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Juillet 2003
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46 - 2003, DVD 265 - Autorisation à M. le Maire de Paris de souscrire un avenant n° 4 à la convention de concession signée le 9 septembre 1966 avec la "Société du parc Etoile Foch" pour proroger d'un an la concession du parc de stationnement "Foch" (16e)

Débat/ Conseil municipal/ Juillet 2003


M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Nous passons maintenant au projet de délibération DVD 265. Il s'agit de souscrire un avenant n° 4 à la convention de concession signée le 9 septembre 1966 avec la "Société du parc Etoile Foch" pour proroger d'un an la concession du parc de stationnement "Foch".
Mme Sophie MEYNAUD a demandé la parole et M. BAUPIN lui répondra.
Mme Sophie MEYNAUD. - Merci, Monsieur le Maire.
Ce projet de délibération vise à prolonger d'un an la concession actuelle du parc de stationnement "Foch", afin de permettre, pendant cette année, la mise en place de la consultation avec l'objectif de créer un parc supplémentaire d'une quarantaine de places pour les autocars.
C'est une bonne proposition car, comme nous l'avons souvent rappelé dans cette enceinte, il est important de saisir toutes les opportunités nouvelles pour régler durablement ce problème à Paris.
La prolongation d'un an de la concession se justifie donc si elle débouche effectivement sur la création de cet équipement. Mais ce projet de délibération me permet également de faire un point plus large sur le stationnement, qui est l'un des enjeux majeurs de la politique des déplacements à Paris et en Ile-de-France. Ce sujet a d'ailleurs été abordé à de nombreuses reprises lors de cette séance.
La question du stationnement fait pleinement partie des réflexions menées sur l'avenir de notre Ville.
Et, Monsieur le Maire, je l'ai souvent dit devant notre Assemblée, le recul nécessaire de la place faite à la voiture doit être envisagé non comme une interdiction dogmatique, mais en intégrant bien un ensemble de préoccupations. La situation, je le pense sincèrement, est beaucoup plus complexe que semblent le sous-entendre certains de nos collègues.
Quelques remarques à ce sujet :
Tout d'abord, à Paris, il nous faut régler de bonne façon les inégalités qui existent en matière de stationnement entre les arrondissements. Si le Centre et l'Ouest affichent un bon niveau d'équipement en matière d'équipements en parkings, ce n'est pas le cas pour le Nord, l'Est et le Sud de Paris. Il existe encore des besoins importants dans ces quartiers.
Le retard risque même de s'accentuer avec l'obligation de respecter les normes pompiers de la Préfecture de police qui suppriment encore de nombreuses places sur la voirie.
Il faut tenir compte de ces inégalités dans nos réflexions et en particulier accélérer notoirement la mutualisation des parkings des bailleurs sociaux. Pour un faible coût d'investissement, ce sont des dizaines de milliers de places qu'il est possible de mettre au service du stationnement résidentiel à un prix de loyer abordable.
Ensuite, pour faire reculer la voiture, il faut investir dans les transports collectifs. C'est pour cette raison que nous avons, par exemple, avancé la proposition de mettre en place le plus vite possible un Mobilien nouvelle génération qui doit permettre d'améliorer les relations entre Paris et la banlieue. Ce projet est important car il met en évidence que Paris est une ville ouverte, et doit le rester pour son dynamisme futur.
Après, il convient de pousser la recherche et l'expérimentation de véhicules propres qui doivent avoir toute leur place dans la ville de demain, pour les déplacements urbains, mais aussi pour mettre en place une nouvelle approche de la gestion du flux des marchandises.
C'est vrai, il faut aussi attacher une grande attention aux transports alternatifs pour bien régler la question du stationnement dans le futur Plan local d'urbanisme.
Enfin, dans la réflexion globale qui se poursuit sur l'élaboration du Plan local d'urbanisme, il est question, notamment, de rechercher les moyens de réduire les obligations faites aux promoteurs de réaliser des places de stationnement.
Un débat s'est ouvert à ce sujet par voie de presse, et bien sûr, les promoteurs voient cette perspective se profiler d'un bon ?il à un moment où le stationnement apparaît de plus en plus comme un marché juteux financièrement.
C'est pourquoi la proposition de limiter le nombre de places dans le cadre du P.L.U. doit être examinée de très près et ne pas se transformer en cadeau pour les promoteurs. Nous ne ferions qu'accentuer les inégalités qui existent déjà.
Au contraire, l'idée qui doit nous guider, à mon sens, est de favoriser le stationnement des véhicules là où ils se trouvent, dans toute l'Ile-de-France, en incitant à l'utilisation de modes de transports alternatifs à la voiture, en les développant et en les facilitant, en construisant les partenariats nécessaires.
Cela passe également à Paris, par la construction d'un pôle public de stationnement, d'une gestion au service des habitants, comme nous en parlions hier, ici même, à propos de la SAEMES.
Cet objectif ne peut être atteint en supprimant purement et simplement les possibilités de stationner à Paris comme le disent certains, c'est d'ailleurs ce qu'il ressort du groupe de travail que je préside sur ces questions, Monsieur le Maire.
Je propose donc à nouveau, comme je l'ai déjà fait, que les questions liées au stationnement fassent l'objet d'un véritable débat au sein de notre Assemblée, notamment dans le cadre de l'élaboration du P.D.P. et du P.L.U.
Je vous remercie.
M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Merci, Madame MEYNAUD, d'avoir respecté votre temps de parole et posé une question importante. M. BAUPIN va vous répondre.
M. Denis BAUPIN, adjoint, au nom de la 3e Commission. - Je voudrais tout d'abord remercier Mme MEYNAUD de son intervention qui n'appelle pas de ma part de réponse très précise, puisqu'il s'agissait plus d'un exposé présentant la complexité du stationnement dans tous ses aspects et l'importance du stationnement par rapport à la circulation.
Le stationnement est un outil majeur si l'on veut réussir à maîtriser les déplacements automobiles dans la Ville. Je partage très largement l'ensemble des éléments qu'elle a présentés.
En ce qui concerne les parcs des bailleurs sociaux, c'est un point sur lequel la SAEMES a fait une étude qui permet d'étudier les potentiels significatifs de 20 à 25.000 places vacantes dans les immeubles des bailleurs sociaux, pas forcément tous à des coûts élevés. Certes il y a des endroits dans lesquels les aménagements nécessaires pourraient être relativement élevés, car certains parkings sont fortement dégradés aujourd'hui du fait de leur inoccupation. Mais c'est un potentiel qui est intéressant et qui sera moins coûteux que la construction de parking neuf si cela devait être fait.
J'ai eu l'occasion aussi, en ce qui concerne les préconisations que vous faites en matière de bus, de dire à quel point (et la délibération que nous venons d'adopter va dans ce sens) nous partageons ces réflexions, et notamment, nous l'avions évoqué au dernier Conseil de Paris suite à l'intervention du Président VUILLERMOZ, sur la liaison des lignes entre Paris et la banlieue. En termes de Mobilien, c'est une perspective intéressante que j'ai développée au dernier Conseil d'administration du S.T.I.F. au moment où nous avons parlé du futur contrat avec la R.A.T.P. Il faudrait faire en sorte qu'on en finisse avec ces lignes de Paris d'un côté et de banlieue de l'autre, et qu'on ait un réseau qui maille l'ensemble de Paris et de son agglomération.
En ce qui concerne le nombre de places de parking sous les immeubles dans le cadre du P.L.U., j'ai bien entendu votre préoccupation au sujet des promoteurs. Il faudra sans doute la prendre en compte. En même temps, notre réflexion est de savoir comment faire en sorte que de l'on ne construise pas trop de places de parking dans les immeubles de façon à ne pas attirer d'automobilistes supplémentaires.
Si cela conduit à faire des économies pour tout le monde, nous y sommes plutôt favorables.
Je vois bien ce que vous voulez dire au sujet des déséquilibres entre différents quartiers. Je suis à l'écoute de propositions qui permettraient d'éviter que cela n'entraîne des effets pervers.
M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Merci, Monsieur BAUPIN.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DVD 265.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2003, DVD 265).