Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Juillet 2003
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
Conseil Municipal
> Type de document (Débat / Délibération)  

29 - 2003, DAEE 17 - Autorisation à M. le Maire de Paris de signer une convention entre la Ville de Paris et l'Office de tourisme et des congrès de Paris. - Subvention de fonctionnement à ladite association. - Montant : 3.560.000 euros

Débat/ Conseil municipal/ Juillet 2003


M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Nous examinons maintenant le projet de délibération DAEE 17 relatif à l'Office de tourisme et des congrès de Paris.
M. LEBAN a la parole, puis Mme KUSTER.
M. Gérard LEBAN. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, lors du Conseil de Paris du mois de mars 2003, j'avais eu l'occasion de m'exprimer et d'évoquer mes inquiétudes en ce qui concerne l'avenir de l'Office du tourisme et des congrès de Paris. Je ne peux que revenir vers vous pour vous confirmer qu'à la lecture de la convention qu'il nous est proposé de voter aujourd'hui, mes doutes ne sont pas levés sur ce sujet, loin de là !
En effet, j'avais eu l'occasion de demander quelques explications sur un certain nombre d'objectifs annoncés mais non précisés. Nous ne savons toujours pas ce que signifie l'accompagnement de l'essor du tourisme social. S'agit-il d'un effet d'annonce ? D'un vaste concept abstrait qui n'est en fait qu'une coquille vide ? Dans ce cas, il me semble un peu hasardeux d'asseoir sur un tel point les grands axes de la politique du tourisme parisien. Des précisions sur ce point nous seraient fort utiles.
L'objectif qui consiste à renforcer la qualité de l'accueil et de l'information touristique dans la Capitale doit impérativement comprendre l'ouverture de nouveaux points d'accueil permanents dans toutes les gares et les aéroports de la Capitale ; ceci sans aucune exception. Néanmoins, nous souhaiterions vivement savoir à quoi ressembleront ces points d'accueil. Il est impératif de leur donner une image forte, et pour cela d'y installer un personnel formé et compétent.
Cette mesure se justifie d'autant plus que le bureau d'accueil sur les Champs-Elysées sera prochainement transféré sur un autre site. Sur ce point, nous aurions aimé que la convention soit plus explicite, car cette vitrine du tourisme à Paris intéresse tous les Parisiens, et pas seulement une poignée d'administrateurs. Le nouveau bâtiment est fort imposant, mais seuls 300 mètres carrés sont réservés à l'accueil du public. Pourquoi si peu ? Pourquoi une telle disproportion entre la surface d'accueil et la surface administrative. Il aurait été bon de donner une image moderne et dynamique de notre Ville à travers un accueil destiné aux touristes étrangers et aux Parisiens.
De même, chaque grande manifestation parisienne doit être mise en valeur dans ces lieux d'accueil afin d'en assurer la promotion et le succès. Je n'ai pas l'impression que les championnats du monde d'athlétisme du mois d'août aient fait l'objet d'une quelconque campagne de promotion particulière, si ce n'est indirectement par le biais des journalistes sportifs.
Nous aimerions savoir quelles sont les opérations de communication qui ont été programmées pour promouvoir un événement d'une telle ampleur. Nous sommes au mois de juillet, il reste moins de deux mois avant le début de cette compétition. J'ai bien peur que beaucoup de Parisiens ne soient écartés de ces campagnes promotionnelles, ce qui est extrêmement regrettable.
Un événement comme celui-ci doit être mis en valeur auprès des Parisiens et de nos visiteurs. Seule l'information du grand public assure le succès d'une manifestation qui peut être considérée, à juste titre, comme un test pour nos ambitions olympiques. Les médias en sont un des vecteurs, mais certainement pas le seul, et il est révélateur qu'une équipe municipale qui prétend incarner les aspirations des Parisiens ne s'en remette, pour l'instant, qu'aux seuls journalistes.
Aucune information détaillée non plus quant au budget qui nous est soumis. La subvention que verse la Ville de Paris à l'Office est indispensable. Est-elle suffisante ? Je ne crois pas qu'il soit possible de répondre à cette question au vu des éléments fournis. Nous aimerions que soit présenté à cette Assemblée un tableau de bord des opérations annuelles financées par l'Office du tourisme, comme c'est le cas dans n'importe quelle société privée qui doit rendre des comptes à ses actionnaires.
En effet, les orientations prises par la nouvelle Municipalité, soi-disant créative en matière de tourisme, me semblent totalement utopiques et démagogiques.
La volonté affichée de réduire les investissements traditionnels et de favoriser le tourisme à faible pouvoir d'achat a pour effet inévitable de diminuer le revenu global du tourisme...
(Protestations sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, communiste, "Les Verts" et du Mouvement républicain et citoyen).
... Encore faudrait-il connaître réellement les capacités d'accueil de ces populations. En effet, Paris ne dispose que d'un seul camping et les hôtels Une étoile se situent pour la quasi-totalité dans la Petite couronne et non pas dans Paris intra-muros.
Toute une économie s'appuie sur ce secteur dans notre ville : 130.000 emplois directs et 150.000 emplois indirects. Je voudrais connaître l'évolution du chiffre d'affaires de cette économie afin de m'assurer que les orientations données par la Municipalité soient bien les bonnes. Je n'en suis pas sûr...
Il faudrait en effet s'assurer que le nombre de touristes à faible pouvoir d'achat gagnés par ces campagnes promotionnelles compense le nombre de touristes à fort pouvoir d'achat qui ne sont pas venus.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - C'est scandaleux !
M. Gérard LEBAN. - En d'autres termes, les orientations données par la Municipalité dans les campagnes de promotion du tourisme à Paris gomment tous les efforts entrepris depuis une dizaine d'années pour faire de Paris une destination touristique prestigieuse.
Non, décidément, cette convention est décevante. J'aurais souhaité des objectifs plus audacieux et davantage en adéquation avec les ambitions que le Maire affiche dans les médias.
Le tourisme à Paris est une nécessité. Nous avons la chance d'administrer la plus belle ville du monde. Je voudrais savoir comment s'est fait le comptage des 26 millions de visiteurs annuels que vous annoncez dans votre projet de délibération. Avez-vous pris en compte les voyageurs en transit qui ne font qu'une courte étape de quelques heures dans la Capitale et qui n'y dépensent pas un euro ?
M. Alain LHOSTIS, adjoint. - Il faut les obliger à dépenser !
M. Gérard LEBAN. - Néanmoins ces touristes ont une certaine image de notre Ville, une image de qualité.
Manifestement, vous voulez orienter la quasi-totalité du budget de l'Office du tourisme sur la restructuration et la promotion. Que dire à nos partenaires avec qui nous avons mis des mois à instaurer des relations de confiance ? Les tours opérators ont une baisse de leur chiffre d'affaires de 50 %. Nulle part vous n'évoquez la possibilité d'entreprendre des actions pour les faire travailler. Il ne faut pas oublier qu'ils sont aussi des adhérents et qu'ils payent à ce titre une cotisation non négligeable.
Il est de notre devoir d'avoir le courage d'appliquer une politique touristique adaptée au rayonnement international de Paris et de servir les attentes des gens qui viennent la visiter.
Je ne suis pas certain que mon avis soit partagé par la majorité, et je le déplore car j'ai eu l'occasion de constater qu'à vouloir entreprendre des projets à minima, les résultats ne pouvaient être que négatifs.
Ne traitons pas Paris comme n'importe quelle ville du monde. Paris est magique, Paris est magnifique et Paris a besoin d'une grande cohérence pour obtenir ce que nous voulons tous : les Jeux olympiques de 2012.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - La prochaine fois faites plus court, vous serez moins essoufflé.
Madame KUSTER, vous avez la parole.
Mme Brigitte KUSTER. - Oui, Monsieur le Maire, comme vient de le rappeler excellemment notre collègue Gérard LEBAN, vos choix stratégiques en matière touristique nous laissent dubitatifs sur quelques aspects, et par conséquent nous sommes inquiets sur les répercussions particulières sur le plan économique. En effet, à la lecture des grands axes de votre politique touristique on peut s'interroger. On apprend que l'une de vos priorités consiste à développer le tourisme des jeunes. Peut-on avoir des précisions sur les actions concrètes prévues à cet effet ?
De même qu'entendez-vous parmi vos priorités par l'accompagnement du tourisme social à Paris ? Alors que l'on sait l'importance économique du secteur du tourisme à Paris, l'une des priorités ne devrait-elle pas être le renforcement de la promotion sur des marchés à fort potentiel ?
M. Alain LHOSTIS, adjoint. - Oh là là !
Mme Brigitte KUSTER. - Oui. Ce sont des marchés qui concernent certains pays et quand ces touristes-là viennent à Paris, ce sont des marchés à fort potentiel. M. BROS vous en parlera.
Par ailleurs, si Paris est la première destination touristique avec plus de 26 millions de touristes, seulement 18 millions sont étrangers. Il faut resituer cette donnée par rapport aux plus de 60 millions de touristes qui choisissent la France comme destination.
J'aimerais donc, Monsieur le Maire, vous faire une proposition : n'y aurait-il pas une réflexion à mener quant à la sensibilisation de ces touristes alors qu'ils sont sur notre territoire ? Je pense à d'éventuels partenariats avec des villes où se déroulent de grands événements, comme l'Armada de Rouen.
Je ne vois rien dans ce projet de délibération sur cette cible potentielle.
Concernant les relations avec les adhérents de l'Office, il apparaît que la politique municipale aille parfois à l'encontre de leurs intérêts. Or, si bien sûr tout le monde peut appréhender une situation différemment, il me paraît fondamental de ne pas jouer les uns contre les autres et de privilégier en permanence la recherche de solutions avec surtout la volonté réelle de concertation, mais surtout de résultat. Ainsi professionnels du tourisme, touristes et Parisiens devraient y gagner.
Et puis, de manière peut-être plus anecdotique, mais vous me permettrez, en tant que membre du Conseil d'administration de l'Office du tourisme, de vous faire une demande. Nous apprenons par ce projet de délibération, que dans le cadre de l'Observatoire économique du tourisme parisien, vous prévoyez d'élargir le nombre des destinataires des études effectuées ainsi que des études prospectives sur le tourisme parisien à l'horizon de 2012. Nous serions intéressés, nous, au Conseil d'administration, et les élus d'avoir ces informations pour avoir plus de données afin de mieux appréhender la situation.
Merci pour les réponses que vous pourrez nous apporter.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Je donne la parole à Jean-Bernard BROS.
M. Jean-Bernard BROS, adjoint, au nom de la 2e Commission. - Monsieur le Maire, on va essayer de faire bref.
Pour répondre à M. LEBAN en ce qui concerne l'accueil, effectivement aujourd'hui, nous avons un seul point d'accueil situé 127, avenue des Champs-Elysées. Chacun ici connaît les raisons qui nous amènent à déménager : essentiellement le triplement du loyer par notre bailleur, les A.G.F.
Nous profitons de cette occasion pour mettre en ?uvre une volonté : la décentralisation de la politique d'accueil des touristes à Paris. Chacun sait ici que nous sommes la première destination mondiale avec 26 millions de visiteurs selon la police et 30 millions selon les manifestants ! Cela dépend comment on les compte !
Mais rassurez-vous, des gens très sérieux les comptent avec les nuitées, les arrivées dans les aéroports et dans les gares. Il y a certainement des gens qui traversent Paris sans dépenser un euro, mais je n'y suis pour rien !
Nous allons décentraliser l'accueil et nous allons pérenniser des kiosques dans tout Paris. Le plan vous a été remis, je le transmettrai en temps et en heure à l'ensemble du Conseil de Paris, mais vous, en tant que membre du Conseil d'administration, en avez eu la primeur.
Il s'agit d'implanter des kiosques d'accueil comme sur les Champs-Elysées, puisqu'il y aura six antennes d'accueil : gare de Lyon, gare du Nord, Carrousel du Louvre... On y reviendra plus tard dans le détail.
Vous avez parlé des championnats du monde d'athlétisme. Je ne pense pas que ce soit la Ville de Paris qui organise ces championnats. Il y a maintenant plus d'un an, on a demandé à l'Office du tourisme d'organiser la communication revenant pour partie à la Mairie de Paris, en tant que commune et département. Pour autant, je crois que la Région est impliquée, et elle fait son travail. Les championnats du monde d'athlétisme sont organisés par l'Etat, par le Ministère de la Jeunesse et des Sports. Paris prend sa quote-part au niveau de l'accueil et au niveau de la réception des journalistes notamment.
Il y aura une épreuve à Paris : le marathon. Nous avons donné les instructions pour que l'Office du tourisme, qui s'occupe des touristes et pas des sportifs... A moins que les sportifs soient des touristes cette fois-ci, il faudra que je voie avec mon collègue CHERKI si les touristes viennent en short pour courir ou si les sportifs viennent faire du tourisme !
L'Etat et la Région font leur part, et nous faisons la nôtre.
Quant à notre volonté de nous développer, nous avons effectivement une autre conception que la vôtre du tourisme et de l'avenir, à travers des opérations comme "Paris-plage" ou "Nuit-blanche" ou des expositions organisées par mon collègue GIRARD. Il faut rappeler aujourd'hui que 80 % de la pulsion d'un achat de la destination Paris pour le tourisme, c'est la culture. On l'oublie trop souvent.
Plus de 5 millions de personnes sont venues pour voir le train Paris Capitale. Ces expositions, ces grands événements contribuent à donner de Paris une image moderne à l'extérieur, bien sûr à l'étranger, un Paris branché, renouvelé. On ne peut pas se contenter d'offrir toujours le Paris du Sacré C?ur, de la Tour-Eiffel et de Notre-Dame.
Ce qui nous intéresse, c'est la deuxième ou troisième visite. Il faut motiver, il faut que les gens aient envie de revenir et nous avons coutume de dire avec les équipes de l'Office, qu'il y a urgence à venir visiter Paris et que, contrairement à certaines capitales européennes qui sont nos concurrentes comme Londres, Paris a des atouts : il faut venir vite à Paris !
Mme KUSTER, sur la promotion internationale, je veux redire, mais vous le savez, que nous menons une politique intense quant à la promotion internationale de Paris à travers des "workshops". L'Office de tourisme accompagne les professionnels régulièrement dans toutes les destinations.
Cela a été fait avec le Japon, la Chine, plus récemment la Corée, avec tous les soucis, vous vous doutez bien, de pneumopathie atypique S.R.A.S.
Nous avons des partenariats aux Etats-Unis aussi et, il y a trois jours, nous avons fait, pour le 4 juillet, jour de l'Independance Day, une opération spéciale en direction de nos amis Américains.
Nous ne sommes pas les deux pieds dans le même sabot. Nous essayons de travailler et de réussir à ce que Paris reste la première destination mondiale.
Vous avez parlé de l'Armada. Je regrette que les bateaux ne puissent pas venir sur la Seine, mais je crois qu'il faudrait relever les ponts ou couper les mâts des bateaux ! Je vous propose la prochaine fois une descente de pirogues, le Ministre du Tourisme lui-même l'a proposé ! On va monter une course de pirogues sur la Seine !
Enfin, pardonnez-moi, mais je reprendrai un adage : "diriger c'est prévoir". Effectivement, nous essayons de prévoir le tourisme pour dans dix à vingt ans, et je dois vous dire ici que s'il y a vingt ans les équipes précédentes avaient un peu pensé le tourisme, aujourd'hui nous n'aurions pas de problèmes avec les autocars de touristes... Elles ne pouvaient pas penser à tout ! Nous essayons de faire ce qu'il sera nécessaire de faire pour les vingt ans à venir pour que Paris reste effectivement la plus belle ville du monde et surtout la plus visitée du monde.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Madame KUSTER, vous avez la parole.
Mme Brigitte KUSTER. - Apparemment M. BROS n'a pas compris : quand j'ai parlé de l'Armada, je donnais un exemple d'événement qui avait lieu en France avec beaucoup de touristes présents et avec l'idée de communiquer sur l'image de Paris dans des grands événements. J'aurais pu vous citer le festival d'Avignon ! C'est pour cela que j'ai cité l'Armada.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAEE 17.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2003, DAEE 17).