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Juillet 2003
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114 - 2003, DAUC 93 - Attribution de la dénomination "place Olympe de Gouges" à une place du 3e arrondissement

Débat/ Conseil municipal/ Juillet 2003


Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Mes chers collègues, nous passons à l'examen du projet de délibération DAUC 93 qui concerne l'attribution de la dénomination "Olympe de Gouges" à une place du 3e arrondissement.
Mme RENSON n'est pas là, c'est Mme MACÉ de LÉPINAY qui prend la parole.
Mme Hélène MACÉ de LÉPINAY. - Madame la Maire, chers collègues, je m'exprime au nom de Cécile RENSON.
"Si les femmes ont le droit de monter à l'échafaud, elles doivent avoir également le droit de monter à la tribune". Voilà ce que dirait Olympe de Gouges. Le 3 novembre 1793, elle montait à l'échafaud sans être jamais montée à la tribune, guillotinée pour avoir osé appeler dictateur Robespierre, morte pour avoir "abandonné les soins de son ménage pour se mêler des affaires de la République".
Voilà une personnalité qu'il me plaît de voir mise à l'honneur par l'attribution de son nom à un espace public.
En effet, cette femme qu'on a pu dire "coquette" jusqu'en 1784, s'est hissée au rang de femme de lettres, mais ce sont surtout ses protestations contre l'injustice qui l'ont fait connaître.
Elle réclame l'égalité entre les races, s'intéresse aux problèmes des enfants illégitimes, des mères célibataires et va jusqu'à imaginer des "asiles" pour les personnes âgées.
Elle souligne l'insuffisance de l'instruction des femmes, le manque de professions adaptées aux besoins de celles-ci.
Cette femme de conviction, généreuse, dynamique et courageuse mérite bien qu'on lui attribue une place.
Bref, je m'associe à Mirabeau qui dirait d'Olympe de Gouges : "nous devons à une ignorante de bien grandes découvertes".
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Merci, Madame MACÉ de LÉPINAY.
Nous pouvons aussi nous réjouir que des femmes comme Olympe de Gouges, qui ont marqué notre histoire, voient ainsi leur nom apposé sur des plaques de rue ou de place à Paris puisque nous sommes encore très en retard sur le nombre de plaques de rues attribuées à des femmes dans notre Ville. Nous n'en sommes qu'à 2,5 % de noms de femmes et nous devons progresser !
Des listes de noms ont été transmises. Je voudrais féliciter Pierre AIDENBAUM d'avoir été de ceux qui ont accepté de donner ce nom de place Olympe de Gouges parce qu'avec le volontarisme des maires d'arrondissement, il y a une salle Olympe de Gouges bien évidemment dans le 11e arrondissement, hier nous avons également honoré Louise Michel, cela progresse. Mais nous devons aller bien sûr encore plus vite et plus loin.
Je donne la parole à Jean-Pierre CAFFET.
M. Jean-Pierre CAFFET, adjoint, rapporteur. - Merci, Madame la Maire.
Je n'ai pas grand chose à ajouter à ce que j'ai entendu. Oui, je crois qu'il faut se féliciter d'honorer Olympe de Gouges. Je ferai remarquer simplement qu'Olympe de Gouges, si ma mémoire est bonne, était proche des Girondins, camp des décentralisateurs. C'est la preuve que, lorsqu'il s'agit d'honorer quelqu'un, nous ne manifestons pas un sectarisme particulier. Mais d'aucuns penseront que l'histoire a déjà jugé.
Voilà ce que je voulais ajouter simplement. Oui, il faut nous féliciter qu'Olympe de Gouges qui avait déjà une salle dans le 11e, ait désormais une place à Paris.
(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche et "Les Verts").
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Merci, Jean-Pierre CAFFET.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAUC 93.
Qui est pour ?
Qui est contre ?
Qui s'abstient ?
Le projet de délibération est adopté. (2003, DAUC 93).