir être déclinée au niveau local avec toutes les personnes concernées, et donc également avec les Conseils de quartier.
Pour que cette concertation soit efficace, il est, bien entendu, absolument nécessaire d'y associer les personnels de la Ville, techniciens dont la compétence n'est pas à démontrer. Je souhaite d'ailleurs souligner leur disponibilité, et les en remercier, pour assister aux réunions nombreuses avec les habitants auxquelles donnent lieu les processus de concertation déjà engagés. Ces réunions se tiennent souvent en soirée et nous devons prendre en compte le temps important que les personnels de la collectivité consacrent à ces processus de concertation.
Les périmètres proposés aujourd'hui pour les futurs "quartiers verts" sont intéressants. Ils ont été déterminés en concertation avec les arrondissements. Cependant, il est important qu'à terme, tous les quartiers de Paris soient concernés par cette démarche de redéfinition de l'espace public sur la base de la concertation locale. C'est pourquoi, je pense qu'il est extrêmement important de prévoir une montée en puissance du programme "quartiers verts" à l'horizon 2005-2007.
Madame la Maire, pour conclure, je vous redis ma satisfaction de voir l'ambition de la politique menée en faveur de l'amélioration du cadre de vie des Parisiennes et des Parisiens au travers du programme qui nous est présenté. J'appuierai simplement une fois encore la nécessité de conduire ces projets dans le cadre d'une démarche participative avec les habitants. Avec les moyens que nous nous donnons pour atteindre nos objectifs, nous aurons doublement gagné le jour où cette démarche participative sera vraiment entrée dans la culture de travail de la collectivité.
Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs des groupes communiste, socialiste et radical de gauche, "Les Verts" et du Mouvement des citoyens).
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Merci, Madame MEYNAUD.
La parole est à M. Christophe NAJDOVSKI.
M. Christophe NAJDOVSKI. - Merci, Madame la Maire.
Le projet de délibération que vous nous proposez, comme d'autres d'ailleurs lors de cette séance, est emblématique de la nouvelle politique des déplacements que met en ?uvre la Municipalité. Les élus "Verts" s'associent pleinement à cette politique en rupture claire et nette par rapport à la politique du tout-automobile pratiquée par le passé.
J'en veux pour preuve la réalisation des "quartiers verts" dont l'ambition est sans commune mesure avec les "ex-quartiers tranquilles" de l'ancienne mandature.
En effet, avec les "quartiers verts", c'est l'ensemble des déplacements qui sont repensés à l'échelle de grands quartiers. C'est aussi une nouvelle méthode de concertation que nous mettons en ?uvre dans les arrondissements, associant élus, services de la Ville, commerçants, parents d'élèves, associations de quartier, dans des comités de concertation dont les travaux sont extrêmement riches. La démocratie participative prend ici tout son sens.
Nous sommes en effet bien loin des "ex-quartiers tranquilles" où l'ancienne Municipalité se contentait de mettre quelque dos d'âne aux entrées et sorties des quartiers concernés en décrétant qu'il s'agissait de "zones 30".
C'est donc avec enthousiasme que nous approuvons le programme triennal des "quartiers verts" pour 2002 à 2004. Je me réjouis particulièrement du fait que pour mon arrondissement, le 12e, un périmètre très large ait été choisi pour le quartier Voûte-Bel Air, qui englobe d'ailleurs "l'ex-quartier tranquille" Sahel.
A ce titre, je souhaite vous interroger sur un point.
Allons nous pouvoir mettre à niveau les anciens "quartiers tranquilles" ? Allons-nous profiter de la réalisation des "quartiers verts" pour approfondir l'aménagement des anciens "quartiers tranquilles", ce qui me semble hautement souhaitable ? En effet, il s'avère utile de prolonger la réflexion sur l'aménagement de certaines voies situées dans les périmètres des anciens "quartiers tranquilles". Je pense notamment à la réalisation de contresens vélo et je tiens d'ailleurs, sur ce point - et je pense que M. BAUPIN le fera tout à l'heure - à rassurer Mme DOUVIN, il s'agit bien de réalisations tout à fait sécurisées.
Pour vous prendre un exemple, dans un quartier que nous sommes en train de mettre en place dans le 12e arrondissement nous mettons en place une rue à sens unique avec un contresens vélo séparé par une rangée d'arbres du reste de la circulation automobile. Autant dire que ce contresens vélo est parfaitement sécurisé. Ils sont, dans les autres rues, parfaitement matérialisés et donc avec une limitation des dangers, autant que faire se peut, bien évidemment.
Je disais donc réalisation de contresens vélo, inversion de sens, circulation mise en sens unique, etc.
Le deuxième point de mon intervention concerne le programme des aménagements cyclables.
Notre Ville a un retard considérable à combler en la matière. Même si la fréquentation des pistes cyclables a progressé de 32 % en 2001, celle-ci reste encore marginale dans le total des déplacements et il reste à convaincre beaucoup de nos concitoyens que le vélo peut être un moyen de transport à part entière.
Pour cela, il faut bien évidemment disposer d'aménagements continus et sécurisés.
Nous approuvons donc votre volonté de poursuivre et d'amplifier la réalisation d'aménagements cyclables avec pour objectif de compléter le réseau existant et de lui donner une cohérence et une continuité indispensables pour les cyclistes.
Je salue particulièrement l'idée d'une liaison vers le Bois de Vincennes car à l'heure actuelle la seule liaison cyclable vers le bois passe par la promenade plantée qui est fermée le soir et la nuit.
Par ailleurs, cet aménagement viendra compléter l'aménagement d'une piste bidirectionnelle sur l'avenue Daumesnil dans le Bois de Vincennes prévue dans le programme 2001 et qui devrait être réalisée dans le second semestre 2002.
Par ailleurs, je souhaite savoir si un traitement des places et des carrefours est prévu dans ce programme ? En effet, les places et les carrefours, de par leur caractère très routier, constituent des endroits particulièrement dangereux pour les cyclistes et il est indispensable de les sécuriser, aussi bien pour les cyclistes d'ailleurs que pour les piétons.
Enfin, ma dernière interrogation portera sur les aménagements cyclables existants. Un certain nombre d'entre eux ont été mal pensés et se révèlent aujourd'hui impraticables pour différentes raisons ; je parle bien évidemment d'aménagements cyclables réalisés lors de la précédente mandature. Par exemple, les bandes cyclables peintes sur les trottoirs de certains boulevards, comme les boulevards des Maréchaux, sont inutilisables car tracées en dépit du bon sens. D'autres aménagements non sécurisés servent de parking sauvage à des automobilistes indélicats. C'est le cas de la piste du côté pair de l'avenue Daumesnil, squattée quasi continuellement par des véhicules notamment aux abords du magasin de micro-informatique Surcouf (je parle du 12e arrondissement). Il est aujourd'hui urgent de sécuriser cette piste sur toute la partie allant du boulevard Diderot jusqu'à la place Félix-Eboué. Avec le futur aménagement cyclable qui rejoindra la place Félix-Eboué aux Bois de Vincennes, à terme c'est la place de la Bastille et le Bois de Vincennes qui seront reliés par un aménagement cyclable utilisable en toute sécurité et je souhaite donc savoir comment des aménagements existants peuvent être repris et améliorés indépendamment des aménagements nouveaux programmés par la Ville et présentés dans cette délibération.
Je vous remercie.
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente.- Merci, Monsieur le président.
La parole est à M. Sylvain GAREL.
M. Sylvain GAREL. - Je vais faire très court.
Je suis tout à fait d'accord bien sûr avec ce que viennent de dire Christophe NAJDOVSKI, Sophie MEYNAUD et auparavant Roxane DECORTE.
Je voulais surtout intervenir pour rappeler à mon ami et camarade Denis BAUPIN que la Butte-Montmartre souhaitait devenir un quartier vert très rapidement, dès 2003, comme cela a été demandé par deux v?ux adoptés à une très large majorité par le Conseil du 18e arrondissement.
Pourquoi la Butte-Montmartre devrait-elle ne pas attendre 2004 ? C'est d'abord un des endroits les plus emblématiques de cette bataille qui a été menée pour faire reculer l'automobile dans Paris.
Il y a eu, ces dix dernières années, de nombreuses actions sur la Butte pour faire des "dimanches sans voiture", et des opérations pour montrer qu'on pouvait vivre dans un quartier sans être envahi par la pollution automobile.
La Butte-Montmartre est un quartier fragile parce qu'il y a des carrières et que la circulation automobile fragilise les sous-sols de la Butte et aussi parce qu'il y a des milliers et des milliers de touristes qui y passent chaque jour et qui déjà occupent beaucoup l'espace public.
La présence de ces touristes est incompatible avec une présence automobile importante.
Pour toutes ces raisons, nous souhaitons aider M. BAUPIN à convaincre M. SAUTTER d'obtenir plus d'argent dès 2003 pour que la Butte-Montmartre n'attende pas la fin de ce plan triennal et puisse devenir rapidement le plus grand quartier vert de Paris.
C'est, je crois, le quartier le plus important en surface qui doit être transformé et bien sûr, je voulais me joindre aux précédents orateurs et aux précédentes oratrices pour leur dire et dire à M. BAUPIN que nous sommes très satisfaits de ce programme.
Simplement un petit peu plus d'argent dès 2003 serait le bienvenu. Merci.
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Merci.
Avant de donner la parole à M. Denis BAUPIN, il y a un amendement présenté par Mme Elisabeth de FRESQUET, et les membres du groupe U.D.F... S'il n'est pas défendu, je ne vois pas de membres du groupe U.D.F... L'amendement tombe.
Je donne la parole à M. Denis BAUPIN pour répondre aux différents orateurs avant de procéder au vote sur cette délibération.
M. Denis BAUPIN, adjoint, au nom de la 3e Commission. - Je voulais remercier tous nos collègues qui ont dit des choses si positives sur la délibération et sur ce projet de schéma directeur des quartiers verts. Je rappelle que ce schéma directeur sur 3 ans, 2002-2004, fait suite à un schéma directeur 1999-2002, et vise à contractualiser avec le Conseil régional d'Ile-de-france, qui cofinance ces aménagements.
Je ne reviens pas sur les objectifs des quartiers verts. Ils ont été largement rappelés aussi bien par Mme KUSTER que par M. NAJDOVSKI. Cela montre clairement que par rapport aux quartiers tranquilles réalisés sous la mandature précédente, nous sommes passés à une autre dimension en matière d'aménagement de l'espace public.
Je vous renvoie à la Charte des quartiers verts réalisée tout au long de l'année précédente ce qui nous a permis progressivement de finaliser les outils. Cette boîte à outil rassemble les éléments de réalisation des quartiers verts aussi bien en matière d'organisation de la circulation automobile, en matière d'aménagement de l'espace public, qu'en matière de végétalisation, de circulation douce et de limitation de la vitesse automobile.
Je ne reviens pas non plus sur la question de la concertation. Cela a été rappelé à plusieurs reprises. C'est un élément constitutif important de la réussite des quartiers verts.
Plusieurs quartiers verts sont dans le programme 2001. Ils sont en cours de concertation dans plusieurs arrondissements et donnent lieu à de nombreuses réunions. C'est quelque chose qui demande, de la part des services de la Ville, et je les en remercie, une présence importante auprès des élus.
C'est une concertation qui se mène au niveau des arrondissements. Je sais que le quartier vert "Sarette" a donné lieu à une dizaine de réunions, que le quartier de Belleville a donné lieu autant de réunions. C'est un travail qui est long, et qui nécessite - si on souhaite que la population s'approprie les aménagements - que l'on prenne le temps de discuter de tout ce qui est proposé.
En général d'ailleurs, on suit un processus qui consiste d'abord à faire un diagnostic, de façon à ce que l'ensemble des parties prenantes de cette discussion se mettent d'accord sur l'état de la situation et puis ensuite on passe aux propositions.
C'est au moment des propositions que les intérêts divergents peuvent s'exprimer. Mais, à un moment ou à un autre, il faut en arriver à la décision.
Je voudrais dire à Mme KUSTER que les diagnostics réalisés par la Direction de la Voirie sont particulièrement intéressants.
Ils prennent en compte énormément d'éléments aussi bien les circulations routière, piétonne, l'accidentologie, le taux de motorisation des ménages, la façon dont l'espace immobilier est occupé, soit par du logement, soit par du commercial, soit par des activités. Ils ne prennent pas en compte l'ensemble des politiques menées dans les quartiers, ce qui paraît être un peu compliqué si on souhaite malgré tout s'en tenir à la notion de quartier vert.
C'est malgré tout une suggestion qui pourrait être examinée à l'avenir.
Je voudrais me réjouir aussi sur le fait qu'on constate de la part des différents arrondissements un enthousiasme très fort par rapport à ces projets.
J'en profite pour signaler que ce programme a été réalisé en totale concertation avec les maires d'arrondissement. J'ai rencontré l'ensemble d'entre vous, et vous-même, Monsieur LEGARET, êtes venu dans mon bureau pour discuter de ce sujet assez longuement.
Ce schéma directeur des quartiers verts a été adopté en liaison avec les maires d'arrondissement et d'ailleurs Mme KUSTER l'a elle-même indiqué.
En ce qui concerne le 17e, le quartier qui était souhaité par la Municipalité, fait partie des propositions qui vous sont soumises aujourd'hui, quelques questions locales ont été évoquées, dont deux principalement :
D'abord la question du quartier Montmartre. Je voulais signaler à Mme DECORTE que le 18e arrondissement est en effet l'arrondissement du Maire de Paris. Je ne pense pas pour autant que ce doive être un critère de présélection qui voudrait que l'on favorise systématiquement le même arrondissement.
Je sais bien que vous participez d'une minorité aujourd'hui, qui était antérieurement majoritaire, dans laquelle cette pratique avait cours. Cela fait qu'aujourd'hui il n'y a plus de quartiers à tranquilliser dans le 5e arrondissement. Ils l'ont tous été dans la mandature précédente.
Pour nous, la question ne se pose pas. Je crois que Sylvain GAREL a bien résumé la question. Elle se pose budgétairement.
Les quartiers verts nécessitent des aménagements nombreux. Le quartier de la Butte-Montmartre est le plus gros des quartiers verts que nous ayons retenu. Si lors de la discussion du budget primitif 2003, il était possible - mais je vois que Christian SAUTTER se bouche les oreilles - d'avoir un budget plus conséquent, pour les quartiers verts, je me réjouirais que l'on puisse accélérer la réalisation du quartier vert de la Butte-Montmartre.
En ce qui concerne le 19e arrondissement, l'amendement qui a été adopté par le Conseil d'arrondissement n'a pas été présenté en 3e Commission ni à cette séance. Je ne sais pas ce qu'il en est de la procédure dans un tel cas...
Ce que je voudrais dire à Roger MADEC, c'est que nous avons adopté avec Christian SAUTTER le principe d'une ligne spécifique de réaménagement des quartiers tranquilles existants pour pouvoir améliorer les aménagements et pour mettre ces quartiers au niveau des quartiers verts.
Le quartier du Bassin de la Villette pourrait rentrer dans cette catégorie, même si le périmètre est plus large.
Je vous propose qu'il soit repris dans le cadre de cette ligne budgétaire non pas la ligne budgétaire "quartiers verts" mais la ligne budgétaire de "transformation des quartiers tranquilles en quartiers verts".
En ce qui concerne le programme vélo, je voudrais rassurer, moi aussi, Mme DOUVIN, sur les couloirs cyclistes à contresens, en lui rappelant notamment que plusieurs d'entre eux avaient été réalisés sous la mandature précédente.
Cela existe déjà dans notre ville, notamment sur l'avenue Daumesnil qu'a évoquée Christophe NAJDOVSKI à l'instant.
Cela existe dans beaucoup d'autres villes qui ont adopté une politique ambitieuse en matière de vélo. Je pense à la ville de Strasbourg, où il y a près de 200 contresens cyclistes.
Cela fonctionne très bien, il n'y a pas d'accidents plus nombreux sur ces couloirs cyclistes à contresens par rapport aux aménagements cyclables classiques.
J'ai bien retenu par ailleurs votre suggestion qu'il y ait systématiquement des couloirs de bus dans les deux sens lorsqu'on met en place des aménagements pour le bus. C'est un sujet qu'on pourra évoquer à propos du boulevard Saint-Michel dans quelques minutes, avec la ligne 38. Je retiens votre suggestion qui me paraît très pertinente.
En ce qui concerne l'intervention de M. Christophe NAJDOVSKI, au sujet des places, je dirai plutôt des grands carrefours tels qu'on peut les connaître à Paris, et je pense à la Bastille, à la Nation, à la Concorde, à la République, il est évident que nous ne pourrons pas avoir un réseau cyclable sûr et de qualité si on ne s'attaque pas à ces points noirs.
Un diagnostic est actuellement en cours dans le cadre de l'élaboration d'un schéma directeur global pour les aménagements cyclables de la Ville. C'est M. MARCHAL, l'ancien M. Vélo de Strasbourg, à la Ville de Paris maintenant, qui est chargé d'élaborer le diagnostic. C'est dans ce cadre que nous recherchons des aménagements pour ces points noirs, que ce soient les grandes places ou des aménagements en liaison avec les pistes cyclables existant en banlieue parce qu'une des grosses difficultés du réseau cyclable aujourd'hui c'est la liaison entre banlieue et Capitale.
Je conclurai donc sur les questions plus globales posées par Mmes DOUVIN, KUSTER et MEYNAUD en ce qui concerne l'ensemble du schéma. Il est évident que nous proposons 15 nouveaux quartiers verts qui ne couvrent pas la totalité de la Capitale. Dans notre esprit, l'objectif est bien que l'ensemble des quartiers de Paris soient, à terme, des quartiers verts, de façon à ce qu'il n'y ait pas de décalage entre différents quartiers, mais cela ne peut se faire que progressivement. Nous aurons l'occasion d'y revenir dans le cadre de l'élaboration du Plan de déplacement de Paris. Vous savez qu'il accompagne l'élaboration du Plan local d'urbanisme. Il est évident que si nous voulons le réussir, il faudra sans doute réussir la montée en puissance budgétaire qu'a évoquée Mme MEYNAUD, et j'aurai l'occasion de me tourner vers Christian SAUTTER si nous voulons pleinement réussir.
Pour répondre en conclusion à Mme KUSTER, il est clair que notre objectif est bien une diminution globale de la circulation automobile et pas un report d'une rue sur l'autre ou d'un quartier sur un autre. C'est bien dans cet état d'esprit que nous concevons l'ensemble des aménagements aussi bien sur les grands axes avec le programme mobilien et avec les quartiers verts qui constituent des outils totalement complémentaires.
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Merci, Denis BAUPIN.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DVD 121.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2002, DVD 121).