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Juillet 2003
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Conseil Municipal
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26 - 2003, DASCO 134 - Subvention à l'Institut d'études politiques de Paris. - Autorisation à M. le Maire de Paris de signer la convention correspondante. - Montant : 15.000 euros

Débat/ Conseil municipal/ Juillet 2003


M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Nous allons passer au projet de délibération DASCO 134 accordant une subvention à l'Institut d'études politiques de Paris (Sciences Po). Autorisation à M. le Maire de Paris de signer la convention correspondante. - Montant : 15.000 euros.
Je donne la parole à Colombe BROSSEL pour le groupe socialiste et radical de gauche.
Mme Colombe BROSSEL. - Merci, Monsieur le Maire.
Vous nous proposez d'approuver le principe d'une subvention de l'ordre de 15.000 euros à l'Institut d'études politiques de Paris, destinée à un programme de recherche dont je ne remets pas en cause le bien-fondé.
Je voudrais seulement évoquer rapidement la situation de l'Institut d'études politiques de Paris, Sciences Po comme vous nous l'avez rappelé, qui a connu une fin d'année un peu agitée, notamment grâce à un projet présenté par la direction de l'établissement, proposant la refonte des droits d'inscription.
Cette refonte des droits d'inscription repose sur un schéma relativement simple, voire simpliste : le premier postulat serait que l'Etat va se désengager totalement des universités, ce qui, ma foi, est un postulat qui pourrait être vrai au regard des dernières mesures budgétaires prises par le Gouvernement RAFFARIN en direction de l'Education nationale.
Le deuxième postulat serait que la paupérisation des universités, notamment quand elle est renforcée par une gratuité des études, conduit à une rupture de l'égalité des chances. C'est donc sur cette construction mentale reposant sur ces deux postulats que la direction de Sciences Politiques propose d'augmenter les droits d'inscription jusqu'à 4.000 euros par an. Des droits d'inscription qui, au-delà du fait qu'ils sont très élevés, reposeraient sur le revenu des parents.
Les effets pervers de ce projet de réforme sont bien évidemment nombreux et, à terme, surtout très destructeurs des fondements même du service public de l'Education nationale. Les étudiants ne sont plus du tout considérés comme des usagers d'un service public, mais comme des consommateurs d'un service qui est à la limite de la marchandisation. La suite logique de ce projet est que pour assurer la rentabilité du dispositif, on aurait plus intérêt à accueillir des étudiants issus de familles aisées que des étudiants boursiers ou des étudiants issus de familles modestes.
Dernier effet pervers, indexer les droits d'inscription sur le revenu des parents, c'est nier toute idée même d'autonomie de l'étudiant, c'est refuser de considérer qu'un étudiant, c'est un salarié en devenir, quelqu'un qui est en formation pour l'enfermer dans un statut d'enfant, le mettre dans une espèce de "minorité". Notamment au regard de cette négation même de la notion d'autonomie de l'étudiant, ce projet pose problème. Je rappelle que l'autonomie de la jeunesse est un thème sur lequel la Ville de Paris s'est engagée, notamment au sein des conseils de la vie étudiante et des conseils de la jeunesse. Je ne remets pas en cause le bien-fondé de cette subvention qui porte sur un projet de recherche tout à fait intéressant, bien entendu, nous voterons cette subvention. Pour autant nous serons vigilants à l'avenir quant au projet de subvention pour Sciences Politiques, parce qu'il serait tout à fait anormal que la Ville finance d'une part le désengagement de l'Etat et d'autre part un projet de privatisation rampante de Sciences politiques à Paris.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - La parole est à Danièle AUFFRAY pour répondre.
Mme Danièle AUFFRAY, adjointe, au nom de la 2e Commission. - Je remercie notre collègue d'avoir mis l'accent sur les problèmes que posent les projets de financement de l'Institut d'études politiques. Elle ne remet pas en cause le bien-fondé d'une telle subvention. Je voudrais insister sur le fait qu'on ne peut pas mettre au pilori l'ensemble des recherches qui peuvent être menées et des chercheurs qui sont amenés à intervenir dans le cadre d'une institution, quelle que soit ultérieurement la position que nous prendrons. Il faut savoir que tout colloque ou projet de recherche est financé de diverses façons, vient d'un agrégat de gens qui s'intéressent à tel ou tel projet. La Ville de Paris peut être amenée sur tel ou tel colloque ou recherche à juger de l'opportunité. Je pense que ce problème du financement de Sciences Politiques reviendra, et merci à Mme BROSSEL.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASCO 134.
Qui est pour ?
Qui est contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2003, DASCO 134).