Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Juin 2001
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
> Type de document (Débat / Délibération)  

72 - IV - Questions du groupe "Ensemble pour Paris".QOC 2001-157 Question de M. Jean-François LEGARET et Mme Florence BERTHOUT à M. le Maire de Paris et à M. le Préfet de police relative à l'augmentation de l'insécurité dans la rue Saint-Denis (2e)

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2001


Libellé de la question :
"M. Jean-François LEGARET et Mme Florence BERTHOUT ont constaté, ces dernières semaines, une augmentation de l'insécurité dans la rue Saint-Denis (2e), liée en particulier à une recrudescence des trafics de drogue, phénomène d'autant plus préoccupant que les vendeurs de drogue manifestent un comportement de plus en plus agressif envers les passants.
Les policiers, fréquemment appelés par les riverains, se déplacent au cas par cas pour venir constater sur place les faits délictueux et procéder, le cas échéant, à des interpellations. Mais, dès qu'ils quittent les lieux, les dealers reviennent s'installer dans la rue.
M. Jean-François LEGARET et Mme Florence BERTHOUT demandent à M. le Préfet de police d'intervenir pour qu'un car de police puisse stationner, le plus souvent possible, place des Innocents et/ou à l'angle de la rue de la Grande-Truanderie, près de l'église Saint-Leu-Saint-Gilles, afin d'empêcher les vendeurs de drogue de se livrer à leur trafic. Une telle initiative aurait un effet dissuasif évident. Elle serait, par ailleurs, de nature à rassurer les riverains et les commerçants."
Réponse (M. Christophe CARESCHE, adjoint) :
"La nouvelle Municipalité, qui a fait siennes les préoccupations des Parisiennes et des Parisiens en matière de sécurité, s'est fixée pour objectif d'améliorer la sécurité dans la Capitale.
Une telle amélioration passe par le développement d'un partenariat étroit entre la Ville et la Préfecture de police.
L'efficacité de ce partenariat reste toutefois liée à une claire répartition du rôle de chacun : la Préfecture de police conservant des responsabilités prééminentes en matière de sécurité des personnes et des biens et la Ville assumant les siennes dans le domaine de la prévention et de la médiation sociale.
Ainsi, la lutte contre les trafics de drogue et les nuisances qu'ils génèrent, rue Saint-Denis, tout comme la mise en place d'un car de police, place des Innocents, relèvent d'une action qu'il appartient à la Préfecture de police de mettre en ?uvre.
Les agents de la Ville de Paris de la Direction de la Prévention et de la Protection ne disposent pas, pour leur part, de compétences légales pour intervenir en ce domaine.
Leurs missions consistent essentiellement à assurer la protection et la surveillance des biens et des équipements municipaux ; ils sont aussi chargés de veiller, dans toute la Capitale, au respect des règlements particuliers de la Ville et de préserver son patrimoine.
Le recrutement annoncé d'effectifs supplémentaires permettra d'étendre leur mission à la sécurisation des parkings souterrains et à la protection des personnes âgées dont ils assureront l'accompagnement."
Réponse (M. LE REPRÉSENTANT DU PRÉFET DE POLICE) :
"La configuration particulière de la rue Saint-Denis à Paris 1er, qui est située à proximité du Forum des Halles, point de jonction d'un important réseau de transports en commun, fait de ce lieu un terrain privilégié de passage et de rassemblement pour une population nombreuse.
Cette situation et les faits de délinquance constatés dans ce secteur sensible de l'arrondissement sont bien pris en compte par les services de police qui ont mis en place différentes mesures dont j'exposerai ci-après les grandes lignes :
- Une présence policière permanente est, tout d'abord, assurée par les policiers de quartier qui patrouillent quotidiennement sur le site de 7 h 45 à 23 h 30 et sont assistés, en après-midi et en soirée, par le groupe de soutien à l'îlotage.
- Outre ce déploiement visible de policiers, qui présente un caractère dissuasif certain à l'encontre des délinquants potentiels, des opérations de sécurisation viennent également compléter ce dispositif.
Depuis le 18 avril 2001, 10 opérations de ce type ont été menées, entre 16 h 00 et 18 h 30, par les effectifs de la Direction de la police urbaine de proximité, sur le secteur du Forum des Halles et les rues avoisinantes. Parmi les 177 individus contrôlés à ces occasions, 14 ont été interpellés pour infraction à la législation sur les stupéfiants.
- L'ouverture ininterrompue de l'unité de police de quartier située rue Pierre-Lescot, par ailleurs siège du service d'accueil, de recherche et d'investigation judiciaire du commissariat central du 1er arrondissement, permet d'assurer le traitement en temps réel des procédures judiciaires.
- Les effectifs de la Direction de l'ordre public et de la circulation participent également aux opérations conjointes menées dans le quartier des Halles, depuis janvier 2001.
Le bilan dressé à l'issue des 129 opérations réalisées sur les quatre premiers mois de 2001 fait état de l'interpellation de 322 personnes pour divers délits.
J'évoquerai également les résultats obtenus en matière de lutte contre l'usage et le trafic de stupéfiants.
Depuis le début de l'année 2001, il a été procédé à l'interpellation de 135 personnes pour infraction à la législation sur les stupéfiants dans le 1er arrondissement ; 72 d'entre elles ont été placées en garde à vue, dont 35 usagers, 27 usagers-revendeurs et 10 trafiquants.
Plus de deux kilos au total de résine de cannabis, de cocaïne, d'ectasy et de doses médicamenteuses ont été saisis dans le cadre de ces affaires.
Bien que l'essentiel de ces interpellations ait été réalisé dans le secteur des Halles, les services de police n'en demeurent pas moins très attentifs à la situation des rues avoisinantes.
C'est ainsi que le 9 mai dernier, des effectifs de la Brigade des stupéfiants ont effectué une opération dans le périmètre de l'église Saint-Leu délimité par les rues du Cygne, de la Grande-Truanderie, Rambuteau, Saint-Denis et Etienne-Marcel.
Aucune infraction à la législation sur les stupéfiants n'a été relevée à l'encontre des personnes contrôlées à cette occasion.
J'ajoute que le contrôle d'un individu, qui se livrait à la distribution de sachets plastiques à proximité de l'église Saint-Leu, a permis d'établir que celui-ci était en fait membre-bénévole de l'association "Aides" et donnait gratuitement des steribox aux toxicomanes qui le souhaitaient.
Les mesures que je viens d'évoquer et qui privilégient une présence policière visible sur le terrain et des interventions inopinées, permettent d'obtenir des effets encourageants dans cette partie du 1er arrondissement, ainsi qu'en témoignent les résultats obtenus.
De ce fait, l'implantation d'un car de police place des Innocents ou à l'angle de la rue de la Grande-Truanderie, soit à quelques dizaines de mètres du S.A.R.I.J., ne me semble pas nécessaire."