Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
> Type de document (Débat / Délibération)  

36 - 1995, D. 1899- Autorisation à M. le Maire de Paris de consentir le dépôt par la S.G.I.M. d'un permis de démolir et d'un permis de construire visant une construction située 10, rue Burq- 21, rue Durantin (18e).

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 1995




M. Patrick TRÉMÈGE, adjoint, président.- Nous passons au projet de délibération D. 1899 relatif à une construction située 10, rue Burq- 21, rue Durantin dans le 18e arrondissement.
M. CARESCHE a la parole.

M. Christophe CARESCHE.- Je voudrais évoquer les raisons qui ont fait que le Conseil du 18e arrondissement a refusé ce dossier.
Je regrette qu'un certain nombre de dossiers importants soient un peu victimes de l'organisation de nos débats, car il est tout à fait dommageable de discuter à minuit moins le quart de ces questions. A l'avenir, je souhaiterais en tous les cas que M. le Maire de Paris prenne les dispositions pour faire en sorte que les élus et les fonctionnaires qui restent, puissent travailler dans de bonnes conditions.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, communiste et du Mouvement des citoyens).
Je serai néanmoins assez bref car je ne désespère pas, même à cette heure tardive, de convaincre M. BULTÉ.
Ce dossier est un dossier tout à fait intéressant qui a une histoire tout à fait intéressante et édifiante.
En juillet 1994, et j'en viens aux faits, et les faits sont suffisamment accablants pour qu'ils me permettent d'intervenir de façon sereine, les Restaurants du coeur, à travers l'association sur laquelle ils ont autorité, ont décidé d'acquérir un hôtel qui est tombé en désuétude dans le 18e arrondissement, rue Burq, pour réaliser un hôtel social destiné à accueillir des sans-domicile-fixe.
M. CHINAUD, alors maire du 18e arrondissement, s'est opposé à ce projet au motif qu'il ne correspondait pas à la vocation touristique du site, et j'ai là d'ailleurs la lettre qu'il a envoyée à M. LAFOUGE pour lui signifier son avis défavorable à la demande de permis qu'avait déposée l'association des Restaurants du coeur. Dans cette lettre, M. CHINAUD précisait que sur le plan de l'opportunité la transformation de cet hôtel de tourisme, dans un quartier qui a pour vocation l'accueil des touristes étrangers, ne pouvait être admise.
En effet, ce secteur doit conserver sa vocation première de haut lieu touristique. Ce projet prévoyait la réalisation d'une résidence pour sans-domicile-fixe, ce qui était contraire à sa volonté. Pour parler clairement, M. CHINAUD estimait que dans certains quartiers de Paris, à vocation touristique, le fait d'avoir des S.D.F. ne faisait pas "bien" dans le paysage. Il considérait que ce projet devait être abandonné et il a donc fait jouer, dans des conditions d'ailleurs assez particulières, puisque j'ai vérifié les choses, le droit de préemption.
En effet, la Ville de Paris a préempté cet hôtel tout simplement pour empêcher les Restaurants du coeur de réaliser un projet qui, pour ce qui nous concerne, semblait aller dans le bon sens.
Or, et c'est là que j'en viens au fait, que nous propose aujourd'hui la Mairie de Paris ? C'est 11 logements P.L.I.
Je considère que compte tenu des conditions dans lesquelles nous sont proposés ces logements P.L.I., c'est-à-dire les conditions qui ont amené la Mairie de Paris à contrarier un projet social, compte tenu aussi de ce que l'on sait sur les P.L.I., c'est-à-dire que ce sont des logements qui sortent à 65 F ou 70 F le mètre carré- contrairement à ce que dit la majorité, les P.L.I. ne sont pas du logement social- il nous est absolument impossible d'accepter ce projet de délibération.
Le Conseil d'arrondissement a émis un avis défavorable et nous avons adopté un voeu pour faire en sorte que soit la Ville revienne à un projet social, tel que la réalisation d'un hôtel social pour des familles mono-parentales, soit réalise du P.L.A.
Il est clair que dans ces conditions, ce projet de délibération n'est pas acceptable. Je souhaite qu'il soit reporté, qu'on essaie peut-être d'en rediscuter. Nous ne sommes pas opposés à ce que la Ville fasse du P.L.A. ; mais du P.L.I. dans les conditions que j'ai rappelées, c'est totalement inadmissible !

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, du Mouvement des citoyens et communiste).

M. Patrick TRÉMÈGE, adjoint, président.- M. BULTÉ a la parole pour répondre.

M. Michel BULTÉ, adjoint, au nom de la 6e Commission.- Merci. Monsieur le Maire, mes chers collègues, je ne reviendrai pas sur le passé de cette affaire, et je dirai tout simplement : M. CARESCHE effectivement a raison de s'intéresser au problème des structures d'accueil pour les familles mono-parentales dans son arrondissement. Nous sommes prêts, bien entendu, dans le 18e arrondissement à examiner des programmes complémentaires, notamment dans le domaine intercalaire de la Ville.
En ce qui concerne le programme que nous avons souhaité lancer, je voulais également le rassurer : il s'agit d'un programme modeste de logements P.L.I., et je puis lui donner la garantie, ce soir, que ce P.L.I. sera véritablement à vocation sociale puisqu'il sera réalisé conformément aux nouvelles directives que nous avons établies lors du débat sur le logement, avec des logements à 53 F le mètre carré maximum pour l'instant, mais qui vont certainement tendre dans ce programme vers 50 F, avec un cahier des charges de logement social, c'est-à-dire avec le 3 pièces aux alentours de 65 et 68 mètres carrés, et par conséquent, on pourra fournir des logements de ce type à moins de 4.000 F par mois. Dans ces conditions, je pense que dans ce secteur-là, il y a également besoin de pouvoir loger des classes moyennes, et je souhaite bien entendu donner un avis favorable à ce projet.
Merci, Monsieur le Maire.

M. Patrick TRÉMÈGE, adjoint, président.- Merci, Monsieur BULTÉ.
Je mets aux voix, à main levée, ce projet de délibération.
Qui est pour ?
Qui est contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté à la majorité, les groupes socialiste, communiste, Mmes SILHOUETTE, SCHERER, BILLARD et M. BLET ayant voté contre. (1995, D. 1899).