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Juin 2001
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Conseil Municipal
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52 - QOC 2001-173 Question de M. Gilles ALAYRAC, Mme Anne HIDALGO, M. Claude DARGENT et des membres du groupe socialiste et radical de gauche, à M. le Maire de Paris et à M. le Préfet de police concernant l'état de dégradation de la cité du boulevard des Frères-Voisin (15e)

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2001


M. Yves CONTASSOT, adjoint, président. - Nous passons à la question de M. ALAYRAC, Mme HIDALGO et M. DARGENT et les membres du groupe socialiste et radical de gauche concernant l'état de dégradation constaté à la cité du boulevard des Frères-Voisin (15e) et les conditions de sécurité dans ce quartier.
La parole est à M. ALAYRAC.
M. Gilles ALAYRAC. - Monsieur le Maire, la cité du boulevard des Frères-Voisin, construite par l'O.P.A.C. dans le 15e, au-delà du périphérique, constitue un vaste ensemble d'habitat social peuplé de 2.000 Parisiennes et Parisiens.
Ils déplorent une dégradation de leur cadre de vie tant dans leur appartement que dans les parties communes.
Ils sont aussi préoccupés par le parking qui a été concédé mais qui demeure dangereux, sale et avec un coût de stationnement prohibitif.
La sécurité est surtout le premier souci de ces habitants qui nous ont signalé la présence de bandes de jeunes gens accompagnés de chiens dangereux dans le parc qui est situé à proximité de cet immeuble, face aux immeubles, mais aussi dans les parties communes.
Il y a eu des agressions de locataires, des menaces, des vols de commerçants et des vols de véhicules.
Nous nous faisons leur porte-parole pour dire au Maire de Paris et au Préfet de police que les habitants ne veulent pas devenir des exclus de la Capitale. Le processus que j'ai décrit, qui est relativement récent, peut être stoppé si l'O.P.A.C. engage sans tarder les investissements qui s'imposent et si la Préfecture de police multiplie les rondes qui, je le signale, sont très appréciées par la population.
M. Yves CONTASSOT, adjoint, président. - Merci.
Monsieur MANO, vous avez la parole.
M. Jean-Yves MANO, adjoint. - Vous soulevez un problème difficile dans la mesure où je comprends l'inquiétude des habitants de cette cité. Toutefois, l'O.P.A.C. de Paris gère un ensemble immobilier comprenant 808 logements.
Des travaux ont été engagés sur cet ensemble immobilier depuis plusieurs années.
Depuis 1994, changement complet, par phases successives, des menuiseries par des modèles en P.V.C. pour l'ensemble des 808 logements.
En 2001, les baies vitrées des 15 ateliers d'artistes situés en rez-de-chaussée seront changées et remplacées par des modèles en aluminium.
En 2002, des travaux identiques seront entrepris pour les 13 derniers ateliers d'artistes.
Les étanchéités des terrasses ont été refaites en 1996.
La peinture des halls et des paliers a été engagée par phases successives depuis 1997. En 2000, la troisième phase (pour les immeubles de la rue du Colonel-Pierre-Avia) sera lancée au 4e trimestre.
Toutes les boîtes aux lettres ont été également changées.
Pour la tour I.L.N., un programme de mise en sécurité des accès vient d'être terminé. Les portes d'accès aux halls ont été remplacées par des modèles dits "antivandales" avec contrôle d'accès (interphonie et système Vigik).
Le petit immeuble du 17 réservé sur trois niveaux aux activités associatives va être prochainement requalifié.
Pour ce qui concerne la remise en état des 27 cabines d'ascenseurs, des travaux d'amélioration des installations techniques et la réfection complète des habillages des cabines ont été engagés depuis l'exercice 2000.
Ainsi, 5 appareils ont été rénovés en 2000, 9 en 2001, 5 sont actuellement en cours de travaux et 8 seront traités d'ici la fin de l'année.
Enfin, il est prévu de reprendre l'étanchéité de la terrasse du parking qui sera complétée par la remise en état des espaces verts situés juste au-dessus.
Nous sommes à l'évidence dans une politique de requalification du site ; des travaux importants sont engagés par l'O.P.A.C.
En ce qui concerne le raccordement de ces immeubles au réseau câblé, un courrier d'information aux locataires a été distribué pour l'immeuble I.L.N. le 9 avril 2001. Il concerne les travaux de raccordement pour ces bâtiments qui sont programmés du 25 juin au 13 juillet 2001. Comme il a été précisé aux résidents, le coût mensuel de l'entretien de ces nouvelles installations est de 5 F T.T.C. par logement. L'installation elle-même entièrement gratuite sera effectivement réalisée au cours des mois à venir.
En ce qui concerne la sécurité, c'est un point important...
M. Yves CONTASSOT, adjoint, président. - Vous avez dépassé votre temps de parole.
M. Jean-Yves MANO, adjoint. - La question est importante !
Rapidement, je voudrais simplement définir les nouvelles orientations de l'O.P.A.C. en ce qui concerne les demandes de sécurité. Il est indispensable d'engager l'O.P.A.C. vers une orientation qui n'est pas simplement de loger ces habitants, mais d'avoir une action préventive et constructive par rapport à l'environnement immédiat. C'est pourquoi j'aurai l'occasion de définir lors du Conseil d'administration de l'O.P.A.C. le 18 juin prochain des nouvelles orientations en la matière.
(Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste et radical de gauche).
M. Yves CONTASSOT, adjoint, président. - M. le Préfet de police a la parole.
Je sais que c'est un exercice difficile de tenir en deux minutes, mais tout le monde doit se l'imposer.
M. LE REPRÉSENTANT DU PRÉFET DE POLICE. - Cette cité, située à la limite du territoire de la commune d'Issy-les-Moulineaux et adossée à d'importants équipements sportifs et de loisirs, n'est pas considérée comme un point particulièrement sensible de l'arrondissement, si l'on excepte l'incident survenu le 8 mai dernier.
Certes, à cette date, l'intervention d'une section de C.R.S., en mission de sécurisation dans le quartier, a permis, fort heureusement, d'éviter qu'un échange de coups entre deux jeunes ne dégénère, alors que les éléments de tension étaient réunis, ne serait-ce qu'avec le rassemblement d'une quarantaine d'individus prêts à supporter les protagonistes.
Toutefois, ce type d'incidents demeure isolé dans la vie quotidienne de cette cité, au sein de laquelle aucun fait grave n'a donné lieu à la saisie de la 3e division de police judiciaire.
Comme tous les grands ensembles situés à la périphérie de la Capitale, des incivilités y sont néanmoins commises. Elles sont essentiellement le fait de jeunes adolescents originaires d'Issy-les-Moulineaux, qui traversent le site pour se rendre directement à l'Aquaboulevard et au complexe de cinémas situés à proximité immédiate.
Quinze plaintes pour des actes de petite délinquance ont ainsi été déposées depuis le début de l'année, par des personnes résidant dans les lieux et pour lesquels les investigations sont malheureusement demeurées vaines, faute d'indice exploitable ou de constatation en situation de flagrance.
Pour répondre aux inquiétudes formulées par les résidents et en réaction immédiate à ce début de tension, un quadrillage du secteur est, depuis lors, régulièrement effectué par les îlotiers et les fonctionnaires du groupe vététiste. Ce quadrillage s'accompagne d'opérations de sécurisation, assorties de contrôles d'identité.
S'agissant du local situé a proximité de cette cité, rue du Colonel-Pierre-Avia, son occupation régulière par des fonctionnaires de police est antérieure à avril 1999, date de la réforme des services actifs de la Préfecture de police.
Au cours de ces deux dernières années, seules des archives y étaient entreposées, son utilisation comme point d'appui n'ayant plus été jugée opportune du fait de la proximité de la vigie installée Porte de Versailles.
J'évoquerai enfin les travaux de rehaussement de l'enceinte du parc Suzanne-Langlen qui ont constitué, pour les habitants de cette cité, une prise en compte de leurs doléances et a retenti favorablement sur le climat de sécurité des lieux.
M. Yves CONTASSOT, adjoint, président. - Merci.
Monsieur ALAYRAC, pour une minute.
M. Gilles ALAYRAC. - En ce qui concerne la réponse que m'a faite M. le Maire, nous avons pris bonne note des travaux qui ont été engagés par l'O.P.A.C. et de ceux qui vont l'être dans les mois et années à venir. Nous les suivrons avec intérêt et vigilance.
Je voudrais insister sur la nécessité de regarder le problème du parking qui est concédé, ouvert. Il me semble que le contrat de concession pourrait être revu pour qu'il y ait au moins une surveillance de ce parking.
Pour l'élément de sécurité signalé par M. le Préfet de police, les investigations sont restées vaines, souvent parce que les habitants ont fait l'objet de menaces. Ils n'aident donc peut-être pas toujours la police à faire son travail.
Dans la mesure où nous avons décidé le redéploiement de 1.000 policiers sur la voie publique, je souhaiterais qu'à cette occasion on puisse étudier la réouverture du local des îlotiers.
M. Yves CONTASSOT, adjoint, président. - Merci.