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Juin 2001
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16 - IX - Question d'actualité de M. Claude GOASGUEN, au nom du groupe "Démocratie libérale et indépendants", à M. le Préfet de police concernant les problèmes de sécurité à Paris

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2001


M. LE MAIRE DE PARIS. - Nous passons à la question d'actualité du groupe "Démocratie libérale et indépendants".
Monsieur GOASGUEN, vous avez la parole et je souhaite qu'on n'entende que vous, pour l'instant.
M. Claude GOASGUEN. - Merci. J'espère que cela durera, Monsieur le Maire.
M. LE MAIRE DE PARIS. - 2 minutes 30, comme une chanson célèbre.
M. Claude GOASGUEN. - J'ai écouté avec beaucoup d'attention la réponse que vous venez de faire à Philippe GOUJON et connaissant sa question, j'ai insisté pour qu'une question vous soit encore posée sur les problèmes de sécurité, tant il est évident, qu'au-delà des faits qu'il a soulignés, la question de la sécurité à Paris est le problème essentiel qui angoisse les citoyens parisiens, depuis plusieurs années.
Bien sûr, vous pouvez dire la sécurité était aussi défaillante dans les systèmes passés.
La police de proximité, Monsieur le Préfet, c'est celle de M. CHEVÈNEMENT, qui d'ailleurs commençait à en apercevoir les limites. Donc quand on vous parle de police de proximité, répondez, non pas sur le passé, mais sur le présent et l'avenir.
Vous nous dites que le rapport qui a été publié - alors qu'il s'agissait d'un rapport confidentiel - dans le "Figaro", il y a quelques semaines, ne concerne pas Paris. J'aurais tendance à vous dire, Monsieur le Préfet, que c'est pire à Paris.
C'est pire à Paris, par rapport à la réalité de ce que nous vivons sur le terrain, à Paris. J'ose vous dire que votre police de proximité, Monsieur le Préfet, ne fonctionne pas.
Vous nous avez dit le mois dernier que vous la mettriez en place, et je vous dis ce qu'on dit dans une pièce célèbre : "S?ur Anne, ne vois-tu rien venir ?"
Les Parisiens ne voient rien venir, Monsieur le Préfet. Non seulement, la sécurité ne s'améliore pas, au contraire, la délinquance de proximité augmente, et même explose.
Je ne veux pas faire de provocations. D'ailleurs, je dois saluer la modestie des médias dans ce domaine, qui pourraient aller plus loin dans l'exploitation du sensationnel.
C'est tout à leur mérite que de remettre à la plus stricte dimension les problèmes de sécurité qui se posent à Paris.
Monsieur le Préfet, vous devez interroger les citoyens parisiens, interroger votre police, qui dit d'ailleurs dans le même journal, dans un certain nombre de cas, qu'elle a peur des affrontements et de la violence des affrontements qui se produisent avec la police de proximité.
Je vous demande deux choses :
1°) quand allez-vous véritablement réformer la police de proximité qui vient d'être mise en place ?
2°) puisque vous nous dites qu'il n'y a pas de lien entre le rapport publié et la police de proximité parisienne, et bien nous souhaitons un rapport d'évaluation rapide sur la mise en place de la police de proximité à Paris.
Ce n'est pas que nous ayons l'intention de développer une campagne diffamatoire à l'égard de la police, au contraire, mais nous avons besoin de rassurer dans les faits, dans l'information, dans la réalité, les Parisiens sur l'augmentation de la délinquance.
(Applaudissements sur les bancs des groupes "Démocratie libérale et indépendants", "Union pour la démocratie française", "Rassemblement pour la République" et "Ensemble pour Paris").
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.
La parole est à M. le Préfet de police.
M. LE PREFET DE POLICE. - Monsieur le Conseiller, je ne rappellerai donc pas que le rapport, dont il est fait état, concerne un certain nombre de circonscriptions de province qui ont fait l'objet de la première vague de police de proximité en province. L'expérience de Paris est déjà un peu antérieure.
Je rappellerai que ce rapport, contrairement à ce qui a été dit, ne met pas en cause la police de proximité mais à la demande du Ministre, il précise un certain nombre de points.
C'est le travail administratif normal du Ministère.
Le Ministre a demandé à l'Inspection générale de regarder là où la police de proximité se mettait en place, comment cela se passait et comment il fallait améliorer les choses.
Un certain nombre de propositions constructives sont faites dans ce rapport qui ne sont pas une mise en cause de la police de proximité, mais des propositions pour améliorer un dispositif.
Je continue à penser, Mesdames et Messieurs les Conseillers, qu'il n'y a pas d'autres solutions pour faire reculer la délinquance, que de mettre en place une véritable police de proximité.
Une police de terrain, présente, réactive, près de la population et visible du citoyen.
M. Philippe GOUJON. - Celle qui n'existe pas ?
M. LE MAIRE DE PARIS. - Ne vous en mêlez pas !
Laissez le Préfet de police répondre.
M. LE PREFET DE POLICE. - Il n'y a pas d'autres solutions. Tout le monde sera d'accord pour dire qu'il n'y a pas d'autres solutions, c'est le bon sens. Je confirme que la réforme - mise en place à Paris en 1999 par mon prédécesseur et qui a consisté à faire du commissariat d'arrondissement une circonscription de plein exercice traitant tout à la fois, de la police de quartier et de la police judiciaire, comme partout ailleurs dans le monde, est une bonne réforme.
Le policier de terrain doit être polyvalent pour être efficace et proche de la police d'investigation. C'est en soi une réforme positive.
Mon action consiste maintenant, comme je l'ai annoncé, il y a 3 semaines, à votre Conseil... donnez-moi un peu de temps, Monsieur le Conseiller... de donner des moyens à cette police de quartier : moyens en effectif, moyens également en équipements.
C'est dans ce cadre que j'ai décidé de redéployer 1.000 policiers sur le terrain. C'est aussi dans ce cadre que je m'emploie, avec chaque commissaire d'arrondissement, à mettre en ?uvre systématiquement cette police de quartier, présente, réactive et visible.
C'est dans ce cadre que je souhaite aussi que tous les maires d'arrondissement s'impliquent.
J'ai demandé aux commissaires, je le dis à Mme AURILLAC qui évoquait cette question ce matin, de se mettre à la disposition du maire d'arrondissement pour être à l'écoute des maires d'arrondissements afin d'adapter les dispositifs aux besoins de l'arrondissement.
J'ai commencé à mettre en ?uvre mon plan d'action. Je l'ai annoncé, et dès lundi prochain, lundi 18 juin, 135 gardiennes et gardiens, qui étaient affectés à des gardes statiques, vont être répartis entre 6 arrondissements, dont les besoins étaient les plus urgents, en fonction de critères objectifs.
Je peux vous dire de façon précise comment sont répartis ces 135 personnes et d'autres redéploiement suivront.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Pardonnez-moi. On m'a fait un rappel au règlement.
2,30 minutes pour interroger et 2,30 minutes pour répondre.
Là nous avons des élus qui demandent le respect du règlement et donc cela rallonge les débats.
Je vous en prie... c'est totalement intéressant, mais croyez-moi on aura des débats régulièrement sur ce sujet.
Je vous demande maintenant d'écouter la réponse du Préfet de police et de ne pas l'interrompre si cela vous est possible.
M. LE PREFET DE POLICE. - Si vous le souhaitez, Monsieur le Maire, je donnerai la répartition des 135 gradés et gardiens. J'indique que c'est là une première affectation dans le cadre de ces redéploiements. La deuxième interviendra dès le mois de septembre jusqu'à ce que nous parvenions dans l'année au chiffre de 1.000 policiers, ce qui permettra de doubler le nombre des patrouilles et notamment en fin d'après-midi ou le soir. J'ai choisi une approche pragmatique : celle qui consiste à mettre des policiers au plus près de la population, et veiller à ce qu'ils soient bien utilisés pour ce travail de présence mais je me refuse à tout débat théorique sur ce sujet.
Il n'y a pas d'autres solutions, je le répète, mais en toute équité, Mesdames et Messieurs les Conseillers, accordez-moi quelques délais avant de juger de l'action.
L'évaluation mise en place se fera de toute façon avec vous, le moment venu et avec les maires d'arrondissements dans le cadre des contrats locaux de sécurité qui seront déclinés par arrondissement.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Monsieur le Préfet. Merci de l'attention que vous avez pour l'ensemble des élus de cette Assemblée.
Nous aurons effectivement de nouveaux échanges comme j'imagine que vous en avez avec chaque élu qui vous le demande, de manière à essayer de nous rendre le plus efficacement possible au service de la sécurité des Parisiens.