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Juillet 2002
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Conseil Municipal
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55 - 2002, DVLR 82 - DFAE 89 - Subvention à l'Association des ressortissants des DOM/TOM et d'Afrique pour l'organisation du carnaval tropical de Paris. - Montant : 38.000 euros.Proposition de vœu n° 30 déposée par M. RIOU et le groupe "Les Verts" en vue de la renaissance d'un grand carnaval parisien

Débat/ Conseil municipal/ Juillet 2002


M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Nous passons au projet de délibération DVLR 82 relatif à l'attribution d'une subvention à l'Association des ressortissants des DOM/TOM et d'Afrique pour l'organisation du carnaval tropical de Paris - montant 38.000 euros.
Mme de LA GONTRIE répondra et c'est M. RIOU qui intervient.
M. Alain RIOU. - Oui, Monsieur le Maire, chers collègues, d'abord je voulais nous féliciter au nom du groupe "Les Verts" qu'enfin la Ville de Paris prenne une position d'aide et de soutien à une action festive carnavalesque. En effet, le carnaval tropical de Paris est une résurgence ou une renaissance puisqu'il y a maintenant quelques années, ce carnaval a pris fin sous une forme tropicale et antillaise, caraïbéenne, en raison du fait que la Ville de Paris et la Préfecture de police avaient proposé à ce carnaval d'aller le plus loin possible dans Paris et hors de Paris, puisque d'abord sur le Cours de Vincennes, ensuite sur la pelouse de Reuilly, on lui avait proposé finalement la Courneuve, ce qui est évidemment pour un carnaval parisien un petit peu excentré.
Aujourd'hui, on nous propose une subvention pour aider cette résurgence qui, du centre de Paris ensuite débouche sur le 12e arrondissement.
Au moment où l'on a mis fin à cette tradition naissante, Londres, avec Nothing Hill, prenait son envol et je pense que l'on a brisé à ce moment là une activité qui me semble tout à fait intéressante pour que la Ville reconnaisse une partie de la culture qui réside en son sein.
Je voudrais aller au-delà de cette félicitation pour dire qu'il y avait à Paris en dehors de cette culture caraïbéenne une grande tradition carnavalesque. En effet, au XIe siècle l'antique Fête des Fous au pied de Notre-Dame se déployait puis au XVIe et pendant 5 siècles environ le carnaval de Paris en plein hiver, se déployait autour de la promenade du b?uf gras.
Il y a eu des interruptions dans l'histoire dues notamment au fait que sous la monarchie de Louis XIV, on considérait que cela répondait à une traduction de révolte. Il y a eu des renaissances mais le carnaval parisien a disparu en 1936 pour essayer de renaître en 1951 et 1952 puis il s'est éteint, même si les initiatives récentes ont essayé de le faire renaître.
Je voudrais en profiter pour présenter le v?u qui passera maintenant, ou dans le cadre de la 9e Commission, mais initialement j'avais essayé de me raccrocher au carnaval tropical de Paris qui doit devenir le grand carnaval d'été. Il ne faut pas faire l'économie de la réflexion sur un grand carnaval d'hiver, même sur un grand carnaval tout court.
La saison du carnaval aux Antilles, à Nice ou ailleurs est en hiver même si sous nos contrées, climatiquement, c'est toujours un peu compliqué. C'est parce que c'est compliqué que je pense que nous devons tous nous atteler à une réflexion pour savoir si entre le 11 novembre - tradition ancienne du carnaval - et la mi-carême (la mi-mars généralement) avec en point d'orgue les journées qui précèdent le Mardi gras et le mercredi des Cendres, on ne pourrait pas faire renaître un grand carnaval parisien, selon cette tradition parisienne bénévole et gratuite, sans introduction de parrainages ou de financements extérieurs, sauf peut-être de mécénats et qui mêlerait non plus les Indiens, les Chinois, les Antillais, les homosexuels avec la Gay Pride, les amateurs de techno avec la Techno Parade, mais qui mêleraient l'ensemble des cultures parisiennes ainsi que toutes les communautés.
C'est une réflexion intéressante que nous devrions avoir ensemble car Paris comme Nice, comme Rio, comme d'autres villes du monde peut avoir un grand carnaval d'autant plus que, je le répète, durant 5 siècles elle a été porteuse de cette tradition. Il faut mettre cette tradition au goût du jour et c'est ce que je vous propose dans le v?u que je présente au nom des "Verts".
Monsieur le Maire, mes chers collègues, je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs des groupes "Les Verts", communiste, du Mouvement des citoyens, socialiste et radical de gauche).
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - La parole est à Mme Marie-Pierre de LA GONTRIE puis à Christophe GIRARD pour répondre.
Mme Marie-Pierre de LA GONTRIE, adjointe, au nom de la 5e Commission. - Deux mots pour dire simplement que je crois qu'il était très important que l'on puisse reprendre la tradition de ce carnaval, qui s'était interrompu en 1995, qui s'est déroulé le week-end dernier à la satisfaction des participants.
Concernant le v?u de M. RIOU, nous avons la chance d'avoir le spécialiste mondial du carnaval à la Mairie de Paris ; l'idéal serait que ce soit lui qui réponde à ce v?u.
(Rires).
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Monsieur GIRARD, vous avez la parole puisque vous avez été sollicité.
M. Christophe GIRARD, adjoint. - Je ne savais pas que l'on révélerait mon assiduité au Carnaval de Rio depuis 20 ans mais puisque c'est chose faite...
L'idée d'organiser un grand carnaval parisien nous paraît plutôt une idée judicieuse puisqu'elle est généreuse. De nombreuses initiatives existent en effet en ce sens émanant d'associations de quartiers parisiens et je dois dire que ces demandes émanent de nombreux maires d'arrondissement quels qu'ils soient et pour des manifestations qui se dérouleraient à des dates parfois différentes.
Je rappelle que le seul jour de l'année où le travestissement a priori est autorisé est bien le jour de Mardi-gras.
M. RIOU évoque par ailleurs l'antique tradition carnavalesque parisienne et je l'en remercie, c'est dans la culture des Parisiens. En raison de la diversité des initiatives et du souhait qu'une ou plusieurs manifestations soient créées ou développées à Paris en faisant en sorte que de telles actions soient dignes de la renommée de la capitale et rendent acteurs un grand nombre de Parisiens, je propose que notre Assemblée vote le v?u suivant :
"Le Conseil de Paris émet le v?u que soit engagée une réflexion pour créer une ou plusieurs manifestations carnavalesques bénévoles et gratuites - la gratuité est un élément essentiel de ce type d'opération - à des périodes à déterminer", un groupe de travail sera réuni en ce sens à l'automne ce qui me paraît une date raisonnable et je salue à cette occasion la présence au cabinet du Maire de Paris de Mme PAU-LANGEVIN qui, par sa culture et ses origines, peut apporter beaucoup à cette réflexion.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Monsieur LEBEL, vous avez la parole.
M. François LEBEL, maire du 8e arrondissement. - Je vous remercie.
Au nom du groupe R.P.R., je demande que M. GIRARD veuille bien nous confirmer que le groupe de travail en question réunira aussi des membres de l'opposition municipale.
M. Christophe GIRARD, adjoint. - Je réponds tout à fait facilement, puisque c'est d'abord dans ma pratique comme l'a souhaité Bertrand DELANOË et si vous siégiez, Monsieur LEBEL, en 9e Commission, vous sauriez que c'est une commission où il nous arrive de prendre des décisions à l'unanimité parce que le débat a lieu de façon très respectueuse des minorités que j'associe pleinement.
Quant à l'avis sur le v?u, il est favorable.
C'est un v?u amendé, je suis favorable à mon amendement.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - La parole est à M. GALLAND.
M. Yves GALLAND. - Monsieur le Maire, on va s'abstenir sur ce v?u, je voudrais vous indiquer pourquoi. Je regrette que le talent de M. GIRARD soit bridé par une note de la Ministre. Il a suffisamment de qualités personnelles pour se laisser aller et s'enflammer sur les problèmes qui sont posés sans être obligé d'être contraint dans un papier sur lequel il ne nous échappe ni aux uns ni aux autres que cette pesanteur ne laisse pas libre cours à son talent.
Deuxièmement, le v?u amendé ne me paraît pas aller dans la bonne direction, je le dis tout de suite à M. GIRARD. Il a dit lui-même qu'il y avait une journée par an sur laquelle on avait légalement le droit de se déguiser. L'idée d'un carnaval est une idée qui n'est pas facile à relancer et dans le v?u, vous proposez un groupe de travail avec l'idée d'avoir plusieurs carnavals.
Il me semble qu'on est en train de lancer le bouchon très loin alors que l'objectif de base est déjà difficile à réaliser. C'est la raison pour laquelle il ne me semble pas que votre amendement soit très fameux et c'est la raison pour laquelle, étant partisan de la relance d'un carnaval, et je pense d'un seul au départ, tellement l'ambition est difficile ; nous nous abstiendrons sur le v?u de l'Exécutif.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Monsieur BLOCHE, vous avez la parole.
M. Patrick BLOCHE. - Explication de vote très rapide : nous voterons ce v?u et sous la forme amendée telle que l'a proposé Christophe GIRARD.
Cela dit, pour apporter un élément de réflexion évidemment très brièvement, je suis quand même étonné qu'on s'inscrive en ce domaine dans une logique d'institutionnalisation, confiant à des structures bien établies le soin de prendre de façon a priori non spontanée des initiatives en ce domaine.
Il existe pour ceux qui connaissent bien la vie de quartier des aspirations très spontanées d'habitants et d'associations à faire la fête, à organiser des festivals de rue, des carnavals et les arts de la rue sont une forme d'expression culturelle en plein développement.
Plutôt que d'institutionnaliser, de nous confier le soin de créer nous mêmes le cadre pour établir ce carnaval, étudions les multiples propositions dont nous sommes saisis, fédérons-les éventuellement en créant les synergies nécessaires, mais je crois beaucoup à la spontanéité, à la capacité d'imagination de nos concitoyens parisiens et je ne voudrais pas que l'on soit dans la logique d'une institutionalisation qui viserait à articuler de façon tout à fait artificielle ce qui doit être un élément de fait.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci. La parole est à M. RIOU.
M. Alain RIOU. - Je voudrais dire que le v?u qui a été présenté ne tend pas à l'institutionalisation, il a pour but d'ouvrir une réflexion où la Ville de Paris pourrait être mêlée bien sûr, comme je l'ai dit et comme ce v?u l'écrit. Les initiatives viendront forcément de structures associatives, mais l'idée c'est qu'elles viennent de toutes les structures associatives et qu'on puisse les inciter et discuter avec elles. On sait bien aujourd'hui que la Ville de Paris peut être un interlocuteur tout à fait valable. On l'a vu d'ailleurs puisque la Ville est quand même très fortement à l'origine de la renaissance du carnaval tropical, qui a été en partie organisé avec un soutien institutionnel, donc ne disons pas une chose et son contraire.
Quant à l'amendement que propose Christophe GIRARD, j'avoue que je ne suis pas entièrement convaincu. Je ne vois pas pourquoi nous nous y opposerions puisque c'est le seul moyen de faire discuter de cette question dans cette enceinte.
J'ajoute, Monsieur GIRARD, qu'il ne serait peut-être pas mal d'écrire "notamment en hiver" parce que cet amendement est tellement contourné que dire que ce sont des dates à déterminer est vraiment le minimum que l'on puisse faire. J'invite ainsi M. GIRARD à sous-amender son amendement et à écrire "notamment en hiver", ce qui serait quand même quelque chose qui aurait un sens puisque le carnaval a lieu traditionnellement à cette époque de l'année et qu'à part une association, tous les carnavals ont lieu en dehors de cette période.
Evidemment, si l'on veut faire des carnavals toute l'année, c'est parfait, mais si on ne veut surtout pas en faire au moment du carnaval, je ne vois pas quel sens cela peut avoir.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Monsieur SÉGUIN, vous avez la parole.
M. Philippe SÉGUIN. - Monsieur le Maire, je dois dire que nous avons quelque peine à nous y retrouver ! Après avoir entendu M. GIRARD, nous étions disposés à passer de l'abstention au vote pour, en votant au passage son amendement. Mais la lecture qu'en fait M. BLOCHE n'est pas vraiment celle que nous faisons et croyons comprendre de celle de M. GIRARD lui-même, et M. RIOU, qu'il me pardonne, a accru la confusion générale. Pourrions-nous savoir sur quoi nous sommes invités à voter ? Merci.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - On va repréciser cela.
M. Christophe GIRARD, adjoint. - J'aimais bien la proposition de M. LEBEL qui était de s'assurer qu'en tant que Conseiller de Paris et Maire du 8e, il siégerait dans ce groupe de réflexion. Je pensais en effet que c'était un geste intéressant d'un arrondissement très touristique en faveur d'une manifestation très populaire. J'étais donc sensible à son engagement, mais tout à coup, patatras, les choses s'effondrent ! Alors je serais presque tenté de décevoir mon ami Alain RIOU, en proposant que l'on représente un v?u formulé différemment lors d'un autre Conseil de Paris et qu'on ne vote pas ce v?u. Je retire mon amendement.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Monsieur RIOU, acceptez-vous de retirer votre v?u dans la mesure où l'Exécutif prend l'engagement de représenter quelque chose à la rentrée, plus travaillé ?
M. Alain RIOU. - On va donc retirer ce v?u... On va donc réfléchir sur la réflexion ! C'est intéressant, nous avançons à petits pas, mais nous avançons !
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DVLR 82 - DFAE 89.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2002, DVLR 82 - DFAE 89).