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Juillet 2003
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45 - 2003, DVD 262 - Programme Mobilien faveur du réseau principal de bus. Axe 91

Débat/ Conseil municipal/ Juillet 2003


Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Nous passons au projet de délibération DVD 262 concernant le programme Mobilien en faveur du réseau principal de bus sur l'axe 91.
Je donne la parole à Christophe NAJDOVSKI.
M. Christophe NAJDOVSKI. - Merci, Madame la Maire.
La politique municipale de rééquilibrage de l'utilisation de l'espace public en faveur des transports en commun, et plus particulièrement des bus, se poursuit, et c'est une bonne nouvelle pour les Parisiens et les Franciliens.
Je voudrais rappeler que c'est dans le cadre du Plan de déplacements urbain d'Ile-de-France qu'il est prévu de mettre en ?uvre des aménagements visant à faciliter la circulation de 17 lignes de bus à Paris, et ce sur tout leur trajet. L'objectif est, bien entendu, d'améliorer la vitesse commerciale des bus, leur régularité et, ce faisant, leur attractivité. Cela est d'autant plus important dans le cadre de la ligne 91 qu'elle relie trois gares parisiennes : la gare Montparnasse, la gare d'Austerlitz et la gare de Lyon. Il est primordial que des aménagements, comme des couloirs de bus séparés et protégés du reste de la circulation, soient réalisés afin que la part modale des déplacements en transport en commun augmente.
Il faut rappeler que, par personne transportée, un bus pollue beaucoup moins qu'une automobile.
Rendre la ville plus vivable pour tous, qui ne souscrirait à un tel objectif ? Cet objectif devrait être partagé par tous. Et bien, manifestement, il ne l'est pas par l'opposition municipale, grand défenseur de l'usage quasi exclusif de l'espace public par la seule voiture individuelle. J'en veux pour preuve le vote négatif de l'opposition municipale dans le 12e arrondissement, relatif au projet de bus Mobilien pour le 91. Cette position de refus de la mise en ?uvre d'une mesure-phare du P.D.U. est purement politicienne, car Mme IDRAC, Présidente de la R.A.T.P., et M. BUSSEREAU, Secrétaire d'Etat aux Transports, défendent le principe des couloirs bus séparés du reste de la circulation. Dans le cas du 12e arrondissement, les aménagements prévus permettent d'améliorer la circulation du bus 91, mais aussi de quatre autres lignes de bus, notamment devant le parvis de la gare de Lyon. Les aménagements permettront de sécuriser davantage les traversées des piétons et aussi d'augmenter les emplacements de stationnement pour les deux-roues, qui sont nombreux dans le secteur.
Je voudrais élargir le débat, si vous me le permettez, Monsieur le Maire adjoint aux transports, au sujet de la circulation aux abords de la gare de Lyon. Vous me permettrez de dire deux mots sur le projet, véritable arlésienne en réalité, de réaménagement de la circulation et du stationnement dans et aux abords de la gare de Lyon. Nous souhaitons vivement que les discussions entre la Ville de Paris et la S.N.C.F. relatives aux aménagements des gares parisiennes débouchent rapidement sur la mise en place de comités de pôle qui examineront, gare par gare, les aménagements à réaliser afin de mieux organiser les déplacements dans et autour des gares.
L'aménagement proposé pour le bus 91 propose déjà d'améliorer la circulation des bus aux abords de la gare de Lyon, mais vous le savez, pour ce qui concerne la gare de Lyon, la situation est particulièrement chaotique, et notamment l'accès au parvis laisse à désirer. Nous déplorons que la S.N.C.F. ne s'engage pas véritablement dans un dialogue avec la collectivité parisienne sur l'insertion des gares dans leur environnement urbain et soit plus encline, au contraire, à construire des centres commerciaux au c?ur de la ville.
Nous estimons que la Ville de Paris a un rôle à jouer et doit faire comprendre à la S.N.C.F., qui est une entreprise publique et dont la démarche est citoyenne, me semble-t-il, qu'elle doit s'engager en faveur d'un développement soutenable et qu'elle doit penser l'intermodalité en priorité avec les modes de déplacement doux, et non prioritairement avec l'automobile. J'en veux pour preuve le document qui a été distribué par une représentante de la S.N.C.F. lors de la dernière Commission extra-municipale des déplacements, faisant état de demandes de création d'un nombre substantiel de places de stationnement supplémentaires pour les véhicules particuliers dans et aux abords des gares parisiennes.
Un développement soutenable à Paris, ce n'est pas la construction de gigantesques centres commerciaux dans les gares, agrémentés de non moins gigantesques parcs de stationnement.
Cette longue parenthèse refermée, j'en reviens au projet Mobilien de la ligne 91, pour dire que vous avez tout le soutien du groupe des élus Verts pour ce projet ainsi que pour les autres projets des lignes Mobilien à Paris dont les usagers attendent avec impatience la réalisation.
En tant qu'élu du 12e, je pense par exemple aux usagers de la ligne 87 qui devraient bénéficier, grâce au Label Mobilien, d'un fonctionnement 7 jours sur 7, de 6 heures à 0 heure 30, alors qu'elle ne fonctionne actuellement ni en soirée ni le dimanche.
C'est donc une demande forte de la mairie du 12e arrondissement sur cette ligne pour qu'elle fasse l'objet d'aménagements le plus rapidement possible.
(M. Christian SAUTTER, adjoint, remplace Mme Anne HIDALGO, première adjointe, au fauteuil de la présidence).
Monsieur le Maire, nous connaissons votre volontarisme dans la mise en ?uvre de la politique municipale des déplacements, et nous comptons sur le sens des responsabilités de chacun des acteurs concernés par la mise en ?uvre d'une des mesures les plus importantes du P.D.U. afin que les aménagements en faveur des 17 lignes de bus parisiennes concernées par ce plan soient effectués dans le courant de la mandature, traduisant concrètement la volonté parisienne de diminuer le trafic automobile et les nuisances qu'il génère (bruit, pollution atmosphérique, violence routière, etc.).
M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Merci.
La parole est à Mme DOUVIN.
Mme Laurence DOUVIN. - L'autobus 91 a un trajet particulièrement important, puisqu'il dessert trois gares (Montparnasse, Austerlitz, et gare de Lyon). A ce titre, il mérite amplement de faire partie du programme Mobilien. Ma préoccupation sur son trajet dans son ensemble est de savoir si, à l'expérience, et comme il est prévu au point 3 de l'introduction de la note qui a été jointe au projet de délibération, il sera conservé suffisamment d'espace pour la circulation générale. Sur ce trajet, mon souci est particulièrement motivé par la desserte des gares, desserte qui, très souvent, implique un transport de bagages, et donc un déplacement en voiture.
Pour être plus précise, je voudrais parler des abords de la gare de Lyon. Cela me paraît justifier d'un traitement tout à fait particulier. Aujourd'hui, la desserte de la gare est globalement mauvaise. Son accessibilité est difficile, le trafic est très congestionné, en particulier boulevard Diderot où l'on constate des encombrements importants qui gênèrent du stress, de la pollution sonore, atmosphérique, sans parler du temps perdu. Or, l'aménagement qui nous est proposé à cet endroit propose un terre-plein de 4 mètres qui serve de quai au 91 et à quatre autres lignes. Il est à craindre que si cet aménagement soulage la circulation du bus, il pénalise très sérieusement la circulation générale qui, à cet endroit, est déjà particulièrement mauvaise. La situation risque fort d'empirer et d'être encore bien plus difficile à supporter, notamment pour les riverains. Il me semble que la circulation générale des abords de la gare de Lyon justifierait à elle seule une réflexion globale assortie d'une concertation approfondie.
Ma question est la suivante : alors que vous avez réservé le traitement à appliquer à la gare Montparnasse pour approfondir la concertation avec l'ensemble des partenaires, de même qu'à la gare de l'Est il y a une réflexion sur l'accès à ces pôles, qui me paraît tout à fait salutaire et nécessaire, pourquoi n'avez-vous pas fait de même pour la gare de Lyon qui justifierait amplement le même traitement ?
M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Merci, Madame DOUVIN, d'avoir posé une question claire et dans un délai assez bref.
La parole est à Mme BELLENGER.
Mme Geneviève BELLENGER. - Monsieur le Maire, chers collègues, comme il a été rappelé par le premier intervenant, la mise en ?uvre des aménagements de voirie en faveur de la ligne Mobilien 91 qui concerne, dans ce projet de délibération, les tronçons compris entre le pont d'Austerlitz et le boulevard du Montparnasse jusqu'à la place du 18 juin 40, vise à améliorer sensiblement la qualité de service de cette ligne, notamment en fiabilisant la régularité de sa fréquence et en augmentant significativement sa vitesse commerciale, ce qui représente une avancée nécessaire sur cet axe stratégique, dit de rocade des gares parisiennes.
En effet, représentant le trafic le plus dense des cinq premières lignes du réseau d'autobus parisien, voire francilien, puisqu'il est Mobilien, la fréquentation de la ligne 91 dépasse largement la seule clientèle parisienne. En effet, 37.000 clients par semaine, dont 23.500 le samedi et 17.000 le dimanche, valent bien qu'on s'y arrête. Malgré sa haute fréquentation, et notamment l'importance de la desserte des grands pôles de gares parisiens, qui vient d'être rappelée, sa vitesse moyenne stagne à 10 kilomètres par heure, voire moins aux heures les plus chargées. Marquant l'importance de cette ligne, il est à remarquer que les aménagements retenus sur la majeure partie de son itinéraire préfigurent la mise en place d'un tramway, comme cela est proposé dans le cadre du Plan d'aménagement de développement durable de la Ville de Paris.
Cependant, Monsieur le Maire, sur le reste de son parcours, là où elle n'est pas Mobilien, particulièrement aux abords de la gare Montparnasse, la ligne 91 connaît de très mauvaises conditions de desserte en ce qui concerne l'arrêt au trottoir - et donc l'accessibilité des usagers - dues essentiellement au stationnement abusif des voitures et des taxis, voire des livraisons. Souvent situé en 3e position, loin du trottoir, le bus ne peut emprunter le couloir bus-vélos qui lui est dédié. Ces problèmes ont été notés principalement à l'arrêt Mouchotte comme à Catalogne.
Par ailleurs, le positionnement des arrêts actuels n'assure pas un accès sécurisé au parvis de la gare Montparnasse ainsi qu'une bonne correspondance avec les lignes 28 et 58 sur ce secteur.
Ces remarques ont été exprimées à plusieurs reprises par les associations d'usagers des transports et les riverains du secteur, notamment dans le cadre du diagnostic local du Plan de déplacements parisien et ont été reprises par le conseil de quartier.
C'est pourquoi, Monsieur le Maire, je souhaite attirer votre attention sur cette demande légitime des usagers au moment où nous allons voter les aménagements de voirie pour Mobilien 91 et la convention de vérification de l'accessibilité des lignes de bus Ville de Paris/R.A.T.P., en nous demandant d'inscrire, au titre du programme 2004 d'aménagements en faveur des autobus et en accompagnement des mesures proposées pour Mobilien 91, des aménagements sur le tronçon compris entre la place du 18 juin 40 et la gare Montparnasse, afin d'assurer l'arrêt du 91 au trottoir tout en améliorant, d'une part l'accès des piétons au parvis de la gare Montparnasse et, d'autre part ses points de correspondance avec l'ensemble des autres lignes du secteur.
Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, communiste, "Les Verts" et du Mouvement républicain et citoyen).
M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Merci, Madame BELLENGER.
Je donne la parole à M. TIBERI.
M. Jean TIBERI, maire du 5e arrondissement. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, nous voilà saisis une nouvelle fois d'un projet important qui intéresse - c'est à ce titre que j'interviens, en tant que maire du 5e - le Quartier Latin. C'est la continuité de l'opération du 38, qui avait fait l'objet de longs débats.
Je veux dire ici que le maire du 5e, que je suis, et les élus de la majorité du Conseil d'arrondissement sont favorables, bien entendu, à tout ce qui peut améliorer la circulation des autobus... Eh oui ! Vous pouvez sourire, Monsieur BAUPIN, j'y suis d'autant plus favorable que j'avais approuvé les grandes lignes de ce projet, mais ce n'est pas parce qu'on est favorable au principe qu'on doit, les doigts sur la couture du pantalon, exécuter toutes les décisions qui sont prises sans concertation et refuser d'écouter, Monsieur BAUPIN, les propositions sérieuses, positives, présentées par les habitants du 5e arrondissement !
C'est ce qui avait été fait pour le 38, boulevard Saint-Michel, où vous aviez rejeté totalement d'un revers de main les propositions faites ! Alors que nous étions favorables à l'amélioration et que nous étions favorables à une plus grande fluidité des autobus sur le boulevard Saint-Michel, vous aviez pris une décision de principe pour mettre ces couloirs ensemble, au milieu de la chaussée, et vous n'avez en aucun cas écouté, retenu la plus modeste des propositions faites. C'est ça, c'est votre sectarisme dans le choix.
Si nous avions été contre ce projet, là, vous auriez eu raison de dire : nous avons une priorité et nous devons l'appliquer. Je le comprendrais. Mais nous sommes favorables au principe, nous discutions et nous avions des propositions divergentes d'application.
Heureusement qu'à l'époque, les choses ont pu évoluer autrement.
Aujourd'hui, nous nous trouvons, sur le problème du 91, dans la même situation.
Vous voulez renforcer la priorité des autobus et des taxis. Oui.
Vous voulez améliorer la fluidité. Même si les critiques ne sont pas aussi fortes que vous voulez bien le dire, priorité aux transports en commun, priorité à l'autobus, oui.
Mais que proposez-vous ?
Vous revenez un peu sur les projets du boulevard Saint-Michel pour le 38, vous supprimez les couloirs existants, qui ne fonctionnaient pas si mal que cela, qui avaient 3,50 mètres de chaque côté, et vous voulez installer deux couloirs de 4,50 mètres le long des trottoirs du 13e, boulevard de Port-Royal, boulevard Saint-Marcel et boulevard de l'Hôpital.
Eh bien ! Nous sommes favorables, je le répète encore une fois, à la priorité aux transports en commun afin d'améliorer la fluidité, mais pourquoi faire ce projet tel que vous nous le présentez ?
Ce projet est dangereux pour la sécurité des piétons et des usagers. Il est, bien sûr, totalement inesthétique - comme pour le boulevard Saint-Michel - et surtout il est d'un coût financier - Monsieur l'Adjoint chargé de ces problèmes, je pensais que vous y auriez été attentif - considérable.
Si ces sommes considérables étaient la seule solution pour apporter une amélioration, je dirais oui : il faut mettre beaucoup d'argent pour les transports en commun, et vous auriez raison, mais on peut répondre à votre légitime priorité par des solutions moins dangereuses, plus esthétiques et d'un coût 10 fois moins élevé !
Monsieur BAUPIN, vous souriez toujours...
M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Il vous reste une minute pour arriver au terminus, Monsieur TIBERI !
M. Jean TIBERI, maire du 5e arrondissement. - Je vais essayer de respecter le temps...
D'abord, nous n'avons pas eu d'avis officiel et écrit de la Préfecture de police. C'est une autre observation. Nous n'avons pas l'avis des Bâtiments de France, ce qui est quand même, comme pour le 38, assez étonnant.
Alors, qu'ont proposé le Conseil du 5e arrondissement et les conseils de quartier qui ont été réunis ?
A une très forte, à une considérable majorité, ils ont repoussé cette proposition et ont approuvé les orientations de la contre-proposition, c'est-à-dire priorité aux transports en commun, bien entendu, mais moins dangereux, plus esthétiques, à un coût moins élevé, en maintenant les deux couloirs existants et en mettant une protection avec un séparateur qui coûterait des sommes beaucoup moins importantes.
C'est le v?u du Conseil que je peux lire en dix secondes, Monsieur le Maire, et j'en aurai terminé :
"Emet le v?u que la solution maintenant le sens de circulation du bus 91 dans son sens de circulation actuel soit retenue pour la partie du trajet concernant le 5e, avec simplement renforcement du couloir de bus par adjonction d'un séparateur permettant les livraisons, conformément au désir exprimé par les habitants et commerçants des boulevards de Port-Royal, Saint-Marcel et de l'Hôpital, opération réalisable et techniquement facile pour un coût financier en adéquation avec l'objectif légitime de fluidité recherché".
Voilà, mes chers collègues, une proposition de bon sens qui aurait pu attirer l'attention. J'ai écrit à M. BAUPIN qui ne m'a pas honoré de sa réponse, mais peut-être pourra-t-il tenir compte au moins partiellement des propositions des élus locaux.
M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Merci, Monsieur TIBERI.
La parole est à Mme COHEN-SOLAL, pour cinq minutes aussi.
Mme Lyne COHEN-SOLAL, adjointe. - Merci, Monsieur le Maire.
Je pense qu'il faut savoir ce que l'on veut, c'est-à-dire que si l'on décide que la priorité est aux transports en commun pour lutter contre la pollution et les problèmes de santé qu'elle engendre, il faut s'en donner les moyens. S'en donner les moyens, c'est effectivement travailler sur les lignes Mobilien, qui ne sont pas une découverte de l'actuelle majorité, et donner à ces lignes Mobilien les moyens de circuler, et naturellement d'être attractives pour les habitants de Paris, pour que les habitants puissent prendre le bus et laisser leur voiture chez eux. C'est cela qui est l'important.
Alors pour que ces Mobiliens soient attractifs, il faut effectivement que les équipements qui leur permettent d'être réguliers, plus rapides et plus accessibles soient d'importance. Et je crois que, contrairement à ce que vient de dire le Maire du 5e arrondissement, on ne peut pas laisser les choses en l'état en espérant que cela change tout seul.
Si nous voulons donner la priorité aux transports en commun, il faut que par exemple, la ligne 91 soit équipée de couloirs réservés aux bus. La proposition faite aujourd'hui par cette délibération est intéressante non seulement pour l'ensemble de Paris, c'est-à-dire pour la desserte de ses trois gares qui concernent tous les Parisiens, mais aussi pour le 5e arrondissement qu'elle longe naturellement par le boulevard de Port-Royal, le boulevard Saint-Marcel et le boulevard de l'Hôpital.
Effectivement un conseil de quartier pour les deux quartiers qui sont là...
M. Jean TIBERI, maire du 5e arrondissement. - Deux.
Mme Lyne COHEN-SOLAL, adjointe. - Une concertation extrêmement tardive a eu lieu dans le 5e arrondissement, puisque les autres arrondissements eurent le droit d'en parler à plusieurs reprises. Evidemment dans le 5e, les conseils de quartier n'existent que depuis mars 2003, c'est un petit peu juste pour en parler, et effectivement les riverains comme les habitants ont pu entendre et voir les propositions que la mairie faisait pour mettre ce 91 en mesure d'être plus régulier, plus confortable, plus rapide.
Alors certains se sont effectivement prononcés avec une certaine réserve et puis d'autres ont trouvé cette intervention extrêmement intéressante. Il n'y a pas eu de vote, car dans les conseils de quartier du 5e, on ne vote pas. Il n'est pas possible de prendre en compte les votes, et pour l'instant, je n'ai pas compris que l'ensemble des habitants était contre, au contraire.
M. Jean TIBERI, maire du 5e arrondissement. - L'immense majorité, Madame, à 95 %.
M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - C'est Mme COHEN-SOLAL qui s'exprime, il lui reste une petite minute pour développer son argumentation.
Mme Lyne COHEN-SOLAL, adjointe. - Il ne faut pas prendre les habitants pour plus demeurés qu'ils ne sont. Ils ont très bien compris que quand on donne la priorité aux bus, on l'enlève à d'autres. Donc ils ont parfaitement compris qu'il s'agissait là de faire en sorte que le bus 91, qui est toujours plein, toujours pris et pas toujours régulier, puisse connaître des progrès très importants.
Alors je me réjouis, d'autre part, que par ce biais, nous puissions lutter contre le bruit. Vous savez que la carte du bruit a démontré que ces boulevards sont considérés comme des boulevards extrêmement bruyants par le Conseil national du bruit, et je me réjouis également que la Région Ile-de-France ait donné son accord pour co-financer cet équipement tout à fait important.
C'est un projet, je le répète, important et intéressant. Je reprends les propos qui ont été dits avant moi, et je suis très heureuse que ce projet puisse être voté pour le 5e arrondissement.
Merci, Monsieur le Maire.
M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Merci, Madame COHEN-SOLAL.
Dernier intervenant, M. LECOQ, à qui je donne la parole.
M. Jean-Pierre LECOQ, maire du 6e arrondissement. - Merci, Monsieur le Maire.
Monsieur le Maire, mes chers collègues, un an après la délibération qui nous avait vu intervenir sur la ligne 38 et qui nous avait amenés à rejeter un projet bâclé qui, depuis lors, a évolué positivement, entraînant notre adhésion sur la plus grande partie du parcours, nous nous retrouvons avec le 91 devant un projet mal ficelé, incomplet, sur lequel les autorités compétentes n'ont pas donné leur avis.
Nous pensions que l'Adjoint compétent avait retenu la leçon et s'était souvenu de la réunion de septembre dernier, présidée par le nouveau Préfet de Paris, au cours de laquelle, face aux membres de la Commission départementale des sites, le Directeur de la Voirie avait reconnu n'avoir tenu aucun compte dans les premiers aménagements des deux lois de 1913 et 1930 de protection des Monuments historiques. Ce qui signifie, chers collègues, que plusieurs tronçons des banquettes ou boudins implantés à la hussarde durant l'été 2001 devraient normalement être remis en cause.
Mais revenons au mémoire qui nous est soumis aujourd'hui et à la méthode de concertation mise en ?uvre depuis plusieurs mois avec les différents acteurs concernés par la ligne 91, mairies d'arrondissement, Bâtiments de France, Préfecture de police. Vous ne l'avez pas fait dans un esprit positif, dans un esprit constructif. Certes, nous avons bien été conviés aux réunions du Comité technique, mais c'était à chaque fois pour découvrir des esquisses, des options d'aménagement sur lesquelles nous étions obligés de formuler rapidement des avis.
Vous avez sciemment utilisé la technique du saucissonnage, et nous avons bien senti que nous apparaissions, lorsque nous exprimions des avis, comme des gêneurs. Ce que nous ne sommes pas puisque, je le rappelle à ce point précis de mon exposé, comme l'a fait avant moi Jean TIBERI, nous ne sommes pas systématiquement contre les aménagements en faveur des autobus. Nous y sommes même favorables lorsque les autobus ne circulent pas ou mal. En revanche, nous refusons le systématisme, l'expérimentalisme, qui semblent gouverner certains ingénieurs de la voirie ou ceux qui les inspirent.
Dans le projet de délibération qui nous est soumis, vous vous targuez d'un avis oral favorable de la Préfecture de Paris et des Bâtiments de France. Soyons sérieux, mes chers collègues, un avis oral, chacun sait que cela ne vaut rien. Ou il y a une volonté de tromper ou bien un certain angélisme de votre part en vous en prévalant dans la délibération. La vérité est qu'il fallait, instruits par le passé, attendre d'avoir recueilli les avis de l'ensemble des administrations concernées avant de nous saisir de cette délibération.
Ainsi vous nous proposez un site bi-axial et central dès la place du 18 juin 1940 et jusqu'à Port-Royal, puis un site latéral de Port-Royal jusqu'à la gare d'Austerlitz. Ce site central et ce site latéral étant ouverts aux vélos, mais aussi aux taxis, et de fait aux deux-roues à moteur - parce que malheureusement, c'est la vérité, et on ne peut que le regretter - on mesure donc immédiatement les multiples dangers risquant de survenir avec une telle organisation.
Risques d'accidents multipliés pour les usagers gagnant les quais d'accès au milieu du boulevard ou de l'autre côté du boulevard, et qui devront franchir 2 files de circulation ; risques de collision entre les différents usagers du boulevard avec ceux qui voudront quitter le quai central pour rejoindre la circulation générale, les taxis notamment.
Enfin, implanter ce double quai dès la place du 18 juin 1940, c'est risquer d'emboliser tout le secteur, et notamment le boulevard du Montparnasse, qui depuis le boulevard Raspail constitue un axe de circulation majeur.
Pour toutes ces raisons et également parce qu'un certain nombre d'instances de concertation se sont prononcées - M. TIBERI rappelait que 2 conseils de quartier du 5e arrondissement s'étaient prononcés majoritairement, et je pense qu'à partir du moment où, Monsieur le Maire, vous souhaitez être un observateur attentif de la démocratie locale, il vous faut tenir compte des avis formulés par les conseils de quartier - et parce que les différentes administrations consultées n'ont pas rendu d'avis écrit, parce que la Préfecture de police ne s'est pas prononcée sur des aspects essentiels, notamment en termes de sécurité de ce projet, nous vous demandons, Monsieur le Maire, de le retirer de l'ordre du jour. Si vous ne le faisiez pas alors, à notre grand regret, nous nous opposerions à son adoption dans la forme actuelle.
(Applaudissements sur les bancs du groupe U.M.P.).
M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Merci, Monsieur LECOQ.
L'avis de la Préfecture de police a été évoqué, je vais donner rapidement la parole à M. BAY et puis à Denis BAUPIN qui fera une réponse complète dans un temps aussi concis que possible.
M. LE REPRÉSENTANT DU PRÉFET DE POLICE. - Merci, Monsieur le Maire.
Je me permets de prendre la parole puisqu'à deux reprises des aspects de sécurité sur le projet ont été évoqués par plusieurs intervenants.
Je voudrais rappeler que le parti d'aménagement de la ligne 91 fait actuellement l'objet d'une expertise dans les services de la Préfecture de police, que cette expertise s'exerce au titre de la compétence générale du Préfet de police en matière de sécurité et qu'à ce titre, il est compétent pour rendre un avis sur ce parti d'aménagement.
Je souhaiterais vous apporter une précision, nous avons bâti une grille d'analyse en liaison avec les services de la Ville qui portent sur deux sujets fondamentaux.
Le premier, cela a été indiqué par M. LECOQ, concerne la sécurité des piétons et des usagers bus ; c'est un point fondamental sur lequel nous travaillons de très près.
Le second est un point également important qui concerne les conséquences éventuelles sur les délais d'acheminement des secours du parti d'aménagement choisi.
Voilà sur quelle base nous travaillons afin de pouvoir prendre un avis.
Je puis vous indiquer à ce jour que les travaux sont toujours en cours, mais devraient pouvoir s'achever dans les semaines qui viennent, et c'est à ce moment-là que nous serons à même de pouvoir rendre notre avis.
M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Je donne la parole à Denis BAUPIN pour répondre aux six orateurs.
M. Denis BAUPIN, adjoint, au nom de la 3e Commission. - Je suis très heureux qu'on présente dans ce même Conseil aussi bien la délibération sur le tramway que celle sur la ligne 91, car ce sont des projets importants pour notre Municipalité que ces projets de mise en site propre des couloirs de bus dans le cadre du programme Mobilien.
Ce sont des projets à la fois de transports collectifs qui permettent de repartager la voirie en faveur des bus, ce sont aussi des projets urbains qui permettent de concevoir une ville plus civilisée et plus agréable pour nos concitoyens.
Nous avons déjà adopté la délibération concernant la ligne 38, il y a quelques mois, et je peux vous indiquer que les travaux auront lieu cet été pour la mise en site propre de cette ligne ; nous aurons à la rentrée une ligne 38 qui sera une ligne Mobilienne, ce qui représente une avancée très importante.
Je réponds à M. TIBERI qui disait que nous n'avions rien écouté des propositions pour lui indiquer que finalement, c'est le projet soutenu par la Préfecture de police qui sera mis en ?uvre, même si je continue de penser que ce projet n'est pas le plus favorable. Vous assumerez devant les commerçants et les livreurs...
M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Ne profitez pas du voisinage avec M. TIBERI pour engager une polémique.
M. Denis BAUPIN, adjoint, rapporteur. - Je continue de penser que sur le boulevard Saint-Michel, pour les commerçants que vous n'avez pas consultés, cette proposition est moins intéressante.
En ce qui concerne ce projet de la ligne 91, je voudrais indiquer, cela ne fera plaisir ni à M. TIBERI ni à M. LECOQ, que le projet de la ligne 91 a été validé par les architectes des Bâtiments de France.
M. Jean TIBERI, maire du 5e arrondissement. - Quand avez-vous eu ce projet ?
M. Denis BAUPIN, adjoint, rapporteur. - Cette semaine.
(Protestations sur les bancs du groupe U.M.P.).
M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Continuez tranquillement.
M. Denis BAUPIN, adjoint, rapporteur. - Vous teniez à ce que nous ne mettions pas de séparateurs physiques, mais des boudins que vous mettiez en place précédemment sur les couloirs de bus de la ligne P.C. Mais les architectes des Bâtiments de France sont opposés à la mise en place de ce style de boudins. C'est vous qui avez souhaité qu'on prenne le plus possible en compte l'avis des architectes des Bâtiments de France, alors il faut choisir.
N'affirmez pas que ce serait un coût dix fois moins élevé, vous qui avez eu de telles responsabilités, vous ne pouvez pas prétendre que les coûts soient si disproportionnés.
Je vous remercie de souligner à quel point ce projet a été suivi dans la concertation, mais ne dites pas que les conseils de quartier ont adopté à une très large majorité...
(Protestations sur les bancs du groupe U.M.P.).
Les votes qui ont pu avoir lieu ce week-end dans une région qui vous est chère prouvent bien que lorsqu'on prétend que des votes vont être acquis à une large majorité et que l'on fait voter les gens, les résultats ne sont pas toujours ce qu'on souhaite.
(Applaudissements sur les bancs des groupes "Les Verts", socialiste et radical de gauche, communiste et du Mouvement républicain et citoyen).
En l'occurrence, maintenant que vous êtes converti à la démocratie locale...
(Protestations sur les bancs du groupe U.M.P.).
M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Je crois qu'il serait essentiel que M. BAUPIN réponde sur le fond, et qu'il ne soit pas interrompu.
Monsieur BAUPIN, vous avez la parole, et je vous recommande, pour votre sérénité personnelle, de me regarder moi pour continuer votre développement !
M. Denis BAUPIN, adjoint, rapporteur. - J'aurai moins de conviction qu'en parlant à M. TIBERI de ces conseils de quartier.
Si vous souhaitez procéder à une réelle concertation, je vous invite à les faire voter, demandez-leur leur avis, faites les voter, faites des procès-verbaux.
M. Christian SAUTTER, adjointe, président. - Je demande un peu de pitié pour les sténotypistes qui font un travail remarquable et qui ne vont pas arriver à suivre l'intégralité de ces débats.
M. BAUPIN a la parole, et il continue à regarder Yves CONTASSOT, par exemple, ou moi-même. Continuez votre argumentation.
M. Denis BAUPIN, adjoint, rapporteur. - Donc j'ai bien noté, Monsieur TIBERI, Monsieur LECOQ, que vous êtes favorables à ce projet, mais que vous votez contre.
Je voudrais maintenant répondre aux propositions très concrètes qui nous ont été faites en ce qui concerne la gare de Lyon et la gare Montparnasse par Christophe NAJDOVSKI et Laurence DOUVIN. Nous travaillons, avec Jean-Pierre CAFFET, avec la S.N.C.F. sur l'aménagement des gares ; nous avons travaillé sur la gare Saint-Lazare, la gare du Nord, la gare de l'Est, et nous souhaitons que ce travail puisse se poursuivre sur la gare de Lyon.
Dans un souci à la fois de réaménagement de ces gares et d'intermodalité, nous souhaitons favoriser le passage du train vers le transport collectif, le métro, le bus, le taxi, le vélo, la marche à pied, qui est un moyen de déplacement important à Paris, voire le déplacement automobile, mais de fait, ce n'est pas le type de déplacement que nous souhaitons favoriser.
En ce qui concerne la gare de Lyon, aujourd'hui, 5 % des usagers du train viennent en voiture, alors que 84 % viennent en transport collectif.
Il est clair qu'en réaménageant l'espace à proximité de la gare de Lyon en faveur des transports collectifs, nous faisons un travail plus favorable à la grande majorité de ceux qui viennent prendre le train à la gare de Lyon. Mais il faut aller plus loin, nous en sommes conscients avec Jean-Pierre CAFFET, et nous essayons de faire en sorte que la S.N.C.F. prennent conscience de l'urgence du réaménagement.
L'état du parvis de la gare de Lyon n'est pas acceptable, il y a nécessité d'ouvrir une concertation ; nous avons proposé à la S.N.C.F. que se mette en place un groupe de travail qui associe évidemment les riverains, qui permette de réfléchir à l'avenir de l'aménagement de la gare de Lyon ; c'est, en tout cas, notre état d'esprit.
En ce qui concerne la gare Montparnasse, je précise à Mme BELLENGER que j'ai bien entendu ses remarques sur les arrêts de bus de la rue du Commandant-Mouchotte ; dans le cadre des aménagements prévus globalement, et qui sont en réflexion, sur les prochaines lignes Mobiliennes, ces préoccupations seront prises en compte.
Enfin, je voudrais préciser à M. BAY, pour la Préfecture de police, que nous avons pris en compte les quatre réserves émises par les services de la Préfecture de police sur le projet, que nous répondons favorablement à ces quatre réserves et que nous pourrons aboutir prochainement.
Si les architectes des Bâtiments de France, le Conseil de Paris et la Préfecture de police sont d'accord sur ce projet, il pourra être mis en place d'ici à la fin de l'année. Ce sera une avancée conséquente pour les usagers de la ligne 91.
M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Merci, Monsieur BAUPIN.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DVD 262.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2003, DVD 262).